‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 3)Chapitre 22 sur 54 · DD · texte numérisé non relu

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350 sUuR LES FONCTIONS excentrique découlent les lois de l’organisalion ; tout organe sera primilivement double; ses parties, d’abord isolées, marcheront à la rencontre l’une de l’autre, etse réuniront sur le centre de l'animal pour former ces organes que Von a nommés impairs ou uniques , etc. $s

Ou le foie, la rate, le pancréas, etc., ne sont pas des organes, ou l'assertion ainsi généralisée de M. Serres est fausse. L’on a toujours reconnu que les animaux sont composés en grande parlie de deux moiliés symétriques , et j'ai prouvé pour les organes de la vie animale, qu'ils sont tous doubles. Je ne me souviens pas que jamais on ait nommé ces organes impairs ou uniques; on a toujours su que l'os hyoïde, la màchoire inférieure , le sternum, sont composés de deux moitiés.

Maintenant M. Serres prétend que la formation des membranes, des os, des intestins, des troncs, des canaux , elc., est excentrique | Il 1nvoque le jugement de l'Académie royale des Sciences. J'aime mieux les faits que les jagemens des académies. Si j'avais tort, où en serions nous depuis la fondation des académies et leurs milliers de rapports, et si ces rapports avaient pu faire loi pour tout le monde!

D'après cette hypothèse, les doigts et les orteils se forment avant les troncs de ces extrémi-

tés, et ces troncs se forment avant les parues centrales du corps. Cest ainsi que les feuilles et les fleurs se forment avant les branches, et les branches avant la tige, et la tige avant la racine ! Mais laissons subsister toutes les suppositions gratuites et toutes les assertions arbitraires de M, Serres, et renfermors-nous dans le système nerveux.

Suivons-en le développement ou la naissance successive :

Au premier mois, le renflement de la tête et celui de la moelle épinière contiennect un fluide liquide transparent. Au deuxième mois, ce fluide devient blanchäâtre et moins diaphane. C’est ce fluide qui se tranforme par degrés en moelle épinière et en cerveau.

Déjà à la septième, huitième semaine, la tête et la carène ont perdu leur transparence, À cette époque, la colonne vertébrale, les os du crane et les muscles du dos et du col ne sont pas encore formés, ce qui prouve aussi contre :. à formation excentrique. Un peu plus tard cette substance autrefois si transparente, et qu'on disaitn’avoir aucune ressemblance ( aucun rapport selon M. Jourdan ), est devenue pultacée et de la consistance du blanc d'œuf. La face anterieure (extérieure de Jourdan!) offre deux

cordons dans lesquels en ne distingue encore

aucune trace de structure fibreuse. Rappelons-nous qu’on veut nous faire croire que la substance fibreuse est antérieure à la substance non fibreuse! Sur chacun des côtés du quatrième ventricule s'élève, de la moelle épiniere , une lamelle mince et étroite qui se plie en dedars et s'applique contre celui du côté opposé, mais sans se réunir et se confondre en une seule masse avec lui. Ces deux cordons sont les rudimens du Eervelot Eu avant de ce cervelet on aperçoit deux autres productions membraneu-.

ses, rudimens des tubercules quadrijumeaux.

Viennent deux protubérances arrondies, Îles couches optiques, en avaut desquelles sont placés les radimens des corps striés. De ces derniéres éminences naissent deux productions membraneuses, recourbées de dehors en dedans et d'avant en arrière, qui forment le commencement des hémisphères du cerveau. Fiédemann n'a pu trouver, même à la neuvième semaine, aucune trace des autres parties de l'encéphale, notamment de la. protubérance annulaire, des commissures, du corps calleux, de la voute et ce ses dépendances, Il n’a vu aucun nerf provenir soit de la nioelle épiniére, soit du cerveau. La substance du cerveau et de la moelle, examince au moyen d'un verre grossissant, n'oilre encore aucune structure fibreuse. Pendant Île

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deuxième mois on connaît à la moelle épinicre

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pU CERVEAU. 990,

sept noyaux carlilagineux, et rien encore n1 des eôtes ni des membres. À onze semaines à-peuprès 1l entrevit quelques traces des muscles de celte région encore mous el blanchâtres. Seulement à présent l'on aperçoit des renflemens à Vorigine des nerfs destinés aux membres pectoraux et pelviens, et le renflement de la moelle allongée, ainsi que Îles nerfs cérébraux et les nerfs Spinaux, proportionnellement très consi: dérables. Les olives n'existent pas encore, nl la protubérance annulaire. Les hémisphères sont encore séparés longitudinalement Van de l'autre par une scissure profonde. Dans le cervelet, aucune trace ni des branches, ni des lobes, ni des feuilles. Les lobes antérieurs sont plus développés que les moyeus et postérieurs; c'est aussi à ces lobes antérieurs que lon remarque la premicre origine de la commissure des hémispheres. Cette origine de la grande commissure d'avant en arrière prouve évidemment que la commissure ne se forme pas des fibres qui viennent des pédoncules, des couches optiques et des corps striés, puisque, dans ce Cas elle devrait se former d’arrière en avant. Au quatrième mois la moelle a une texture fibreuse sur sa face aniérieure etsur, ses parties latérales. Les cordons postérieurs ne présentent pas encore de fibres. La protubérance annulaire commence à parai-

tre. Avec le corps ciliaire paraissent successive ment les ramifications du cervelet, et la protubérance annulaire s’élargit de plus én plus, de même que la commissure des hémisphères du cerveau devient plus longue à proportion que les lobes moyens et postérieurs se développent davantage. Cest aussi ce développement des lobes moyens qui fait naître la commissure antérieure,

Ainsi donc, dans la moelle épinière , d’abord un fluide transparent qui se transforme en une substance gélatineuse non fibreuse, puis des cordons d’une substance blanche fibreuse, et finalement des renflemens qui donnent origine aux nerfs ‘spinaux , etc. Dans le cervelet, la partie moyenne, fondamentale, ou, comme M. Serres appelle, la petite languette mince existe avant ses parties latérales.

Dans le cerveau, les tubercules quadrijumeaux, les pédoncules, les couches optiques, les corps striés, le développement successif des hémisphères, d’abord des lobes antérieurs, et puis des lobes moyens et postérieurs.

Peut-on mieux prouver que la formation de la moelle épinière et du cerveau se fait du centré à la périphérie ? Si la formation se faisait de la périphérie au centre, les nerfs existeraient

avant les renflemens, les renflemens avant la

substance fibreuse, les cordons fibreux avant la substance gélatineuse non fibreuse; les hémisphères du cerveau précéderaient les corps striés et les couches, les couches et les corps striés précéderaient les pédoncules, et toutes ces parlies seraient antérieures aux Lubercules quadrijumeaux.

Puisque M. Serres soutient que les cerveaux des embryons ressemblent d’abord aux cerveaux des poissons, des reptiles, et puis à ceux des oiseaux , etc. , il avoue par-là que ce sont les parties Les plus centrales qui sont les premières formées, car les poissons et les reptiles n'ont que les parties rudimentaires du cerveau des mamnuféres. |

M. Serres veut-il tirer un argument pour son hypothèse de ce que les cordons gauches et droits de la moelle épinière, et les hémispheres du cervelet et du cerveau ne sont pas d’abord réunis par des commissures, il fait encore voir qu’il n’a pas compris les lois de l’organisation du système nerveux. J'ai démontré que ce sont les filamens nerveux engendrés dans la substance von fibreuse de la surface du cervelet et du cerveau , qui, se dirigeant en convergeant , forment et la protubérance annulaire ou la commissure du cervelet, et la commissure antérieure et le

septum lacidum, ou les comnrssures d’une par-

tie des lobes moyens, et le corps caileux ou la grande commissure des kémisphéres avee la voûte à trois piliers, etc. Or la surface est la dernière formée, par conséquent. les réumwions où les commissures doivent être formées également les dernicres.

Veui-il sappuyer sur la succession des muscles ? ik nous fournit de nouvelles preuves pour Ja formation centrique. Ils commencent tons vers la colonne vertébrale, le centre de toute formation. Les muscles des gouttières vertébrales, ensuite les muscles intercostaux, et en dernier lieu les muscles dusternum;àlabdomen, les obliques sur les côtés en premier lieu, eten dernier lieu les droits abdominaux et les pyramidaux, qui occupent la place la pluséloïgnée de la colonne vertébrale, puisque l'abdomen présente chez les jeunes embryons une vaste ouverture; à mesure que les muscles se portent de: la Cr conférence , où ont été formés les derniers, à la reuconire de. leurs congénères, ils ferment Pabdomen el encaissent les intestins, ete., etc.

M. Serres explique les formations monstrueuses du systéme nerveux, en disant que ses évO- Juuons s’arrétent aux parties fondamentales des poissons, des repüles, des oiseaux, ou d’un tel où tel maminifère. Une pareille explication ne se

comprend que dans la suppüsition que la forma

tion du système nerveux s'opère du centre a la eirconférence.

S'il est vrai que les nerfs latéraux du tronc, de la tête et du bassin sont les premiers formés ; qu'ils existent indépendamment de la moelle épinière; qu'ils ont acquis tout leur développement lorsque l'axe cérébro-spinal est encore liquide, etc., comme le dit M. Serres, jen avais donné la solution plus haut, où jai parlé de l'origine des nerfs du tissu muqueux ; des muscles, de la peau, etc. Mais soyons sur nos £ar des toutes les fois qu'un auteur esl intéressé a se faire illusion de faits en faveur d’une proposition annoncée !

M. Serres insiste beaucoup sur une vérité anatomique, savoir : que le développement du système nerveux du cervelet et du cerveau est sous l'influence du système artériel. Or, le sysième artériel ne se développe certainement pas de la circonférence au centre. Admettons que le système veineux suive cette marche, alors nous rentrons dans la proposition que j'ai déja soutenue dans plusieurs endroits, c'est-à-dire qu'il y a des nerfs destinés à la perception des impressions extérieures, pour transmettre ces im pressions aux organes sensitifs. Cette disposition seraitanalogueau systeme rentrant convergeant,

au systeme des commissures , que j'ai démontres

pour le cervelet et le cerveau. Un autre ordre de nerfs serait les nerfs de réaction, analogues également au système nerveux sortant , divergeant du cervelet et du cerveau. Ainsi il y aurait des nerfs qui se forment du centre à la circonférence, et d’autres qui se forment de la circonference au centre.

On prétend que le nerf optique est déjà tout formé avant son insertion à son origine. [Il faudrait une autorité bien consolidée pour admettre comme fait une disposition qui, vu l’existence et le développement si précoce des tubercules quadrijumeaux , ne présente aucune probabilité,

M. Serres dit lui-même, p. 119: «Le rayonuement du noyau central des hémisphères du cervelet est en rapport avec les divisions des hémisphères; au quatrième mois, le noyau, peu sensible, ne présente pas de rayonnement apparent; au cinquième mois, il se manifeste un ou deux rayonnemens, et alors il y à deux ou trois lobes; au sixième mois, un troisième rayonnement coïncide avec le quatrième lobe; lorsqu'il y a quatre rayonnemens , il y a aussi cinq lobes sur la surface extérieure du cervelet. » I résulte de ces rapports que le développement des sCIS— surés et des lobes est sous la dépendance immédiate de l'accroissement du noyau médullaire

central. La formation du cervelet est donc du centre à la circonférence. Et comme ce noyau, que M. Serres appelle avec quelques Allemands un noyau médullaire, n'est réellement qu'un noyau de substance grise, il avoue en même temps que la substance blanche fibreuse du cervelet tire son origine de la substance grise non fibreuse.

Après avoir ajouté que le développement du cervelet est soumis à l'accroissement successif du calibre de l'artère vertébrale, il ose mettre en évidence la conclusion suivante, dont tout le contraire résulte des prémisses. « On voit, dit-il, d’après ce tableau, que le cervelet se développe de la circonférence au centre, et non du centre à la circonférence, comme le pense encore Tiédemann. 5 Tout l'ouvrage de M. Serres fourmille de pareilles conclusions diamétralement opposées aux précédens, et uniquement distinées à surprendre la crédulité des lecteurs inattentifs ou ignorans.

M. Serres lui-même cite des observations qui prouvent de la manière la plus évidente, que même la formation des membres, des extrémités , est sous la dépendance des ganglions de la moelle épinière. Chez deux embryons humains sans extrémités inférieures, la moelle

épinière n'était pas renflée dans la partie infé-

férieuré. Sur deux chats, sur un chien privé de pattes de derrière, le renflement inférieur de la moelle épinière manquait. Chez un embryon humain privé des membres supérieurs, la moelle épinière n’était pas renflée dans la région cervicale. Un veau affecté de la même monstruosité, présenta la même disposition , etc. Si la formation commençait par la circonférence , les renflemens ne seraient pas nécessaires. Il en est tout autrement dans la supposition de la formation centrale: Les ganglions n’existant pas par suite d’une organisation défectueuse , il n’en peut pas naître des nerfs qui commandent les membres.

Dans l'hypothèse de M. Serres, Forganisation du système nerveux serait sujette à telle lot dans un lieu, et à telle autre dans un autre lieu. Il est évident que les pyramides vont en s’élargissant dès qu'après leur entrelacement elles se sout portées à la surface antérieure ou inférieure de la moelle allongée ; que dans leur passage à travers la protubérance annulaire, elles forment les grands faisceaux nerveux, les pédoncales, qui s’agrandissent encore dans les couches et dans les corps striés de manière à pouvoir produire une grande partie de lépanouissement de la substance blanche des hémiss

phéres. Il est également évident que le nerf ol

DU CERVEAU. 367 actif s'agrandit dans tout son trajet jusqu'à sun bulbe, où il reçoit un nouvel accroissement pour s'épanouir dans les cornets du nez; il est évident que Île nerf optique, après avoir pris la première origine démonstrable dans la pare antérieure des tubercules, augmente en masse dans les corps géniculés internes et externes, dans les pédoncules, dans la lame grise située derrière et sur sa jonction, el même dans son trajet de là jusqu'a son insertion dans le bulbe de l'œil; de même il est démontré que tous les nerfs grossissent ou deviennent coniques à proportion qu'ils s’éloignent de leur origine, élant toujours accompagnés de vaisseäux sanguins et de substance grise. Cet accroissement successif se comprend parfaitement dans la formation du centre à la circonférence, par de nouveaux filamens qui surviennent des nouvelles couches de substance grise. Mais en admettant la formation de la circonférence au centre, les nerfs iraient toujours en diminuant nonobsiant les diverses masses de substance grise qu'ils rencontrent dans leur chemin. A la fin des fins comment concevoir la substance liquide diaphane, transformée successivement en substance grise dans la carène ; comment concevoir la substance grise entre les cordons extérieurs et postérieurs de

la moelle long-temps avant l'existence des neris ?

Si la transmission de la sensation au cerveau prouve quelque chose en faveur des nerfs de la sensibilité pour leur origine de la circonférence, la propagation de l’irritation ét du mouvement vers les extrémités, lorsqu'on irrite les nerfs de mouvement, prouve en faveur de leur origine centrale.

Je déclare donc lPhypothèse de M. Serres, prise dans un sens général, pour une hypothèse contraire aux lois de formation aussi bien du règne animal que du règne végétal; je la déclare pour lhypothése la plus extravagante, adoptée à dessein pour se créer un prétexte de blämer, de trouver nul tout ce que les anatomnistes et les physiologistes ont fait avant M. Serres.

J’ai dit adoptée à dessein, puisque ce n’est pas dans les recherches de M. Serres , mais dans les cerveaux brülés des philosophes transcendans de l'Allemagne , que cette fiction a pris naissance. Voici comment s’exprime M. Burdach dans son ouvrage (1), imprimé en 1810, p- 4t: «Le système nerveux exerce son action dans une double direction, du dehors en dedans, et du dedans en dehors. Son action du

(1) Karl Friedrich Burdach vom Baue und Lecben des Gehirns. x b. Leipzig, 1819.

DU CERVEAU. 369 dehors en dédans doit nous occuper la premicre. Toute considération physiologique du système nerveux doit commencer par la-périphérie, et se continuer vers le centre, car il est nécessaire que l'intérieur soit formé d’abord, pour pouvoir agir vers l'extérieur. Chez l’embryon, les veines sont formées avant les arteres, et la moitié supérieure des intestins se développe plus tôt que la moitié inférieure. En naissant, l'inspiration a lieu avant l'aspiration ; durant toute la vie la nutrition commence par l’action des vaisseaux absorbans et des veines. L'action du nerf de la périphérie au centre est l'action primitive et essentielle. Le nerf agit d’une maniere purement dynamique; il reçoit les impressions à sa périphérie, et les transmet de tous côtés vers des centres communs, où elles se rencontrent pour former une unité, » Ici commence un radotage tellement mystique et absurde sur l’âme universelle du monde, sur la matérialité transformée en spiritualité, et la spiritualité transformée en matérialité, etc., etc. , qu'il m'est impossible d’y découvrir un sens quelconque et de continuer la traduction. Mais ce passage suffit pour montrer à qui M. Serres a emprunté sa grande conceplion.

Cependant, p. 60, M. Burdach modifie ses

idées. « La sensibilité ne tire pas son origine

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