LE TAXI ERRANT
bientôt ils goûtèrent l'un et l'autre le doux sommeil des jeunes gens qui ont passé une nuit agitée.
Au bout de deux heures de marche, très peu de temps avant d'arriver, un cahot les réveilla. . . Ils se regardèrent un peu hébétés ; ils essayèrent de se rendormir, mais ils ne se trouvaient plus à leur aise dans cette voiture... Celui des deux qui avait un oncle à Fontainebleau prit la parole.
— Je ne vais pas taper tout de suite mon oncle. Je vais d'abord faire une petite tentative par lettre auprès de mon paternel. Quand j'écris, je m'exprime moins timidement... Ça se passe à distance, lu comprends...
Ils descendirent dans le meilleur hôtel, prirent des. chambres confortables, après avoir décidé le chauffeur Martin à rester à Fontainebleau pendant deux jours, en attendant que la réponse des parents leur parvînt. D'ailleurs ils n'avaient pas de quoi payer l'auto, ni l'hôtel ; et l'argent demandé à Paris devait tout arranger...
Cet argent, malheureusement, n'arriva pas. Une lettre très peu chargée, mais très expressive, avertissait les fugitifs d'avoir à réintégrer
tout de suite le domicile paternel... Faute de quoi on viendrait les chercher, et on les ramènerait à Paris avec mille égards.
Il fallut donc faire une petite visite à Toncle. Celui-ci ne donna pas l'argent qu'on espérait. Mais on réussit à lui faire verser deux mille francs, qui seraient le premier viatique... Puis on allongea quelques louis à Martin, et on le décida à mettre la voiture en marche dans la direction de l'Est. Pour le moment, il s'agissait de fuir Paris.
Martin Bonaventure était un garçon tout à fait casanier. Il détestait les expéditions lointaines, surtout quand elles étaient aussi peu tracées d'avance comme but et comme itinéraire.
Mais cette timidité de Bonaventure devant l'aventure tenait à une grande faiblesse de caractère. On lui dit : «... En route. Nous allons sur Dijon... » Et il n'osa pas dire non.
A la suite de quelles péripéties, après avoir atteint Dijon, les voyageurs remontèrent-ils vers le Nord-Est? Ils pénétrèrent en Alsace, puis traversèrent le Rhin à Strasbourg. Le taxi-auto, pas très rapide, mais très régulier, filait gentiment à travers les villes et le long
LE T.VXl ERRANT 331
des grands chemins, avec ses belles lanternes ornées d'un numéro. On le vit en Bavière, on le vit en Bohême, on le vit à Vienne, à Budapest, en Roumanie, en Turquie. Des amis de Paris avaient fait parvenir quelques subsides, mais en même temps ils donnaient sur l'état d'irritation de Qui de Droit des détails assez peu rassurants.
Bonaventure Martin avait eu des velléités d'envoyer de ses nouvelles à son dépôt de Paris. Mais il eût fallu écrire une longue lettre d'explications, et il « rédigeait » péniblement... D'ailleurs, ces messieurs l'assuraient que ça allait bientôt s'arranger, et que rentrés à Paris, ils indemniseraient largement la compagnie de taxi-autos.
On passa donc en Turquie d'Asie, et on s'avança vers des pays inconnus, qui n'avaient i)as tous des routes admirables.
A ce moment, les détails précis manquent sur ce qui advint exactement aux deux clients et à leur chauffeur. On sait seulement que, dans divers pays assez vagues, des voyageurs avaient rencontré le taxi-fantôme. Et, d'après le renseignement qui nous a été fourni, on est incliné à croire que l'argent vint à manquer.
qu'il fallut vendre la voiture. Les deux jeunes clients se sont peut-être rapatriés. Mais on dit que le taxi-auto, avec son numéro, est àTheure qu'il est la voiture de gala d'un puissant monarque asiatique... Bonaventure Martin a été nommé quelque chose comme vizir-chauffeur; il est en tout cas un fonctionnaire important du garage et de la Cour.
MA PRKMIKRE PISTE
Quand on organisa, il y a quelques années la Ballade Rétrospective des vélos, j'avais pensé un instant à y figurer avec mon ancien tricycle. Mais, au dernier moment, je préférai m'abstenir et ne pas m'exhiber sur cet instrument d'un autre âge, d'abord parce que je ne savais plus où le retrouver, et aussi parce qu'il était trop petit.
J'avais en effet dix ans quand je fis mes débuts dans le cyclisme, à Besançon, sur la piste rectangulaire du square Saint-Amour.
Le square Saint-Amour que nous appelions familièrement le «clos », était un peiit jardin neuf et trop propre, avec des pelouses très vertes, que l'on avait apportées par petits morceaux carrés. Nous allions regarder les jardiniers qui jouaient au jeu de patience avec ces petits carrés de gazon.
C'était d'une petite grille de fer forgé, à
33 'i- SUR LES GRANDS CHEMINS
hauteur d'enfant, que le clos était clos. Ma pisle était extérieure. Elle était constituée par un trottoir, tout autour de la grille. Les virages carrés m'obligeaient à ralentir, d'autant plus qu'ils étaient relevés à rebours.
J'ai raconté jadis, dans des souvenirs d'enfance un peu chiqués, que j'avais fait des courses sur cette piste avec d'autres champions. La vérité est que c'était uniquement une piste à records. Je m'amusais parfois à dépasser des piétons, qui d'ailleurs ne luttaient pas. Mais mon grand adversaire, c'était le père Temps. J'avais une demi-heure de récréation. Je me disais : Il faut faire vingt fois le tour du clos... Pendant les deux premiers tours, j'étais en dedans des records. Au troisième tour, je donnais des signes de fatigue ou de distraction. Puis je décidais de remettre le record à un autre jour. Je n'avais pas l'énergie des héros du Tour de France.
Je ramenais le tricycle au garage, dans une petite remise où il y avait déjà une cuve de lessive, un vieux fauteuil de bureau, qui perdait son crin par plusieurs blessures, et une chèvre de bois, qui se trouvait en disponibilité depuis que l'on avait vendu le phaéton.
Cependant des joueurs de barres avaient pris position pour le combat. Gomme il me restait encore vingt minutes de récréation à tirer, j'avais obtenu d'ôtre enrôlé dans une des équipes.
On ne jouait pas à l'intérieur du clos. Les architectes-jardiniers, épris de lignes courbes, y avaient tracé de petits chemins tournants, bordés stupidement de chaises jaunes et de bancs verts, qu'encombraient Télément sénile et l'élément infantile du quartier. Les gencives roses et les bouches édentées y bavaient à l'envi.
On avait donc choisi, pour s'y ébattre, les rues en bordure du square. Ces rues n'étaient pas absolument vides. De temps en temps, un camion passait, ou bien un fourgon d'artillerie qui rentrait à la caserne voisine. On interrompait un instant le jeu, comme font les rowingmen, quand un chaland passe lentement sur le parcours d'une course de bateaux. Puis toute de suite après, on recommençait à « amorcer »... Quel moment solennel quand
le joueur qui amorce se rend gravement jusqu'à la limite du camp adverse; puis quelle émotion quand il tape trois fois dans la main de son ennemi, pendant qu'une meute impatiente de jeunes combattants en tablier noir, le cou et les bras en avant, trépignant de leurs souliers ferrés la limite du camp, s'apprêtent à courir sus à l'amorceur...
Je vois encore, du côté de chaque camp, la file lamentable et éplorée des prisonniers, écartant les bras et les jambes, afin de se rapprocher le plus possible des partisans qui les délivreront. Parmi les captifs, il [y avait d'intrépides coureurs, attrapés par hasard, et que désolait leur inaction forcée. Il y en avait d'autres qui étaient toujours pris, et qui, pour ne pas sentir la honte de leur sort, avaient fini par se persuader que c'était bien plus agréable, et que l'on se fatiguait moins. Ainsi le jeu des barres qui, chez certains développait l'audace et la vaillance, était pour les autres une école de lâcheté cynique.
Je n'étais pas, je dois le dire de ces derniers-là. Mais je n'étais pas non plus parmi les plus hardis. Quand c'était mon tour d'amor-
cer, je m'en tirais encore, car je courais assez vite. Mais en dehors de ces sorties forcées, je restais le plus possible dans la limite tutélaire du camp et je ne faisais dans l'espace dangereux que de petites incursions assez timides.
En dépit de cette timidité, j'avais déjà une âmedesportsman; je préférais ces jeux ardents à des divertissements plus anodins que m'offrait à l'intérieur du square un autre groupe, composé de petits garçons et de petites filles. On jouait aux chevaliers de la Marjolaine et à la Tour Prends Garde. Je vois encore la petite fille très grande et très grosse pour ses dix ans, qui représentait « le duque de Bourbon ». Je la détestais, cette grosse petite lille. J'ai toujours vu les Bourbons à son image, c'est peut-être là que je dois chercher l'origine de mes opinions résolument républicaines.
Ce qui me déplaisait dans cette histoire de la Tour Prends Garde, c'est que la fin en était vague : on poussait des cris et on se disper-
338 SUR LES GRAND8 CHEMlisS
sait. Peut-être en existe-t-il un dénouement plus heureux. Je n'ai jamais connu, pour ma part, que celui qui s'était transmis au square Saint-Amour, à Besançon, par la tradition orale .
A cette époque, soit par goût de sportsman, soit par instinct de dramaturge ou de spectateur, j'aimais les choses qui finissaient. Depuis, je n'ai pas changé d'avis. Je ne suis pas content d'un combat de boxe anglaise, quand il se termine par une appréciation d'arbitre, au lieu d'avoir comme fin finale un fait bien réel et bien visible : l'aplatissement d'un des concurrents. Dans un tournoi de lutte, il faut voir à un moment un des adversaires toucher terre des deux épaules et si, faute d'un résultat aussi net, Raoul le Bordelais est obligé de proclamer vainqueur celui qui a porté le plus d'attaques, ce n'est pas satisfaisant. On s'en va mécontent.
Au théâtre, nous avons connu les tranches de vie, et pendant un moment, comme c'était la mode, nous avons trouvé ça très bien. Mais maintenant, nous en avons assez. Nous aimons que les pièces finissent par quelque chose. Nous voulons qu'il y ait un buttoir au point
terminus, et que l'on ait fait un voyage complet. 11 ne me suffit pasque l'auteurcrie: Tout le monde descend ! Et je trouve mauvais qu'il me force à descendre, quand ce n'est pas encore mon idée.
Oh ! les choses qui ne finissent pas !... Ainsi, par exemple, cette chronique...
LE BON HOTELIER
Quand je verrai Kistemaeckers, je lui révélerai le nom et l'adresse de cet hôtelier charmant dont je veux parler aujourd'hui.
Il est mince et assez distingué d'aspect. Il porte une belle barbe blonde — ou blanche. Je crois qu'il est âgé de cinquante à cinquante-cinq ans. Mais, à vrai dire, rien dans son visage ou dans sa démarche ne permet de lui assigner un âge quelconque. Et si je le présente comme un quinquagénaire, c'est que j'ai vu dans l'hôtel sa fille, qui peut avoir vingt-cinq ans, et sa mère, qui va sur ses quatre-vingts. Je situe donc mon homme, au jugé, à mi-chemin de ces deux âges.
Vêtu d'une redingote en drap satin, d'un pantalon de même étoile, chaussé de pantoufles à semelles de feutre, il se tient, tête
LE BON HOTELIER 341
nue, à la porte de son hôtel, et, dès que vous, arrivez en auto, il vous sourit comme au plus cher de ses amis d'enfance. Puis il descend pour vous ouvrir lui-même la portière. Nul autre que lui n'a le droit de toucher à vos bagages à main. On dirait, à la façon dont il les traite, qu'ils sont en porcelaine ou en verre filé. Il vous demande si vous avez fait un bon voyage, si vous n'avez pas crevé, si vous n'avez pas eu trop de vent. Puis il vous conduit à vos chambres, qui sont toujours ou la chambre du général, ou celle du conseiller, quand il vient du siège de la Cour pour présider les assises.
Il y a d'ailleurs devant l'hôtel une guérite en permanence pour le factionnaire du général.
Deux gravures, l'une représentant un épisode de la vie de Porsenna, l'autre mettant en scène Fabius le temporiseur, sont destinées à flatter chez le général les préoccupations belliqueuses oii il doit se complaire. Quant au conseiller à la Cour, il devra, si on l'installe dans cette même chambre, se contenter
de regarder la pendule de'marbre, en se rappelant le distique latin * gravé au bas de l'horloge du Palais de Justice, à Paris :
Machina qux bis sex tam juste dividit horas Justitiain servare monet, legesque tueri.
Mon jeune fils, dont les souvenirs latins sont plus frais que les miens, m'a ainsi traduit cette devise optimiste :
«L'appareil qui, avec tant de précision, divise les douze heures, nous enseigne à observer là justice et à défendre les lois. »
Gomme cette pendule fait un potin effroyable, et que j'ai, Dieu merci ! le respect de la justice assez présent à l'àme pour qu'il ne soit pas nécessaire de me le rappeler deux ou trois fois par seconde, j'incline vigoureusement l'appareil contre la glace et je le redresse ensuite. Cette mapœuvre a pour résultat d'arrêter le balancier. Le conseiller à la Cour le remettra en mouvement, si ça lui fait plaisir.
Cependant, comme j'ai commencé à me débarbouiller, le patron aux pieds de velours revient silencieusement dans la chambre pour voir si on a apporté mon eau chaude, si je ne
LE «ON HOTELIER :543
manque pas de serviettes de toilette. Puis il s'informe de l'heure oii il me serait agréable de dîner... On nous servira, bien entendu, ciu moment que nous aurons choisi. Foin des habitudes despotiques de certaines maisons, où Ton oblige les voyageurs, comme des prisonniers, à se mettre à table à sept heures ! Du reste, notre table à nous a été dressée dans un petit salon spécial. Il y ajustement un plat de goujons, apportés providentiellement dans l'après-midi, et qui n'attendent qu'un mot de nous pour frire en notre honneur. Puis ce sera une poularde unique qui nous donnera à penser qu'auparavant nous n'avions jamais mangé de vraie poularde.
Pendant le dîner, le patron ne quitta pas notre petite salle. Chaque plat du dîner — il y en eut au moins cinq — fut l'objet d'une conférence préparatoire, d'un commentaire pendant notre dégustation, puis d'un panégyrique, aussitôt le dernier morceau avalé. D'ailleurs, le bon hôtelier nous servit lui-
34i SUR LES GRANDS CHEMINS
même, nous obligeant à reprendre de tous les mets, avec une si douce insistance que nous pensâmes à partir le lendemain à la première heure.
C'était assez difficile, parce qu'il entrait dans notre programme de visiter les environs. Il valait donc mieux revenir à ce cheflieu le lendemain soir, sous peine d'être obligés d'aller chercher une autre ville, où nous ne pourrions arriver que fort tard dans la nuit. D'autre part, il nous était impossible de faire semblant de quitter la ville et d'aller nous installer dans un autre hôtel. Comment faire cet aiïront à notre hôtelier? Nous voulions bien le fuir, mais non le désobliger.
Quand il sut que nous partions en excursion le lendemain, il alla chercher tous les plans automobiles qui se trouvaient dans l'hôtel. Il nous indiqua les chemins que nous devions prendre, les sites devant lesquels il fallait nous arrêter. Oii irions-nous déjeuner?... Aucun des hôtels que nous traversions sur notre parcours n'était digne de nous. Le mieux était d'emporter des paniers, qu'il nous ferait préparer lui-même... Nous n'eûmes pas la force de refuser. D'autant que,
LE BON HOTELIER 345
pendant ces préparatifs, il nous délaisserait sans doute un peu.
Mais trois minutes ne s'étaient pas écoulées que, ses ordres donnés, ses dispositions prises, il était déjà revenu à nous et nous énumérait, avec toutes les explications nécessaires, le contenu des paniers.
Nous montâmes nous coucher le plus rapidement possible. Chacun de nous se verrouilla dans sa chambre. Nous crûmes entendre pendant longtemps le bruit doux de ses pas dans le corridor. Sans doute il était navré de n'avoir pu nous border dans notre lit.
Il fallait bien lui raconter, au retour de l'excursion, tout ce qui s'était passé, et si nous avions tout admiré. D'ailleurs il était visible qu'il ne connaissait rien de ce que nous avions vu. Il ne quittait jamais l'hôtel, ni ses chers voyageurs. Du moment que l'on était sous son toit, on avait droit à son dévouement incessant.
Il nous présenta, au moment de notre départ, une addition très salée, que nous ne
34G SUIl LKS GllANDS CHEMINS
pouvions pas discuter. Pas une minute, d'ailleurs, l'idée que nous avions eu affaire à un homme intéressé ne nous vint à l'esprit. Il semblait que le total imposant de la note fût une prévenance de plus, attestant que l'on avait Jiabité dans un hôtel vraiment confortable. Et le bon hôtelier empocha notre argent avec une condescendance infinie.
CHROMQLE Dl JOLU DK L'AN
Je l'ai rencontré, le vieux monsieur fatigué, qui, une fois de plus, el sans craindre la banalité écœurante, m'a dit du mal du premier janvier, des étrennes, et de ce qu'il appelait, à l'instar des chroniqueurs du boulevard, « la trêve des confiseurs ».
J'ai regardé ce vieux monsieur, et, avec une fermeté qu'ex[)liquait son grand âge, j'ai pris, moi, la défense de l'ancienne et charmante tradition.
— Cette institution des étrennes, c'est vous, vieux iiionsieur avare, qui l'avez abîmée. Votre cœur saigne chaque année à l'idée de vos dépenses supplémentaires. Il serait peut-être plus simple de vous exécuter de bonne grâce, et, puisqu'il faut payer, de payer avec allégresse. Vous avez préféré grin-
cher et grincer... Yous avez espéré, avec vos dénigrements, vous avez espéré porter un coup aux traditions ! Mais les traditions ont pour elles une jeune force toujours renouvelée : en face des vieux messieurs, pour qui c'est un ennui de donner des étrennes, il y a Tarmée des petits enfants, pour qui c'est une joie d'en recevoir. Grâce à l'ardeur cupide de ces générations montantes , le Nouvel An sera toujours le Nouvel An, et la seule ressource que vous aurez, vieux monsieur, pour vous soustraire aux usages, c'est d'aller dans un autre monde, où, qui sait ? la coutume heureuse des étrennes est peut-être aussi en honneur,
— Ce n'est pas pour l'argent, dit un autre vieux monsieur, c'est pour le tracas...
Celui-là propose de donner à un bureau de bienfaisance les deux ou trois cents francs qu^il consacrait aux étrennes. 0 charité ! que d'infamies on peut commettre en ton nom !
Qu'on écoule ce rabat-joie, et que l'on donne aux pauvres le montant des cadeaux d'étrennes. Ça ira bien la première année. La seconde année déjà, les pauvres toucheront