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370 SUR LES FONCTIONS d’un point unique, pour se répandre de li su d'autres parties; elle se manifeste dans tous les points du système nerveux, tänt que ceux-ci conservent leur action réciproque avec le tout. Vu sa double réciprocité, on ne peut pas dirè du nerf qu'il naît ici et qu'il se termine la. On peut seulement dire qu'il est étendu entre le point central et le point périphérique. Son origine sous le rapport de la sensation est à la circonférence, sous le rapport de la réaction au centre. Quoique, dans la névrographie, il soit plus commode de faire dériver les nerfs du cerveau et de la moelle épiniére,; il est plus conforme à la physiologie de partir de leur extrémité périphérique, puisque la sensation précede le mouvement, et l'impression la réaction. » P. 216, M. Burdach ajoute: « En suivant le systeme nerveux de son extrémité périphérique vers ses points centraux, je puis paraitre vouloir chercher des singularités. On dira que je renverse des choses connues pour leur donner l'apparence de nouveauté. Ma mauiére de considérer le système nerveux du tronc est fondée dans le principe général, savoir, que l'unité est l'essence de la sensibilité, et que, pour comprendre l'origine, la génesis de l’äme, 1 faut procéder de la circonférence et s'arrêter au centre... Le système nerveux du tronc est un ré-
DU CERVEAU: Sud
seau, et pour que dans ce réseau l'intuition ne soit pas arrêtée, il faut chercher les points ou le commencement n'est sujet à aucun doute. Mais où cela aurait-il lieu, si ce n’est dans les extréinités périphériques ? Ce n’est qu'en partant de celles-ci que nous pouvons acquérir, sans interruplion, une connaissance générale. Mais si nous commentons par un plexus, par exemple par le plexus cœliaque; c'est un coup de hasard ; et nous ne pouvons pas rendre raison pourquoi nous ne commençons pas plutôt par le plexus cardiaque, ou par le plexus des nerfs mous. » EE ainsi dé suite,non sens sur non sens. Je ne rectifierai pas tout ce qu'il y a de faux raisonnemens dans les déclamations transcendantes et dans les réveries magnétiques de M. Burdach; 1l me | suffit d’avoir démontré la noble origine de lhypothése favorite de M. Serres.
Si elle était le résultat de lobservation, il n'aurait pas besoin de l’entourer de tant de propositions arbitraires ét contradictoires, dont 1l m'était facile de détruire un grand nombre. J’en rappellerai éncore quelques-unes à Yattention du lecteur : |
Ii est faux de dire que les nerfs se rendent aux ganglions, au lieu de dire qu’ils en naissen et qu'ils en sortent; c’est prétendre que les branches se reudent dans la tige, tandis
qu’elles en sortent. Pendant que la matiere des cotylédons, la substance amilacée farineuse de l'amande est encore liquide et transparente, Île germe se forme déjà en puisant sa nourriture et ses élémens de cette substance. Aussitôt que par les influences extérieures le germe se développe, il se nourrit de cette même substance, qui s’épuise à proportion que le germe s'enfonce avec ses radicules dans la terre, et que sa plumule se porte dans Pair. La substance amilacée épuisée, le cotylédonatrophié tombe, la plante se nourrit dela terre ctde l’atmosphére. Pour formerunarbre, comment la nature s’y prend-elle? Ils’accumule de distance en distance une certaine quantité de cette substance muqueuse appelée cambium, répandue entre le bois et l'écorce, tout le long: de la tige et des branches. Cet amas du cambium forme d’abord un renflement, où il naît de nouvelles radicules qui s’unissent par: en bas à la tige, et en même temps une nouvelle plumule qui paraît sous la forme dé l'œil ou du bouton, et qui se développe en feuilles,en branches, en fleurs, etc. C’est ainsi que de renflemens en renflemens, de nouvelles formations en nouvelles formations, l'arbre grandit et acquiert son entier développement, sa couronne. Nonobstant toutes ces formations du centre à la périphérie, il ne s'établit pas
DU CERVEAU. Fo moins une action rétrograde dans les branches et dans les feuilles. Les feuilles, composées de veines et de parenchymes, pompeut des subslances nourricières de l’atmosphère, qui sont distribuées. à toutes les parties de la plante. Voilà les mêmes lois de formation qui existent dans le système nerveux.
Il est faux que M. Cuvier ait détruit l’hypothèse d’après laquelle le nerf olfactif trait son origine des corps striés. Avant notre mémoire, M. le baron Cuvier fxisait encore dériver le nerf olfactif des corps striés, et le nerf visuel des couches optiques. M. Cuvier a même soutenu en dernier lieu, avec M. Jackobson, que les célacés ont le nerf olfactif, mais extrêmement peut. Aipsi, quand même les cétacés ont les corps siriés, il n’a pas pu en infcrer, comme dit M. Serres, que le nerf olfactif n’en üre pas son
origine.
Il est faux que chez l’homme la racine externe du nerf olfactif s’insère, comme s'exprime M. Serres, p.291, par un de ses faisceaux sur les rayons externes de la commissure antérienre. Cette commissure n’a nulle part aucune adhérence avec le nerf olfactif. Elle sort par des faisceaux convergens des lobes moyens, lra-
verse la parte antérieure inférieure des corps
374 SUR LES FONCTIONS striés, sans y être adhérent, sans donner nirecevoir augnn filet, ni faisceau du nerf olfacuf.
Il est faux que le nerf olfactif et celui de la cinqniéme paire augmentent de volume à me= sure que Île cerveau s’atrophie, comme dit M. Serres. Si cela était, le cheval, le bœuf, etc., etc., devraient avoir un cerveau beaucoup plus petit que le tigre et le lion; le mouton devrait l'avoir plus petit que Île chat ; la taupe beaucoup plus petit que le rat, etc. En un mot, tout ce que M. Serres nous étale s1 fastueusement sur les proportions ( des diverses parties du systéme nerveux, n'est constant ni pour les individus, ni pour les à âges, n1 pour les variétés des espèces. Il n'y a des pr oportions déterminées qu ’entre les parties intégrantes d’une division spéciale. Par exemple, il y a proportion entre les corps restiformes du cervelet et la protubérance an— nulaire; entre les py! ramides, les pédoncules, les couches optiques, les c corps striés et les hémisphères, elc.
Il est faux que dans les olives la matière blanche soit développée avant la grise. Si, comme dit M. Serres, p. 504, la substance grise ne se dé- \eloppe pas chez les oiseaux, les poissons et les repules, c'est que chez ces animaux les ol es et les faisceaux ner veux SEE Y naissent n° e istent
pas.
En général, tout ce que M. Serres avance pour soutenir que la substance blanche est formée avant la substance grise, est arbitraire, contre les lois constantes de l'organisation du système nerveux, et vu sa tendance et son iniention, j'ose FE sinon contre sa propre Con viction, au moins sans aucune preuve positive ; puisée dans la nature elle-même.
1l faudrait faire un ouvrage aussi volumineux que celui de M, Serres pour réfuter en détail loutes ses assertions erronées , sans faire mention de ce qu’il a emprunté, sans l'avouer, a MM.
Oken, Carus, Tiédemann, Burdach, Meckel , Tréviranus, Arsaky, etc., el. enfin à nousmême.
Qu'on juge maintenant les extraits insérés
daus les 4rchives générales de Medecine. X’au-
teur a fidèlement copié les propositions de M. Serres, sans se douter de leur fausseté, etc. il insiste surtout sur celle-ci : « La question de pr éexistence des diverses parties du systéme nerveux est renfermée dans celle de la préexisience de ses diverses artères, et l’ordre de leur formation nous met sur la voie de la marche du développement de lencéphale et de la moelle
épinicre. »
C'est à-peu-près comme si je disais: la pré existence des diverses parties de l'arbre est renfermée dans celle de la préexistence de l'écorce, et l’ordre de sa formation nous met sur la voie de la marche du développement des branches, etc. Sans doute, lorsqu’un organe n'existe pas, les parties qui lui sont essentielles n’existent pas non plus. On peut dire avec autant de raison, que l’existence des artères est dépendante de l'existence de tel ou tel organe, etc.
Comme M. Serres et son rapporteur font marcher les artères et le systéme nerveux simultanément et dans le même ordre, M. Serres aurait-il oublié de nous prouver que la formation des artéres se fait aussi de la périphérie au centre ?