‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 2)Chapitre 3 sur 54 · I )U C E II V E A U · texte numérisé non relu

I )U C E II V E A U

Siégé de l'organe du sens des personnes.

Ces yeux , dont la partie interne et la commissure palpébrale correspondante sont abaissées, indiquent, ainsi que je l’ai reconnu après vingt ans d’observations, le grand développement du sens des personnes. Mais ayant rencontré cette faculté à un haut degré dans des individus qui n’avaient pas les yeux placés de la manière indiquée, je crus que j’avais précipité mon jugement, et je ne parlai plus dans mes cours de cette organisation ; mais depuis, j’ai trouvé ma première opinion confirmée tant de fois, que j’ai bien été forcé d’y revenir.

Toutes les fois que chez un individu , dont l’organisation n’est pas du reste trop ingrate, je trouve les yeux ainsi placés , je puis assurer qu’il a une grande facilité à reconnaître les personnes. Mais l’on ne peut pas toujours refuser cette faculté à celui qui n’a pas les yeux dirigés de celle manière. 11 peut très bien arriver que les organes voisins étant avantageusement développés, il en résulte une dépression de tout le bulbe, et une position horizontale des deux yeux. Dans un cas pareil, on croirait à tort qu’il y a développement peu considérable de xvi et de xix. Cette difficulté peut se rencontrer d’autant plus

facilement que xvi et xix sont l’un et l’autre des organes très petits.

On nous a montre quelquefois des idiots qui , par leur faculté de reconnaître les personnes , faisaient l’étonnement des médecins. Nous avons constamment trouvé chez ces individus la position indiquée des yeux.

C’est probablement cette faculté portée à un très haut degré, qui constitue, principalement chez le peintre, le talent de bien saisir la ressemblance. La ressemblance ne se borne pas aux traits du visage ; elle se compose de ce qu’il y a de caractéristique dans toute la personne , des gestes habituels , de la- démarche , de l’habillement, etc. Le fameux peintre de portraits Hofmann, à Fribourg en Brisgau, a éminemment les yeux que nous avons décrits. Je trouve la meme conformation chez le Titien et le Tinloret, qui tous les deux excellaient dans le portrait.

Dans la gravure de Montaigne , qui peint constamment la personne tout entière, les yeux sont manifestement abaissés à l’angle interne.

J’ai toujours été frappé de la direction des yeux de Sterne, PI. LNNNI1I, fig. G; l’on en trouvera difficilement qui présentent à un plus haut degré le signe de cette faculté. Convaincu,

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