LES NOTES DE ROUTE
Alfred Athis est un fort agréable compagnon de voyage, quand il n'a pas en main le plan de la route, ou quand ce n'est pas moi qui suis chargé de guider le mécanicien. Alors, libéré de toute ambition et de toute émulation^ Athis s'abandonne à la joie parfaite d'être en auto, de rouler, de voir du pays.
Le pays ! Avant les autos, je ne savais pas ce que c'était que « le pays ». On m'en donnait trop peu à la fois. Et j'ai toujours eu un fort appétit. J'aime bien manger de grosses bouchées. Je n'ai pas de ces fines gourmandises de demoiselles, qui s'attardent et rêvent sur un petit bonbon. De même, pour que je goûte la belle nature, il faut que je m'en appuie des quantités. Je ne resterai pas pendant des heures devant un coin de chemin, ou, si j'y reste,