‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 4)Chapitre 7 sur 58 · SUR LE S F O N C T I O N S · texte numérisé non relu

SUR LE S F O N C T I O N S

eérébi aie extrêmement petite , ont une étonnante mémoire locale. J’ai citédes pigeons, des chiens, des chevaux , etc., qui ayant a peine la dixième, meme la centième partie du cerveau humain, ont la mémoire locale, ou la facilité de s’orienter, à un degré infiniment plus haut que les hommes; j ai même cité des imbéciles, des idiots, qui excellent dans la mémoire des lieux, des personnes, de la musique. J’ai citéde très grands mathématiciens, géographes, mécaniciens, musiciens, philologues, dont les au très facultés étaient très bornées. Dans la su p position deM. Demangeon, tout grand compilateur de dictionnaires, de grammaires, tout grand musicien, tout grand mathématicien, etc. , devrait être en même temps grand poète, grand métaphysicien, grand guerrier, grand acteur, etc. En général tout volume considérable du cerveau devrait avoir pour résultat des qualités morales et des facultés intellectuelles généralement très énergiques. INJ . Demangeon nVsl-il pas avec lui-même en contradiction lorsqu’il soutient que les oiseaux babillards reproduisent non-seulement les mois de diverses langues, unis aussi les ramages îles autres oiseaux et les cris de plusieurs animaux, et que l’homme ne peut les égaler dans la reproduction des mêmes phénomène;»?

M. Demailgeüil demande de quelle espèce

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riait la mémoire île 1’ilalien l\Iagliabechi,elc., etc. Je lui réponds c|u'il relise mon propre passage dans mon grand ouvrage, T. IV, pag. 70,011 j’ai rapporté moi-même la m ystilicaliou de Vollaire par le roi de Prusse, cl il trouvera que j’attribue la faculté de retenir des phrases avec une si grande facilité, etc., à la mémoire des mots ou à la mémoire verbale.

XVI. Sens des rapports des couleurs ; talëns de la peinture ( Farben-sinn ).

Je n’entends nullement désigner, par l’expression sens dés rapports des couleurs, la simple faculté de voir ou de percevoir les couleurs; les animaux aussi voyent les différentes couleurs; ils sont susceptibles d’illusions produites par l’emploi des couleurs, des lumières et de l’ombre. J’ai vu des chiens aboyer après les portraits des personnes qui leur étaient inconnues, qu’ils apercevaient par hasard dans un appartement , et donner des marques d’affection au portrait de leur maître; mais on aura de la peine à trouver des exemples d’animaux qui aient manifesté qu’ils av.ûent un sentiment de l’harmonie ou de la disharmonie des couleurs.

U y a des personnes qui sont incapables d’apercevoir une différence bien marquée d’une

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couleur à l’autre. Le docteur Unzer, à Alloua, 11e saisissait jamais la différence du vert et du bleu. Un garçon qui voulait apprendre l’état de tailleur, fut obligé de renoncer à son dessein, parce qu’il lui était impossible de discerner certaines couleurs. M. Spurzlieim cite un homme qu’il a vu à Dublin, qui aimait les arts mécaniques et le dessin, surtout celui des paysages, mais qui a été obligé de renoncer à la peinture, parce qu’il ne pouvait pas discerner le rouge d’avec le vert. A Edimbourg, en Ecosse, il vit aussi trois frères et un cousin-germain à eux, qui ne peuvent pas discerner le vert d’avec le brun. De telles personnes 11e sont certainement pas faites pour être peintres. Il est d’autres personnes au contraire qui discernent les nuances les plus délicates, et qui ont un tact particulier, à l’aide duquel elles sont capables d’assembler les couleurs de manière à flatter l’œil ; mais cet avantage, quoique nécessaire au peintre, n’a rien de commun avec le véritable talent de la peinture. Par l’expression sens des rapports des couleurs, j’entends la faculté de juger l’harmonie cl le contraste des couleurs, d’on sentir et d’en juger les lois, et de s’y conformer dans leur emploi.

C’est ce sens des rapports des couleurs qui constitue le talent du peintre. Je 11e parle point ici de l’artiste peintre, ni sous le rapport de la

rom position , ni sons le rapport du dessin, ni sous le rapport de l'expression; je ne parle ici du peintre qu’en tant qu’il est coloriste.

J’ai déjà prouvé, en traitant des fonctions des sens (i), que le talent du coloriste ne dépend nullement de l'œil. L’œil le plus parfait se trouve quelquefois l’apanage du peintre le plus médiocre, et il y a des exemples d’excellens coloristes qui avaient la vue faible. Avant que l’on songeât aux organes cérébraux , l’on était contraint sans doute de déduire des cinq sens toutes nos qualités et toutes nos facultés. Dans ce système, la peinture aussi ne devait être qu’un produit de l’œil. Je pourrais citer en faveur de cette erreur, plusieurs auteurs qui ont écrit sur la peinture; mais je me contente de rapporter ce que dit à ce sujet M. Sobry, qui a exposé mieux que tout autre l’opinion de ses contemporains.

« Ce n’est pas assez, dit-il, que le sens de la vue soit utile à l’homme; ce n’est pas assez qu’il lui soit indispensable ; la nature a voulu qu’il fût encore pour lui une source de plaisir ; elle a voulu qu’il fût la source de ses jouissances les plus constantes, les plus douces , les plus pures. Et distinguant en cela l’homme

(i) T. 1. , sect. \ I, p. 206 et suivantes de mon grand ouvrage.

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de Ions les êtres animes, elle a ordonne que ce sens serait le principe d’une de ses jouissances les plus morales.

» El en effet , on ne voit pas que les animaux poussent l’usage du sens de la vue beaucoup plus loin que leur utilité; un beau site, deslieux gracieux, des objets bien ordonnés, paraissent peu les toucher ; l’oiseau cherche sans choix le feuillage où il se cache, la fauve l’antre qui l’abrite, familial domestique l’asile qui le reçoit; aucun ne paraît mettre {dus ou moins d’intérêt à la vue des choses qui l’environnent, et l’on peut dire que pour tous les animaux le sens de la vue est absolument borné au physique.

» C’est à l’homme seul qu’il a été donné d’avoir des jouissances morales par le sens de la vue, indépendamment des moyens physiques de ce sens , dont il est si libéralement pourvu pour son utilité. En telle sorte que l’on peut dire <pie si la vue dé l’homme se borne à un certain nombre d’objets, quant à ce qui lui sert, elle embrasse une étendue incalculable d’objets, quant à ce qui lui plaît...

» Du plaisir de voir est né le désir do se représenter ce qu’on a vu; de-là les tentatives réitérées de le retracer; de-là les succès graduels des entreprises de dessin et de peinture, arrivant par de grossiers comiuenccmcns a des pro-

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