‹ Sur Les Kystes Hydatiques Uniloculaires Du FoieChapitre 9 sur 18 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Je ne parlerai pas du traitement médical, aujourd’hui reconnu parfaitement inutile et par conséquent abandonné. Je passerai en revue

les diverses méthodes qu’on peut rapporter à quelques groupes principaux : 4° incision; 2° ponction avec ou sans aspiration ; 3° ponction avecinjections; 4° ponction avec gros trocart et sonde ou canule à demeure; 5 méthode par les caustiques, ou de Récamier; 6° acupuncture et électropuncture ; 7, ouverture par le thermocautère. Voilà les grandes méthodes; mais chaque opérateur, toujours dans l'intention de mieux faire, apportait au manuel opératoire quelques modifications nouvelles, parfois, mais non toujours heureuses. D'où grande variété de procédés plus ou moins différents entre eux.

Incision

Dans sa thèse inaugurale (4), M. Magnant dit : « Le traitement chirurgical des kystes était encoreinconnu au commencement du XIX°siècle. Lassus, dans le journal Îde Corvisart, critiquait sévèrement l’ou-

verture artificielle comme une absurdité, ne se doutant guère que,

quelques années plus tard, Récamier allait publier quelques guérisons obtenues par son procédé. Dès lors, la voie était ouverte, etc. »

Dès longtemps. déjà la voie avait été ouverte, mais peu y étaient entrés. M. Le Dran, directeur de l’Académie royale de chirurgie, ayant remarquê qu'après chaque ponction le kyste en général se remplissait de nouveau, etqu’après deux ou trois ponctions le malade succombait, écrivait en 1737 (2): « J’ai cru qu’en empêchant qu’il (le kyste) ne pôût se remplir, on pourraitobtenirla guérison ou du moins prolonger les jours du malade: sur ce principe, j’ai osé tenter une nouvelle route, et le succès a répondu à mon espérance. »

En 1737, il ouvre largement avec le bistouri un vaste kyste déjà deux fois ponctionné, et il laisse en place une large canule, car « la sup-

(1) Contribution à l'étude des kystes hydatiques du foie. Thèse de Paris, en 1877, n° 20.

(2) Mémotres de l'Académie royale de chirurgie, tome II, édit. 1819.

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puration détache des kistes que l’on fait suppurer beaucoup de lambeaux ou d’exfoliations membraneuses plus ou moins considérables, ainsi qu’on le voit dans la pratique... soir et matin, par la canule des injections d’abord détersives, ensuite des lotions vulnéraires et dessiccatives. » La guérison suivit, et, dans les réflexions que le conduisit à faire cette observation, il dit « que les parois du kiste vidé se rapprochant par ce qui leur reste d’élasticité et par la compression de toutes les parties environnantes, et, à mesure que les parois du kiste sont approchées, les vaisseaux ou les pores qui versaient la liqueur dans la cavité, sont comprimés : ainsi il y coule moins de liqueur, de même qu'après l’accouchement les évacuations diminuent à mesure que la matrice se resserre, etc... » Etil terminait ainsi : « De tout ce que dessus, on peut conclure : premièrement, que l’hydropisie enkistée ne peut être guérie que par une ouverture du kiste assez grande ; secondement, qu’il faut l’ouvrir de bonne heure pour prévenir sa très-grande extension, »

M. Le Dran communiqua à l’Académie un nouveau succès obtenu par sa méthode. A ce propos M. Morand, un autre académicien, disait: « On peut fort bien mettre en question s’il ne conviendrait pas d’attaquer les hydropisies enkistées par incision ; M. Le Dran a donné deux observations sur cela, bien capables de nous encourager. »

Mais ces faits restèrent isolés, et M. Le Dran n’eut pas d’imitateurs.

On a pratiqué l’incision simple du kyste, soit que sa nature eût été reconnue, soit qu’il eût été pris pour un abcès ou quelque tumeur.

Cette opération n’a été surtout faite que lorsque la tumeur proéminente était sur le point de s'ouvrir; et, s’il l’on a eu de nombreux cas de guérison, c’est, comme le fait observer Davaine, que l’on n’a pas eu parfois à traverser de cavité séreuse, ou que des adhérences existaient qui ne permettaient pas l’issue du liquide dans le péritoine.

Bégin trouva une autre méthode d’incision. Incisant d’abord la paroi abdominale, il ne fendait le péritoine que le iendemain, et mettait tout simplement de la charpie dans la plaie; quand il PRES les adhérences faites entre la tumeur et la paroi abdominale, il ouvrait

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