‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 3)Chapitre 16 sur 54 · VI · texte numérisé non relu

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Et certes les connexions qui nous sont inconnues sont encore plus nombreuses. Ceci posé , comment empêcher l'influence réciproque de toutes ces parties, surtout lorsqu'elles sont irritées, lésées, lacérées, enlevées? et comment isoler les résultats? Cette belle idée de localisation n’est donc qu'une belle et présomptueuse chimére.

Pour arriver à une partie cérébrale, il faut perforer, casser, couper des parties osseuses ; il faut blesser , déchirer violemment les diverses membranes qui enveloppent ce système nerveux, et qui établissent parmi toutes ces parties une connexion intime de la membrane vasculeuse et de l’arachnoïde. Et comme ces membranes pénètrent non-seulement dans les ventricules et dans les circonvolutions, mais aussi dans toute la masse cérébrale, la perte du sang, leur irritation, leur inflammation, etc., doivent inévitablement compliquer l’expérience et les résultats.

M. Flourens fait souvent des coupes horizontales sur les parties cérébrales. Ce procédé supposerait que les organes, ou les diverses parties du cervean, sont composés de couches horizontales posées les unes sur les autres. Cette disposition n’a lieu nulle part, pas même dans la protubérance annulaire. Sur la paire antérieure des

tubercules, sur la surface du cerveau et du cervelet, etc., vous pouvez enlever une couche très mince de substance non fibreuse. Mais cette substance contient déja les premiers rudimens d’une infinité de filamens nerveux quise continuent dans l’intérieur des masses cérébrales. Partout les filamens blancs du cervelet, du cerveau, des corps striés, des couches optiques, des jame bes du cerveau, de la protubérance annulaire, des tubercules, marchent en divergeant de bas en haut; partout elles plongent ou diagonalement, ou perpendiculairement, ou en biaisant vers leurs appareils de renfort; et de-là vers leurs épanouissemens. En sens inverse arrivent de la surface du cerveau et du cervelet les fibrilles convergentes pour former les diverses commissures. Ainsi cet art si recommandé, si prôné, d’enlever les organes par couches , est en opposition avec la structure des parties cérébrales.

On nous parle aussi de la moelle allongée, de la protubérance annulaire, comme de parües cérébrales qu’il serait facile d'isoler, Pas plus que les tubercules quadrijameaux. Ceux-ci sont encore une partie , la continuation des faisceaux de la moelle allongée et de la moelle épinière, Ils sont en même temps formés par des gan-

glions dont une partie donne naissance à des fibrilles nerveuses du nerf optique. De même la moelle allongée est en grande partie encore la continuation dela moelle épinière, outre qu’elle contient plusieurs amas de substances non fibreuses qui, comme autant de ganglions, sont l’origine de plusieurs nerfs de la plus haute 1mportance, et affectés à des fonctions trés différentes. La protubérance annulaire n’est pas seulement composée des faisceaux nerveux de deux hémisphéres du cervelet, ou de la commissure du cervelet, elle est aussi la continuation de plusieurs faisceaux de la moelle allongée et de la moelle épimiere, des pyramides antérieures et postérieures, où inférieures et supérieures , et elle contient une quantité considérable de subsance non fibreuse, entreposée entre les fais ceaux transversaux et longitudinaux, et qui ensendrent de nouveaux filamens pour les jambes du cerveau, pour les tubercules, etc. Voila donc partout des parties trés matériellement compliquées qui rendent leur localisation absolument impossible. Cette localisation devient seulement praticable où les nerfs particuliers se sont déja dégagés des masses communes, pour $e rendre dans les appareils où la fonction spéciale a lieu. Ceci est applicable à tous les nerfs qui prennent naissance de la moelle allongée, etc., etc.

Il y a plus: vous ne pouvez même pas isoler, localiser les nerfs des sens, tant qu'ils ne sont pas encore complets et rendus dans l'appareil du sens même. L'origine des nerfs du goût est confondue avec les masses d’origine de plusieurs autres nerfs; le nerf auditif est confondu avec les masses nerveuses et non fibreuses du quatrièéme ventricule; les nerfs optiques d’abord avec toute la masse des tubercules, avec les corps génieulés et leurs attenans, avec les jambes du cerveau, avec cette lame grisâtre située immédiatement derrière leur jonction. Les nerfs olfactifs sont d’abord intimement liés à la substance grise placée sur les circonvolutions intérieures et inférieures des lobes moyens, avec les cavités cérébrales antérieures, etc.

Ou ceux qui expérimentent sur le cerveau, sur les parties cérébrales, ne se sont jamais fait une idée claire et juste de l’organisation du système nerveux, ou ils comptent impudemment faire des dupes; et ils réussissent à merveille, attendu que, malgré la précision recherchée de leurs préceptes, ils trouvent leurs lecteurs et leurs juges dans une plus grande ignorance que celle où ils sont eux-mêmes sur les faits les plus essensiels de l’organisation cérébrale. Voyez au surplus mon traité, T.IIT, P. 199, etc., sur les mulilations du cerveau,

comme prétendu moyen de déterminer les fonctions de ses diverses parties.

M. Flourens a choisi, en général, des animaux encore jeunes, pour ses expériences sur la masse cérébrale et la moelle épinière. Ii donne plusieurs raisons de ce choix. « D'abord, ditAil , les os des jeunes animaux étant fort tendres, on éprouve bien moius de difficulté à les enlever; en second lieu, il est constant qu’un animal résiste d'autant plus aux mutilations qu'il estplus jeune. Enfin, et ceci s’applique surtout aux expériences sur Ja masse cérébrale, les sinus de la dure-mère étant, comparativement, fort peu développés dans les premiers âges, il y a moins à craindre d’être embarrassé par le sang. »

Dans aucune expérience sur la masse cérébrale on pe peut éviter d'ouvrir le crâne, d’inciser les méninges. Ainsi 1l y aura toujours un épanchement de sang. Les vaisseaux sanguins sont même plus gorgés de sang dans les jeunes animaux , puisque c’est l’époque la plus importante, la plus active pour la formation etla nutrition. Toute la substance cérébrale est beaucoup plus rougeätre, beaucoup plus visiblement pénétrée de vaisseaux sanguins à cet âge que plus tard. Enoutre, à cet âge, l’orgamisation du cerveau n'est pas encore achevée. La substance non

fibreuse est encore partout prédominante; toute

la subsiance du cervelet et du cerveau est encore molle, pour ainsi dire , comme une pulpe gélatineuse, beaucoup plus sujette à être écrasée ou déchirée. Comment peut-on prétendre juger les altérations des fonctions qui peu de temps aprés la naissance n’existent pas encore, et dont on ne peut attendre la manifestation qu'avec le développement et la maturité successifs des organes ?

Une autre considération rend le choix de jeunes animaux encore plus hasardé. Les organes de la vie animale n’étant pas encore formés, ils sont encore sous la domination de la -vie végélative. Plusieurs lésions et mutilations pe produisent pas encore les mêmes effets qu'elles produisent dans un animal plus âgé.

Pour citer un exemple même à l'égard des fonctions de conservation, on a beaucoup plus de peine à faire mourir sous l’eau des chats, des chiens, etc., nouveau-nés, qu'un chat ou un chien de quelques mois, puisque la circulaüon et la respiration se font encore en parie d'aprés d’autres lois. Cest donc toujours une chose trés incertaine que de vouloir appliquer à un animal adulte ce qu’on aurait même trés bien observé dans un animal tout jeune.

Cette application n’est même pralicable dans aucun âge , lorsqu'on choisit pour victimes de

ses expériences des animaux d’un ordre trés 1nférieur. D'abord il leur manque plusieurs organes cérébraux, dont les animaux d’un ordre supérieur sont doués. Tout est beaucoup plus simple, beaucoup moirs compliqué, et si par cela même vous obtenez des résultats plus simples, vous ne pourrez jamais, avec tant soit peu de probabilité, les croire égaux à ceux qu'une égale expérience produirait dans une organisation bien plus compliquée, où les résultats offrent un mélange de l'influence réciproque de plusieurs organes,

Il faut pourtant remarquer que mes observations ou mes objections contre les lésions et les mutilations sont particulièrement dirigées contre ceux qui, par ce moyen, veulent connaitre les fonctions animales du cervelet et du cerveau. J'entends par fonctions animales les aptitudes industrielles, les instincts, les penchans et les facultés intellectuelles ; mais , sous ce rapport, tous les expérimentateurs sont encore à une énorme distance. Presque toujours ils se bornent, comme Haller, Ziun , Lorry, Lancerotte, MM. Rolando et Flourens, ete., à explorer la vature et les rapports des phénomènes de Pirritabilité, de l’excitabilité, du mouvement soit spontané, soit volontaire, de la sensibiité. Dans ce but, on doit leur accorder, surtout à M. Flou

rens, d’avoir imaginé des expériences très ingénieuses et quelquefois concluantes. Mais il se renferme, quant à la sensibilité, comme tous les philosophes, dans des généralités qui sont réellement à-peu-près les mêmes dans les repüles, les poissons , les oiseaux , les mammifères et dans l’homme. De même que tous sent excitables |, que tous sont sensibles, tous aussi ont de la volonté ; et si manger, boire , marcher, voler , sauter, ramper , nager, peuvent être rangés sous l'empire des facultés intellectuelles , ils ont tous de l’intelligence. Ainsi, c’est sous ces points de vue seulement, que les résultats vrais et constans, obtenus par des expériences faites avec adresse et discernement sur de jeunes animaux et sur des animaux inférieurs, méritent de fixer notre attention.

Mais aussitôt qu’on désire des renseignemens sur les aptitudes industrielles, sur les divers penchans, les divers instincts et les diverses facultés intellectuelles, les expérimentateurs nous laissent dans un désert absolu. C’est comme si ces qualités et ces facultés n’existaient pas, ou qu'il n’y eùt aucune relation entr’elles et le sysième nerveux. Jamais ils ne font mention ni d’un instinct , ni d’un penchant, ni d’un talent déterminé, On sait que les animaux ont le pen-

chant dela propagation, qu'ils aiment etsoignent

leurs petits, qu'ils voyagent , qu'ils construisent, qu’ils chantent, qu'ils font des provisions, qu'ils se rappellent les lieux , les choses , les personnes; qu'ils sont mariés à vie, etc. ; mais tout cela n’est à leurs yeux que de la sensibilité, ou tout au plus de l'intelligence modifiée. Que tel animal soit d’un naturel doux et l’autre féroce ; qu’un tel ne cherche à vivre que sur les pics des montagnes , tandis qu’un autre ne quitte Jamais la plaine; que les uns construisent et pas les autres; que les uns se marient et pas les autres ; que les uns vivent en société et les autres isolés ; tout cela ne vaut pas la peine d’en chercher la cause dans l'organisme animal, tout cela explique avec l'unité du cerveau, et, pour peu qu'on marchande, même sans cerveau. Eh bien!

messieurs les physiologistes expérimentateurs , éclaircissez-nous un seul de ces points. Avant moi, vous n’y pensiez pas; maintenant les matcriaux sont entre vos mains. Coupez, piquez, pincez , enlevez , faites vivre vos bêtes martyrisées tant que vous voulez, et montrez-nous laquelle de ces facultés continue ou cesse de se manifester! Vous ne pouvez pas nier l'existence de ces qualités et de ces facultés, puisque toutes les acüons de l’homme et des animaux les attestent , ou prouvez-nous qu'il ne üent qu'a leur vo-

lonté, à la direction de ce que vous appelez in-

telhgence; que le tigre a les penchans du tigre, le mouton ceux du mouton ; que le mâle du rossignol chante, et que la femelle et tant d’autres espèces d'oiseaux ne chantent pas; qu'un tel homme, malgré tous les obstacles , excelle en poésie, en esprit d'observation , en talent pour la musique , et que tel autre, avec toutes les fa cilités, tous les encouragemens du dehors , ne peut pas sortir de la médiocrité, etc. ; qu’une telle espèce d’animaux se trouve éternellement sur le même échelon du perfectionnement graduel ; que tel instinct parait et disparaît à tel âge, dans telle saison; ou montrez-nous les conditions matérielles de ces phénomènes à la pointe de votre scalpel! Aucun de vous jusqu’ici n’a eu ni assez de philosophie , ni assez de courage pour aborder ces questions ; autrement vous auriez été bientôt convaincus de l’insaflisance el de la nullité de vos cruelles expériences.

Revenons à M. Flourens. Pag. 20, il dit dans une note : « Les reptiles manquent de corps striés, les poissons de couches optiques; mais nul d’eux ne manque de tubercules quadrijumeaux , et conséquemment de vision. »

Ainsi toutes les fois que lesanimaux ont un or- Sane commun , ils en ont aussi la fonction commune. 51 les repüles et les poissons manquent de certains appareils, il s'ensuit qu'ils man-

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quent aussi de certaines fonctions. Il n’est donc pas vrai que les animaux ont tous les mêmes parties cérébrales, et qu'ils ont tous les mêmes parties que l’homme. Les diverses parties sont donc destinées à diverses fonctions. Comme cette différence de composition n’existe pas seulement chez les diverses espèces d'animaux pour le cervelet, le cerveau, les corps quadrijumeaux , la moelle allongée, la moelle épinière, mais qu’elle existe aussi pour la composition plus ou moins compliquée des lobes cérébraux, il en résulte nécessairement que les diverses parties de ces lobes sont destinées à des fonctions différentes. Chose singulière! on prouve l’existence d’un autre organe pour la contractibilité musculaire ; d’un autre pour l'excitation ; d’un autre pour la liaison des contractions partielles en mouvemens d'ensemble; d’un autre pour la coordination de ces mouvemens en mouvemens réglés, et d’un autre pour la volonté et la sensation. On veut même , par des coupes ménagées du cervelet, pouvoir ne supprimer que le vol, ou supprimer le vol et la marche, ou supprimer tout-à-la-fois le vol, la marche et la station, pag. 40. Et l’on témoigne une aversion hypocrite pour la pluralité des organes des qualités et des facultés de l'âme, si essentiellement différentes !

Je pourrais faire observer à M. Flourens que

les reptiles ne manquent pas de corps striés , et qu'il n’est pas exact, comme il dit, que le volume des tubercules quadrijumeaux est, dans toutes les espèces, en raison directe du volume des nerfs optiques et des yeux.

La taupe a les tubercules trés gros ét les nerfs opüques et les yeux très petits. Cette proposition serait vraie si toute la masse nerveuse des tubercules était destinée à engendrer le nerf optique; mais la plus grande partie de ces tubercules appartient encore à la continuation, par en bas, de la moelle épinière, et par en haut à d’autres parties cérébrales ; c’est pourquoi leur irritation produit des contractions musculaires quand elle va jusqu'a une certaine profondeur. Ne touchez que la surface de la partie antérieure, il n’en résulte aucun effet d’irritation. Touchez le bulbe du nerf olfactif, la bandelette grise sur les côtés du quatrième ventricule , ou le ganglion du nerf auditif, mais n’enfoncez pas jusqu’au corps restforme , et vous n’aurez ni contraction ni convulsion.

Notre célebre expérimentateur soutient que toutes les parties excitatrices de contraction ont la substance grise en dedans et la substance blanche en dehors ; qu'une disposition inverse de ces deux substances forme le caractère des parties non excitatrices, c’est-à-dire des lobes

cérébraux et du cervelet; qu’on peut donc, 4 priori, juger. des propriétés de ces parties par leur structure, etréciproquement de leur structure par leurs propriétés.

Tout cela prouve que M. Flourens n'a pas encore saisi le véritable usage de deux substances cérébrales. Il y a de la substance grise non fibreuse partout où des filamens nerveux doivent naître, sans égard à son placement intérieur ou extérieur. Déjà , dans le cheval par exemple, Von voit de la substance grise dans les divers isceaux nerveux de la moelle allongée tout-àgrise est apparente entre les cordons, surtout les cordons

fait à la surface. Cette même substance

postérieurs, et vers Îles vertèbres lombaires. La substance grise est évidemment plus intérieure dans la partie postérieure des tubercules,et plus extérieure dans la partie antérieure. Le cervelet renferme dans son intérieur le corps cihiaire ou frangé, composé de substance grise, et les hémisphères sont formés par la protubérance annulaire , par les jambes; toutes ces parues ont une grande quantité de substance orise dans leur intérieur. Et que sont done les couches optiques, les corps striés situés dans l’intérieur des lobes cérébraux , sinon de très grands amas de substance grise pour donner naissance aux fassceaux nerveux divergens ? Ua peu plus de patience et

beaucoup plus de circonspection avant que de vouloir établir des lois générales !

M. Flourens commence à en vouloir à l’organologie : il demande si toutes les sensations , le jugement, le souvenir, la volonté, si toutes ces facultés OCccupent concurremment le même siége dans les organes cérébraux , ou bien s’il y a , pour chacune d’elles , un siége différent de celui des autres ? « Voici, dit-il > quelques expériences qui résolvent pleinement, à ce qu'il me semble, cette importante diflicuité. »

Cette question est très mal posée ; il aurait dû demander si tous les instincts, toutes les apüutudes industrielles , tous les penchans, tous les sentimens et tous les talens occupent concurremment le même siége dans le cerveau.

Les véritables qualités et facultés fondamentales de l’âme sont les divers penchans, instincts, sentimens , et les diverses facultés intellectuelles,

J'ai prouvé dans le quatrième volume de mon grand ouvrage, ct Je l'ai fait assez sentir dans tous les volumes de cette édition ,; que chaque force fondamentale essentiellement différente renferme la sensation » la perception, le souvenir et la mémoire , le jugement et l’imagination, puisque ces attributs communs ne sont autre chose que des modifications , des degrés

différens de chaque faculté. Même chaque per. chant, chaque instinct renferme la volonté dans l’acception que M. Flourens lui donne chez les poules, les pigeons, les lapins, etc. Ainsi tant qu'il existe un seul penchant fondamental, un seul talent fondamental, tous les attributs généraux existent; tantqu’il existe une seule matière, une seule plante, tous les attributs généraux de la matière , des plantes existent. Donc, tant qu’on n’aura pas détruit tous les siéges des forces fondamentales, on n’aura pas détruit ni la sensation, ni le souvenir, nilejugement, ni la volonté. Voyons maintenant les expériences de M. Flourens :

1°. « J’enlevai, sur un pigeon, par couches successives et ménagées , toute la portion antérieure du lobe cérébral droit, et toute la portion supérieure et moyenne du gauche. »

Cette manière d’expérimenter suppose une organisation du cerveau absolument contraire à celle qui a lieu réellement. Où jamais M. Flourens a-t-il vu que le cerveau d'un animal quelconque est formé par couches ? S'il veut nous faire croire que, dans ses expériences , il essaye d’enlever une faculté après l’autre, il faudrait qu'il attaquàt chaque partie cérébrale, chaque déparuuon en faisceau , à leur origine dans les moelles allongée et épinière, dans la protubérance annulaire, dans les couches opti-

DU CERVEAU. 40 ques et dans les corps striés; qu’il poursuivit le même faisceau , ou ce méme organe particulier jusqu’à son épanouissement , et puis, en retournant, jusqu'a sa commissure intérieure. : Cette seule manitre de procéder serait conforme à la véritable organisation du cerveau. Or, opérer ainsi est impossible; M. Flourens n'en a pas même l'idée , par conséquent toutes ses expériences, quand même il nous en présenterait des millions, ne peuvent jamais avoir la moindre valeur démonstrative pour le siége d’un penchant ou d’une faculté quelconque. Îl mutile tous les organes à-la-fois, il les affaiblit tous, les extirpe tous à-la-fois.

« La vue s’affaiblit de plus en plus et petit à petit, à mesure que javançai ( qu'il enlevait des couches ) , et ne fut totalement perdue qu’a la suppression des couches voisines du noyau central de deux lobes. »

M. Flourens ne nous a pas ditce que c’est que le noÿau central, et ce noyau centrab, précisément parce que c'est le noyau central , l’origine et le réceptacle de tout le reste , ne serait-il pas cetle petite portion trés limitée, mais suffisante, pour laisser subsister toutes Jes facultés ?

« Mais du moment que la vue fut perdue , l'audition le fut aussi, et avec l'audition et la

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