‹ Sur Les Kystes Hydatiques Uniloculaires Du FoieChapitre 7 sur 18 · DURÉE — TERMINAISON · texte numérisé non relu

DURÉE — TERMINAISON

Dire la durée d’une maladie quand on ne peut connaître la date de son début est assez difficile; l’on s'accorde à reconnaître cependant qu'après une moyenhe de quinze mois à deux ou trois ans, le kyste est assez développé pour causer des troubles sérieux.

L’on a vu la maladie se prolonger sans accidents graves pendant dix, quinze, vingt, et même trente ans. Ces faits constituent des exceptions rares.

Après la durée moyenne indiquée, le kyste non traité aboutit à l’une des terminaisons suivantes :

1° Il peut dégénérer. D'après Davaïine, «les hydatides ayant une existence limitée, elles se détruisent tôt ou tard avec les échinocoques qu’elles contiennent. » Alors le liquide qu’elles renferment se trouble, s’épaissit, devient albumineux; les parties les plus ténues se résorbent, et toutes les parties solides, — sels, cristaux, échinocoques, membranes flétries, — restent au milieu d’un liquide qui va se résorbant tous les jours. On dirait d’abord une collection purulente ou un amas de matière caséeuse ramollie ; puis le résidu prend la consistance d’une pâte pareille à du mastic de vitrier, el peut se transformer même en une masse calcaire. D’un autre côté, la paroi kystique se rétracte à mesure que son contenu se résorbe ; subit, comme nous l’avons vu, une transformation cartilagineuse, calcaire ou osseuse. On ne constate plus alors à la palpation qu’une petite tumeur dure et indolente, qui est désormais inoffensive. Le kyste est guéri. Outre cette mort naturelle, l’hydatide, avec ses échinocoques, peut être tuée par l’introduc-

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tion de bile dans sa cavité. Le kyste subit alors les mêmes transformations que ci-dessus. Cette terminaison heureuse n’est malheureusement pas fréquente, et quand un malade vient se présenter au médecin avec un kyste fort développé, qui occasionne déjà des accidents sérieux, celui-ci n’a pas le droit de compter sur un pareil dénoûment : et s’il n'intervient pas, que va devenir le kyste?

8° Il peut se rompre. La poche kystique, sans cause reconnue, mais souvent sous le coup d’une violence extérieure, se rompt soudainement, ou bien s’enflamme, suppure, contracte des adhérences avec les tissus voisins auxquels l’inflammation s’est propagée; des ulcérations détruisent en un point ses parois, et par cette ouverture le kyste déverse son contenu, soit au dehors, soit dans l’intestin, le péritoine, la plèvre, les bronches; plus rarement dans l’estomac, les voies biliaires; plus exceptionuellement encore dans le péricarde, dans la veine cave. Dans ces divers cas, l'issue peut différer. Le kyste s’est ouvert au dehors : la guérison n’est pas rare. Dans l’intestin,de même. Dans la plèvre, il détermine une pleurésie purulente, qui manque rarement de tuer le malade. Dans le péritoine, dans estomac, c’est plus souvent la mort. Dansle poumon ulcéré, le liquide et les membranes hydatiques peuvent être rejetés par les bronches, et le malade peut guérir, à moins qu’il ne soit emporté par un abcès du poumon ou la gangrène pulmonaire, accidents auxquels semble prédisposer la maladie hydatique. Dans les voies biliaires, le résultat estle plus souvent fatal, à cause de l’obstruction de ces conduits par des vésicules ou des lambeaux de membranes. Dans le péricarde, la veine cave, mort rapide. Et dans les divers cas où le kyste s’estle plus favorablement ouvert pour la guérison, que de fois le malade succombe des suites d’une suppuration prolongée, d'infection purulente ou putride !

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