‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 3)Chapitre 12 sur 54 · LE · texte numérisé non relu

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146 SUR LÉS FOXCTIONS

en tout; ne lui manque-t-il pas peut-être in

délicatesse, le goût pour le simple, pour le sublime dans ses leçons ? Chaque musicien accuse les autres d'idées fausses qu’ils se sont faites de leur art. Le même estomac ne digere-l pas tel mets très bien et très mal tel autre ? Où est l'homme qui ne se trompe pas , même dans Îles objets de ses études? N’enarrive- il pas demême à Gall dans son ouvrage; n’en arrive-t-1l pas autant à l’auteur de cette physiologie ? Si toutes les différentes idées fixes exigeaient nn organe

articulier, il y en aurait des milliers, mais des P 9 ,

légères modifications des-mêmes parties suffisent pour leur production. » |

Si M. Rudolphi avait lu, ou s'il avait eu le courage de faire connaître à ses lecteurs ma réponse à ces mêmes objections, T.ÎT, p.462, 498, T. IL, p.428 et 449, édit. in-4., ilse serait certalnement dispensé de ce radotage décousu et mdigne de lui. Il est du devoir d’un auteur , surtout lorsqu'il est professeur , de faire connaître à ses élèves les véritables opinions de ceux qu'il prétend réfuter, les motifs ou les preuves de ces opinions, les réponses données aux objections faites par les adversaires. Mais M. Rudolph, à l'exemple de tous mes antagonistes, n'a nulle part rempli cette obligation ; el cette conduite sera toujours le signal du triomphe de la phy-

siologie du cerveau.

Voyons maintenant quelles sont les idées de A1. Rudolphi sur les fonctions ou sur la valeur du cerveau :

ce Supposons, dit-il, ce que pourtant je n’accorde pas, que le cerveau soit pourvu d’organes parüculers pour ses opérations spéciales , nous sommes forcés d’avouer que nous n’en connaissons aucun, Fout ce que nous pouvons admettre avec assurance » C’est que certaines parties cérébrales sont en rapport immédiat avec les sens extérieurs ; mais ceci ne peut être démontré pour lorgane de la vision que des couches optiques, des corps géniculés, et en partie dela paire antérieure des corps quadrijumeaux, et, pour le nerf olfactif, du bulbe de ce nerf et des lobes antérieurs du cerveau. Il n’est déja plus certain si les parois du quatrième ventrienle sont l’organe central du nerf auditif. Ensuite nous savons que des lésions de la région supérieure du cerveau (en partant des corps striés) déterminent une paralysie du côté opposé; que des lésions de Îa protubérance annulaire détruisent Véquilibre entre la moitié antérieure et la moitié postérieure du cerveau. Rien au contraire n’est connu des organes de Gall. Il est vrai, Gall croit en avoir découvert un grand nombre, et en avoir démontré plusieurs parfaitement. Mais la source de son prétendu savoir est une crânios-

copie insoutenable. Il croyait retrouver la même forme de tête chez les hommes qui se distinguaient par une qualité ou faculté commune; par exemple, le talent de la musique, de la mémoire des mots, etc. ; et lorsqu'une partie du crâne était protubérante , 1l croyait que la partie cérébrale située derrière cette protubérance, était très développée , et que le talent en question dépendait de cette parte. V’ice versa, 1l prétendait que cette protubérance n ’existait pas quand ce talent manquait ; . c’est pourquoi il fut forcé de placer tous les Se sur la surface du cerveau. Les faits favorables à son hypothèse furent relevés, les faits contraires furent écartés, ce qui prouve la nullité de tout son systeme. Lorsque, par exemple , quelqu'un avait la parue du crâne qui dénote un certain talent bien développé, sans que cependant il possédat ce talent, il s’excuse en disant que la disposition de ce talent est très grande, mais que le talent n’a pas été développé; cependant celte grande disposition aurait dû nécessairement amener le développement du talent. De même, lorsque chez SH AN qui possédait un talent à un très haut degré, la partie du crane correspondante à ce talent , n’était pas saillante, 1l se sauve derrière le misérable subterfage que la disposition était réellement faible, mais que l'éducation on lap-

DU CERVEAU. 149 plication avait opéré le grand développement du talent, »

MM.Radolphiet Ackermann, puisqu'ils nvimputent cette manière de procéder, la trouvent probabiementirés commode. Un grand nombre de ceux qui ne connaissent mes découvertes que par oui-dire ,#’imaginent , dans leur 1gnorance de meilleurs moyens, que les choses se sont passées de cette sorte. J’invite donc M. Rudolphi de lire, dans mes ouvrages, d’abord la préface, l'introduction, l'exposé des moyens que j'ai constamment employés pour découvrir les forces fondamentales et le siège de leurs organes; mon discours sur les difficultés de faire ces découvertes; mon Traité sur l'influence du cerveau sur le crâne dans les divers âges, dans l’état de santé et de maladie ; l'historique de la découverte de chaque faculté et du siége de son organe ; eufin les traités particuliers de chaque furce fondamentale avec les preuves nombreuses puisées dans l’homme et dans une mulütude d'animaux , et lui-même sera étonné et honteux , sinon de la perfide, au moins de Vimprudente légereté avec laquelle il présente mes travaux à ses lecteurs et à ses auditeurs.

Chaque ligne de tout ce qu'il prétend savor de anatomie et de la physiologie du cerveau, révèle sa profonde ignorance et la plus ridicule

150 SUR LES FONCTIONS prétention que personne ne saif ce que lui ignore. |

« J'ai eu occasion, continue M. Rudolph, d'examiner plusieurs certaines de cerveaux, mais je n'ai jamais rien trouve cui fat d'accord avee Ja théorie de Gall. Presque toujours des congestions ; très souvent un épanchement d'eau , d’une Iymphe plastique, de sang ; très souvent des inflammations des méninges ; trés rarement inflammation de la substance cérébrale ellemême; des ramollissemens d’une plus ou moins grande étendue, mais jamais d’une étendue r'égulère ; très souvent des indurations ( principalement dans les individus scrofuleux ); ure fois une induratios de toute la protubérance annulaire ; quelquefois d’autres tumeurs , etc. »

Heureusement l'autorité de M. Rudolphi n'est pas du prennér ordre. 11 y a tant de faits anatomiques et physiologiques très vrais, très posiuifs, qu'il n’a pas vus ou qu'Y à mal vus! Par exempie, il wa pas vu la série des renflemens dans la moelle épinière; le véritable entrecroisement ou entrelacement des pyramides ; il m'a pas vu le déplissement naturel des hémisrheres dans les hydrocéphales; il a mal vu Forganisation du cervelet et de [a protubérance annulaire, la formation de la grande com-

missure des bémisphères; il n’a pas pu voir lo

déplissement arüficiel du cerveau et du cervelet ; l'origine du nerf optique ; les rapports du cerveau lui-même, avec les divers cerveaux des diverses espèces d’animaux , etc., etc. En général, M. Rudolphi voit peu de chose par lui-même ; il adopte , il nie, selon la fortune de son érudition. Je parie qu’encore dans ce moment il ne voit pas que dans la régle le cervelet est beaucoup plus petit à proportion du cerveau avant l’âge de la puberté, que dansl’àge adulte; que dans la vieillesse la cavité du crâne devient plus étroite, et que les circonvolutions du cerveau sont plus flasques et plus molles ; que chez la femme, ordinairement les lobes postérieurs outrepassent le cervelet davantage que chez l’homme , etc., etc.

Combien de choses je pourrais citer, que les anatomistes et les physiologistes ne voyaient pas , ily a peu d'années , et que tous les hommes exercés dans les nouvelles découvertes voyent à présent ? Pour voir il faut des idées exactes et complètes, il faut des principes puisés dans lorganisation même , et finalement il faut avoir appris à voir.

M. Rudolphi me reproche d’avoir fait des changemens quant aux organes. Si avais écrit plus tôt, certainement j'en aurais fait bien plus.

£ æ » . , » ‘ . . 4 Je n'ai jamais visé à faire parler de mot; dés

aujourd’hui , quiconque pourra me convaincre de la fausseté de toutes mes découvertes, je serai le premier à l’annoncer au public. Mon but est la vérité’, c’est elle que je mets au-dessus de toutes les considérations personnelles et extérieures. Que tous mes adversaires suivent mon exemple !

Ce professeur tend aussi à infirmer la stabilité de mes qualités et facultés fondamentales et du siége de leurs organes, parce que M. Spurzheim a introduit quelques modifications dans la physiologie du cerveau. J'ai déjà réponda à cette idée de M. Jourdan; si un tel argument était de queique valeur, que deviendraient toutes les objections de mes antagonistes ? il n’y en a pas une qui n'ait élé contredite, vilipendée, réfutée ou par lun ou par l'autre; il n'y a jamais que la sienne qui soit d’un grand poids.

Enfin M. Rudolphi fait l’'énumération des forces fondamentales telles que je les ai établies. Il dit que j'accorde aux animaux des vices et des vertus. Vice et vertu supposent des motifs moraux , dont les animaux les plus nobles r’ont, peut-être, qu'un trés obscur simulacre. Mais bonnes et mauvaises qualités , que dans son zèle pour. les droits des hommes, M. Rudolphi a confondues avec vice et vertu.

Pour prouver la nullité de toutes ces décou-

vertes, M. Rudolphi s'attache à réfuter l'organe du penchant à la propagation. Parmi mes preuves il cite : que le cervelet est plus grand lorsque ce penchant est plus impérieux et pendant le rut des animaux ; plus petit, au contraire, chez les castrats et chez les mulets; que chez les onanistes le cervelet diminue et devient douloureux ; que le penchant à la propagalion perd de son énergie apres des lésions du cervelet, Le lecteur qui voudra relire mon traité sur le penchant à la propagation, verra que M.Radolphi a à peine effleuré mes argumens. N'importe, conformément à son habitude expédiuive 1l m'oppose, 1°. que le cervelet est plus petit chez les animaux que chez l’homme, sans qu’il y ait moins d'énergie du penchant à la copulation : combien ce penchant, dit-il, n’est-1l pas impérieux chez les oiseaux, chez qui le cerveau est si petit en comparaison du cerveau des mammiféres , et surtout en comparaison de celui de l’homme ?

M. Rudolphi a donc complétement oublié ce que j'ai dit, Tom. If, pag. 280 , édition in-8o., et T. IT, pag. 318, édition in-4°., sur le volume absolu du cerveau et de ses parties, coinparé à leurs fonctions. D'après les idées de ce pro fesseur, il serait difficile de concevoir comment les fourmis, les abeilles, etc., peuvent avoir

pa

les insuncts de la propagation, de l'amour des petits, de la construction, de la propre défense, de faire des provisions, etc. Il confond le cerveau des oiseaux avec leur cervelet, et il re pense pas que les oiseaux, comme la plupart des mammiiéres, n’ont qu’une saison pour leurs amours, tandis que l’homme y est porté l'hiver et lété, lautomne et Le printemps, souvent avant Pâge de la puberté jusqu’à la vieillesse.

«20. Toute trace du cervelet a disparu chez les mollusques et chez les vers, etce., surtout en descendant plus bas dans la série des êtres, et cependant nous Îles voyons tous encore entraités par ce penchant. » À |

Tant qu'il existe un cervelet chez les animaux quelconques , il y a multiplication de leurs espèces par copulation , ou par un acte analogue. Plus de cervelet, plus de rapport entre deux sexes : que M. Rudolphi m'en démontre le contraire.

« 9°. 51 lon considere le gran d développement du cervelet chez homme , on ne peut pas s’empécher d'accorder à cette partie une grande part de la perfection de l’organe de l’äme. »

La perfection de l'organe de l’âme dépend de la perfection du cerveau et de son orgamisation particulière ou spécifique , et ce même cerveau n'est pas seulement l'agent des facultés supé-

rieures de l'âme, 1l l'est encore des sentimens et des penchans; le premier, le plus impérieux, le plus indispensable de ces penchans, est affecté

au cervelet.

«49. Les cretins, chez qui le cervelet est plus pett, sont plas ou moins imbéciles, tandis que le penchant vénérien est souvent exalté jusqu'a la manie érotique. »

Encoreici M.Rudolphi ne tient aucun compte de ce que j'ai dit, T. III, pag. 333, édition an-00., et T. LIT, pag. 131, édition in-40., sur

J'activité ou l’inaction de l'instinct de la propagation dans Pidiotisme. Il aurait vu entre autres

hoses, que chez les cretins lubriques le cervelet a toujours un trés grand développement; qu'au contraire, chez les cretins inertes sous ce rapport, le cervelct est également trés petit. Ainsi M. Rudolphi tranche sur une question qu’il n'a jamais examince chez les divers cretins euxmemes.

« 50. Les lésions des parties postérieures de Ja tête entraînent facilement le manque de mémoire, etc. »

Quelle mémoire ? Et les lésions de parties postérieures de la tête, sont-ce des lésions du cervelet ? M. Rudolghia lu probablement qu'an

certain pédagogue plactit la mémoire dans la

126 SUR LES FONCTIONS partie postérieure dela tête. Toujours érudition sans examen personnel.

«60. Ce n’est point le cervelet, mais la moelle épinière qui souffre immédiatement par Pabus de l'instinct de l'amour physique. Il en résulte la Consomption dorsale avec paralysie des extrémités inférieures, »

Dans ces cas peut-on présumer que M. Rudo!- Phi ait examiné et le cervelet et la moelle épinicre, pour nous dire, qu'il y a seulement atrophie de cette dernicre, et pas du cervelet ?

«70. Ce que Gall avarce sur l’agrandissement du cervelet pendant le rut, n’a jamais été démontré par l'expérience ; mais il a confondu le gonflement du cou et de la nuque avec la grosseur du cervelet. »

Je suis bien loin de nier à M.Rudolphi qu’il n'a jamais observé cette plus grande turgescence nerveuse du cervelet pendant le rut, ou pendant les amours des animaux. Pour cela il lui aurait fallu, comme à moi, une collection considérable de têtes et de cerveaux d'animaux tués dans le moment de leur chaleur, pour les comparer avec autant de cerveaux d'animaux tués dans un temps opposé. Un homme aussi savant se résoudrait difficilement à recourir à une source aussi pénible de véritables connais- SANCCSe

Enfin M, Rudolphi continue, que par con séquent je me suis trompé sur la fonction du cervelet comme sur tout le reste, En attendant il a trouvé convenable de nefaireaucane mention de l'historique de cette découverte, des observaions déjà faites avant moi par Hippocrate, par. Apollonius de Rhodes, par Van Der Haar par, Tissot,etc. Il ne dit rien de la manifestation successive, la croissance et la décroissance de linstinct de la propagation , toujours en rapport direct avec le développement et la décroissance du cervelet dans les différens âges; de l’activité très énergique de linstinct de la propagation dans l’âge même de l'enfance, lorsque le cervelet a acquis un trés grand dévelappement prématuré, que les parties sexuelles soient développées ou non. Îl n’a jamais fait aucune vérification , ni parlé de nos expériences faites sur des hommes et des animaux, selon le degré de leur instinct pour l'amour physique. Al comparé le cervelet ou le signe extérieur d'individus extrêmement ardens , avec d’autres, pour qui la différence du sexe est absolument nulle ? a-t-:11 examiné des sujets portés violemment à certains vices punis de mort en Angleterre ? a-t-il fait de pareilles recherches chez des animaux extrêmement ardens en comparaison d’autres individus de la même espèce, mais très indifférens à cet acte ?

ga

108 SUR LES FONCTIONS ja-t-1l comparé le cervelet des mâles ét des lemelles, avec égard au différent degré de penchant à la propagation, par exemple , le chien et la chienne , le taureau et la vache, l’étalon et la jument ? a-til comparé sous le même rapport le cervelet de l’homme avec celui de la femme ? a-l4l jamais fait attention au genre de caresses que se font plusieurs animaux pour s’exciter à l'acte de la copulation ? a-t:l jamais fait des observations sur l'influence de la castration , soit entière, soit partielle, ou unilatérale sur le cervelet 2? Comme médecin et comme physiologiste, a-t1l observé l'influence de la lésion et des maladies des parties sexuelles sur le cervelet , et de la lésion et des maladies du cervelet sur les parties sexuelles? connaïît-il la cause de Ja manie érotique ? Que pense-t-1l des cas où linsunct de la propagation survit à la destruction des parties génitales, et subsiste dans Fabsence de ces parlies ? connaîtl la nature des apoplexies si fréquentes après ou pendantun acte de copulation trop ardent ? Voilà tout autant de questions résolues dans mon Traité sur cet instinct et son organe, mais qui lassent la patience es antagonistes de la physiologie du cerveau.

En traitant des fonctions des sens extérieurs, M.Rudolphi ne conçoit pas, p. 28/4, comment je

puis altribuer aux animaux un organe du goût plus étendu qu’il »’est chez l’homme. Il soutient que la plupart des animaux n’ont point de goût, et que peu de ceux qui goûtent, ont le goût tant soit peu parfait; selon lui on ne trouve rien de remarquable dans la cavité de leur bouche, et chez ceux qui avalent les alimens tout entiers, il ne peut être question de goût. Les animaux ne goûtent.aucunement en mâchant et avalant leur pâture ; ce n’est qu'en ramiuant qu’ils aperçoivent les saveurs;avant, c'était l’odoratqui leur servait de guide ; de même, dit-il, les oiseaux de proie avalent des petits animaux sans les dépecer; les échâsses et les palmipèdes, les insectivores et les granivores avalent tout entiers les grenouilles, les insectes , les grains ; il n'existe qu'un trés petit nombre d'oiseaux qui jouissent du sens du goût tel que le perroquet.

Comme mon traité sur les foncuons des sens extérieurs ne se trouve pas dans cette édition, je copierai de la grande édition le passage suivant, qui servait de réponse à une objection du professeur Ackermann, et qui doit nous donner la mesure du jugement du professeur Rudolhhi,

Le professeur Ackermann faisant dériver le perfectionnement des f:cultés intellectuelles de l'homme, de la finesse de ses sens, assure que le nerf du goût est proportionuelle-

nent plas cousidérable dans l’homme que dans les animaux; qu’il s’épanouit chez lui, dans une langue plus molle et plus mobile, et dont les papilles nerveuses sont recouvertes d’une surpeau beaucoup plus fine que dans les animaux. Mais, proportion gardée, le nerf du goût et toute la cinquième paire, sont bien distinctement plus grands chez les animaux que chez l’homme. Les papilles nerveuses de formes multipliées, disséminées dans le pharinx, sur le palais, sur toute la langue, sur les parois intérieures des joues, et sur les lèvres, sont beaucoup plus grandes et plus nombreuses dans les animaux. Afin d’étendre la surface de l'organe du goût, le palais, chez beaucoup d'animaux, est revêtu d’une membrane sillonnée et parsemée d'une multitude de papilles nerveuses; et en général, l'appareil qui sert à l’action de manger, est plus grand chez eux que chez l’homme. Dans le chien, l'ours et les singes, la surpeau de la langue est aussi fine que celle de la langue de l’homme; si notre langue est plus mobile que celle des animaux, cette propriété n’a de rapport qu'avec la faculté de parler, et n’en a aucun avec le goût. En outre, si lon fait réflexion que dans l’action de manger, les organes des animaux Îcur procurent la jouissance la plus intime et la plus durable; qu'un grand nombre d’entr'eux lorsqu'ils veil-

DÜ CERVEAU. 161 lent, passent presque tout leur temps à manger ou à ruminer; il sera difficile de persister à ne Pas reconnaitre dans les animaux un goût plus parfait et plus étendu. Par conséquent, quiconque serait disposé à attendre d’une meilleure or- £ganmisation du goût, des facultés intellectuelles en quelque sotte plus parfaites, devrait au moins nous faire convaître quelles sont les préparations d’alimens inventées par le chien ou lebœuf,

Nous ne pouvons méme Partager l'opinion générale que les oiseaux ont le goût tres obtus; au moins, 1l nous semble impossible que tous soient dans ce cas-là. Bluruenbach a trouvé dans 1e canard l’organe du goût beaucoup plas grand, comparativement, que dans Voie ; de même nous voyons que le palais de plusieurs oiseaux, tel que celui des oiseaux de proie, du coq de bruyére, etc., est garni de papilles nerveuses j nombreuses et très fortes. Un grand nombre d’oiseaux n’avalent pas leur nourriture tout d’un coup : les mésanges, par exemple, la lèchent en quelque sorte; la plupart des oiseaux qui vivent d'insectes et de graines ; les écrasent et les broyent; quelle raison aurait-on dans ce cas de leur attribuer un goût moins parfait qu'aux autres animaux? Qué l’on donne au serin , au bouvreuil, au rossignol, au coucou, plusieurs espèces de nourriture, chacun choisira imman-

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