‹ Sur les grands cheminsChapitre 21 sur 66 · EN ANC.LETKRRR IIS · texte numérisé non relu

EN ANC.LETKRRR IIS

•J'aurais bien voulu vous rapporter des documents sportifs, le récit, par exemple, de la course annuelle d'Oxford et de Cambridge, vue par un Français, Je l'avais déjà commencée, cette narration enfiévrée Je vous

parlais des Oxonians et des Cantabs, des bleu-clair et des bleu-foncé, de Putney, de Mortlake... Mais je me suis aperçu que la course n'avait lieu que samedi prochain.

Vous parlerai-je des motorbus de Londres ? Mais tout a été dit sur les autobus, depuis sept mille ans — sept mille deux cents ans — qu'il y a des hommes, et qui pensent,

La vérité est que je n'ai pas bougé des théâtres de Londres, et que j'ai encore vu des nouveaux acteurs anglais, que je ne me lasse pas d'applaudir, parce que j'aime' bien la façon dont ils jouent, chantent et dansent. Il y aurait peut-être une intéressante étude à faire : l'influence de l'éducation athlétique héréditaire sur la souplesse et sur les qualités chorégraphiques des acteurs. Il y a toutes sortes de considérations à en tirer, mais pas

H4 SUR LES (illANDS CHEMINS

pour moi. Je rapporte de Londres beaucoup d'impressions agréables et très peu d'idées générales.

ISous nous sommes beaucoup amusés, mes compagnons et moi, à une « musical comedy » dans laquelle un noble lord anglais s'est mis, par sa morgue, dans le cas d'être violemment congédié par son hôte. Celui-ci appelle deux domestiques pour mettre le vieux lord à la porte. Ce noble vieil homme, resté seul avec les domestiques, se livre à des danses extraordinaires, à des simulacres d'assauts d'escrime, et quitte enfin la scène en sautant comme une grenouille... Puis un cowboy, dix minutes avant la fin de la pièce, arrive en scène on ne sait pourquoi. Il chante un duo avec une personne très gracieuse, la prend dans son lasso, et l'entraîne pour ne plus revenir. J'aime beaucoup aussi la façon dont les chœurs' viennent entourer les personnages de la pièce, chaque fois que l'un d'eux a quelque chose à chanter. L'année dernière, dans une pièce traduite du français, le théâtre représentait les rives de la Seine, près de Bougival. On avait habillé les promeneurs de tous les costumes français qui se trouvaient dans le

KN ANGLETEHRE liS

magasin. Aussi, chaque fois qu'il y avait un couplet à accompagner, voyait-on arriver parmi la foule un facteur rural probablement en vacances, un général de division complètement désœuvré, et un préfet qui (lànait, sur le bord de l'eau, en costume de gala....

SUR L\L PAIMER

Pour la dixième fois, ce dimanche matin, Horace Gréniau regarda le ciel et soupira : « Il va encore pleuvoir cet après-midi. Ah ! là î là! encore un dimanche d'abîmé! »

Horace Gréniau a soixante-quatre ans. Il y a environ trente ans qu'il n'est pas sorti de chez lui. Il sait très bien qu'il n'en sortira plus jamais, si ce n'est pour une sortie définitive. Mais Horace Gréniau souffre beaucoup le dimanche, quand il voit que le temps fait mine de se gâter.

C'est qu'Horace est un parfait sportsman, qui suit avec passion les matches de football, les courses de chevaux et les réunions de vélodromes.

S'il reste chez lui depuis trente ans, ce n'est pas qu'il soit malade. Il a bon pied, bon œil et

Page 1