‹ Sur les grands cheminsChapitre 9 sur 66 · CINQUANTE MINUTES D ARRÊT · texte numérisé non relu

CINQUANTE MINUTES D ARRÊT

scientifiques. Enfin nous nous retrouvons devant la gare, un long quart d'heure avant l'arrivée du train.

Pourquoi, en somme, ne suis-je pas allé visiter les ruines ? Si je tombe sur un ami qui les connaît, et si je lui dis que je suis venu ici sans les voir, je passerai un vilain moment. Une fois j'ai déjà été attrapé terriblement, pour avoir « coupé » à un musée de céramique. J'aurais dû aller tout de même jeter un coup d'œil rapide sur ces curiosités.

Un peu troublé par jce remords, et aussi parce que j'ai mal entendu le « merci » du jeune cocher, à qui j'ai donné quelques piécettes, je pénètre sur le quai de la gare. Autour de moi, les écriteaux se multiplient pour m'indiquer le buffet, la buvette, la lampisterie, le télégraphe.

Mais je ne pense qu'à mon train. J'épie son approche et son coup de sifflet libérateur.

Et voici qu'en passant devant un tableau d'ardoise, j'y lis que mon express 29 a 43 minutes de retard annoncé.

Plus de o5 minutes à attendre ! et 55 minutes de ce pays-là !

Non, non I Je m'occuperai comme je pour-

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rai, j'irai dormir dans la salle d'attente, je mangerai au buffet des biscuits poussiéreux dans du madère trop sucré, j'enverrai des dépêches, j'épuiserai toutes les distractions de la gare, mais sous aucun prétexte, je ne reprendrai le chemin de cet aqueduc, ce cirque ou ces thermes, où le sort veut me ramener...

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