ADR
De plus, comme je crois que la canule laissée à demeure détermine plus sûrement les adhérences que la pâte de Vienne ou de Canquoin, sans en avoir les inconvénients, je considère cette première partie du procédé de M. Richet comme inutile, dangereuse, et faisant perdre un temps quelquefois précieux pour la vie des malades, dont elle aura diminué la force de résistance en les faisant cruellement soufrite
Je rejette donc cette méthode, conservant toute ma préférence pour celle de M. Roger (du Havre).
Voyons maintenant la méthode Récamier :
Méthode par les Caustiques
Cette méthode, Després la proclame encore aujourd’hui incontestablement la meilleure (elle lui aurait donné 6 guérisons sur 7 opérés); beaucoup d’autres l’appliquent, dans son principe du moins, car aujourd’hui chacun invente et nous apporte un procédé à lui. Cette méthode, inaugurée en 1825 par Récamier, qui lui a donné son nom, fut un grand progrès, dans une époque où prévalaient universellement les idées de Lassus, qui s’opposait violemment à l’ouverture artificielle d'un kyste.
« L'ouverture des tumeurs hydatiques par un caustique a été pratiquée anciennement ; mais dans ces cas le chirurguien, par Papplication du caustique, n’avait d'autre but que de procurer une issue aux matières contenues dans la tumeur. Récamier, dans l’emploi de ce procédé, s’est proposé un but important: celui d’ouvrir un kystesituédans un organe interne, sans déterminer d’épanchement dans la cavité sé reuse adjacente (1).»
Et de ce jour, dans tous les procédés inventés, l’idée mère a été d'apporter le meilleur obstacle à l’épanchement dans le péritoine. Une fois la nature de la tumeur reconnue par une ponction capillaire, faite
(1) Loc. cit., Davaine, p. 584.
dans un but seulement explorateur, Récamier faisait sur le point le plus saillant une large application du caustiqne.
Quand l’eschare produite était tombée, nouvelle application de potasse dans la plaie, et ainsi jusqu’à ouverture du kyste. Celui-ci vidé, Récamier aidait la sortie des membranes hydatiques par des lavages émollients et détersifs; ensuite venait le tour des injections antiseptiques.
Mais la potasse fuse, cause des ravages plus considérables qu’il ne faudrait; en un mot, son action est difficile à limiter. Et la potasse fut remplacée par la pâte de Vienne, la pâte de Canquoin, tous caustiques qui ne présentent pas cet inconvénient. Cette méthode a été justement critiquée sur beaucoup de points:
1° Elle est longue.
Pourpeu que le kyste soit profondément situé, son ouverture par les caustiques demande un temps considérable, 10, 15, 20, 30 jours etplus, après 3, 4, 5, 6 et 7 opérations successives de caustique; et cependant des accidents graves, àun moment donné, peuvent demander une intervention immédiate. Alors on peut hâter l’ouverture par des applications de caustique faites coupsur coup : si cela ne suffit pas, abandonnant les caustiques, le chirurgien doit ouvrir le kyste par une autre méthode, l’incision ou la ponction.
2° Elle est douloureuse, à ce point qu’il n’est pas rare que des malades ne puissent absolument pas la supporter. Le caustique, a-t-on dit, risque d’occasionner une péritonite: le reproche me paraît peu fondé, car les faits incriminés sont rares ; et, en outre, par quelle méthode peut-on se vanter d'éviter sûrement la péritonite ?
3° Elle ne détermine pas sûrement des adhérences. C’est ce qui arriverait surtout chez les sujets affaiblis, dont la puissance plastique est diminuée, et la méthode, par la longueur des souffrances qu’elle fait endurer au malade, tend à le mettre en cet état.
4° L'ouverture créée par la chute des eschares, d’abord large, va se rétrécissant à mesure qu’elle s’approche du kyste. « On entre de cette manière en communication avec le kyste par un entonnoir fort étroit
ia à sa partie profonde, ayant une tendance continuelle à s’oblitérer et nécessitant fréquemment la dilatation par l'éponge préparée ou tout autre moyen », dit Blachez. De plus, parle retrait du kyste, par le retour à leur place des organes voisins, jadis compromis et refoulés par la tumeur, le trajet du canal peut devenir oblique et sinueux.
11 peut être alors peu commode de placer l’éponge préparée dans la partie du canal rétréci; d’où rétention des produits infects et difficulté de faire des injections.
Cherchant à obvier à tous ces divers inconvénients, les chirurgiens, tout en appliquant le principe de la méthode Récamier, apportèrent à l’opération les plus nombreuses modifications de détail.
Ainsi Demarquay, pour perdre moins de temps, incisait d’abord les téguments, et plaçait au fond de la plaie un large morceau de pâte de Vienne ou de Canquoin, qu’il recouvrait d’ouate et qu’il maintenait par une large bande de diachylon et un bandage de corps. Le caustique était enlevé après vingt-quatre heures de séjour dans la plaie ; l’eschare produite était incisée, et, si besoin était, nouvelle application de caustique: la plaie était simplement pansée à la charpie. Suivant les circonstances, le kyste était ouvert par le caustique ou le bistouri. Dans la plaie était fixée une sonde en caoutchouc, par laquelle devaient être faites de nombreuses injections.
Dolbeau, lui, après avoir employé la pâte de Vienne pour faire les adhérences, ouvrait le sac par une incision cruciale avec le bistouri. L'ouverture était maintenue béante par une sonde. Il ne commençait à faire des injections que lorsque la membrane hydatique se détachait des parois du kyste, et, pour hâter le nettoiement et la guérison, il allait, avec une pince, rechercher dans la cavité les membranes flétries de Phydatide. |
Richet fait deux applications de caustique et fait ensuite la ponction avec un gros trocart, avec canule et sonde successivement à demeure.
Tillaux opère en deux temps : il fait d’abord une application de pâte de Vienne; prenant ensuite une flèche de Canquoin très-dure, que pour cela il a fait sécher au four, taillée en pointe et de 7 à 8 centi-