‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 2)Chapitre 5 sur 54 · S V R T. R S FO K C T ! O N S · texte numérisé non relu

S V R T. R S FO K C T ! O N S

M. Goll, qui fait une colleclion île gravures; M. Winlcr, à Amsterdam , qui recueille des oiseaux, des singes et des coquillages; MM. Camper, père et fils, à Franccker ; M. Bruggmans , à JLey de, etc., etc., ont tous, sans exception, de grand. s yeux à fleur de tète. M. Temmink, à Amsterdam, qui fait une collection de singes et d’oiseaux, a cette organisation à un moindre degré que les autres ; mais aussi, à ce qu’il dit lui-même , il ne forme sa collection que dans l’idée d’établir un jour, d’après des caractères certains , une division des différentes variétés de ces animaux. Je ne finirais pas si je voulais citer tous les exemples à ma connaissance qui confirment mon observation.

M. Hufeland parle d’un individu ayant de très grands yeux singulièrement à fleur de tête, et qui cependant n’a pas de mémoire; il dit : 1res grands yeux singulièrement à fleur de tête.

C’est précisément cette manière dont il s’exprime qui me rend l’observation suspecte : car de semblables yeux sont fréquemment l’indice d’une maladie, soit le rachitis, soit l’hydrocéphale, que l’individu a éprouvée dans sa première enfance. Quoique de semblables personnes, dans un âge plus mûr, paraissent jouir d’une bonne santé, le médecin exercé découvre cependant en elles les traces de leur ancienne maladie; elles

sont liés sensibles et extrêmement irritables; leur tète n’est point symétrique, elle est plus élevée tantôt devant, tantôt derrière, tantôt sur les côtés, et elles sont très disposées à la manie. Certainement, de semblables yeux à fleur de tète ne peuvent pas coïncider avec une mémoire excellente.

En second lieu, de telles personnes peuvent avoir perdu déjà la faculté dont elles était originairement douées. Des excès de tous genre, une contention d’esprit trop long-temps soutenue, des maladies graves et de longue durée, des malheurs, des accouchemens très fréquens, affaiblissent singulièrement la mémoire. Chez des sujets qui ont couru ces chances, on ne peut déterminer que ce qui existait autrefois et nullement ce qui existe maintenant.

Lorsqu’étant étranger à l’organologie, on demande à certaines personnes si elles ont une bonne mémoire, on en recevra une réponse qui pourra facilement induire en erreur. Je demandai a une jeune personne à qui je vis des yeux très grands, à fleur de tète : avez-vous une bonne mémoire.’— Non, me dit-elle, je ne puis rien retenir du tout. — Vous avez pourtant été à l’école? — Certainement. — Etcommen t faisiez-vous pour apprendre votre catéchisme? — Eu moins d’un rien, je l’ai su d’un bout à l’autre: aucune de mes ca-

nia racles ne pouvait m’égaler à cet égard ; je vous le réciterais encore tout entier et meme à rebours. — Mais vous venez de me dire à l’instant même que vous ne pouviez rien retenir. — Eli \ mon Dieu , cela n’est que trop vrai : j’oublie toutes les commissions que me donne ma maîtresse. Ceci m’expliqua l’énigme. Le cas que cite M. Hufeland lut peut-être de la même nature.

Il me reste aussi à examiner jusqu’à quel point les masses dégraisse placées derrière le bulbe, peuvent devenir des causes d’erreur. Un homme de ma connaissance éprouva pendant long temps de violens maux de tête. La céphalalgie affectant d’abord exclusivement le côté droit, l’œil droit se renfonça dans l’orbite ; les douleurs ayantensuile gagné aussi le côté gauche, l’œil gauche éprouva le même changement. Je n’oserais décider si ce renfoncement des yeux a été occasionné par la seule absorption de la graisse placée derrière le bulbe, ou s’il y a eu diminution de la masse cérébrale située derrière les yeux. On sait que par un amaigrissement de tout, le corps les yeux se renfoncent également, et que par de fortes congestions du sang à la tête ils paraissent plus à Heur de tête ; mais ce sont là des circonstances (pii ne pourront pas induire en erreur un médecin.

Il sciait possible que les dimensions plus ou

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