‹ Sur les fonctions du cerveau et sur celles de chacune de ses parties, avec des observations sur la possibilité de reconnâitre les instincts, les penchans, les talens ou les dispositions morales et intellectuelles des hommes et des animaux par la configuration de leur cerveau et de leur têteChapitre 17 sur 18 · DU CF. R VE /VU · texte numérisé non relu

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plupart restent mélancoliques et abatlus. Au bout de quelques jours , ils semblent se repentir de ce qu’ils ont fait; ils en sont confus, et pendant quelque temps ils prennent part aux événemens de la vie. Mais les accès ne tardent pas à revenir avec une nouvelle violence, jusqu’à ce qu’enfin les symptômes les plus perfides, tels que les visions, les apparitions , le son et les ordres de voix étrangères viennent s’y joindre. Ce sont là les pronostics de l’accès le plus terrible. Si dans un tel accès le malade tue les personnes qui lui sont chères , il se bâte ordinairement de se détruire lui-même; ou bien s’il arrive que son accès soit en quelque sorte apaisé par le sang qu’il a répandu, ou que les coups qu’il s’est portés aient été trop faibles, ou qu’on l’ait interrompu dans l’exécution, il se livre lui-même à la justice , et demande la mort qui seule lui fait espérer le terme de ses souffrances.

Quelquefois cette même maladie est cachée sous un masque en apparence tout-à-fait différent. La vie est également à charge à ces malades ; mais ris n’ont pas le pouvoir de se donner la mort eux-mêmes ; ils cherchent, par une espèce de contradiction et de confusion dans leurs idées, les moyens de se la faire donner par d’autres. C’est pour celte tin qu’ils commettent ordinairement un meurtre sur des personnes à 1. 3o

leur egard lout-à-fait innocentes, et même le plus souvent sur des enfans. Ensuite ils vont euxmemes s accuser, et portent même au juge la malheureuse victime de leur folie, en demandant la mort avec instance; et si le juge, reconnaissant l’acte comme un effet de leur aliénation, les condamne seulement à être renfermés à l'hospice des lous, ils en sont au désespoir.

Les médecins qui regardent comme incurable l’espèce de mélancolie qui conduit à sa propre destruction et à la destruction des autres, sont dans l’erreur. J’ai guéri radicalement plusieurs malades qui en avaient éprouvé lous les symptômes, et qui même avaient déjà essayé de se détruire. Ces malades, après un traitement de plusieurs semaines, rendent ordinairement par les selles une grande quantité de glaires filandreuses, poisseuses, colorées, acres, et se débarrassent encore de toutes sortes d’impuretés tant par les urines que par le flux menstruel ou liémorrhoïdal.Ces évacuations critiques qui durent long-temps, sont plus abondantes à certaines époques périodiques; et comme à leur approche les symptômes de la maladie augmentent, ces rechutes apparentes servent à annoncer une prochaine évacuation. Peu à peu le teint sàiclaircit et se nettoie, les yeux se raniment, l’àrne devient plus sereine, et les malades prennent de

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l’intérêt aux choses qui les entourent, et do la confiance dans les remèdes auxquels, dans le principe, il fallait les contraindre. Ce n’est qu’après plusieurs évacuations critiques artificielles, que l’on obtient une guérison complète, et le traitement est plus ou moins long, suivant que le mal était plus ou moins ancien, plus ou moins enraciné. Meme après un long intervalle , les grands changemens dans l’atmosphère, les chaleurs fortes et prolongées , les passions et les affections vivement excitées font naître encore la crainte de rechute. La guérison est bien moins, facile, moins complète et moins durable, quand la maladie est héréditaire, ou quand les malades, dès leur tendre enfance, par exemple de sept à douze ans, en ont déjà éprouvé des symptômes.

Telle est la véritable histoire, puisée dans la, nature, de cet accident déplorable qui malheureusement pourrait prendre, jusqu’à un certain, point, l’apparence d’une préméditation criminelle. Personne ne mérite mieux notre compassion que les infortunés qui en soûl atteints, et cette funeste maladie est presque entièrement méconnue. En général, bien peu de médecins, sont au fait des diverses formes des maladies do, l’esprit et do l’âme , et il y a de quoi s’étonner

qu’on u’ait pas cherche à pénétrer profondément dans cette partie de l’histoire naturelle de l’homme. On regarde communément ces infortunés comme des hommes inquiets, contrarions, exaltés. On se moque d’eux , on les maltraite , on leur reproche leur mauvaise humeur et leurs chimères odieuses; on les accuse meme d’impiété, au lieu de les traiter avec douceur, de les ménager durant les accès, et de les confier aux soins éclairés du médecin philosophe. Personne surtout ne veut se persuader que celte maladie se termine presque toujours par des actes involontaires et meurtriers, et l’on a même la plus grande difficulté à engager les autorités supérieures à prendre les mesures de sûreté nécessaires. On accuse ces malades d’avoir une imagination dépravée, et Ton suppose qu’il ne dépend que d’eux de penser et de sentir comme les autres hommes. La catastrophe arrive-t-elle, on s’en prend à mille circonstances accidentelles de peu d’importance. Le malheureux, dit-on, était obéré, on lui a fait une injustice en lui refusant une place qu’il méritait d’obtenir, etc., et l’on ne réfléchit pas que de pareils incidens ont lieu tous les jours pour d’autres individus , sans produire des conséquences aussi terribles.

Lu traitant des qualités morales et des facultés

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intellectuelles et de leurs organes en particulier, je saisirai , comme jo l’ai promis, chaque occasion pour faire les applications les plus intéressantes à l’éducation, à la morale , à la médecine t à la législation, etc.

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