‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 4)Chapitre 52 sur 58 · DU CF K VE A U · texte numérisé non relu

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que pas (1). Sans senlimens et sans idées il n’y aurait pas de signe, et un langage quelconque 11e peut jamais avoir plus de signes que ceux qui le forment n’ont d’idées et de senlimens. De réllcxiou en réllexion , il ne serait pas difficile d’arriver à la preuve, que meme le langage parlé est un produit du langage d’action. Celuici 11’est pas borné aux gestes. Il n’est pas moins naturel à l'homme de produire des sons, des cris, des exclamations dès qu’il est affecté vivement, que de produire certains mouvemens des membres. Et c’est dans cette source que tout langage parlé a puisé ses premiers élémens.

O11 voit par tout ce que je viens de dire combien l’étude de la mimique, du langage d’action , offre d’intérêt et davantage, et que si jamais il est question d’une langue universelle, elle ne saurait être réalisée que par la connaissance la plus détaillée de l’influence de l’homme intérieur sur l’homme extérieur.

( 1 ' A oyez cc que j’ai dit sur ce sujet , p. 54 et suiv. de ce \ olume.

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Remarques sur quelques passages de l'ouvrage de M. Georget, intitulé : Physiologie du Système nerveux , et spécialement du cerveau.

Le grand nombre de passages que j’ai copiés de la Physiologie du système nerveux de M. Georget, doivent avoir convaincu ce jeune auteur combien [j’en suis satisfait. Mais cette même considération m’engage à rectifier quelques idées qu’il s’est faites de moi et de quelques autres écrivains.

T. I , p. 78, il m’adresse les éloges et le reproche suivant : « Je le dis hautement, c’est dans les leçons et dans les ouvrages du docteur Gall que je me suis réconcilié avec l’étude des plus nobles attributions de l’homme, que j’ai appris à me familiariser avec leur connaissance ; c’est depuis ce temps seulement que je m’en suis occupé avec prédilection, que j’ai su profiter des veilles des auteurs ; c’est sans doute aussi à ces leçons que je dois d’avoir fait des recherches sur les autres attributions des nerfs. Ceux qui ne voient, ou plutôt qui ne supposent dans les travaux de ce savant que des échafaudages hypothétiques, qu’une doctrine de bosses, que des divisions du crâne en compartimens, seront

peut être étonnés de cet éloge ; qu’ils lisent et méditent les ouvrages de INI. Ga.ll, voilà ma seule réponse.

» D'ailleurs ils verront que je suis loin de penser que ce savant célèbre n’ait point erre ; qu’il ait seul été dans le chemin de la vérité; que personne n’ait, avant lui, parlé de ce qu’il regarde comme les fondemens de sa doctrine; sous ce dernier rapport, je lui reprocherai meme d’avoir été trop avare de citations textuelles, lorsqu’elles auraient pu lui faire perdre de ses droits de novateur. Après les travaux de M. Gall, je placerai les ouvrages de Bonnet; ils devraient être placés avant, si l'on avait égard qu’ils ont été publiés à une époque bien antérieure. Ce savant naturaliste, ce philosophe, qui écrivait il y a près de soixante ans, a exposé les plus saines idées sur le siège elle mécanisme de l’intelligence. Tant qu'il se tient sur le domaine de la physiologie, ses opinions sont conformes à l’observation; ce n’est que lorsqu’il se jette dans les questions métaphysiques, qu’il s’oublie et déraisonne comme un métaphysicien. Nous citerons de lui des passages très remarquables, et qui pourront ne pas toujours faire plaisir à M- Gall. »

Pag. m, il dit : « Je ferai ici un reproche à M. Gall. Quel motif a pu l’engager à sc taire sur les

travaux de Kant et de Bonnet? Serait-ce parce que leurs idées avaient de l’analogie, comme nous l’avons vu, avec les siennes? Comment se faitil qu’il ne combatte Dcseartes et Locke qu’en reproduisant les opinions qu’on leur suppose , et non leurs propres expressions, ce qui n’est pas toujours la même chose ; tandis qu’il a bien soin de citer textuellement, et de réfuter longuement (ce qu’il fait à peine pour les précédons ) les auteurs qui ont avancé des opinions exagérées, et purement gratuites, dès-lors très faciles à détruire ? »

Pag. 143. «Le docteur Gall pense que le cet veau est exclusivement l’organe de toutes les facultés Lîitellecluelles et de toutes les qualités morales ; eL il accumule les preuves les plus directes qui confirment cette proposition.

» Je reprocherai encore ici à ce physiologiste d’avoir été injuste envers ses devanciers, qu’il accuse tous, in globo , de 11’avoir point connu les fonctions du cerveau. Il a pourtant lu Bonnet, qui l’a précédé de plus de soixante années dans une carrière qu’il a si glorieusement parcourue, puisqu’il range souvent son nom parmi ceux de scs adversaires; Bonnet, qui dit si positivement, et démontre si bien, par un grand nombre de preuves dont se sert

M. Gall lui - même, que le cerveau , chez l'homme cl les animaux , esl l’organe de la pensée et du sentiment, c’est-à-dire, des idées et des passions. Combien d’autres exemples ne pourrais-je pas citer, qui démontreraient que ce n’est pas uniquement de l’apparition de M. Gall que date l’origine des connaissances physiologiques sur le mécanisme et le siège des fonctions intellectuelles ! »

Dans la préface qui est à la tète du premier volume de mon grand ouvrage, voici comment je me suis exprimé, p. xxxi : cc Nous espérons , dans le cours de tout cet ouvrage, ne jamais nous abaisser au point de dire quoi que ce soit dans un autre but que dans celui de la vérité. Trahir la nature pour répandre de l’encens est une chose indigne du naturaliste. Les plus grands hommes voudront donebien nous pardonner si nous cherchons à rectifier les erreurs que nous avons cru rencontrer dans leurs ouvrages. Leurs erreurs et leurs préventions méritent d’autant plus d’attention qu’elles sont plus sujettes à se propager de siècle en siècle. Malgré cela nous ne sommes pas .moins pénétrés d’un sentiment d’estime et de reconnaissance poulies services qu’ils ont rendus à l’humanité. El qui pourrait en effet oublier les services signalés

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que Reil , Prochaska , Sœmmerring , Scarpa , Waller, Cuvier, clc., ont rendus à l’étude du système nerveux ? Mais qui peut aussi, même avec l’esprit d’observation le plus pénétrant et le plus scrupuleux , 11e pas errer quelquefois ou se trouver en défaut , lorsqu’il s'agit de saisir l’ensemble le plus compliqué? Qui peut prévoir les découvertes réservées par une autre voie à celui que des circonstances heureuses, une application ou le hasard auront secondé? Qui d’entre nous ne voudrait recommencer ses travaux dès l’instant qu'il les a terminés, ou qu'il s'en trouve détaché? Les véritables scrutateurs de la nature, n’ayant pour but que la vérité, doivent tous faire des vœux pour que ceux qui leur succéderont ne s’en laissent imposer ni par le faux éclat dont brillent les individus, ni par celui dont brillent les académies. Les suffrages uniquement basés sur la considération des particuliers, sont d’autant moins flatteurs qu’ils attestent toujours la faiblesse de ceux qui les donnent.

Assez souvent nous avons aussi prouvé en détail la fausseté des opinions d’hommes qui , au jugement de plusieurs de nos lecteurs, 11e méritaient peut-être aucune attention de notre part. Il est certain que nous ne nous fussions pas exposés au reproche qu’on pourra nous faire a cet

égard, si nous n’avions pris on considération l’histoire do la science, et s’il nous eût été possible de taire les noms des auteurs et des partisans de certaines objections. Quiconque estime fois convaincu d’une vérité par l’évidence des laits, trouve toutes les objections également insignifiantes ; mais il n’en est pas de meme de ceux qui doutent ni de ceux qui lisent pour s’instruire,- comment feront ceux-ci pour discerner une objection fondée de celle qui ne sera que futile?

Il n’est arrivé que trop souvent que des hommes du plus grand mérite nous ont proposé les scrupules les plus minutieux. Chacun a un enchaînement d’idées à lui avec les points de contact et des habitudes qui lui sont propres. Tel qui, à certains égards , devance de beaucoup ses contemporains, se trouve sous d’autres rapports arriéré de plusieurs siècles ; voilà pourquoi les plus grands hommes tombent quelquefois dans les bévues les plus incroyables. Si nous ne répondions qu’aux doutes et aux difficultés des hommes qui font autorité, combien de fois ne courrions-nous pas le risque d’ètre accusés d’erreur dans notre choix? Tout dépend ici du degré de connaissances acquises. Que l’on demande, par exemple, si ce sont les muscles qui produisent les protubérances des os du crâne?

MM. Ackermann, Waller, fl u tel and , Portai, adoptent l’affirmative sans hésiter, quoique nous soyons convaincus, avec Sœmmerring, qu’elle est en contradiction avec les lois de l’organisation et avec tous les faits. Lequel du cerveau qui est mou, ou du crâne qui est dur, imprime sa forme à l’autre? Si nous nous décidons pour la première opinion, nous aurons contre nous, peut-être, la plupart de nos lecteurs , presque tous les physiologistes et les pathologistes, quoique Galien ait déjà entrevu celte vérité. Dans le Nord de l’Allemagne, l’on trouve superflus les argumens par lesquels nous établissons que les dispositions sont innées dans l’homme , sans que pour cela sa liberté morale en soit moins réelle ; et ailleurs l’on a au contraire bien de la peine à s’élever jusqu’à l’idée de la coexistence des dispositions innées avec la faculté de n’eu être pas irrésistiblement maîtrisé. Tandis que , d’accord avec les pères de l’église, avec les moralistes et avec les instituteurs, nous démontrons l’influence de l’organisation sur l'exercice des facultés intellectuelles, sans rendre pour cela l’âme matérielle. Walter, Ackermann, Slefl’ens et une loule d’autres crient à l’effroyable matérialisme. Où donc commencer et où s’arrêter pour ne parler que d’objections importantes ou insignifiantes aux veux de chacun? Chaque auteur et chaque

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