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question des adhérences et sans rien faire pour en provoquer, je pratiquerai, avec l’aspirateur de mon ami Dieulafoy, une ponction pour laquelle j’emploierai l’aiguille fine. Ce n’est point une ponction exploratrice que j’éntendsfaire : c’est une ponction évacuante, par laquelle je me propose de vider le kyste aussi complétement que possible. Dès que cette évacuation sera effectuée, je prendrai, pour prévenir le développement d’une péritonite, l’ensemble de mesures que voici : le malade restera couché dans le décubitus dorsal pendant trois jours; durant ce temps, je ferai faire des applications permanentes de glace sur la région du foie et toute la partie sus-ombilicale droite de l’abdomen; en outre, on exercera, au moyen d’un large bandage de corps, une légère compression, autant du moins qu’il sera possible de le faire sans gêner l’application de la glace, quiest icil’agent principal, ne l’oubliez pas. Si aucune douleur ne survient dans les 48 heures qui suivront l’opération, je n’aurai recours à aucun autre moyen, si, au contraire, des douleurs apparaissaient, soit dans l’abdomen, soit vers l’épaule droite, je ferais pratiquer aussitôt des injections de morphine à haute dose. »
Nous ignorons si ce dernier moyen peut donner ce que M. Jaccoud en réclame; mais passons.
Gubler, devant l’Académie de médecine, parle avec enthousiasme de l'aspirateur Dieulafoy; Jaccoud, comme on le voit, lui témoigne une grande confiance. M. Degoix (1) proclame l’innocuité presque absolue des ponctions capillaires aspiratrices, même souvent répétées : à notre avis, il faut rabattre de cet enthousiasme; mais, comme c’est le mode de traitement le plus innocent, comme’il est des plus faciles à mettre en pratique, comme par la force aspiratrice il vide parfaitement, avec une fort petite aiguille, un kyste qui contiendrait un liquide visqueux et épaissi, ce que ne pourrait faire une ponction capillaire simple; comme, en ne permettant pas l’accès de l’air dans la cavité, il occasionne moins
(1) De la Ponction aspiratrice des kystes hydatiques du foie. Thèse de Paris, 1877/melir
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souvent la purulence du kyste; comme, grâce au vide, il ne permet pas au liquide de s’épancher dans le péritoine ; comme enfin, ainsi que les statistiques le démontrent, il amène souvent la guérison du kyste après une ou plusieurs ponctions; pour toutes ces raisons, je dirai: Qu’un malade vienne se faire soigner pour un kyste non déja traité, que l’état des forces ne sait pas inquiétant, commencez toujours, avec toutes les précautions requises, par une ponction capillaire aspiratrice.
Mais, si le kyste se remplit de nouveau, que doit-on faire? Les uns disent: Ne ponctionnez qu’une fois, recourez ensuite à d’autres moyens; les autres (Dieulafoy, Desnos, Degoix, etc.): Ponctionnez toujours. M. Dieulafoy fait observer qu’il a pu ponctionner jusqu’à trois cents fois un malade sans provoquer d’accident. À notre humble avis, c’est un tour de force, et voilà tout. Il ne faut pas trop s’amuser à en faire ; la vie des malades et notre réputation, par contre-coup, pourraient en pâtir.
M. Dieulafoy a dit quelque part qu’il n’y a rien d’absolu en médecine et en chirurgie. Partant de là, je ne dirai pas: Ponctionnez un tel nombre de fois ; mais bien : Ponctionnez tant que le contenu reste limpide, tant que l’état général du malade reste satisfaisant, mais, dès que celui-ci paraît tant soit peu péricliter, dès que le liquide louchit et devient purulent, changez de méthode.
On opposera certains exemples de kystes suppurés, guéris après une ou plusieurs ponctions. Ce sont des cas heureux, et je crois que ce serait faire preuve d’un optimisme coupable que de compter, en semblable occasion, sur un tel dénoüment.
A propos du système des ponctions, une autre question se pose: Doit-on vider, oui ou non, complétement le kyste? La généralité est pour l’affirmative, parce que, dit-elle, l’hydatide sera plus sûrement tuée si on lui enlève tout le liquide qui la nourrit, et surtout parce que les parois du kyste, par leur élasticité et la pression des parties voisines, se rétractant concentriquement, feront monter le niveau du liquide laissé dans la cavité, et celui-ci, par l'ouverture encore béante faite par le trocart, pourra s’échapper et tomber dans le péritoine ; tan-