‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 3)Chapitre 17 sur 54 · VE. F · texte numérisé non relu

VE. F

vue toutes les facultés intellectuelles et sensitives. »

Pourquoi M. Flourens insiste-t-il toujours sur la vue ? La destruction du cerveau , puisque , selon lui , il est le siége de toute sensation et de toute faculté intellectuelle , doit nécessairement entrainer la perte de tous les sens et de toutes les facultés sensitives. Pourquoi donc tant de détours ?

20, « J’enlevai , sur un autre pigeon, par couches également successives et ménagées, toute la portion antérieure et postérieure de deux lobes cérébraux, jusqu'a quelques lignes du noyau central de ces lobes. » |

Méme observation à fairecomme à 1°.«Jusqu'& quelques lignes du noyau central. » Combien de lignes d'épaisseur a donc le cerveau d’un pigeon ?

« À mesure qu’avançait cette ablation, la vue saffaiblissait graduellement et sensiblement ; l'audition s’affaiblissait comme la vue ; toutes les autres facultés , comme l’audition et la vue : et dès que l’une d'elles fut tout-à fait perdue , elles le furent toutes. »

Accordons à M. Flourens qu'il ait trouvé la mesure de l’affaiblissement successif de la vue et de l'audition. Comment, en faisant ses ablalions successives, a-t-1l aussi fait des observations

sur l’affaiblissement proportionné des facultés intellectuelles du pigeon ?

3°. « Enfin, sur un troisième pigeon, je dépouillai, pour ainsi dire , et je misà nu le noyau central des deux lobes, par l’ablation successive et graduelle de toutes les couches supérieures, postérieures et antérieures.

» À chaque nouvelle couche, la vue perdit de sou énergie ; et dès que l'animal ne vit plus, il n’entendit plus, il ne vouluit plus, ne se souvint plus, ne jugea plus, et fut absolument dans le même cas qu'un animal totalement privé de ses lobes, »

49. « Ainsi, 1°. on peut retrancher, soit par devant, soit par derrière, soit par en haut, soit par côté, une certaine étendue des lobes cérébraux sans que leurs fonctions soient perdues. Une portion assez restreinte de ces lobes suffit donc à l'exercice de leurs fonctions, »

Je ne doute pas que M. Flourens n’ait soumis ses pigeons aux épreuves aussi ingénieuses que toutes ses expériences. Il aura vu , et qui ne l’en croirait pas, qu'un tel pigeon s'accouple encore, qu'il couve-encore ses œufs, qu’il nourrit encore ses petits, qu'il fait encore des excursions dans les champs, qu'il fait encore la ronde autour du colombier pour reconnaitre la présence d’un eunemi, qu'il est encore jaloux, etc. Certaine-

He

ment ces penchans, ces instincts ont encore du s'exercer pleins et entiers, car ils sont bien moins que les facultés intellectuelies.

20. « À mesure que ce retranchement s’opére, toutes les fonctions s’affaiblissent et s’éteignent graduellement ; et passé certaines limites, elles sont tout-à-fait éteintes. Les lobes cérébraux concourent donc pour tout leur ensemble à Pexercice plein et entier de leurs fonctions. »

3. « Enfin, dès qu’une sensation est perdue, toutes le sont; dés qu’une faculté disparaît, toutes disparaissent. Il n’y a donc point de siéges divers mi pour les diverses facultés, ni pour les diverses sensations. La faculté de sentir, de juger ou de vouloir une chose, réside dans le même lieu que celle d’en sentir, d’en juger, d’en vouloir une autre; et conséquemment cetle faculté, essentiellement une , réside essentiellement dans un seul organe. »

Raisonnons comme M. Flourens : J’épuise l'homme par des saignées : toutes les fonctions du cerveau , du cervelet, de la moelle allongée, de la moelle épinière, du cœur, des poumons, del’estomac, etc., s’affaiblissent. Je luitranche la tête, je le tue d’un seul coup :les fonctions du cerveau, du cervelet, des moelles allongée etépiniere, du cœur, des poumons, de l’estomac, elc., cessent. Donc les facultés de sentir,

de penser, de voir, d'entendre, de gouler, d'odorer, de mouvoir, de respirer, de digérer, de faire circuler le sang, de sécréter de la bile elc., etc., résident dans un même organe. Comment! vous vous récriez contre cette logique! aurait-elle moins de droit que la méme de M. Flourens, d’être lne, extendue , approuvée, admirée ? /

5°. « Les divers organes des sens n’en out pas moins chacun une origine distincte dans la masse cérébrale. On a déjà vu que le principe primordial de l’action de la rétine et du jeu de l'iris dérive des tubercules quadrijumeaux. Pareillement, les sens du goût, de l’odorat, de l'ouie, tirent, comme la vue, leur origine parliculiére du reuflement parüculier qui donne naissance à leurs nerfs. »

60. « On peut donc, en détruisant séparément chacune de ces origines parüculiéres, délruire séparément chacun des quatre sens qui dérivent d’elles; et l’on peutau contraire détruire sinon tous ces sens, du moins tout leur résultat d’un seul coup, par la seule destruction de l'organe central, où s'effectuent et se consomment leurs sensations. » Mais cetorgane central où est- 11? Comme une portion du cerveau trés restreinte suflit à toutes les fonctions, et comme toutes les parties concourent à toutes les foncl'ions, cet

organe central est donc chaque partie, chaque petite portion du cerveau; ainsi ce point central ou se trouve partout, ou ne se trouve nulle parte

« En derniére analyse, dit M. Flourens, p. 122, les lobes cérébraux, le cervelet, les tubercules quadrijumeaux, la moelle allongée, la moelle épinière, les nerfs, toutes ces parties essentiellement diverses du système nerveux, ont toutes des propriétés spécifiques , des fonctions propres, des effets distincts; et malgré cette merveilleuse diversité de propriétés, de fonctions, d'effets, elles n’en constituent pas moins un système unique. » |

Quel sublime mystère de lidéologie!

« Un point excité du système nerveux excite tous les autres; un point énervé les énerve tous; il y à communauté de réaction, d’allération, d'énergie. L’unitéestle grand principe qui règue : il est partout, il domine tout. Le systeme nerveux ne forme donc qu’un système unique. »

L'unité estle plus grand rêve, le non plus ultra des métaphysiciens déclamateurs. L'univers n’est qu'un : les millions de soleils, de planètes, de comètes, ne sont qu'un; le genre humain n'est qu'un; les diverses nations, les Chinois, les Français, les Japons, les Indiens, les Africains, les Américains , les Allemands, les Turcs,

les Grecs, ne sont qu’uu; l’homme est un; la

DU CERVEAU. 263 tête, la poitrine, le ventre, les extrémités supérieures et inférieures, le système nerveux, le système lymphatique, le système sanguin, le foie, le cœur, les intestins, etc., ne sont qu’un. Les sens, le cerveau, le cervelet, les tubercules quadrijumeaux, la moelle allongée, la moelle épinière, sont essentiellement différens; ils ont chacun des propriétés différentes , spécifiques, des fonctions propres différentes, des effets distincts. Ils sont, selon M. Flourens, dans une indépendance complète et fondamentale les uns des autres, p.127. Chacane d’elles peut, séparément, étre conservée , détruite, restituée , selon que l'organe de chacune d’elles se conserve, se détruit, ou se restitue, p. 182; etils sont un!!!

Les fonctions des diverses parties dont le système nerveux est composé, les fonctions du cerveau, du cervelet, etc., peuvent être détruites et subsister séparément ; le nombre des sens et de leurs fonctions est différent dans différentes espèces d'animaux ; les fonctions, les instincts, les penchans, les facultés intellectuelles, sont multiplhiés et modifiés, selon que les cerveaux des diverses espèces d’animaux sont plus composés et modifiés ; les origines, les renforts, les épanouissemens des diverses parties du cerveau sont différens, séparés les uns des autres; les facultés intellectuelles différent des facultés mo-

rales ou des qualités affectives; chaque instinct, chaque penchant, chaque sentiment différe de l’autre; linstinct de la propagation diffère de celui de tuer; l'instinct de amour de la progéniture n’est pas celui de voyager ; le talent de la peinture west pas le sentiment de la fierté ; le talent de la musique, de l'architecture, du calcul, ja ruse, l'attachement, la circonspection , la mémoire des lieux, la mémoire des personnes , le talent de la poésie, la fermeté, etc. , sont essentiellement différens ; ces divers instincts, ces divers penchans, ces divers talens existent séparénent dans les diverses espèces d'animaux, selon que ces animaux sont doués ou privés de cer- -taines parles cérébrales; ils existent dans des proportions différentes dans les divers individus et dans un même individu, selon que certaines parties du cerveau sont plus ou sont moins développées que les autres; les instincts et les penchans de la même espèce se manifestent à des époques différentes, non simultanément, dans le même individu, selon que certaines parties du cerveau parviennent plus tôt ou plus tard à leur maturité, ou que certaines partes subissent des changemens par l’influence du climat, de la nourriture, de la saison ; dans le même individu, certaines parties et certaines fonctions du cerveau peuvent être altérées, tan

DU CERVEAU. 269 dis que les autres subsistent intactes. Le méme homme excelle involontairement dans une qualité morale ou dans une faculté intellectuelle, et est éternellement condamné à une médiocrilé invincible dans une autre. Voilà des faits 1rrécusables. M. Flourens est assez sorcier pour les accorder tous avec un organe unique, avec l’unité. Vous, avec votre gros bon sens, vous y voyez de la contradiction, de Pabsurdite : c’est que vousn’êtes pasinitié dans l’art de déraisonner d'aprés les principes de la haute métaphysique.

Maintenant je n’ai plus rien d’essentiel à dire concernant les expériences de M. Flourens. Ce n'est plus rien qu’une poule, p. 124, qui, privée de ses lobes cérébraux, privée de toute sensaon, de toute intelligence dévouée au genre des poules, n’en conservait pas moins, aussitôt qu’on lex citait, la faculté de courir, de voler, de sauter, de marcher, avec un aplomb, avec une régularité parfaite. Ce n’est plus rien non plas qu’un canard, p. 130, sans lobes cérébraux, sans sensation, sans intelligence , qui marchait , courait, sautait, volait, avec une harmonie, un équilibre, une justesse parfaite; que, p. 131, une hirondelle, dans le même état, volait, courait, sautait avec la même précision et la même grâce qu'avant la destruction de ses sensations, de sa volonté et de son intelligence. C’est encore bien

moins qu'une effraie qui ayant perdu, par la-

blation du cervelet, le balancier, le régulateur des mouvemens, présentait encore son bec et ses griffes à ses ennemis, et parvint il est vrai difficilement à se redresser sur ses pates après être tombée. Admirables sont ce joli petit animal, ce lérot, p. 145, qui après avoir perdu le cervelet , s’élançait sur le bâton, l’atteignait et le mordait; ce chat , p. 144, et ce chien, p. 14, qui après la même opération conservérent tous leurs instincts et toute leur intelligence. Le chat prenait le rat que M. Flourens soumettait inimédiatement aprés à la même gentillesse, et lechien courait à la chasse pour fournir de plus amples matériaux au zèle infatigable de son maître; et tout cela, comme lalteste M. Flourens, pendant les tourmens de la mutilation cérébelleuse; car comment sans cela aurait-1leu des renseignemens sur la présence de tous les instincts et de toute l'intelligence de ce chat et de ce chien ?

Dans le chapitre sur l'application de ses expériences à la pathologie, M. Flourens explique la différence des opinions sur le siége de l’âme par le concours de tout le cerveau à toutes les foncüons : « Les lobes cérébraux, dit-il, peuvent perdre, soit par devant, soit par derrière, soit par en haut, soit par côté, une certaine étendue de leur substance, sans perdre leurs fonctions. »

Oui, sans perdre les attributs communs de

tout penchant ou de toute faculté déterminés. Tant qu'il reste un seul organe, 1l restera perception, sensation, souvenir, mémoire, Juge ment ,imagination, passion, affection. De toutes les expériences de M. Flourens, il n’y en a pas une où il soit fait preuve de la présence ou de la perte d’un penchant ou d’un talent. Son assertion est donc complétement gratuite. Da reste, si M. Flourens v’affectait pas , dans tout son ouvrage, d'ignorer le mien, il aurait trouvé cette matière traitée dans le deuxième volume, p.182 et suivantes; et il aurait trouvé la réponse dans le même volume, p. 197-

« Des que la perte de substance dépasse une certainé étendue, les fonctions sont perdues. »

Pas de doute : les organes détruits, leurs fonctions sont également détruites.

« Le siége des facultés intellectuclies et sensitives peut donc, pourvu que la lésion ne dépasse pas certaines limites, être atlaqué sur presque tous ses points, sans perdre ses fonctions , quel que soit le point attaqué; au contraire, si la lésion dépasse certaines limites, toutes les fonctions sont perdues. La conservation ou la perte de ces fonctions dépend donc, non pas précisément de tel ou tel point donné des lobes cérébraux, mais du degré de l’altération de ces lobes, quels que soient d’ailleurs le point ou les points attaqués. »

Ce raisonnement est démenti par un grand nombre de faits pathologiques. Souvent des lésions trés considérables du cerveau n’ont, d'après les auteurs, surtout d’après ceux qui s'en Uennent aussi aux attributs communs, aucunement, au moins pas ostensiblement, dérangé les fonctions du cerveau; tandis que très souvent aussi des lésions très légères ont produit un trouble général de toutes les fonctions. J'ele répète, appréciation des lésions cérébrales et de leurs suites exige, 1°. une connaissance exacle de l’organisation du cerveau et de l'influence vilale réciproque de ses diverses parties; 2°. une connaissance détaillée des fonctions du cerveau, de diverses qualités morales et facultés intellectuelles fondamentales, des instincts, des penchaos, des talens, etc. Tant qu’un expérimentateur n’est pas au fait de ces deux conditions indispensables, toules ses expériences pour connaître les fonctions animales du cerveau et des diverses parties cérébrales ne sont que le tâton-. nement d’un aveugle. Arrivé à ces connaissances, 1l reconnaitra en même temps l’impossibilité d’atteindre ce but par d’autres moyens que ceux que j'ai indiqués, vol. LIT, p. 106, 140, 141 146,151, 15h, 160, 166, et suiv. jusqu’à la 216. Dans toutes mes recherches il s’agit de découvrir, non les fonctions vitales ou les influences

vitales réciproques des diverses parties du sys-

téme nerveux , mais les fonctions animales, les qualités morales et les facultés intellectuelles , et les siéges de leurs organes.

« Les lobes cérébraux, continue M. Flourens, concourent effectivement, par tout leur ensemble, à l'exercice de leurs fonctions ; il est tout naturel qu’une de leurs parties puisse suppléer à l’autre; que l'intelligence puisse conséquemment subsister où se perdre par chacune d'elles, »

Maintenant je conçois que dans le somnambulisme naturel ou magnétique le plexus solaire sent et voit tout l’intérieur du corps; que l'oreille peut-être métamorphosée en organe de l’odorat, et le nez et les bouts des doigts en organes de la vision!

Ainsi donc chaque parcelle du cerveau serait chargée de toutes les fonctions; chaque parcelle posée les pose toutes; chaque parcelle enlevée les enlève toutes. A quoi bon maintenant notre étude sur le perfectionnement graduel des animaux : Mais, répliquent quelques-uns , plu sieurs parties cérébrales, quoique douées toutes des mêmes facultés , augmentent l'énergie de ces facultés, ce qui explique les différens degrés d'intelligence des diverses espèces d'animaux.

En conséquence de cette supposition, les di-

verses espèces d'animaux ne devraient différer entr'elles que par des degrés différens de l’ensemble des qualités morales et des facultés intellectuelles, à-peu-près comme différe un morceau de plomb de six livres d’un autre morceau de plomb d’une once. Mais comme certaines espèces sont privées de certaines facultés dont d’autres espèces sont douées , il faut que les unes soient privées de certaines parties cérébrales dont d’autres espèces sont douées. Comment expliquer, dans cette hypothèse, le développement et le dépérissement non simultanés des fonctions animales du cerveau ? comment concevrez-vous les génies partiels, les imbéaillités partielles , les aliénations mentales partielles , les génies précoces sous un seul rapport, les degrés si différens de nos diverses qualités et facultés, l'opposition souvent si pénible de nos qualités ; l'homme double en nous? Vraiment, pour peu qu'on consulte les faits les plus ordinaires , les prétentions de notre expérimentateur deviennent de plus en plus absurdes.

Ce que M. Flourens dit du nerf sympathique et du plexns solaire, n'est que la répétition de ce que nous en avons dit dans mon grand ouvrage, T. I, p. 42 et 75.

P. 236, M. Flourens s'explique, comme par un remords de conscience, d’une maniére plus

DU CERVEAU. 2" raisonnable sur ce qu’il entend par lanité du systéme nerveux. « Mais, dit-il, indépendamment de cette action propre etexclusive àchaque partie, 1l Y a pour chaque partie une action commune, c'est-a-dire, de chacune sur toutes ,

de toutes sur chacune. »

« Ainsi les lobes cérébraux veulent et sentent; c’est leur action propre; la suppression de ces lobes affaiblit l'énergie de tout le système nerveux; c’est leur action commune. L'action propre du cervelet est de coordonner les mouvemens de locomotion; son action commune est d'influer sur l'énergie de tout le système, etc... La fonction propre du cerveau, du cervelet, des tubercules, etc., les constitue parties distinctes; mais l'énergie de chacune de ces parties influe sur l'énergie de toutes les autres; et c’est la ce qui les constitue parties du système unique. »

Sans ces détours subtils, javais dit, T.I, p. 77 : « Chaque système nerveux partiel a ses fonctions particulières, quoiqu'ils exercent tous une influence réciproque, et qu'ils soient tous plus ou moins subordonnés les uns aux autres. »

« Cela posé, continue M. Flourens, toute la question de l'unité du systéme: RépVeux se réduit. visiblement à l'évaluation expér imentale da rap-

port selon lequel chaque partie distincte de ce système concourt à l’énergie commune. »

Cela posé, toute la question de l'unité du système nerveux se réduit à un jeu de mots. Je crois m'être mieux exprimé quand J'aidit, T.I, p.78 : « La pluralité des organes n’exclut pas l'unité de leur æction. Une vie a lieu avec plusieurs organes, et une seule volonté avec plusieurs instrumens du mouvement volontaire.

Mais si c’était l’influence réciproque qui püt imprimer à un système le caractère de lunité d’organe, toutes les parties de l’animal seraient une unité, puisque toutes les parties influent les unes sur les autres. »

Puisque M. Flourens reconnait cette influence réciproque que j'ai toujours opposée aux expériences mutilatoires, puisqu’un point excité du système nerveux excite tous les autres, putsqu'un point énervé les énerve lous , puisqu'il y a communauté de réaction, d’altération, d’energie; puisque le système nerveux ne forme qu'un système unique, comment peut-il tant se targuer de son isolement de mutilations et de résultats ?

Je dirai encore un mot sur les recherches physiques de M. Flourens, touchant l’action déterminée ou spécifique de certaines substances sur certaines parties du cerveau.

De nouvelles expériences trés ingénieuses ont deux principaux objets : l’un, de confirmer la spécialité des fonctions des diverses parties du cerveau, établie dans ses autres mémoires; l’autre, de montrer que la diversité d'action des diverses substances tient précisément à ce que chacune de ces substances agit spécialement, par une affinité élective, sur une partie diverse de cet organe.

L'organisation spécifique des diverses parties du corps, et par conséquent l’action spécifique des agens extérieurs , sont reconnues de tous les médecins. Mais M. Flourens a-til obtenu des résultats aussi nets, aussi tranchés, aussi isolés par l'emploi de diverses substances, comme il nous l’assure ?

€ La rapidité, dit-il, avec laquelle les substances, l’opium, la belladone, l’alcohol, agissent sur des petits animaux , des poules, des pigeons, des lapins, surtout sur des petits oiseaux A permet de multiplier presqu’instantanément les expériences, et de les varier de mille manicres. Le peu d'épaisseur des parois crâniennes n'y interpose qu'un voile à-peu-près transparent entre l'observateur et les phénomènes. »

€ On savait que l’opium pris à une certaine dose, se borne à produire la stupeur, la révasserie, une certaine ivresse des sens, auxquelles

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