‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 2)Chapitre 27 sur 54 · C/0 S Li R J, ES FONCTIO N S · texte numérisé non relu

C/0 S Li R J, ES FONCTIO N S

de la traude , sans que personne le plaigne , sans que personne blâme le trompeur; dans la moindre entreprise il faut s’envelopper de mille formalites : riche moisson pour la chicane et toute espèce d’artifice; les épigrammes, les chroniques scandaleuses, les colporteurs de la calomnie et de la malice sont les objets favoris du public; attaquer et noircir le mérite, et lui ôter les moyens de se défendre, est une des maximes en vogue; la séduction de l’innocence est un jeu ; la fidélité conjugale est de mauvais ton; les mères confient leurs enfans à des mains mercenaires , sans autre raison que celle de suivre le torrent de la mode, et pour se débarrasser des soins trop pénibles de l’éducation; les enfans aspirent à se soustraire au pouvoir des pères et mères, etc. Tout autant de preuves de l’affaiblissement du sens moral par l’esprit du siècle !

Suivous enfin l’homme, organisé assez malheureusement pour être entièrement étranger au sentiment de la bienveillance et du juste eide l’injuste, et qui est en outre puissamment disposé a se livrer à des actes opposés au devoir et au bien public. Rarement un tel individu trouvera son juge en lui-même. Les inclinations perverses sont dominantes; elles composent son caractère propre; par conséquent, les mauvaises actions sont en harmonie avec lui; et rarement

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le contentement deson âme en est troublé. Ce côté Je l’homme dépravé pourra bien déplaire a plusieurs de ces hommes qui ne rêvent que les grandeurs de l’espèce humaine. Mais que l’on épie l’usurier j le libertin, le fourbe, et l’on verra que chacun d’eux ne se trouve heureux qu’en proportion quhl satisfait ses désirs. J’ai fait, dès ma jeunesse, l’observation triste et effrayante que les hommes les plus pervers s’enorgueillissent de leurs lalens pour tromper et pour abuser, et qu’ils pensent toujours avec un sentiment de volupté aux traits marquans de leur vie criminelle. Allez dans les prisons , placezvous au milieu de détenus, 11’ayez pas l’apparence d’un personnage en fonction , afin de n’être pas trompé par un repentir simulé, et inspirez à ces hommes de la confiance et de la franchise : avec quelle satisfaction intérieure, avec quelle vanité, avec quelle joie d’avoir mal fait, les grands criminels vous raconteront, sans oublier les détails les plus insignifians , et leurs crimes, et la manière particulière dont ils s’y sont pris pour les commettre! Si quelquefois un d’eux se donne la peine d’en parler avec une horreur feinte, il lui échappe ordinairement un sourire malin qui montre son hypocrisie. La plupart mettent tout leur esprit a faire les plaisanteries les plus gaies sur les actions les plus atroces, et fréquemment ,

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