AC
ventices. Les pétioles sont coupées plus ou moins bas, d'aspect brun noirâtre elles présentent à leur surface des plis de dessication.
Le rhizome sec présente à la coupe un aspect irrégulièrement étoilé, de coloration jaune brun ou cannelle au centre (jaune verdâtre si la drogue est récente), avec un liséré bleu noirâtre à la périphérie.
Au microscope, la zone corticale superficielle du rhizome et des frondes est constituée par plusieurs plans de cellules rectangulaires à parois épaisses. Le parenchyme fondamental de la portion centrale est formé d’éléments arrondis ou polyédriques à parois minces, incolores, ponctuées, contenant des grains d’amidon. Par places existent des lacunes dans lesquelles, portées par un pédicule, font saillie des glandes unicellulaires sphériques, contenant une essence verdâtre. Très nombreuses, ces glandes ont leur origine dans les cellules de bordure des lacunes.
L'odeur du rhizome de fougère mâle est désagréable, évoquant le moisi.
La saveur est d’abord sucrée, puis astringente et faiblement amère.
Principes actifs
Après la récolte de la fougère mâle on ne conserve pour la thérapeutique que les rhizomes qui présentent à la coupe une coloration franchement verte, car ce sont les plus riches en principes actifs. Ils doivent être immédiatement utilisés, la dessiccation leur faisant perdre une partie de leurs propriétés.
La date la meilleure de l’année pour effectuer la récolte a été discutée : Krus indique le mois d’avril, HérauD, LANDER-BRUNTON préfèrent l'automne ou méême l’hiver.
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On extrait par l’éther les principes actifs antihel-
mintiques dont l’ensemble forme la FILICINE BRUTE, -
une abondante quantité d'HUILE GRASSE verdâtre dépourvue de toute propriété tænifuge et une petite quantité d’une HUILE VOLATILE dont la présence facilite l’action antihelmintique et est même indispensable, d’après certains auteurs et en particulier Ko- BERT, pour que celle-ci se manifeste.
L’extrait éthéré doit renfermer 24 % de filicine brute, constituée par un mélange de plusieurs substances, qui représentent des combinaisons d’acide butyrique et isobutyrique avec le phlorogluçol et divers phénols triatomiques analogues.
Zunz donne de la façon suivante la composition de la FILICINE BRUTE. Elle renferme :
a) De l'acide filmaronique ou filmarone C‘H5O* qui se présente sous la forme de cristaux blancs.
b) 3,5 à 8 % d’acide filicique ou filicine proprement dite C*5H#O*, qui existe d’après PouLsson, soit sous forme de cristaux jaunes sans propriétés antihelmintiques, soit sous forme amorphe très active contre les tænias, ce qui tient peut-être à la plus facile solubilité de l’acide amorphe dans les solutions aqueuses alcalines. L’acide filicique est insoluble dans leau à la température ordinaire, peu soluble dans l’eau chaude et dans l’éther, soluble dans les graisses et les huiles grasses. C’est grâce à cette dernière propriété qu’il passe dans l’extrait éthéré.
c) 2à 3 % d’aspidine CH*0*, se présentant sous la forme de cristaux jaunes, insolubles dans l’eau, très solubles dans l’alcool chaud.
d) L’albaspidine C?Hf0® se présente sous la forme d’aiguilles incolores, très solubles dans l’éther et le benzène, peu solubles dans l’alcool.
e) L’acide flavaspidique C?*H?“0® se présente sous
sf, PRE
la forme de cristaux jaunes ; il existe sous deux formes isomères a et f.
f) L’aspidinol C?H#“O* se présente sous la forme d’aiguilles jaunes blanchâtres, très peu solubles dans le benzène, très solubles dans l’éther.
On a signalé en outre dans la fougère mâle un GLu- COSIDE, filiroline, qui, par saponification, se dédouble en acide filosmylique volatil et acide filixolinique non volatil.
Il existe en outre des ACIDES VOLATILS DE LA SÉRIE GRASSE, qui contribuent sans doute à produire l’odeur nauséabonde de la fougère mâle.
Administration
INDICATIONS. — On emploie la fougère mâle contre Tænia Solium L., Tænia Saginata Goeze, la plupart des autres espèces de ténias, contre le bothriocéphale. On l’a employé aussi contre l’ankylostomiase, mais en pareil cas le chenopodium est préférable.
MopE D’ADMINISTRATION. — La décoction est inerte pour BOUCHARDAT.
La poudre est efficace, mais la dose est mal précisée : 2 à 4 grammes pour GUBLER, 30 à 50 grammes pour BoucHARDAT, 8 à 12 grammes pour RABUTEAU, ManQuaT. Les formulaires récents indiquent volontiers : 2 à 10 grammes (adultes), latitude peu faite pour diminuer l’embarras du praticien hésitant. La poudre est administrée en bols ou en cachets.
Teinture éthérée au 1/5, dont on donne 5 à 10 grammes en capsule.
L'extrait éthéré est la préparation préconisée par tous les auteurs, on prescrit chez un adulte environ 8 grammes.
Filicine. BUSQUET estime qu’il y a avantage à substituer à la fougère mâle, son principe actif, la filicine, qu’on prescrira à la dose de 0 gr. 80 chez ladulte.
PURGATIF A ASSOCIER. — Il est de règle d'associer un purgatif à l’antihelmintique. Généralement on emploie ici le calomel, mais on peut également se servir de scammonée, d’eau-de-vie allemande, de nerprun, de séné, de sulfate de soude ou de magnésie.
Les purgatifs huileux, comme l'huile de ricin sont contre-indiqués par la plupart des auteurs parce qu’ils favorisent l’absorption de l’acide filicique et des produits analogues et facilitent dès lors la production d’accidents toxiques. Cette opinion n’est d’ailleurs pas admise sans conteste : CRÉQUY, BOUTEILLER n’admettent pas que l’huile de ricin soit contre-indiquée.
BouTEILLER écrit : « Il nous a semblé que la filicine n'étant pas caustique, ne pouvait agir sur les parasites que si elle était dissoute dans l'intestin, et de ce fait même nous avons conclu «a priori que l'huile de ricin ne devait jouer aucun rôle dans cette dissolution, puisque la fougère mâle avait très bien réussi dans plusieurs cas, sans adjonction de cette huile ». Par quelques expériences, BoUTEILLER montre qu’en effet l'acide filicique se dissout parfaitement dans l’intestin, sans concours d’huile de ricin, qu’au contraire le sulfate de soude ou de magnésie arrêtent cette solubilité et pourraient peut-être être donnés comme antidotes dans les cas d’empoisonnement par la fougère mâle.
Ces expériences sont intéressantes, mais BOUTEILLER nous paraît avoir oublié de distinguer : la solubilité dans le suc intestinal, nécessaire à l’action sur le tænia et l’absorption par la muqueuse intestinale avec passage dans la circulation générale, ce qui peut engendrer les accidents toxiques pour l’homme.