‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 2)Chapitre 39 sur 54 · XXVII. Fermeté , constance , persévérance , opiniâtreté · texte numérisé non relu

XXVII. Fermeté , constance , persévérance , opiniâtreté

Le caractère de l’homme dépend bien plus de ses sentimens que de ses facultés. L’homme faible et indécis, et l’homme d’un caractère

(i) Si certains philosophes voulaient bien méditer tout ce que je viens de dire sur le sentiment inné de l’existence d’un Etre suprême , et sur le penchant naturel à un culte religiéux, ils verraient la nécessité de modifier singulièrement leurs raisonnemens captieux qu’ils étayent de notions historiques non moins hasardées en faveur de l’athéisme. Dans leur manière de voir, ne Irouveraient-ils pas aussi moyen d’expliquer l’origine des penclians à la propagation et au meurtre, de l’amour de la progéniture , des sentimens de la propriété et de la fierté, des talens de la musique, des calculs, de l’architecture , de la poésie, en général de tous les penclians et de toutes les facultés? Voilà des illusions inévitables , toutes les fois que , pour expliquer les phénomènes des êtres vivans , on ne tient aucun compte de leur organisation, de leurs forces inté-

rieures.

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ferme, ne peuvent savoir, ni le premier, pourquoi il flotte d’un projet à un autre, ni le second, pourquoi il persiste inébranlablement dans le parti qu’il a pris. Cicéron, cet orateur philosophe, toujours incertain et manquant de fermeté, no savait ni prendre promptement un parti, ni demeurer fidèle à celui qu’il avait pris : de même qu’il se laissait enivrer par les succès, il se laissait abattre par les revers , et il passait rapidement de l’excès de la confiance à l’excès du découragement.

Caton d’Utique, au contraire, annonça, dès son bas-âge, celte roideur inflexible de caractère qu’il fit paraître dans tout le cours de sa vie. Pompedius demanda, en badinant, au jeune Caton, sa recommandation auprès de son oncle. L’enfant garda le silence , et témoigna par un regard et par un air de mécontentement, qu’il ne voulait pas faire ce qu’on lui demandait.Pompedius insista, et voulant pousser cet enfant à bout, le prit entre ses bras et le porta à la fenêtre, en le menaçant de le laisser tomber s’il persévérait dans son refus ; mais la crainte ne fit pas

sur lui plus d’effet que les prières Il se tua

pour ne pas se soumettre à son ennemi.

Les enfans nous offrent journellement îles exemples , tant de fermeté que de mollesse de caractère ; les uns sont volontaires et entêtés,

nu CERVEAU. 401

lorsqu’ils ont nus leur hile à une chose , rien 110 peut les en détourner; d’autres sont souples, n’ont jamais de volonté, ne savent jamais dire non : voilà les premières traces de leur caractère futur; et ni dans l’un ni dans l’autre cas , la reflexion n’a la moindre influence sur leur manière d’agir.

À proprement parler, la fermeté 11’est ni un penchant, ni une faculté ; c’est une manière d’étre qui donne à l'homme une empreinte particulière que l’on appelle le caractère ; celui qui en manque est le jouet des circonstances extérieures , et des impressions qu’il reçoit; c’est une girouette qui tourne au gré de tout vent. Aujourd hui il crie vive la république , et demain vive le tyran; il prête foi et hommage à toute espèce d’idole. Constant dans sou inconstance seule , il quitte, avec une étonnante rapidité, une couleur pour une autre ; c’est l’homme de tous les partis, et, comme de raison, l’objet du mépris de tous.

L’homme inébranlable est celui qui est doué de la fermeté au plus haut degré. Comme il est immuable dans sa manière de voir, l’on pourra calculer d’avance quelle sera sa conduite, si tel événement a heu. C’est un homme en qui l’on peut avoir confiance; les choses difficiles sont celles qu’il entreprend de préférence: les diffi — V. a6

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cultes, les obstacles, qui rebuteraient les Ames faibles , ne sont que des encouragemens qui doublent ses feux. Tu ne ce de malts sed contra audacior ilo , est sa devise. Il fait ce qu’il croit devoir faire, les exemples ne sont rien pour lui ; il est aussi diflicile de le séduire que de le corriger ; les menaces et les dangers, d’inébranlable qu’il était, le rendent audacieux ; il répète avec L’Hôpital : Si fvactus illabaiur orbis , impavidum ferlent ruinas.

La fermeté et l’opiniâtreté découlent de la meme source. L’homme borné, l’enfant , sont entêtés , intraitables : l’homme raisonnable est constant, inébranlable, persévérant, ferme. Tenax proposai vir.

Siège et apparence extérieure de l'organe de la

fermeté.

Cet organe est formé par les circonvolutions XIII , PI. VIII, IX, XI, XII, placées immédiatement sur le sommet de la tête, sous les deux angles supérieurs-antérieurs des os pariétaux , a l’endroit où ceux-ci rencontrent les bords supérieurs-postérieurs du frontal. Lorsque ces circonvolutions ont acquis un développement considérable, elles bombent le sommet de la tête en

nu ciîrveau.

v> no protubérance lormanl un segment de sphère. Le sommet de la lelc est proéminent chez les personnes douées de fermeté, tandis qu’il est

plan ou déprimé chez les personnes faibles et irrésolues.

Lavater lui-même, comme je ne l’ai appris que loi’sque mes idées étaient déjà fixées à cet égard, s’est aperçu, au moyen des nombreuses silhouettes qu’il avait recueillies, que la forme de tête que je viens d’indiquer est propre aux personnes d’un caractère ferme.

Rien n’est plus lacile que de multiplier les observations à ce sujet. Il n’y a pas de famille, pas d’école, pas de société qui n’en fournissent l'occasion. Le crâne, PI. XGVI, est celui du fameux peintre Unterberger : cet homme est resté toute sa vie inébranlable dans ce qu’il se proposait ; il n’entreprenait que des choses difficiles à exécuter , et qui demandaient plusieurs années pour être achevées, quoique cette disposition d’esprit ne lui facilitât nullement les moyens de subvenir aux besoins delà nombreuse famille dont il était chargé. Dans ce crâne l’on voit sur le sommet l’élévation bombée, dont je viens de parler, assez prononcée.

Cette protubérance est bien plus marquée dans le crâne d’un voleur de grands chemins, extrênn ment enduiciau cri me j on retint long-temps

ce scélérat clans une étroite prison, pour le forcer à déclarer ses complices; lorsque l’on vit que ce moyen était insuffisant, on eut recours aux coups de bâton ; celte torture lui paraissant trop douloureuse, il s’étrangla avec sa chaîne. Après sa mort je trouvai les pariétaux désunis, précisément dans la région où est placé l’organe de la fermeté. Cet écartement est-il une suite de la strangulation violente? faut-il l’attribuer à l'activité excessivement énergique de l’organe de la fermeté? est-ce un effet du hasard? Peut-être aura-t-on quelque jour l’occasion d’observer des cas semblables qui pourront servir à résoudre cette question.

M. Spurzheim et moi nous vîmes dans la maison de correction de Strasbourg, un déterminé voleur qui, pendant une année entière, avait feint d’être muet : cet homme avait l’organe de la fermeté extrêmement développé.

La fermeté de caractère ne doit point être confondue avec la persévérance dans certains penchans , ou avec la manifestation non interrompue de certaines facultés qui peuvent avoir lieu avec le caractère le plus vacillant.

Comment se fait-il que certaines personnes, pour se procurer des jouissances , soient dans la nécessité de changer à tout moment 1 objet de leurs penchans favoris, tandis que d autres répu-

gnent à toute espèce de variations? Logeinens , «mis, maîtresses, tout enfin leur est d’autant j » 1 u s cher qu’ils en sont en possession depuis plus long-temps. Il est des personnes qui ont la rage do bâtir ; à peine l’un de leurs plans est-il exécuté, qu’elles y font des changemens; faire îles changemens est leur occupation tout le long de l’année. De meme il y a des hommes qui aiment assez le beau sexe pour que le désir naisse en eux de s’unir à une femme par des liens durables, et pour attendre leur bonheur d une semblable union. Mais lorsqu’ils possèdent l’objet de leurs désirs, il a perdu en peu de jours tous ses attraits à leurs yeux, le charme est rompu; ils ont beau changer, à chaque nouveau changement ils s’éloignent davantage du but qu’ils voudraient atteindre. Cette disposition tient-elle à un défaut de fermeté de caractère, ou plutôt à une activité trop faible de l’organe de 1 attachement, ou au concours simultané de la faiblesse de ces deux qualités ?

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Conclusion de l’exposition des organes et de leurs fonctions.

Si j’avais traité de toutes les forces fondamentales et de tous leurs organes, j’aurais fait connaître tous les instincts, tous les penchaus, toutes les facultés de l'homme et des animaux; je pourrais dire : jusque-là , et pas plus loin, s’étend le domaine de l’homme. Mais probablement ceux qui me suivront dans la carrière que j’ai ouverte, découvriront encore quelques forces fondamentales et quelques organes qui mil échappé à mes recherches. Cependant il est à présumer qu’ils n’en découvriront pas un aussi grand nombre que quelques savans paraissent le croire. Il faut bien se garder d’admettre un organe particulier pour chaque modification d’une qualité ou d’une faculté. Il ne faut pas non plus déduire d’1111 organe particulier les qualités ou les facultés qui ne sont que le résultat de l’action simultanée de plusieurs organes. Or, si l'on rélléchitau nombre de combinaisons possibles qui peuvent résulter de vingt-sept à trente qualités ou facultés fondamentales, de l’action réciproque d’autant d’organes, on ne sera plus étonné du nombre infini des nuances que l’on reconnaît dans les caractères des hommes. Combien

<le combinaisons dillérentes ne résultent pas des du chiffres, des vingt-quatre lettres ! Combien <le visages différons résultent des diverses combinaisons du petit nombre de parties qui composent la lace humaine! Combien de nuances , de couleurs et d’accords ne résultent pas de la combinaison du petit nombre des couleurs primitives et des tons fondamentaux !

J ai constamment eu pour principe de ne rien avancer que je ne pusse, ou prouver rigoureusement, ou du moins rendre très vraisemblable par des argumens très forts; c’est pour celte raison, que pour les qualités et les facultés dont je soutiens l’existence, je m’en suis souvent tenu au degré d activité auquel j’ai pu les découvrir et observer leur manifestation. Je n’ignore pas qu d eut été plus philosophique de ramener toujours à leurs forces fondamentales les qualités ou facultés que je n’ai pu saisir que dans leur action exaltée; mais j’ai mieux aimé laisser quelque chose a faire à ceux qui viendront après moi, que de les mettre dans le cas de défaire ce que j’aurais prématurément établi.

l)u reste, la ddïiculté de déterminer les forces piimitivos n est peut-etre qu’apparente. Quoique tous les individus de la meme espèce soient doues des mêmes qualités et des mêmes facultés, tous n en sont pas doués à un degré éminent.

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Tous les chiens ne sont pas attachés à leur maître j tous ne sont pas courageux; tous n’ont pas la faculté de s’orienter; toutes les chiennes ne sont pas bonnes mères. On ne dit pas moins très bien que tous les chiens possèdent les organes de l’attachement, du courage, des localités , de l’amour de la progéniture. Tous n’ont pas non plus un odorat exquis; peut-on dire pour cela que les autres sont privés du sens de l’odorat? De même tous les hommes, quoique essentiellement munis des mêmes qualités morales et des mêmes facultés intellectuelles, ne sont pas appelés à cire génies sous un rapport quelconque. La plupart sont bornés à la simple disposition, à la capacité, à un exercice médiocre des forces humaines. Il n’est donné qu’à peu d’individus d’être créateurs. Les Homère, les Cicéron, les Euclide,les Raphaël, les Michel-Ange, les Titien , les Mozart, les Canova, les Saint- Vincent de Paule, etc. , sont rares; mais tout le monde est sensible aux charmes delà poésie, de l’éloquence, de la peinture , de l’architecture , de la musique , des actes de bienfaisance. Ainsi tout le monde, sauf quelques exceptions, a la capacité de jouir des productions d’individus plus heureusement organisés. Pourquoi n’aurai t-»on pas les organes de la poésie, de la sculpture, de la musique, parla raison qu’on ne saurait produire

une Iliade, une Sainte Madeleine, une Flûte enclianlee? Ces réflexions, appliquées aux organes dont la fonction fondamentale ne paraît pas encore déterminée, empêcheront peut-être mes successeurs de changer les dénominations quo j’ai adoptées, conformément à la manifestation très énergique d’une qualité ou d’une faculté ?

Il est des hommes présomptueux qui croyent pouvoir faire tout mieux qu’il n’a été fait, et qui médisent: « Je crois bien qu’il existe différons organes dans le cerveau, seulement je doute que l’on doive admettre ceux que vous pensez avoir découverts. » J’engage ces personnes à publier leurs découvertes, ainsi que les preuves dont elles les appuient. Si leurs idées sont plus conformes à la nature, si leurs preuves sont plus convaincantes que les miennes , je les accueillerai avec d’autant plus d’empressement que j’attache une plus haute importance à une doctrine des fonctions du cerveau qui ne laisserait plus rien à désirer.

D’autres encore blâment ma physiologie du cerveau, en ce qu’ils prétendent que j’admets un trop grand nombre de qualités et facultés fondamentales et d’organes. Il n’y a rien d’étonnant que vingt-sept à trente qualités et facultés , et autant d’organes, paraissent de beaucoup trop nombreux à des savans capables de se faire.

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illusion au point de croire une, deux, trois, tout au plus six forces fondamentales suffisantes ]‘our expliquer toutes les qualités et toutes les facultés de rhomme.

Lorsque je commençai mes recherches , j’étais bien loin de savoir ce que je découvrirais. Je m’étais proposé tout aussi peu de trouver une force fondamentale unique, que d’en trouver vingt-sept. Chacune de celles que j’admets est revêtue des caractères distinctifs de qualités ou de facultés fondamentales. Chacune remplit les conditions suivantes énoncées au commencement de ce volume:

i°. Que Torgane n’est ni développé en même temps que les autres, ni ne se dégrade simultanément avec les autres;

2°. Que, dans le même individu, il est plus ou moins développé que d’autres organes, et sa fonction a lieu avec plus d’activité que celle des autres organes;

3°. Que lorsque dans l’imbécillité incomplète et dans la démence incomplète, la fonction de cet organe est seule en activité, cet organe a acquis seul un certain degré de développement;

40. El que cet organe reste seul en arrière dans son développement, dans les cas où son ac-

! i \ i l c* est. seule plus faible que celle des autres qualités el facultés;

5°. Que dans les maladies mentales la force primitive en question peut être lésée seule ou seule subsister intacte, c’est-à-dire qüo son organe peut être isolément lésé, ou se trouver isolément intact ;

(3°. Que la fonction fondamentale el son organe existent dans certaines espèces d’animaux, et manquent dans d’autres;

7°. Que souvent les mêmes forces fondamentales se trouvent exister à des degrés différons dans les deux sexes, et que dans ce cas l’organe de la qualité ou de la faculté a un degré de développement différent dans les deux sexes.

Ces modalités ne peuvent certainement s’expliquer ni à l’aide d’une force fondamentale unique, ni de trois, ni de cinq, ni de six; et toute hypothèse qui ne rend pas raison des phénomènes journaliers que nous offrent l’état de santé el 1 état de maladie, est nécessairement fausse.

Or, comme ce sont précisément ces modalités (jui constituent le caractère d’une force fondamentale, et comme elles se trouvent ou en totalité ou en parliedans toutes les qualités morales

cl dans toutes les facultés intellectuelles dont j’ai traite, je dois nécessairement les admettre comme aulaul de forces fondamentales.

lout ce qui pourrait sembler, ici, incomplet au lecteur, sera complété plus bas, quand je traiterai de la philosophie de l'homme.

CONFIRMATION DE LA VÉRITÉ DE L’ORGANOLOGIE, ET CONSÉQUENCES QUI DÉCOULENT DE CETTE DOCTRINE.

Accord entre La forme de tête dominante et le caractère moral et intellectuel des nations.

Les savons qui jusqu’ici ont fait une collection de crânes de différentes nations, cherchèrent des signes caractéristiques, non-seulement dans la boite osseuse qui renferme la masse cérébrale, mais encore dans d’autres os du crâne. Ils s’appliquaient bien plutôt à trouver des marques auxquelles on pùt distinguer une tête de Nègre, une tête de Caraïbe, d’Iroquois, de Tonguse ou Safnoïède , de Chinois, d’Arabe, de Lapon , de Kalmouk, etc., qu'à découvrir les causes matérielles ou organiques des caractères par lesquels ces nations se distinguent. L’on voit, par tout ce

DU cruvf.au.

que j’ai dit dans les sections precedentes, que pour trouver les signes extérieursde la différence de ces caractères, il n’est besoin d’étudier que la boite osseuse du cerveau.

En traitant de chaque qualité et de chaque faculté individuelle, j’ai indiqué , presque pour toutes, l’influence qu’exerce sur elles le climat. Je puis donc me contenter maintenant de présenter quelques idées générales.

Il est constant que les diverses qualités et facultés affectionnent d’une manière particulière certaines contrées , et qu’il y a une prédilection marquée aussi bien pot^r certaines races d’hommes que pour l’énergie de certaines forces morales et intellectuelles. C’est sous la zone tempérée que l’homme a toujours atteint le plus haut degré de perfection dont il soit capable. Sous les extrêmes du chaud et du froid son activité est ralentie. Sous l’un, il est lourd et stupide, modéré dans ses désirs pacifiques; sous l’autre, il est violent dans ses affections, faible de jugement, et adonné au plaisir animal ; sous l'un et l’autre il a lame mercenaire.

« C’est aux nations méridionales de l’Europe, soit anciennes, soit modernes, que nous sommes redevables de l’invention et de l’embellissement de celte mythologie et de ces anciennes traditions qui sont encore aujourd’hui le champ le

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