‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur têteChapitre 11 sur 18 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

De la quatrième section.

J’ai prouvé que, de tout temps , les opinions les plus contraires ont été tour-à-tour analhémaliséeset divinisées; qu’en conséquence , lorsque l’on fait des découvertes, on doit moins s’inquiéter du jugement de ses contemporains que de la vérité; — que l’évangile, les apôtres , les pères de l’église, et en général les hommes qui ont le mieux connu leurs semblables, et ceux qui les ont le plus aimés et leur ont fait le plus de bien, ont reconnu que les qualités de l’esprit et de l ame sont innées, et que leur manifestation dépend de conditions matérielles ; — que ceux qui accusent ma doctine de matérialisme , confondent les conditions matérielles avec les forces ou les facultés , et tombent par-là dans des contradictions perpétuelles ; — que la supposition d’un point central que l’on croyait devoir consacrer pour mettre à l’abri la nature spirituelle de lame, n’atteint pas à ce but, et contredit la structure du cerveau et ses fonctions; — que même mes adversaires, à qui il semble que la pluralité des organes favorise le

matérialisme, sont forces cle reconnaître celle pluralité, parce que le cerveau est double, et que, par conséquent, chacune de scs parties l’est aussi; — que ceux qui regardent comme dangereuse la divisioil des facultés de l’âme en plusieurs facultés fondamentales , ont , de tous temps, adopté des divisions semblables , puisqu’ils ont admis les facultés de juger, de vouloir, de se souvenir , d’imaginer, etc.; — que , par conséquent , on ne peut , sous aucun rapport, flétrir ma doctrine plutôt qu’une autre, de l’accusation de matérialisme.

Quant au fatalisme et à la liberté morale, j ai également prouvé que les hommes les plus vénérables ont reconnu l’influence la plus puissante de plusieurs causes sur nos déterminations ; — que les sensations , les penclians , les désirs, ainsi que les idées et les jugemens de l’homme , sont soumis à des lois déterminées ; mais que l’on 11e peut induire de là ni le fatalisme qui fait naître le monde du hasard , ou qui n’en donne pas la direction à une intelligence suprême, ni cet autre fatalisme qui asservit les actions de l’homme à une nécessité aveugle; — qu’une liberté illimitée et une liberté absolue répugnent à la nature d’un être créé, mais que l’homme raisonnable, en vertu des dispositions dont le nombre et la noblesse l’élèvent au-dessus

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des brutes , a acquis la faculté de fixer son attention , non-seulement sur Ijs impulsions du dedans et du dehors, mais encore sur des motifs plus nobles qu’il puise dans son intérieur ou qu’il reçoit de l’extérieur, et de pouvoir parla ou être déterminé par les motifs existons, ou se déterminer par des motifs nouveaux que l'homme bien organisé peut appeler continuellement à son secours ; — que cette faculté constitue la véritable liberté morale, et que cette liberté pratique est la seule que supposent les institutions civiles, l’éducation , la morale et la religion; — que cette liberté soumise à ses propres lois , telle que l’inlluence puissante des motifs les plus nombreux et les plus forts, et surtout du désir du bonheur, rend l’homme qui agit et ses instituteurs, responsables de toutes leurs actions morales; — que c’est sur cette notion de la liberté que reposent la dignité et la nécessité de l’éducation, de la morale, de la législation, des peines, des récompenses et de la religion. Il suit ainsi de ma doctrine que toutes les fois qu’un homme sain et bien organisé a voulu une chose, il aurait pu en vouloir une autre contraire à la première , non pas sans motif, ce qui serait absurde , mais en cherchant et en se donnant des motifs autresqucceux qui l’ont déterminé.

Enfin j’ai prouvé que sans l’existence du mal moral et des penchans vicieux, il ne pourrait y avoir ni liberté morale , ni choix enlre le bien et le mal, ni par conséquent menace des peines futures, ou promesse de récompenses à venir; que toutes les discussions et les opinions erronées sur la liberté morale pratique ont pris leur source dans les fausses idées que l’on s’est formées de la cause du mal moral et du penchant au mal, parce que l’on confondait le contentement, l’inclination, les penchans, les désirs, résultats de l’action d’organes particuliers, avec le vouloir ou la volonté, résultats de la comparaison de plusieurs sensations et de plusieurs idées , ainsi que de l’influence des forces morales et intellectuelles supérieures, sur les instigations des penchans et des facultés inférieures.

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