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voies digestives. Là, sous l’influence des sucs digestifs, lenveloppe de l’œuf se ramollit, et l'embryon libre, après avoir transpercé les parois intestinales, chemine à travers les tissus et se fixe en divers lieux, le plus souvent dans le foie et dans son lobe droit. Peut-être y est-il transporté par le sang de la veine porte.
Là, il commence par sécréter autour de lui une membrane, dans laquelle il est renfermé. Le kyste hydatique est dès lors constitué.
L’embryon ainsi fixé dans le foie détermine à l’entour de lui un certain degré d’irritation et, partant, la formation d’une membrane formée de tissu conjonctif épaissi, d’abord mince et lisse, qui plus tard devient fibreuse, vasculaire, épaisse, rugueuse ; s’incruste de noyaux cartilagineux ou calcaires, osseux même, qui peuvent aller en s’agrandissant jusqu’à transformation complète du kyste en un bloc solide, ainsi qu'il a été vu. Cette membrane enveloppant l’hydatide fait partie intégrante du tissu hépatique dont elle s’est formée, et se continue avec lui sans démarcation bien tranchée : l’hydatide qu’il renferme en remplit exactement la cavité, mais n’y adhère pas.
La vésicule hydatique se compose de deux couches : une externe, :
anhyste, translucide, friable, élastique, ressemblant à de l’albumine mal cuite. Cette couche est formée de feuillets très-minces, non isolables, mais qu’on peut voir au microscope très-régulièrement stratifiés.
Cette disposition est absolument caractéristique.
La membrane interne, que Robin avait appelée membrane fertile, que Giraldès appelle germinative, présente un aspect finement granuleux. Ces granulations, d’abord sessiles, puis pédiculées, restent attachées à la paroi, ou bien tombent dans l’intérieur de la vésicule. C’est l’échinocoque, petit animal à peine visible à l’œil nu, à tête garnie de quatre ventouses et d’une double couronne de crochets. Le corps est divisé en deux parties par un sillon circulaire : la tête et la vésicule caudale, dans laquelle l’animalcule peut invaginer celle-là.
Cette membrane interne de l’hydatide donne aussi naissance aux vésicules filles qu’on trouve en nombre très-variable dans la cavité de l’hydalide mère, et qui sont absolument constituées comme elle.
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« Ces hydatides naissent, dit Davaine, comme des bourgeons, dans l'épaisseur ou à la superficie des parois de leur mère...., grossissent, deviennent creuses, et ne tardent pas à se détacher (4). »
Ces vésicules filles peuvent produire des échinocoques comme leur mère. Mais ce qu’il y a de plus curieux, c’est que l’hydatide mère peut manquer de membrane fertile, partant d’échinocoques, et produire dans sa cavité des vésicules filles dont les unes pourront être fertiles, les autres stériles, Il y a là dans l’évolution des hydatides un point obscur, qui demande à être éclairci et appelle de nouveaux travaux.
Les vésicules mère et filles contiennent un liquide en général incolore et limpide comme de l’eau de roche, qui pourra devenir louche et purulent. Il est riche en chlorure de sodium et ne contient d’albumine qu'autant que l’hydatide est morte. C’est que celle-ci vivante se nourrirait de celle-là. (Gubler.)
ÉTIOLOGIE
Le kyste hydatique est le plus fréquent dans l’âge adulte. On a cité des cas chez de tout petits enfants et des vieillards d’un très-grand âge, mais la proposition première n’en reste pas moins vraie. Le sexe lui serait indifférent, d’après la plupart des auteurs : John Finsen la trouvé plus fréquent chez la femme.
Parmi les professions épargnées, on cite celle de marin: «Il est possible, dit un médecin anglais, M.Budd (2), que le régime des marins,
(1) Davaine, loc, cit., p. 361.
(2) Cité par Davaine, Loc. cit., p. 379.
qui consiste pour la plus grande partie en salaison, soit contraire au développement de cette maladie. » Je dirais plutôt que ce régime les en préserve, parce qu’il ne leur en porte point le germe.
Le pauvre y serait plutôt sujet que le riche. C’est que celui-là vit inséparable de son chien, et se nourrit surtout de végétaux, où l’œuf, un jour ou l’autre, se trouve accolé.
On a accusé le froid et humidité.
Les auteurs disent : Très-rares dans les pays chauds, les hydatides deviennent de plus en plus communes dans les pays de plus en plus froids et humides.
À peu près inconnues dans les Indes, l'Egypte, les Etats-Unis ; assez rares en France, moins en Allemagne, très-communes en Islande.
Cest fort bien. Mais je leur dirai qu’en Australie, pays aux chaleurs torrides, de sécheresse extrême, la maladie hydatique et très-fréquente et, nous dit un médecin indigène (1), occasionne une grande mortalité.
Dans ce pays, où 40 0/0 des chiens seraient atteints du éænia echinococcus,hommes, chiens, troupeaux et tous autres animaux sont obligés de venir s’abreuver aux mêmes réservoirs, aux mêmes sources : d’où la fréquence de cette maladie chez l’homme. En effet, dans la même contrée, en sont préservés ceux qui ont l’habitude de faire du thé leur boisson ordinaire. Cette préparation détruit l'embryon hydatique.
SYMPTOMATOLOGIE
Dolbeau avait divisé les tumeurs hydatiques en grands kystes et petits kystes. Les petits kystes se caractérisent, dit-on, par l’absence
(1) James-W. Barrett : Abstracts from papers on hydatid disease.
de tous symptômes : pour le médecin ils n'existent pas, car il est bien évident que le porteur du kyste ne viendra pas se faire traiter pour une maladie qu’il ne se connaît pas.
« Ce qu’il y a de vraiment curieux, dit M. Simon (Jules), dans l’histoire des kystes ordinaires du foie, c’est l’absence de réaction de tous les organes pendant le développement de cette lésion (1). » Ce n’est qu'après avoir acquis un certain volume que le kyste révèle sa présence, soit par son volume même: le sujet s'aperçoit par hasard que son ventre grossit, qu'il porte au côté droit une tumeur plus ou moins appréciable ; soit par des phénomènes de compression, phénomènes d’abord légers, auxquels le malade ne prête encore que peu d’attention, mais qui vont croissant tous les jours et le forcent bientôt à venir demander les secours de la science,
Il accusera des douleurs vagues, de la gêne, de la pesanteur au niveau de l’hypochondre droit, du creux épigrastrique ou dans tout le côté droit; il se plaindra de quelques troubles dyspeptiques, il y aura eu des épistaxis fréquentes ou des métrorrhagies suivant le sexe: tous symptômes, comme l’on voit, qui n’ont rien de caractéristique.
À ce moment déjà, il est d’autres signes fonctionnels qui passent souvent inaperçus, dit M. Dieulafoy, quiles regarde comme très-importants, et sur lesquels il insiste comme pouvant permettre d’établir le diagnostic. Ce sont : « la douleur de l’épaule droite, apparition d’une urticaire, le dégoût des matières grasses et le développement d’une pleurésie droite (2). »
Aucun de ces symptômes en particulier n’est certes bien caractéristique, non plus que les premiers; mais de leur ensemble peut-on avec quelque confiance conclure à l’existence d’un kyste hydatique ? Je ne le sais, n’ayant pas encore une longue pratique, mais je ferai remarquer que, dans le cas rapporté à la fin de notre thèse, il y avait et la douleur dans l’épaule droite et le dégoût très-marqué des matières
(1) Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgte pratiques, Fos. (2) Manuel de Pathologie interne.
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grasses. La pleurésie droite avait existé, comme en témoignaient les solides adhérences que le diaphragme, fortement soulevé par le kyste, avait contractées avec la plèvre costale et la base du poumon.
Enfin le kyste, qui va toujours augmentant de volume, occasionne des troubles de plus en plus graves et présente de nouveaux symptômes :
A l'inspection, on reconnaît que la'région hépatique est déformée, et présente une voussure ou tumeur plus ou moins apparente.
Par la palpation et la percussion tour à tour employées, on trouve que le foie, naturellement augmenté de tout le volume du kyste qu’il contient, est très-hypertrophié et atteint parfois à des proportions énormes. Son bord inférieur dépasse les fausses côtes et peut atteindre jusqu’à la fosse iliaque.
Le kyste peut se détacher à la surface du foie sous forme de tumeur, qui peut se présenter à l’hypochondre droit, à l’abdomen, au creux épigastrique ; qui peut, écartant, soulevant les côtes, les fausses côtes, s'élever dans la cage thoracique, y former une voussure plus ou moins nette et en détruire la symétrie. Dans ce cas, le côté droit du thorax mesuré présente une ampliation de quelques centimètres.
Si la tumeur kystique est accessible par la percussion et la palpation, qui doivent être faites avec méthode et grandelégèreté de main, on en reconnaîtra la forme généralement arrondie, les dimensions, la surface lisse et rénitente, la consistance molle et fluctuante.
Quelques-uns de ces symptômes peuvent manquer ou ne pas être perçus, si le kyste est trop profondément situé.
Par les mêmes moyens, on peut produire et constater dans cette tumeur un frémissement particulier, que Briançon nomma frémissement hydatique.
On ne peut le constater que rarement, mais on doit le rechercher avec d'autant plus de soin, que c’est un signe absolument pathognomonique.
Il est facile de comprendre que les accidents, les troubles de compression, déterminés par un kyste de grande dimension, sont des plus différents, suivant le siége du kyste:
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S'il occupe la surface convexe du foie, il repousse en bas cet organe, tandis que, soulevant le diaphragme, il comprime le poumon droit et refoule le cœur plus à gauche: d’où palpitation et dyspnée qui peut devenir extrême. Dans ces conditions, pour peu que l’autre poumon, n’importe la cause, soit gêné dans sa fonction, le malade peut mourir suffoqué.
Si c’est à la face inférieure du foie qu’il se développe, il repousse en bas l’estomac, la masse intestinale, et, suivant son degré de développement, peut descendre jusque dans la fosse iliaque droite, peut s’avancer jusqu’à la ligne médiane, la dépasser, envahir même tout l’abdomen au point de simuler une ascile. Dans ces conditions, l’estomac et les intestins, gênés, comprimés par la tumeur, sont plus ou moins troublés dans leur fonctionnement. Alors dyspepsie, nausées, vomissements, coliques, constipation ou diarrhée. Et, s’il n’y est porté remède, la nutrition ne se faisant pas ou se faisant mal, le malade s’affaiblit rapidement, tombe dans le marasme et meurt.
Ainsi développé, un kyste peut comprimer les gros vaisseaux portes, la veine cave, produire l’æœdème des membres inférieurs, rarement de l’ascite.
On peut encore, mais assez rarement, observer de lictère : soit par compression des gros canaux biliaires, soit par suite de l’inflammation consécutive du foie, soit que, le kyste rompu, des hydatides ou des lambeaux de leurs membranes aient pénétré dans les canaux biliaires ulcérés et les aient obstrués. Dans ces divers cas, la bile, ne pouvant s’écouler, passe dans le sang et détermine l’ictère.
A moins de complication (suppuration de la poche kystique, inflammation du péritoine ou de quelque autre organe), le kyste évolue sans fièvre et sans douleur.