OBSERVATION IV
(Tédenat, in thèse Beis. Résumée) ç
J. C.,., 28 ans, entrée à l'hôpital le 3 décembre 1892. Réglée à 14 ans. À 25 ans, pertes blanches, chaleur à la vulve, mictions cuisantes, puis accidents de pelvipéritonite pendant un mois. Depuis lors douleurs fréquentes. La menstruation est précédée pendant huit ou dix jours, d'une recrudescence des douleurs, elle dure dix à onze jours. Santé générale moins bonne, dyspepsie, constipation. Une poussée de péritonite a tenu la malade au lit pendant vingt jours en octobre. À l'examen, l'utérus n’est pas gros, mais a perdu sa mobilité. Sur son côté gauche une tumeur vaguement bilobée, dure, douloureuse, for-
es mant une légère voussure. Un sillon très net la sépare de l'utérus. Cette tumeur est considèrée comme une annexite.
8 décembre, laparotomie médiane. Quelques adhérences : du grand épiploon. La masse annexielle gauche est décollée de la face postérieure du ligament large et facilement enlevée. Suture pariétale à anse unique de fil d’argent. Suites simples ; la malade sort guérie le 28 décembre. |
La tumeur se compose de la trompe épaissie et nodu-
leuse dans ses trois premiers centimètres internes, dilatée en sacto-salpinx dans le reste de son étendue et fusionnée avec l'ovaire, qui a les dimensions des deux poings et présente l’aspect bosselé d’un kyste multiloculaire. A l'union
-de la portion cylindro-noduleuse avec la portion kystique de la-trompe existe un sillon d’étranglement et une légère torsion. Nouveau sillon surtout marqué aux faces antérieure et postérieure, à l'union de la collection tubaire avec l'ovaire. Par places, des travées fibreuses sont jetées en pont au-dessus de ce sillon.
La portion interne de la trompe a son orifice très étroit; la paroi épaisse, dure. Elle est incisée sur son bord supérieur et l’incision est prolongée sur la portion kystique et à travers un orifice de communication entre le sacto-
salpinx et une poche kyÿstique ovarienne. Le liquide con-
tenu dans la poche en bissac est visqueux, de couleur jaune foncé. La cavité sacto-salpingienne logerait une grosse amande ; sa face interne est lisse, de couleur rose, avec quelques points d’un rouge vif. La poche ovarienne logerait une mandarine. Dans sa partie diamétralement opposée à l'orifice de communication, on voit deux bosselures qui sont formées -par la saillie de kystes.
L'orifice qui fait communiquer le sacto-salpinx avec la poche ovarienne est arrondi de deux centimètres de dia-
mètre. On y reconnaît deux franges tubaires libres et flottantes repliées dans le sacto-salpinx. Deux autres franges accolées l’une à l’autre et rétractées adhèrent au pourtour de l'orifice. Le reste de l'ovaire a les caractères d'un kyste multiloculaire classique. |
Sur des coupes microscopiques faites au laboratoire d'anatomie pathologique, on a constaté que, par places, l'épithélium tubaire était conservé, mais sans ses cils vibratiles. Lésions banales de la salpingite.