‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 3)Chapitre 13 sur 54 · VI. LE · texte numérisé non relu

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quablement celle qui lui est la plus agréable; Le serin préfère l’alpiste; si l’on donne à des rossignols pris nouvellement des larves de fourmis, un grand nombre mourront de faim, parce qu'ils ne connaissent point cet aliment; si on les leur met dans le bec, ordinairement ils les rejettent; mais si On les écrase, ils les avalent avec avidité. Cela prouve évidemment qu'ils ont un goût très fin.

Les oiseaux même qui avalent tout d’un coup leur nourriture, tels que les poules, les pigeons, etc., distinguent les baies et les graines en lestouchant du bout du bec. Que l’on mêle des graines de vesce avec des graines de robinia caragana, du cytise des Alpes, etc., les poules et les pigeons les prendront toutes sans distinction, mais ils ne tarderont pas à rejeter les deux dernieres. Ainsi l'extrémité cornée de la langue n'exclut pas le goût; elle semble au contraire être une prolongation du nerf lingual, destinée à donner à cette partie un goût plus fin. Si l'on a habitué des eigoghes à recevoir “ans leur bec les rats et les grenouilles qu’on lewr jette, elles Les avalentavec avidité après les avoir lancées plusieurs fois en l'air, les avoir re'bris, et les avoir écrasés; mais si on leur jette un crapaud, elles le rejettent à l'instant; elles avalent avec plaisir de grosses mouches et des abeilles; mais si elles attrapent

Ex

un insecte qui ne leur plaise pas, elles le rejettent. C'est ce que font aussi les hirondelles et tous les oiseaux qui vivent d'insectes.

On a donc tort lorsque l’on suppose qu’une dissolution humide préalable est nécessaire pour effectuer le goût. La surface des graines et des insectes porte cerlainement à la langue des impressionsoléagineuses, alcalines, s piritueuses, que le goût reçoit à l'instant par le moyen d'instrumens organisés à ceteffet.T.T, p. 152, édit. in-4o.

Ajoutez encore à cela, que le chien qui, étant affamé, avale sans mächer , mâche avec grand plaisir les noisettes , les amandes, les châtaignes; qu'il lappe avec grand appétit le lait; qu’il aime, comme presque tous les autres animaux, beaucoup le sucre; que le cochon et le canard qui fouillent et qui barbottent dans les mares > qui dépécent et mâchent très bien les racines , les insectes, les grenouilles, etc.; les chevreuils et les pigeons qui cherchent avec avidité le limon salé; est-ce possible de refuser un goût exquis à tous ces animaux ? Il est donc bien moins concevable comment M. Rudolphi puisse soutenir que le goût manque à la plupart des animaux.

$.315. M. Rudolphi fait naître la plus grande partie du nerf visuel dans les soi-disant couches opüques. « J'ai eu occasion, dit-il, de disséquer le cerveau d’un enfant à qui il manquait l'œil

ï É ss #

droit et l'orbite droit, tandis que l'œil gauche était bien organisé. Les corps quadrijumeaux étaient de même volume des deux côtés , Mais la couche optique gauche seule avait la position et la grandeur naturelles; la couche optique droite formait, vers sa partie inférieure, une saillie dont il sortait une espèce d’appendix, pour ainsi dire le rudiment du nerf visuel, qui manquait et qui se perdait de nouveau dans le cerveau. Ce cas prouve évidemment que les nerfs optiques ne ürent aucunement leur origine des tubercules quadrijumeaux, quoique Je ne proteste pas qu'il existe quelque liaison entre les corps géniculés et la paire antérieure des tubercules quadrijumeaux pour l’origine du nerf optique.

Dans le cas cité, M. Rudolphi a-t-il examiné les proportions des, deux hémisphéres? Il est cerlain que s’il y avait diminution de substance dans la couche optique droite, l'hémisphère droit devait être diminné également. Assez souvent nous avons rencontré des cerveaux , sur tout dans les hospices des aliénés, où un hémisphère était plus petit que l'autre, et toujours cette diminution répondait à une diminution de la couche correspondante. Dans aucun de ces cerveaux nous n'avons observéune diminution ou une atrophie du nerf optique, à moins qu'il yait eu diminulion aussi dans un côlé des tubercules

quadrijumeaux. Du reste , le nerf optiquene tire certainement pas toute son origine des tubercules;les corps géniculés internes et externes ; etc., lui fournissent un grand nombre de fibrilles nerveuses, C’est Pourquoi le nerf Optique n’est nullement en Proportion avec les tubercules ; qui, comme dans la taupe, peuvent être trés gros avec un nerf optique extrémement délié. Mais que veut dire ce langage confus : le nerf optique ne tire certainement Pas Son origine des tubercules, et il existe quelque liaison entre les COTpS géniculés et la paire antérieure des Corps quadrijumeaux pour l'origine du nerf optique? J'oppose encore à l’assertion de M. Rudolphi, que MM. Sœmmerring, Spurzheim, moiet beaucoup d’autres, nous avons toujours vu uné diminution d’un côté des tubercules, lorsqu'il ÿ avait atrophie dans un des nerfs optiques. I] n’y a donc pas de doute que, encore dans cette observa= üon, Monsieur le professeur a mal vu.

Dans mon grand Ouvrage, j'ai soutenu que l’homme ainsi que Îles animaux ne fixaient les objets que d’un seul œil. Jai distingué entre la fonction passive et la fonction active des sens. Les deux yeux Yoyent passivement ;mais tout indivi= du fixe d’unseul œil. M. Rudolbhipréten d,$.320, qu'il est facile de me réfuter, Je pense qu’il est encore plus facile d’avoir l’assentiment de tout

lecteur. Personne ne doute qu’on ne voye de deux yeux à-la-fois, puisque, à l'exception de très peu d’observateurs, tout le monde confond la vue passive avec la vue active. Pour ne pas tenir le lecteur en suspens, l’on me pardonnera que je copie encore mon passage concernant cet objet de mon grand ouvrage, T,I, p. 180, édit. in-/0.

Nous ne concevons pas comment, jusqu'a ce jour, on a fait si peu d’attention à ce fait général: queitoutes les opérations de la vie animale, et par conséquent celles des sens, sont, dans certaines circonstances, purement passives 7 el actives dans d’autres. Dans l’état de veille et dans le sommeil, il n’est pas en notre pouvoir

d’apercevoir ou de ne pas apercevoir les impres-

sions des objets sur nos sens. Nous sentons, nous goùtons, nous entendons, nous voyons, nous touchons sans que notre volonté agisse.

Sous ce rapport, les sens sont passifs. Il en est tout autrement lorsque nous dirigeons positivement notre attention sur les impressions des sens. En flairant, en savourant, en écoutant, en regardant, en tâtant, notre propre aclivité intérieure agit sur les objets.

Les organes doubles des sens contribuent toujours à nous faire recevoir passivement les impressions, et à exciter dans le cerveau un

sentiment plus ou moins obscur ou distinct de ces impressions. Nous entendons avec deux oreilles et nous voyons avec deux yeux, quand le bruit et la lumière frappent ces parties sans notre participation expresse; mais aussitôt que nous réagissons activement sur les objets, un seul des deux organes agit. Nous n’écoutons attentivement qu'avec une oreille ; nous ne regardons fixement qu'avec un œil.

Cette assertion, nous le prévoyons, semblera erronée à la plupart de nos lecteurs; et comme dans nos leçons publiques nous l’avons toujours proposée pour expliquer en quelque sorte pourquoi l’on voit simple avec deux yeux, elle a fréquemment été combattue par nos adversaires. Dire qu'un seul organe est actif pendant que l'autre est en repos, c’est, suivant M. Ackermann, emplover un subterfuge pitoyable. Ce professeur croit, en rapportant une expérience que nous allons citer, avoir démontré d’une maniere incontestable, que l’on regarde fixement avec les deux yeux. Telle est aussi lopinion de M. Autenrieth, et il n’y a qu’un tres petit nombre de physiologistes qui aient saisi l’idée qu’on ne voit fixement que d’un œil.

Présentons à nos lecteurs les faits sur lesquels repose cette assertion. L’un de nous (Gall), dans sa Jeunesse, se servait d’une sarbacane un peu

courbe avec laquelle il frappait juste les objets qu'il visait; il les manquait au contraire beaucoup plus souvent lorsqu'il faisait usage d’une sarbacane droite; il ne pouvait se rendre raison de cette différence, ; usqu’à ce qu’enfin il placât cette derniére sarbacane en ligne droite de sa bouche au but. Alors il regarda l'instrument avec un œil seul, et il vit qu’il n’était dirigé qu'obliquement vers le but. En rapprochant de ce fait la nécessité où l’on est, pour ürer une arme à feu, de poser un œil en ligne droite avec le point de mire, il en conclut qu'on ne peut pas viser juste avec deux yeux. Il essaya plus tard de tracer une ligne droite dans un jardin avec des échalas; il plaça son nez sur le premier, et fit toujours ficher exactement les suivans l’un derniére l’autre ; mais lorsqu'il alla regarder sa ligne à l'extrémité opposée, il vit que les échalas s’écartaient continuellement l’un de l'autre, et 1l ne put parvenir à obtenir une ligne droite que lorsqu'il posa son œil droit seul contre le premier échalas, Si l’on visait réellement avec les deux yeux, on devrait, dans les deux Cas , attendre une ligne droite à parür du milieu du visage. Il croyait aussi pouvoir expliquer peur quoi les sentiers vont toujours en serpentant dans les neiges et dans les prés. Que l’on tienne une baguette mince, uue aiguille à tricoter ;une

plume ou autre corps semblable entre les yeux et une chandelle, pour chercher une ligne droite entre soi, la baguette et la chandelle; l’ombre de la baguette, en la tenant droite contre la chandelle, devrait nécessairement tomber sur le nez lorsque l’on aurait visé avec les deux yeux ouverts. Mais l'ombre tombe chaque fois sur un seul œil, savoir : sur celui dont on a coutume de se servir pour voir avec attention, ou regarder fixement, Si l’on ferme cet œil pendant que la chandelle et la baguette restent dans la même position, on voit que le premier objet s’écarle beaucoup de la ligne droite; si l’on ferme au contraire l’autre œil, la position de la baguette et de la chandelle parait dans la même direction. Cette épreuve contredit celle de Buffon, que nous avons rapportée plus haut, et de laquelle il voulait induire que nous voyons effectivement chaque objet double; mais elle prouve de la mauière la plus évidente que l’on ne regarde fixement qu'avec un œil. Que l'on fasse regarder attentivement à quelqu'un un point peu considérable, à une distance d’un ou » de deux pieds, les deux yeux paraissent être dirigés également vers l'objet. Fermez ou cachezlui l’un des jeux, l’autre ne fera pas le. moindre mouvement s1 c’est celui avec lequel la personne a coutume de regarder fixement; mais si

17 SUR LES FONCTIONS c’est ce dernier qu’on lui ferme, l’autre fait aussitôt un petit mouvement en dedans qui le met en état de se fixer sur le point d'observation ; que lon rouvre ensuite l'œil fermé, l’autre fait alors involontairement et sans conscience un mouvement en dehors égal à celui qu'il avait fait en dedans. Cette expérience prouve donc aussi que les deux yeux ne sont pas fixés également sur ie même objet, et ne peuvent pas le regarder en même temps. Même en louchant, lorsque l'objet paraît double, on ne peët fixer son regard que sur une des images et avec un seul œil ; la seconde image n’est vue que passivement. Les animaux dont les yeux sont placés de côté ne peuvent regarder qu'avec un œil; c’est ce que M. Cuvier a aussi remarqué, et ilen a conclu que la même observation pouvait s’appliquer à l’homme. Dans le fait, homme, par exemple le peintre, et les animaux qui ont les yeux sur le devant de la tête, tels que le chien, le singe, etc., prouvent évidemment par leurs gestes et par le mouvement de leur tête, tantôt d’un côte, tantÔt d’un autre, qu'ils cherchent à regarder un objet tantôt avec un œil, tantôt avec un autre. Lecat, dont l'ouvrage excellent mériterait d’être retouché, est le seul écrivain où nous ayons trouvé notre opinion à-peu-près exposée. « SA] arrivait, dit-il, que l'âme laissât un de ses

yeux comme vacant, qu'elle ne se servit que d’un œil à-la-fois, ou qu’elle ne fit attention qu'à une des deux images, la difficulté serait bientôt levée, et il est vrai que c’est ce que fait l'âme pour l'ordinaire. Nous ne considérons attentivement un objet que de l'œil qui est de son côté, ou quiest plus à sa portée; et l’autre œil est dans une sorte de repos, jusqu'a ce que son tour vienne à laisser reposer l’autre; j'ai même observé qu'il y a certains jours où c’est presque toujours le tour d’un certain œil de voir seul les objets, et j'ai eu lieu de sonpconner que cela venait de ce que cet œil, dans ces jours, avait plus de vigueur que l’autre. Je suis persuadé que, dans bien des gens, il y a toujours un œil plus fort ou plus vigilant que l’autre, et qui se charge constamment de la plus grande partie de la tâche * commune. » Lecat croit cependant que cette espèce de vision borgne n’est pas universelle, et il cherche à prouver que l’on voit aussi en même temps avec deux yeux. Mais dans toutes les expériences qui ont été tentées pour atleindre ce but, il confond continuellement la vue passive avec l’active, comme font nos adversaires dans les objections qu’ils nous adressent.

M. le professeur Walter de Berlin, M. Ackermann et leurs parlisans nous ont opposé l'expérience suivante, pour démontrer que lon

regarde fixement avec les deux yeux : si l’on regarde un corps lumineux, tel qu’une chandelle, les yeux armés chacun d’un verre d’une couleur différente, œil qui voit à travers un verre rouge, aperçoit l’objet rouge; et l’objet paraît bleu à l’autre œil garni d’un verre de cette couleur. Cependant les deux yeux ensemble ne lé voyent mi rouge, n! bleu, mais vert, couleur mixte des deux autres.

Cette expérience a été imaginée, crue et copiée en théorie, d’après une supposition erronée, mais n’a jamais été confirmée par la pratique. Nous l'avons souvent répétée et fait ré-

péter par d’autres. Si les deux verres sont Éga=

lement épais et transparens, on voit ou rouge ou bleu, suivant que l’on a coutume de regarder fixement avec un œil. Mais si un verre est plus mince ou plus transparent que l’autre, sa couleur est la seule qui donne la teinte aux objets. Jamais nous n'avons pu apercevoir la couleur verte. Effectivement, on voit vert quand on regarde des prairies et des arbres de cette couleur, parce que les verres colorés ne la font pas entièrement disparaître. Dans le premier moment, on aperçoit souvent des raies de la couleur mixte; mais il faut en attribuer la cause à impression qui reste encore dans l’œil devant lequel on tient un autre verre. C’est ainsi que

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nous Voyons souvent des taches de couleur différente, lorsque nous portons nos yeux d’un ob- Jet sur un autre diversement coloré.

Par conséquent, en continuant à fixer son attention sur la différence entre la vue passive et la vue active, il serait difficile de prouver que l’on puisse regarder fixement un objet autrement qu'avec un œil.

S- 323. M. Rudolphi arrive à Ja psychologie (Seelen Leben), et passe, comme de juste, rapidement sur les questions : Si les animaux, les monstres et les idiots ont une âme; si les débris dans lesquels on peut morceler certains êtres vivans, ont chacun une âme; ce qui, selon lui, serait incompatible avec l'unité de l'individu, du moi.Contre Bichat, etc. iladmet que les affections n’ont pas leur siége dans les viscères, mais seulement dans le cerveau.

Il établit trois manifestations distinctes de l'âme: l'intelligence, le sentiment et la faculté appétiive. Les forces nese manifestent Pas toujours de la même manière » Mais sont dans des proportions différentes, non-seulement dans les divers individus, mais aussi dans chaque individu en particulier ; il n’admet pas des idées innées , mais avec moi des dispositions innées , moyennant lesquelles nous arrivons à des notions abstraites.

Après avoir exposé ses idées sur la mémoire,

le jugement, l'imagination, les affections, les passions, et les avoir envisagés dans le sens de Ja philosophie de routine, 1l réfute la physiognomonie avec laquelle il confond la pathognomonique.

Il termine ce paragraphe par porter un coup mortel àla crâmioscopie. « La crânioscopie, dit-il, a le crâne seul pour objet de ses recherches; elle prétend pouvoir connaître, par-là, le cerveau, el par suite de cela le caractère et les dispositions des hommes; ce qui est absolument faux. Enoutre, elle ne méprise jamais le secours de sa sœur aînée, la physiognomonique, en créant en même temps une espèce de mimique qu’elle

met seulement plus en rapport avec le crâne.

La crânioscopie a fait peu de fortune, et elle ne

mérite pas plus de confiance que la chiroinancie. » |

Mes lecteurs savent à quoi s’en tenir, quant à la cränioscopie; c’est une chose très plaisante que cette obstination de la plupart de mes adverversaires, de vouloir réduire toutes mes découvertes sur l'anatomie et la physiologie du cerveau à la simple crânioscopie; ils démontrent parlà ou leur mauvaise foi ou leur ignorance complète sur le véritable but de mes travaux. En méconnaissant l'utilité de la erâmioscopie , ils nient non- seulement la pluralité des organes

cérébraux, le développement différent de ces mêmes organes, et par conséquent les formes différentes des cerveaux et des têtes, mais aussi toute influence du cerveau sur la forme de la tête, toute possibilité de parvenir a la connaissance du siége des organes. Et savez-vous pourquoi ils disent queles crànioscopes ne méprisent pas la physionomie? C'est qu’en visitant, dans nos voyages, les prisons, les hospices pour les ahénés,etc.,un trop grand nombrede professeurs, d'élèves, de ministres, etc., ont été témoins combien de fois nous avons déterminé, avec la plus grande exactitude , la nature des délits ou de la fohe et des penchans et des facultés prédominans des prisonniers et des fous. Pour n'être pas obligés de rendre hommage à la cranioscopie, ils rejettent le mérite sur la physionomie. Mais commeils ne croyent ni à lune ni à l’autre, comment expliqueront-ils ces faits ?

Oui, j'ai créé un art de mimique fondé sur des principes immuables, le seul qui vous révèle le mystère, la source de la pathognomonique, des gestes et des attitudes, que nos pensées, nos sentimens, nos penchans, nos émotions intérieures produisent sur notre extérieur. Lisez mon traité sur celte mimique, et vous serez convaincu que chaque geste qui accompagne laction vive d’un organe, est une preuve de son

siége, el par conséquent dela pluralité des or= ganes. Mais, 1c1 surtout, il faut quelque chose de plus que du savoir.

Supposons donc que la crânioscopie,ou plutôt l1 physiologie du cerveau, n'ait pas fait grande fortune, lorganologie m'aurait appris à ne pas m’y attendre. Les idées exclusives, les extravagances , les Superstitions, les futilités, les modes font fortune. La philosophie transcendante, la métaphysique, Pidéologie, le magnétisme animal, le brownisme, etc., etc., ont fait fortune. Contrarier les habitudes reçues, braver les jugemens des académies, humilier les amours-propres, renverser les prétendues connaissances en anatomie et en physiologie du système nerveux, détruirelesphilosophies de trois millesiècles, etc., comment voulez-vous qu’on fasse fortune avec de pareils élémens ? Quel est l'enfant qui ne souffre pas du sevrage, lors méme que vous lui subs- Utuez une nourriture plus substantielle ?

Que, selon M. Rudolphi, la crânioscopie ne mérite pas plus de confiance que la chiromancie, cela s’explique parfaitement bien; d’abord il adopte plutôt le jugement des autres qu’il ne peuse, qu'il mexamine par lui-même. Or, M: Carus l'a dit, M, Jourdan l’a redit, qu’en fautil davantage ?

En second lieu, M. Rudolphi n’a pas la plus

légére connaissance des découvertes qui concernent l’anatomie et la physiologie du cerveau; il n'a pas la plus légère teinture ni des diverses apütudes industrielles, des instincts, des penchans et des facultés des animaux, ni des qualités morales et des facultés intellectuelles fondamentales ou de la philosophie de l'homme; l'anatomue et la physiologie comparées du cerveau de homme et desanimaux , sont des nonentia pour lui. Pour le reste, je renvoye M. Rudolphi à la réponse que j'ai faite à M. Jourdan, dans ce même volume, page 21.

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