‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 4)Chapitre 32 sur 58 · XXV. Faculté d’imiter , mimique · texte numérisé non relu

XXV. Faculté d’imiter , mimique

Historique de la découverte.

Un jour que je m’entretenais avec 1 un de mes amis des formes de la tête , celui-ci assura que la sienne en avait une toute particulière. Il dirigea ma main sur la partie supérieure-antérieure

en un

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de sa lële. Je trouvai cette région bombée segment de sphère très considérable; et, derrière la protubérance , un enfoncement , une gouttière qui de chaque côté descendait vers l’oreille. A cette époque, je n’avais point encore observé cette conformation. Cet homme avait un talent particulier pour l’imitation. Il imitait d’une manière si frappante la démarche, les gestes, le son de voix, etc., que l’on devinait de suite la personne. Je courus à l’institution des Sourds-Muets pour examiner la tête de l’élève Casteigner, qui venait d’ëtre reçu dans l’établissement depuis six semaines, et qui, dès les premiers jours , avait fixé notre attention par son talent prodigieux pour la mimique. Le jour du Mardi-Gras, où l’on représente une petite pièce de théâtre dans l’établissement , il avait imité si parfaitement les gestes, la démarche, etc., du directeur, de l’inspecteur, du médecin, du chirurgien de l’établissement, et surtout de quelques femmes, qu’il était impossible de s’y méprendre; spectacle qui amusait d’autant plus qu’on ne s’attendait à rien de semblable de la part de ce garçon , dont l’éducation avait été absolument négligée. A mon grand étonnement, je trouvai chez lui la partie supérieure-anterieure de la lete tout aussi bombée que chez mon ami Annibal.

D U CERVEAU

Le talent pour la mimique , me demandaije, serait-il fondé aussi sur un organe particulier? et je cherchai les occasions de multiplier mes observations. Je parcourus les familles, les écoles, etc., et j’examinai les têtes des individus qui possédaient le talent pour la mimique à un degré distingué. A cette époque , M. Marx , secrétaire au ministère de la guerre , s’était fait une grande réputation par plusieurs rôles qu’il joua sur un théâtre de société. Je trouvai chez lui la région indiquée du frontal aussi bombée que chez Casteigner et Annibal. Chez toutes les autres personnes que j’examinai, je trouvai également celte région plus ou moins bombée, selon qu’elles étaient douées du talent pour la mimique à un plus haut ou à un moindre degré. On raconte de Garrick , qu’il possédait une faculté d’imitation si étonnante , qu’il n’a rien perdu du cortège de la cour, composée de Louis XV, du duc d’Aumont, du duc d’Orléans, de MM. cl’Aumont, de Brissac, de Richelieu , le prince de Soubise , etc. Tous ces personnages qu’il vit passer une seule fois, furent placés dans sa mémoire. 11 invita à souper les amis qui l’avaient accompagné; Garrick, impatient d’amuser ses amis, leur dit: « Je n’ai vu la cour qu’un instant , mais je vais vous prouver combien j’ai le coup- d’œil sûr et la

S U H LES F ONCTIONS

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mémoire excellente. Il fait ranger ses amis en deux files, sort un instant du salon, et y rentre un moment après. Tous les spectateurs s’écrièrent :« Voilà le roi! voilà Louis XV! » Il imita successivement tous les personnages de la cour; ils furent tous reconnus. Non-seulement il avait imité leur marche , leur maintien , leur maigreur, leur embonpoint, mais encore les traits et le caractère de leur physionomie. Je compris bientôt que celle faculté devait constituer une

portion considérable du talent du comédien. J’examinai donc les tètes des meilleurs acteurs que nous eussions alors : de Müler, de Lange, de Brockmann, de Schræder, de Baumann, de Koch et de sa fille, etc., chez tous, je trouvai la région indiquée saillante. J’acquis la tète de Jünger, poète et comédien ; son crâne me sert maintenant pour la démonstration de l’organe de la mimique.

Dans nos voyages, M. Spurzheim et moi, nous avons trouvé la meme organisation chez tous les grands comédiens que nous eûmes l’occasion d’examiner j chez Ifland, madame Bethmann, Nagelmann , à Berlin ; chez Ochsenheimer , à Leipzig; chez Kruys, a Amsterdam, chez madame Brcdc , à Bremen , Manteulel, ’JTalma , etc., etc.

Que l’on examine les portraits des grands co-

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