VI
le trouble des mouvemens , les convulsions ne se joignent que lorsque cette dose a été dépassée.
» On savait que dans l'ivresse produite par les liqueurs spiritueuses ou alcoholiques, ivresse des mouvemens, les sens, la volition, lintelligence, survivent fort long-temps à la perte de l'équiibre. »
J'ajoute à ce préambule de M. Flourens, que © les diverses ivresses produites par le vin, l'eaude-vie , la biére, etc. , sont encore différentes. Les ivrognes chancellent les uns en avant, les autres en arrière, les autres de côté; les uns sont abattus, les autres sont gais; les uns radoen les autres sont éloquens ; les uns se livrent
à un épanchement de bienveillance, les autres dégénérent en furies, etc. Reste à expérimenter quand ce sont les lobes cérébraux, quand c’est le cervelet , et quand ce sont les tubercules qui sont AE affectés ?
« L’extrait aqueux d’opium donné à un moineau, à la dose d’un demi-grain, produit au bout de quelque temps un léger assoupissement. Une dose plus forte, jusqu’à deux grains, produit un assoupissement complet, comnie l'ablation complète des lobes cér ébraux. Dans ces cas, et comme il s'entend, dans ces cas répétés à l'infini, après que les os du crâne sont mis à nt,
DU: CER V EAU. 27h
toute la région des lobes cérébraux se trouve exactement circonscrite par une tache d’un rouge vineux trés foncé; la portion postérieure du crâne offre sa couleur ordinaire. Les parois osseuses enlevées, les lobes cérébraux sont rouges et gorgés de sang; et cette couleur et cet engorgement pénétrent jusque dans les molécules les plus intimes de leur substance. Les autres parties cérébrales, les tubercules quadrijumeaux, le cervelet, la moelle allongée , ne sont altérés ni dans leur tissu ni dans leur couleur. »
«Viennent les tubercules quadrijumeaux. Un verdier, apres avoir avalé deux grains et demi d'extrait aqueux de belladone, devint, quelque temps après, tout-à-fait aveugle, sans aucun dérangement des autres sens et des autres facultés. Le crâne découvert, toute la région des tubercules quadrijameaux, c’est-à-dire toute la région latérale et intérieure des parois crâniennes, se trouva colorée d’un rouge vineux foncé. Expérience répétée plusieurs fois, et toujours le méme résultat. »
Le cervelet aussi est soumis à cette influence exclusive d’agens spiritueux.
M. Flourens fit avaler à plusieurs petits oiseaux, moineaux, bréants, verdiers, alouettes, lrottes, chardonnerets, etc., quelques gouttes, jusqu’à huit gouttes d’alcohol; et a mesure que
les phénomènes de l'ivresse se développerent, il mit les parois osseuses du crâne à nu. Chez tous la région du cervelet et le cervelet se trouvérent, à l'exclusion des autres régions et des autres parties cérébrales , teints d’un rouge foncé et gorgés de sang.
Les altérations si tranchées, si exactement circonscriles, si profondément empreintes, des lobes cérébraux par l’opium , des tubercules par la belladone, du cervelet par l’alcohol, confirmeraient certainement les résultats des expériences de lésion et d’ablation de M. Flourens, s1 les unes et les autres n'étaient pas également sujettes à caution. |
MM. Bailly, etc., et moi, nous avons fait avaler à plusieurs petits oiseaux, moineaux, verdiers , linottes, bréants, etc. , l'extrait aqueux d’opium, l'extrait aqueux de la belladone, Palcohol aux doses indiquées par M. Flourens, aucun de ces oiseaux ma manifesté un symptôme isolé. Tous voyaient et entendaient encore plusieurs heures après; tous marchaïent, tous volaient, la plupart même cherchaient à manger. Nous graduàmes successivement les doses ; ils devinrent successivement tous plus où moins malades, tristes; mais ils continuèrent de voir, d'entendre, de marcher et même de voler; ils cherchèrent tous à se cacher. Une dose un peu
DU CERVEAU. a plus forte d’alcohol les faisait mourir subitement. Nous leur coupâmes la tête à tous , soit qu'ils n'eussent avalé que la dose prescrite, soit qu'ils eussent usé d'une dose plus forte; les crânes mis à nu nous offrirent tous la couleur transparente du cerveau , telle qu’elle est dans l'état de santé! Ni les lobes, ni le cervelct, ni les tubercules, ni même les os correspondant à ces parlies ne présentérent aucune tache d’un rouge foncé.
Seulement en dessous du cervelet, à lPendroit où les lêtes ont été séparées du tronc, il y avait dans tous une ecchymose, ou engorgement de sang coagulé, produit évident de la décapita- Lion.
Une remarque qui jette un grand louche sur lesexpériences de M. Flourens, c’est que les tubercules sont situés si profondément sur la base du crâne des oiseaux, que je ne comprends pas comment il a pu enlever un tubercule, ‘et même les deux, et que l'animal ait encore pu continuer de se tenir debout, de marcher, de voler, etc. La plaie que cette opéralion nécessite , est une des plus fortes et des plus dangereuses , prusqu'il faut extirper toute la base du crâne.
M. Flourens nous dit bien que ces tubercules sont placés à la région latérale inférieure de la tête, mais il nous dit aussi qu'il les voit
transparéns sur Ja têle mise à nue. Or, ce est
absolument impossible. D'abord la région du crâne qui correspond à la surface extérieure des tubercules, est non-seulement couverte par des muscles, mais encore trés épaisse et spongieuse ; en second lieu , les tubercules ne touchent pas en entier les parties latérales intérieures du crâne ; ils sont situés intérieurement, tout juste sur la base du crâne. Voila les raisons pour lesquelles notre idéologiste expérimentateur pourrait être soupçonné, ou de vouloir nous régaler, à la manière des romanciers, plutôt de fictions que de réalités, ou de seconstruire, à la manière de la philosophie transcendente, son monde a priori.
Nous avons donné à un coq de deux mois irente-six grains d'extrait aqueux d’opium. Le petit coq courait, volait, mangeait, sans tomber nullement malade, jouissait de toutes ses facultés morales et intellectuelles ; après s'être remisé il s'éveilla le lendemain en chantant , et courut gai et gaillard se méler avec ses compagnons.
À un jeune lapin de quatre mois nous fimes avaler un gros d'extrait aqueux de belladone : mais ni tôt ni tard, ni la vue, ni aucun autre sens ne furent perdus; ses facultés morales et intellectuelles n’ont jamais cessé de se manifester, comme sirien ne Jui était arrivé.
Comment dés-lors jusüfier ces glorieuses
DU CERVEAU. 279 déclamations sur l'utilité de pareilles expériences ,sur les applications importantes quon prétend en faire à la physiologie et à la pathologie de l’homme ?
Finissons comme nous avons commencé, à dire que sur mille expériences de lésion et de mutilation , neuf cent quatre-vingt-dix, ou sont absolument stériles en résultats, ou nous embrouillent , toutes les fois qu’elles sont faites par d’autres mains , dans des contradictions interminables; que dix tout au plus servent à confirmer ce que l’on connait déja , et que toute cette tendance de tourmenter les animaux, pour trouver des vérilés, ne sera éternellement qu'une amusette en pure perte pour la science.
Pour justifier mon aversion contre les expériences de mutilation, je vais encore copier un passage d’un tres bon ouvrage de M. C. P. Olivier, de la Moelle epiniere et de ses Maladies, Pas: 74.
« Il résulte, dit1l, des observations et des recherches publiées récemment sur le système nerveux par MM. Foville et Pinel-Grandchamp, que le corps strié et les fibres médullaires qui y correspondent, président au mouvement de la jambe du côté opposé; que la couche optique et ses fibres médullaires, c’est-à-dire celles du lobe postérieur, tiennent sous leur dépendance
les mouvemens du bras; que lorsque l’hémiplégie est complete, on trouve une lésion également profonde de ces deux parties; et quand elle affecte inégalement le bras et la jambe, c’est que l’altération n’est pas portée au même degré dans la couche optique et le corps strié; qu’enfin le cervelet est le foyer de la sensibilité, opinions qui s’accorde avec ce que les expériences ont démontré sur les fonctions de la moelle épiniére. »
M. Flourens a si souvent enlevé les lobes avec les couches optiques et les corps striés, et jamais il n’a vu s’ensuivre une paralysie.
« Cette fonction du cervelet ( c’est-a-dire celle d’être le foyer de la sensibilité) relative au système cérébro-spinal, n’est pas celle que M. Flourens a indiquée. Il se croit fondé à penser, d’après ses expériences, que le cervelet préside à la régularité des monvemens de translation de lanimal. Il faut que l'intégrité de cet organe soit parfaite, dit-il, pour que lanimal trouve l'équilibre nécessaire à sa locomouon. Je ne crois pas que cette conclusion, urée d'expériences faites seulement sur des oiseaux, puisse étre applicable à tous les vertébrés, car le cervelet manque à plusieurs d’entre eux, dont les mouvemens n’en sont pas moins bien
ordonnés, tels sont les grenouilles, les crapauds, etc. »
Sur ce dernier point, M. Olivier a été, ainsi que M. Desmoulins, dans l'erreur. Mais il aurait pu ajouter que M. Rolando fait du cervelet l'organe des mouvemens de translation, tandis que M. Flourens n'en fait que le régulateur , le balancier de ces mouvemens ; que la couleuvre, qui n’est pas moins agile que languille, a le cervelet très petit , tandis que l’anguille l’a très gros.
« D’après des expériences récentes, M. Magendie regarde l’intégrité du cervelet comme nécessaire à lexécution des mouvemens en avant, car il a remarqué qu’une blessure un peu grave de cet organe rend impossible la progression en avant , et développe le plus souvent , au contraire, un ensemble de mouvemens qui se rapprochent à l’action de reculer. »
Un autre expérimentateur a soutenu que le cervelet faisait marcher en arriere et le cerveau en avant! Dites-moi, si ces rêveries contradictoires ne devraient pas à jamais dégoûter de ce genre de recherches ?
Citons encore un autre passage de M. Olivier, pas: 71.
« On à vu que les filets des racines antérieures
LS
de la moelle épinière sont notablement plus peüts que ceux des racines postérieures. Cette différence matérielle se rattache également à une différence de fonctions qui a été démontrée par des expériences de MM. Ch. Bell et Magendie. Il en résulte que les racines postérieures président au sentiment, et les antérieures au mouvement. Néanmoins, ajoute très prudemment M. Olivier, il ne paraît pas que chacune de ces fonctions soit exclusivement départie à chaque ordre de racines ; car lorsqu'on excite isolément les nerfs du sentiment, c’est-à-dire les postérieurs, il se produit des contractions dans les muscles auxquels ces nerfs se distribuent, quoiqu’en géuéral elles soient beaucoup plus fortes et plus complètes quand l'excitation est portée directement sur les nerfs antérieurs. On observe aussi des signes légers de sensibilité quand l'irritation est dirigée seulement sur les racines antérieures. »
« Ce défaut d'isolement complet de deux fonctions, dont il s’agit, me semble dépendre de ce que les deux faisceaux gris de chaque moilié latérale de la moelle sont entierement confondus à leur point de contact; d’un autre côté, l'union très intime qui a lieu entre les deux racines au-dessous du renflement spinal ,
DU CERVEAU: 283 doitinfluer aussi sur leurs propriétés respectives, et contribuer encore à les lier, pour ainsi dire, à les combiner ensemble. »
M. Magendie s'exprime d'une manière plus tranchée dans son Mémoire sur quelques découvertes récentes relatives aux fonctions du système nerveux, pag. 10.
« J'ai constaté, ditil, par des expériences directes , que ces racines distinctes ( antérieures et postérieures ÿont aussi des fonctions tout-à-
LA
fait distinctes. Les antérieures sont destinées au mouvement, les postérieures au sentiment. Si l'on coupe les premieres ; J'animal perd tout mouvement, mais il conserve intacte sa sensibilité;et, vice versä , si l'on coupe les secondes, Ja sensibilité est perdue, mais l'animal a conser-
vé ses mouvemens. »
« J'ai eu l’occasion récente de confirmer sur l'homme ces fonctions différentes des racines et
des nerfs. »
Un individu avait perdu le mouvement des deux bras depuis plusieurs années ; mais il avait conservé une vive sensibilité dans ces parties. T1 mourut, et à l'examen de son corps on trouva les racines postérieures dans leur état d’intégrité, tandis que les racines antérieures >
qui étaient évidemment altérées, avaient perdu
284 SUR LES FONCTIONS leur substance médullaire, et étaient réduites à leur enveloppe membraneuse, »
Quoique cette aulopsie me paraisse un peu suspecte, d’autres observations viennent à lappui de Ja proposition de M. Magendie.M. Olivier, p.334, cite une observation de M. Royer- Collard, où le ramollissement de la parlie antérieure de la moelle épinière coïincidaitavec para lysie desextrémités inférieures. Il est harema rquer que le mouvement des extrémités supérieures persistait quoique toute la parlie antérieure de la moelle était convertie en une sorte de pulpe. Les extrémités paralysées avaient conservé la sensibilité; mais il ne manque pas non plus d'observations où tout le contraire a eu lieu. En général , il en est des maladies, des compressions, des lésions , des inflammations , elc., de la moelle épinière, comme des mutilations des diverses parties du système nerveux. Presque toujours les accidens sont confondus. Souvent la partie au-dessus de l'endroit où naissent les nerfs brachéaires, est malade, et il n°y a paralysie où convulsions que dans les extrémités iférieures. Dans un homme de vingt-un ans J'ai irouvé la face antérieure de la moelle cervicale et lombaire très enflammée. Ilavaiteu des secousses convulsives dans les bras et dans les cuisses , le hoquet, des vomissemens, uneextrèéme sensibilité
des yeux, un feu insupportable dans la Poitrine, dans le gosier, dans le palais et la langue: ainsi ; mouvemens convulsifs et sensibilité en même temps ; en un mot, jamais les médecins ne pourront espérer d'arriver par l’observation la plus exacle des symptômes à la connaissance du siége du mal. |
Le professeur Burdach (1), avant 1819, pag.
303, fit déjà des expériences pour déterminer la différence des fonctions des cordons antérieurs et postérieurs de la moelle épinière. Luiet le professeur Baer coupérent à une grenouille les racines antérieures du nerf de la cuisse droite : celle-ci perdit sur-le-champ toute turgescence, devint flasque, insensible et immobile. L’animal Saula moyennant le pied gauche de derrière.
Puis ils coupérent les racines postérieures du nerf de la cuisse gauche, et dans l'instant la cuisse gauche fut paralysée comme la cuisse droite. La grenouille rampa! avec les pieds de devant, et traina les pieds morts de derricre comme un corps étranger. Ils armérent avec la pile galvanique la moelle épinière positivement , les cuisses négativement; il y eut des convulsions dans les deux cuisses , sans qu’on
ae {1) Vom Bau und Leben des Gehirns. Leipzig 1819.
pût remarquer aucune différence de l’une à l’autre. M. Burdach fait observer qu’il est nécessaire de faire de nouvelles expériences aussi bien sur les racines antérieures et postérieures des nerfs, que sur les cordons antérieurs et postérieurs. Il est porté à croire que les cordons postérieurs sont plus irritables que les cordons antérieurs. Déjà en 1815, Gross (dans Thmson's Annals of Philosophy ; Februar. ) a déclaré que les cordons antérieurs sont les organes de la sensation, les postérieurs les organes du mouvement, etc., etc.
Dans mon grand ouvrage, T. I, pag. 68, jai demandé s’il faut faire une différence entre les nerfs des sensations et ceux des mouvemens ?
Voici la réponse : Érasistrate avait admis cette distinction; Torrigiano l’a rejetée, parce qu'ordinairement le même nerf est le siége de la sensation et du mouvement. Nous ajoutons a cela que le phénomène pathologique dans lequel tantôt le mouvement , tantôt la sensation se perdent , à lieu dans les parties qui ne reco1vent que des nerfs du mouvement volontaire.
On ne peut non plus démontrer cette différence par aucun moyen , soit dans les divers faisceaux des nerfs à leur origine , soit dans leur cours extérieur. Ïl est d’ailleurs certain que tous les
nerfs du mouvement volontaire peuvent aussi
exciter des sensations sur toute la surface du corps, et particulièrement aux extrémités des doigts, où ils produisent le sens du toucher. Cependant|pourquoi les nerfs des sens ont:lsdes nerfs particuliers pour leurs fonctions spéciales, et d’autres pour le mouvement ? Serait-il suffisant, pour expliquer les phénomènes pathologiques, de supposer qu'ils proviennent d’une simple modification, d’une altération variée des mêmes nerfs ?
Dans cette incertitude nous avons pensé que Jes racines postérieures sont plus fortes que les antérieures, puisqu’on a besoin de plus de force pour se dresser et pour résister à un fardeau, que pour se pencher et se baisser. L’extension du corps qui a lieu après la mort, semble même indiquer cette prépondérance des nerfs postérieurs.
Il m'est venu l’idée que peut-être l’origine des racines des nerfs du mouvement et de ceux des sens pourrait donner quelque éclaircissement sur ce point. Mais encore 1c1 il n’y a rien de stable. Des nerfs du mouvement et des nerfs des sens ont leurs racines indifféremment , tantôt dans la face postérieure, tantôt dans la face antérieure, Le cerveau même et le cervelet sont la continuation renforcée aussi bien des
cordons antérieurs que des cordons postérieurs
et latéraux. Ainsi les questions, savoir, s’il ÿ a des nerfs uniquement affectés à la sensation , et des nerfs uniquement destinés au mouvement ; si ces deux fonctions sont confondues dans les mêmes nerfs; si dans les mêmes cordons nerveux il y a des filets de sensation et des filets de mouvement; si, d’après Scope, les ganglions appartiennent uniquement aux faisceaux postérieurs; si les racines postérieures sont plutôt destinées pour les sensations, et les antérieures pour les mouvemens , ou si l'inverse a lieu; ces questions , dis-je, sont encore hors la portée de nosconnaissances actuelles. L’incertitude devient plus grande encore, s’il est vrai que tous les nerfs évidemment destinés au mouvement, comme la troisième, la cinquième, la sixième paires, tirent des filamens de la continuation antérieure et postérieure de la moelle épinière.
Anatomie comparée du cerveau dans les quatre classes des animaux vertebres; V. 1, par
E. R. A. Serres, elc. Paris, 1824.
Décidément la philosophie transcendante de l'Allemagne s’est emparée des têtes de nos savans français. MM. Bérard, Jourdan, Flourens, Serres, etc., se sont constitués prosélytes de MM. Ocken, Carus, Rudolphi, Burdach, etc.
À entendre tous ces Messieurs, dans le sysième nerveux tout est homogène, tout est unité; la substance blanche fibreuse donne naissance à Ja substance non fibreuse ; les nerfs se forment de la circonférence au centre, et non du centre à la circonférence, etc. Avant ces physiologistes, tout élait confusion, incertitude, erreur. Malpighi, Ruisch, Albinus, Haller, de Graf, Sœmmerring, Arsaky, Harvey, etc., ont tous interprété la nature en sens inverse ; ils lui ont tous supposé une marche directement opposée à celle qu'elle suit; doit-on s'étonner ensuite si ses lois ont été méconnues ?
M. Serres se propose de réunir en corps de doctrine toutes les connaissances acquises sur lauatomie, la physiologie et la pathologie du systéme nerveux. Les propositions citées, si piquantes par leur apparence paradoxe, font l’ob-