‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur tête (volume 4)Chapitre 9 sur 58 · I) U C. E R V EAU · texte numérisé non relu

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dans l’intérieur de son âme? Que tout ce qu’il exprime sur le papier par des notes, il l’avait senti , il l’avait conçu au-dedans de lui-même? Pourquoi donc les personnes douées de l’oreille la plus fine ne sont-elles pas douées du talent le plus distingué pour la musique?

Je n’ignore pas que Bufïdn , Cabanis, et d’autres accusent l’inégalité qui existe entre l’une et l’autre oreille des vices delà musique de certains compositeurs : mais l’expérience journalière réfute cette assertion. L’on trouvera difficilement un individu qui ait les deux oreilles également bonnes. M. Ilolzbauer, célèbre maître de chapelle à Manheim, était sourd d’une oreille, et entendait très mal de l’autre; cela ne l’empêcha pas décomposer delà musique très harmonieuse. Astlej Cooper (i) parle d’un homme qui avait l’oreille très dure depuis son enfance, et qui cependant était très sensible à l’harmonie; celte personne jouait très bien de la üûle, et se faisait entendre avec beaucoup de succès dans les concerts. « J’ai connu un enfant, ditM. Darvin , qui aimait extrêmement la musique, qui retenait facilement un air après l’avoir entendu chanter distinctement, et dont l’organe de l’ouïe était ce-

(i) Ueber die Wirkung der Zerslœhrung desTrommelfells. (C’est-à-dire des effets de la destruction du tympan. )

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pendant si peu parfait, qu’il fallait parler très liant lorsqu’on lui adressait la parole (i). » J’ai lu dans l’ouvrage d’un médecin français l’exemple d’un garçon qui avait perdu l’ouïe par suite de la petite vérole, et qui cependant composait lui-meme des chansons et les chantait juste. Tous ces faits prouvent que l’oreille est tout au plus l’une des conditions pour exécuter les compositions musicales, mais qu’elle ne peut point cire considérée comme la cause du sentiment de la musique et de l’invention musicale.

Ceux qui attribuent au gosier le chant, soit des oiseaux, soit de l’homme, portent un jugement tout aussi superficiel. Le gosier n’est pour le chant qu’un moyen d’exécution , comme l’est la main pour le peintre et pour le sculpteur. Une voix de haute-contre ou de basse, la flexibilité de la voix , etc. , dépendent, il est vrai, de la structure du gosier. Mais ne faut-il pas qu’une faculté, tant de l'oiseau que de l’homme, ait conçu toute la suite des tons avant que d’imprimer à leur gosier tels ou tels mouvemens? Je sais du reste parfaitement que le gosier ou la glotte est en connexion avec l’instinct de la propagation et avec celui du chant. La glotte, dans les oiseaux chanteurs, est autrement formée chez

(i) Zoonomif, T. I, p. aC5.

le mâle que chez la femelle. Les oiseaux châtres ne chantent plus. La voix des femmes et celle tics castrats diffèrent de celle de l’homme. Un grand nombre d’espèces d’oiseaux ne chantent que dans le temps de leurs amours. Le rougegorge, le roitelet, le serin et le chardonneret , au contraire, chantent pendant tout l’hiver. Tous les physiologistes , au reste, connaissent le rapport qui existe entre le gosier et les parties sexuelles, aussi bien chez les animaux que dans l'homme.

Willis déduisait l’aptitude à la musique de la mollesse du cervelet; mais il n’a pu appuyer celte opinion , ni par des faits, ni par le raisonnement, il ne reste donc pas d’autre parti à prendre que d’admettre qu’il existe aussi dans le cerveau un organe particulier pour la musique.

Historique de la découverte de cet organe.

On me lit voir une jeune demoiselle (nommée Blanchi) âgée d’à-peu-près cinq ans, et l’on demanda que je décidasse quel était le talent le plus distingué de cet enfant. Je ne découvris nen en elle qui indiquât une mémoire extraordinaire , et 1 idée ne s’était pas présentée encore

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a mon esprit que l’on put reconnaître le talent pour la musique par la conformation de la tète, et meme je ne connaissais pas encore à celte époque les différentes espèces de mémoire; mes amis, cependant , soutenaient que la jeune Biancln avait une mémoire extraordinaire pour la musique, et ils en inférèrent que les idées que je professais , relativement aux signes extérieurs de la mémoire, étaient fausses. Cette enfant répétait tout ce qu’elle avait entendu chanter ou exécuter sur le piano, elle retenait par cœur des concerto entiers qu’elle avait entendu tout au plus deux fois. Je m’informai si cette jeune fille apprenait tout indistinctement par cœur avec la même facilité. Ses parens m’assurèrent qu’elle n’était douée de cette mémoire étonnante que pour lamusique. Quepouvais je conclure decetle déclaration? Qu’il existe une différence bien marquée entre la mémoire pour la musique, et les autres espèces de mémoire que je connaissais à cette époque; et que chaque espèce de mémoire doit avoir son organe distinct.

Depuis ce moment je me livrai à des recherches plus suivies sur les différentes espèces de mémoire. En très peu de temps j’eus connaissance d’un nombre considérable de personnes quiavaient une mémoire excellente pour certains

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objets , el une mémoire très faible pour d’autres. Ces observations me tirent augmenter le nombre de mes dénominations pourla mémoire, el j’admis une mémoire particulière d<’S tons.

En m’occupant de ces recherches, je ne manquai pas de m’apercevoir que les individus doués d’une excellente mémoire des tons étaient ordinairement bons musiciens et quelquefois créateurs dans cet art. Celte observation me lit conclure que la dénomination mémoire des tons était trop restreinte, qu’elle n’exprime pas tout ce qui constitue le talent du musicien , que la sphère de ce talent s’étend bien au-delà de la mémoire, qu’elle comprend tout ce qui a trait aux rapports des tons. J’adoptai donc l’expression sens des rapports des tons y expression qui rattache la manière dont l’intellect du musicien met en œuvre les rapports des tons à la manière d’agir des sens en général.

Je tenais beaucoup à m’assurer que le talent pour la musique n’es tpoint dépendant de la soin me des facultés intellectuelles en général; mais qu’il tient à une faculté fondamentale propre, et qu’il a par conséquent un organeparticulier. Je dus donc réfléchir aux moyens de découvrir cet organe : car ce n’est que lorsque le siège d’un organe est déterminé de manière à ne plus laisser aucun doute, ([ne je puis me croire à l’abri de tous

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les raisonriemetis spécieux par lesquels on voudrait combattre son existence.

Je m’appliquai à observer les têtes des musiciens. Le hasard voulut que j’en rencontrasse plusieurs chez lesquels la partie supérieure latérale du front était très étroite, et la partie temporale au contraire très large; d’où il résultait que leur front formait un segment de cône tronqué. À cette époque, je if étais pas assez avancé dans mes observations pour chercher la marque extérieure de chaque faculté particulière dans une région déterminée de la tête. Je crus donc, pendant quelque temps, qu'un front en forme de segment de cône tronqué était le signe extérieur du talent musical.

Mais bientôt j’eus occasion de voir de grands musiciens, Bethoven, Mozart fils, Kreibig, etc., etc. , qui avaient la partie supérieure du front large et bombée, ce qui dut me faire renoncer à regarder un front en segment de cône ti onqué, comme le signe caractéristique du talent de la musique. Il 11e m’était pas difficile', à Vienne, d’observer un grand nombre de musiciens, parmi lesquels il s’en trouvait quelques-uns du premier mérite. Je moulai la tète de plusieurs d’entre eux, pour pouvoir faire plus facilement des comparaisons. Je réussis enfin a découvrir une régi n dans laquelle tous les musiciens doués

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d’un génie créateur, ont une proéminence bombée, produite par la masse cérébrale subjacente.

Pour constater d’autant mieux ma découverte, je m’appliquai à en faire la contre-épreuve. J’observai des enfans et des adultes qui n’avaient aucune disposition pour la musique, dont quelques-uns meme laissaient apercevoir de l’antipathie pour cet art. Chez tous ces individus, je trouvai la même région du cerveau absolument plane. Eulin , je me procurai des crânes de grands musiciens, et leur examen acheva de me convaincre que ma découverte relative au sens des rapports des tons était parfaitement exacte. Rien alors ne m’empêcha plus de professer publiquement cette vérité. Je vais exposer à mes lecteurs l’histoire naturelle du sens des rapports des tons, tan t chez les animaux que dans l’homme; après quoi, j’exposerai en détail les preuves de l'existence de cette faculté fondamentale et de sou organe.

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Histoire naturelle du sens des rapports des tons chez l’homme.

Les forces innées de l’homme se sont manifestées dans tous les temps; aussi le chant a-t-il été dans tous les temps l’un des amusemens favoris de notre espece. La musique et le chant lie sont pas des inventions de l’homme; le Créateur les lui a révélés à l’aide d’une organisation particulière. Par le moyen de son organisation, l’homme est mis en rapport avec les lois des vibrations des corps, de meme que le peintre l’est avec les lois des couleurs. Il existe hors de nous certaines lois, suivant lesquelles les vibrations sonores naissent et se propagent. Les expériences de M. Chladni ont rendu sensibles aux yeux quelques-unes des lois de ces vibrations. Si l’on couvre de sable fin un disque de verre ou de métal, que l’on soutient dans tel de ses points, et qu’on le fasse frémir à l’aide d’un coup d’archet appliqué à tel ou tel autre de ses points, l’on pourra annoncer d’avance que le sable se rangeant d’une manière prévue, formera telle figure déterminée ou telle autre. La vibration des molécules du disque donne naissance a telle figure régulière, ou à telle autre, suivant que le point auquel l’on applique le coup d ai -

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cliet et celui que I on soutient varient. Le lecteur pourra voir les expériences ultérieures, à l’aide desquelles ce physicien démontre les lois des vibrations des corps dans le traité d’acoustique qu’il a publié. C’est sur ces lois des vibrations que se fondent les tons qui sont eux-mêmes subordonnés et coordonnés entre eux d’api ès des lois lises. Supposé que l’homme dût être sensible à la musique, il fallait qu’il fût doué d’une organisation en vertu de laquelle il se trouvât en rapport avec toutes ses lois, qu’il possédât un organe qui fut empreint de ces lois, qui en renfermât en quelque façon le type. Là où cet organe manque, il n’y a pas de point de contact entre l’animal et les tons. Toutes les fois que cet organe existe, l’animal et rhomme sont agréablement affectés par la mélodie et par l’harmonie, et désagréablement parla discordance des tons. Lorsque cet organe a acquis une certaine perfection, l’animal ou l’homme , non-seulement perçoit et juge bien les rapports des tons, mais il crée encore dans son intérieur des rapports et des suites de tons, qui plaisent d’autant plus généralement qu’ils sont plus conformes aux lois extérieures des vibrations, et à l’organisation des autres individus.

Les observations qui suivent convaincront le lecteur que le sens des tons est une faculté propre

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et indépendante, et que par conséquent il suppose un organe particulier.

11 y a de fréquens exemples que cette faculté a existé dans un haut degré d’activité et de perieclion dès l’âge le plus tendre. A peine Hændel eut-il commencé à parler, qu’il essaya de composer de la musique; son père éloigna de la maison tous les inslrumens , mais il trouva bientôt moyen de s’exercer; à l’âge de dix ans, il composa une suite de sonates à trois parties. Piccini, dès sa plus tendre enfance, montra un goût tellement décidé pour la musique, qu’il ne pouvait voir un clavecin sans tressaillir. Mozart père parcourut l'Europe dès l'âge de six ans, jouant du piano, non-seulement avec une grande lorce d’exécution, mais avec âme, avec goût. Mozart lils étudia, dès l’âge de douze ans, la composition sous le fameux Slreicher. Un autre prodige, c’est le jeune Desales, enfant de douze â treize ans, quia joué un concerto de violon, hérissé de difficultés, avec une vigueur et une adresse tout-à-fait extraordinaires. Cet enfant sentait vivement ce qu’il cxéculait; son style était large et plein de verve. Mademoiselle B:lls, de Bruchs.d , âgée alors de sept ans, commença à prendre des leçons de musique de son père vers la lin de décembre iy()(j,el dès le mois d’avril 1800,

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elle se fit entendre à Paris. Crolsch annonçait, dès Paire de deux ans, un talent extraordinaire pour la musique. Croucliby jouait du clavecin dès l’âge de trois ans, et donnait des marques d’improbation à chaque touche fausse; à l’âge de si\ ans, c’était un virtuose. Tout le monde connaît les frères Pixis , de Manheim, et beaucoup d’autres génies précoces semblables.

Mademoiselle Léontine Fay et l’enfant qui joue Richard lit à Londres, viennent de trouver un rival dans le jeune baron de Praun, Hongrois. Ce jeune homme est à peine âgé de dix ans, et déjà il a étonné les Romains, chez lesquels il a passé quelques mois, non-seulement comme virtuose, par sa force sur le violon, mais encore par son étonnante érudition. Dans une brillante soirée où se trouvait réuni tout ce que Rome renferme de savans et d’artistes distingués , le j eune de Praun, après avoir exécuté les concerto les plus difficiles de Rhode , avec un goût et une précision qui ont étonné Paganini lui-même, a soutenu un examen scientifique et a résolu plus de cent questions qui lui ont été adressées par les professeurs de l’archi-gymnase. S. S. , voulant honorer le talent précoce de ce nouveau Pic de la Mirandole, vient de le nommer chevalier de l’Éperon d’or, et comte du

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sacré palais apostolique. L’archi-gymnase lui a également décerné une médaille d’or.

De pareils prodiges sont, d’ordinaire, sous lout autre rapport que celui de leur talent, des enfans comme les autres; ce qui prouve bien que la faculté par laquelle ils se distinguent, ainsi que son organe, sont indépendans de toutes les autres facultés et de tous les autres organes, et qu’il faut la reconnaître pour une force primitive.

Les individus doués d’un grand développement de l’organe du sens des rapports des tons, nés, par conséquent, pour la musique en général ou pour le chant, excellent souvent sans aucune instruction préalable, dans le genre de musique qu’ils sont à meme d’exécuter. Tel paysan est un virtuose par sa manière de siffler; une feuille de tilleul, un petit tuyau de paille, sont les instrumens sur lesquels il efface ses camarades; telle vachère conduit le chant à l’église; tel mendiant charme les âmes bienfaisantes par son chant.

Actieilè de l’organe de la musujiie dans V idiotisme el dans V aliénation mentale.

Dans certains cas, tant de manie qne d’idiotisme, où toutes les autres qualités et toutes les autres facultés de l’âme sont troublées, celle-ci se manifeste dans un état presque d’intégrité. Une fille de quatorze ans chantait, avec précision, quarante chansons qu’ellesavait toutes par cœur; elle était cependant dans un état d’idiotisme tel, qu’elle mangeait du plâtre et du charbon, qu’elle rongeait les os comme un chien, et faisait des efforts pour dévorer tout ce qui lui tombait sous la main. Une dame, qui d’ordinaire ne chantait jamais , devint aliénée par suites de couches; dans son aliénation, elle chanta sans discontinuer pendant plusieurs semaines, et quelquefois son chant était singulièrement mélodieux. INI. Spurzheim cite un fait semblable observé en Angleterre. Serait-il permis d’en conclure qu’il existe un rapport entre la matrice et l’organe de la musique? J’ai déjà parlé ailleurs d’un jeune garçon qui resta deux mois privé du sentiment de sa propre existence, et qui, pendant cette période, chantait tous les vaudevilles qu’il avait appris auparavant. M. Pinel parle d’un musicien aliéné à qui , lors de sa convalescence, un souve-

nir confus rappela son instrument favori , le violon; on le lui lit donner, et il reprit en peu de jours son ancienne supériorité. Il est à remarquer que ce musicien tenait encore, à la même époque, les propos les plus décousus, ne parlait souvent que par monosyllabes, qu’il entremêlait de sauts, de danses, de gestes les plus insensés et les plus absurdes. J’ai vu un aliéné qui donnait des leçons de violon. On ne sait que trop, dans les hospices pour les aliénés, que certains maniaques troublent le repos de tout le voisinage par leurs chants perpétuels. Cabanis remarque qu’on a vu des personnes qui, chantant habituellement faux dans l’état de santé, chantaient accidentellement juste dans des accès de lièvre ou dans certains désirs extatiques.

Apparence extérieure de l’organe de la musique chez l’homme.

Pour faire des observations sur cet organe, il faut bien se garder de confondre, avec les véritables musiciens, les personnes qui, par routine, ont une grande facilité pour jouer d’un instrument. Souvent on a l'air de me dire que je dois trouver chez certaines personnes, surtout chez certaines dames, un organe delà musique liés

développé - cl je ne leur trouve que de la routine pour l'exécution. De semblables artistes se trahissent par le genre même de leur jeu , qui est bien plutôt l’ouvrage de leurs doigts que de leur esprit. Leur physionomie n’exprimé nullement ce laisser-aller , cette douce volupté qui pénètrent lame tout entière du vrai musicien.

Jusqu’ici j’ai vu l’organe du sens des rapports des tons très développé chez tons les musiciens créateurs dans leur art ; il affecte deux formes particulières. Ou bien l’angle extérieur du front, placé immédiatement au-dessus de l’angle externe de l’œil, s’élargit considérablement vers les tempes , de manière que dans ce cas les parties latérales du front débordent l’angle externe de l’œil; alors toute la région frontale au-dessus de l’angle externe de l’œil est, jusqidà la moitié de la hauteur du front, considérablement bombée; ou bien il s’élève immédiatement au-dessus de l'angle externe de l’œil, une proéminence en forme de pyramide, dontla base est appuyée audessus de l’œil, et dont la pointe s’étend sur le bord extérieur antérieur du front, jusqu’à la moitié de sa hauteur. De-là il arrive que les musiciens ont la partie inférieure du front ou très la rge ou carrée. Le célèbre dessinateur d’animaux Tisclibein, à Hambourg, sans penser à l’existence d’un orgatic de la musique, avait fait la meme V. 8

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observation sur les têtes des grands musiciens. Ils ont des fronts de bœuf% nous dit-il. Souvent, les fronts des musiciens paraissent fortement enfles au-dessus de l’angle externe de l’œil.

Mozart , père et fils, Michel Haydn, M. Paër, MM. les frères Nadermann , Dussek , PI.

LXXXVI, fig. i ; Marchesi, fig. 2; Violti, fig. 3; Blasius, Daleyrac, Delavigne, Zumstecg , Crescentini, servent d’exemples de la première conformation. MM. Bethoven, Lafont,Neukom , Joseph Haydn, J.-J Rousseau, Benucci, fig. 4 ; Grétry, fig. 5; et Gluck, fig. 6, de la seconde.

Je n’ai encore aucune idée de la différence du talent qui résulte de cette différence de conformation. Il est cependant à présumer qu’un musicien qui serait en même temps instruit dans l’organologie , découvrirait une nuance du talent de la musique; ce qu’il y a de certain , c’est que l’une ou l’autre de ces deux conformations se rencontre constamment chez toutes les personnes douées d’un grand génie musical.

Je connais personnellemen t un grand nombre de musiciens célèbres soit pour le chant, soit pour la composition ; j’ai examiné avec soin les dames Mara , Sessi, Canabich, Schtnalz, Gail , Bigot, CatalanijBarilli, Berlinotti, Voitus, Bills, Albert, Pasla, Fodor, etc., etc. MM. Krebs, Himmel, Reichard, Glœgle, Gara, Dulong,

Boyeldieu, Galli, Rossini, Lays , etc., etc.; chez tous le développement de la partie cérébrale indiquée est tellement saillant que si on pouvait ranger tous leurs bustes dans une ligne, les observateurs les plus médiocres ne manqueraient pas de se convaincre que c’est là la marque constante et caractéristique du génie delà musique.

Je n’ai jamais non plus rencontré une exception dans les portraits ou bustes de grands compositeurs de musique, dont il ne nous reste plus que les ouvrages. Qu’on examine les bustes de Haydn, de Gluck, de Mozart, de Grétry,de Lulli, de Saccliini , de Rameau, de Pliilidor, etc.

A Vienne, un ecclésiastique vint me trouver, et sans vouloir se nommer, il me pria de lui donner quelques éclaircissemens sur l’organologie. Après que je lui en eus exposé les principes généraux, il demanda à voir quelques organes; je lui en montrai plusieurs , tant dans des crânes que dans des plâtres. A l’occasion de l’organe des localités, je lui dis qu’il en était doué à un haut degré, et qu’il devait aimer beaucoup les voyages ; il me dit, avec joie, qu’il en était effectivement ainsi. Lorsque j’affirmai qu’il avait aussi l’organe du sens des nombres et des mathématiques très développé, il s’élança de sa

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