‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 4)Chapitre 29 sur 58 · KO N C T I () N F · texte numérisé non relu

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diin.s l'instant meme où ils vous font frissonner d'horreur , ils éclatent de rire. Que l’on compte, daaslcs prisons, tous ceux qui s’y sont fait renfermer de nouveau - on verra alors combien peu se sont repentis!

Examinez enfin les grands criminels dans les procedures juridiques; suivcz-les jusque sur l'échafaud : avec quelle opiniâtreté quelques-uns ne nient ils pas les faits les plus évidens laver quelle audace surprenante n’insultent-ils pas les témoins qui les accusent ! avec quelle sincérité effrontée cl quelle scrupuleuse exactitude d’autres ne racontent-ils pas une suite de forfaits épouvantables! Un soldat avait fait des vols dans vingt églises: on le conduit à la potence où il croyait encore recevoir sa grâce :mais, au lieu de montrer aucun repentir, il dit à l’auditeur Wiedemann, à Vienne: « Je vois bien qu’il n’y a plus rien â faire ici, je lâcherai d’aller ailleurs. » À Vienne, un certain Z*** assassina sa maîtresse à coups de couteau pour lui voler trois cents florins; il dépèce le cadavre pour le cacher plus facilement dans une caisse; se rend au bal, y passe la nuit, dépense tout son argent, et se livre â tous les excès d'une joie grossière. M. Brnggmanns, à Leyde, nous a montré le crâne du chef d’une bande de brigands hollandais. Celuici avait précipité plusieurs personnes dans les

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canaux, uniquement pour les voir se débattre contre la mort. « Que peut-011 me faire, disait— il dans son procès, ne suis-je pas un honnête homme?» Schinderhanncs et Ilekermann , sou complice, avaient un plaisir extrême à raconter leurs crimes; leurs yeux brillaient dans ces récits. Toutes les circonstances accessoires qui leur semblaient propres à donner d’eux une grande idée, leur causaient la joie la plus vive. Une lille qui avait aidé sa mère à tuer son père, ne témoigna jamais le moindre repentir. Quand on lui parlait de ce crime, elle haussait les épaules en souriant. Rossignol se faisait gloire de sa barbarie : « Regardez ce bras , disait-il ; eh bien ! il a égorgé soixante-trois prêtres aux Carmes de Paris. » Echappé plusieurs fois à la prison, il commença et redoubla toujours ses pillages, ses cruautés, et les débauches les plus dégoûtantes. Il y a même de ces scélérats consommés qui , au moment de leur exécution, en repassant dans leur mémoire toutes les jouissances dont ils s’étaient assouvis pendant leur vie, se sont vantés qu’aucune n’égalait celles que leur avait causées la cruauté. On rompit, il y a une cinquantaine d’années, à Lyon , un homme coupable de plusieurs assassinats. Après avoir eu les membres brisés sur la roue, il riait aux éclats. L’exécuteur lui en ayant demandé la cause, il répondit qu’il

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ne pouvait s’en empocher, en songeant à la grimace que faisait ce fondeur de cuillers à qui il avait verse de l’élain fondu dans la bouche. Gabrino-Fundulo, fameux par ses perfidies et scs cruautés, condamne à avoir la tête tranchée, dit fièrement au confesseur qui l’exhorta vainement à se repentir de ses crimes : « Qu’il n’avait qu'un regret en mourant; c’était de n'avoir pas précipité du haut de la tour de Crémone , le pape Jean XXIII et l’empereur Sigismond, lorsqu’ils avaient eu la curiosité d’y monter avec lui. » Lisez la biographie des tyrans qui ont désolé la terre, et voyez si un seul d’entre eux a renoncé an crime avant que la vengeance publique ou la mort ne l’aient retranché lui-même de la société.

L’étude psychologique des grands scélérats prouve donc qu’ils sont inaccessibles au repentir ou aux remords. « Pourquoi, dit le cardinal Polignac, des hommes très vicieux, pour qui le crime a des délices, et qui ne se croient pas criminels, se repentiraient-ils ?

Ln dernière analyse, il est constant que, dans beaucoup de cas, le sens moral ne nous éclaire point sur la moralité ou l'immoralité d’une action; qu’il nous fait souvent illusion sur les objets sur lesquels il devrait s’exercer; qu’actil dans toute son énergie, ou gradué jusqu a la

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bonté, à la bienveillance, à la sensibilité', il nous grossit souvent un mal qui n’existe pas même et trouble le repos de notre Ame par des scrupules minutieux et des remords injustes ; que dans les individus où son organe n’a reçu qu’un développement faible, et où au contraire de funestes penchans sont très impérieux, il se tait, reste mort, ne produit pas même un simulacre de son existence. Quelle leçon le moraliste, l’instituteur et le législateur doivent-ils nécessairement retirer de ces observations? 11 s’ensuit qu’il faut dissiper les illusions du sens moral trop exalté, rectifier ses égaremens, et remplacer son absence par la création d’ une conscience artificielle ; c’est-à-dire qu’il faut mettre en vigueur tous les moyens pour éclairer les hommes sur ce qui est véritablement bon ou mauvais, sur ce qui est juste ou injuste, sur ce qu’il est commandé ou défendu de faire. C’est ici que la maxime: l’ignorance est la source de tout le mal , trouve son entière application. L’homme, instruit de l’influence de certaines actions sur son propre bien et sur celui de la société, familiarisé avec le mal qui le menace lui-même, et avec celui qu’il cause à ses semblables, ne sera plus la victime que des remords justes ; et là où ses penchans sont opposés aux principes d’une morale épurée, d trouvera dans ceux-ci un guide sûr, un régu-

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lateur de ses actions; car il n’y a personne qui ne se croyc oblige de faire le bien et d’éviter le mal : seul but et principe du sens moral inhérent à notre nature.

Dois -je encore faire observer que la conscience artificielle devient d’autant plus indispensable, qu’un individu est plus disposé à faire le mal, et que c’est contre les dispositions mauvaises en particulier que tous les efforts de l’instruction morale doivent être dirigés?

Il suit de tout ce que je viens de dire sur la conscience, qu’elle ne peut nullement être considérée comme qualité fondamentale; qu’elle n’est réellement qu’une affection du sens moral ou de la bienveillance, et que par conséquent aucun organe particulier ne peut lui être affecté.

Siège et apparence extérieure (le l’organe de la bienveillance.

Nous avons vu les organes qui sont placés sous la partie anlérieure-inférieure, et antérieure-supérieure de l’os frontal. Nous arrivons a présent aux organes qui ont leur siège sous la partie supérieure de l’os frontal. Cette partie supérieure de l os frontal se divise encore, sous

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le rapport de l’organologie, en sa partie superieure-antérieure, et en sa partie superieurcpostérieure. Ces deux parties sont couvertes de cheveux pour peu que le sujet soit chevelu.

Contre chacune de ces deux moitiés , se rencontrent, dans la ligne médiane, des parties cérébrales jumelles des deux hémisphères, et ces parties, lorsqu’elles sont très développées, forment une protubérance allongée dans la partie antérieure, et une protubérance semblable dans la partie postérieure. Si, au contraire, les organes placés sous cette région ne sont que très médiocrement développés, au lieu de s’élever , soit dans sa moitié antérieure , soit dans sa moitié postérieure, elle reste aplatie jusqu’au sommet, de la tète, où elle rencontre les bords antérieurssupérieurs des deux pariétaux, PI. Lï\ , lig. 2.

Or, j' ai trouvé que toutes les personnes éminemment bienveillantes, toutes celles qui se distinguent par une très grande philanthropie, ont la partiesupérieure-antérieure-rnoyenne du front, ou la partie moyenne de la partie supérieureantérieure de l’os frontal , proéminente en une protubérance allongée, et que par conséquent la partie cérébrale xiv , PI. IX, PI. XI, PI. XII, est l’organe dont l’action énergique consli-

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lue J;i boule, la bienveillance, le caractère doux.

Depuis que j’ai découvert cel organe, il ne s’est pas passé de jour où je n’aie trouvé des coulirmations, soit positives , soit négatives de cette vérité.

Tôt ou tard , et quelquefois dans les occasions les moins importantes , on découvrira dans les personnes chez lesquelles ces parties cérébrales n’ont acquis qu’un très faible développement , de la méchanceté, un caractère haineux, vindicatif, dur et ingrat, et un esprit médisant. Que l’on admette qu’il en est ainsi, parce que dans ce cas il n’existe pas d’organe dont l’activité tienne la balance à celle des autres organes, et que de cette manière l’égoïsme devient prédominant , ou que Ton imagine que le faible développement de celte partie cérébrale emporte en lui même ces dispositions haineuses; toujours est-il certain que des personnes ainsi organisées, lorsque des motifs d’un ordre relevé ne viennent point à leur secours, ne seront jamais capables d’une bienveillance durable. Ce que j’ai dit plus haut des qualités négatives, est encore applicable ici. Tout comme l’appétit peut dégénérer en dégoût pour les alimens, le penchant à l’amour physique en antipathie pour le sexe, le sens des tons

en aversion pour la musique ; de même la bienveillance, la bonté, doivent pouvoir dégénérer en méchanceté, en penchant à se réjouir du mal qui arrive aux autres.

Que l’on compare maintenant tous les personnages, anciens et modernes, qui se sont distingués soit par leur caractère bienveillant , soit par la dureté et la méchanceté, et l’on trouvera entre elles une différence marquée dans la conformation de la partie supérieure - antérieuremoyenne du frontal. Je ine contente de citer un petit nombre d’exemples.

Que l’on compare Tibère, Caligula, Caracalla, Néron, Catherine de Médicis, le Néron du Nord, Christian le cruel, parjure et perfide; Danton, PI. LXIX , lig. 3; Robespierre, fig. 4 , avec Trajan, Marc-Aurèle, Antonin le Pieux, PI. XCIII, fig. 1 (1); St. Vincent de Paule, PI. XC1II, fig. 2 (2), Henri IV, L’Hôpital, Camille-

(1) Adrien disait : « Je sais qu’Antonin est, de tous ceux que je connais , celui qui désire le moins l’empire ; mais je sais aussi qu’il en est plus digne que personne. » Aussi a-t-il la partie supérieure de la tète très liaule , les organes de l’ambition et de l’orgueil, au contraire, très peu développés.

(2) St. Vincent de Paule, fondateur des élablisserneii s pour les enfans trouvés , îles tilles de la Cliarilé, po ur

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