OBSERVATION V
Tédenat (in thèse Beis. Résumée)
M. D..., 36 ans, entre à l'hôpital le 5 février 1894. Réglée à 12 ans régulièrement. Accouchements à 24 et 26 ans.
A 33 ans, accidents peu intenses de métro-péritonite avec pertes jaunes. Depuis elle souffre à l'époque de ses règles.
Il y a un an, après un curettage, forte pelvi-péritonite, qui a laissé de fortes douleurs continuelles. Les règles donnent dix jours avec recrudescence des douleurs.
Le cul-de-sac postérieur est déprimé par une masse bosselée formée par les annexes gauches qu'on atteint par le palper. Elles forment une masse plus grosse qu'un gros poing d’adulte, à peu près immobile et très sensible à la pression.
10 février. Ablation bilatérale des annexes, difficile à gauche à cause des adhérences.
Suites sans accidents, {la malade a été revue en très bonne santé.
.. Examen des pièces : Du côté gauche, la trompe épaissie
et noduleuse avait subi à 2 centimètres de son extrémité utérine, une torsion de près de deux tours de spire, et cette torsion était maintenue par des adhérences, établies de part et d'autre du sillon de torsion. Immédiatement en dehors de la ligne de torsion, la trompe est dilatée en forme de sac, ayant l'aspect et les dimensions d’un œuf de poule, dont le grand axe par le fait de la torsion se déjette en arrière et en dehors.
À l'extrémité antéro-externe arrondie du sacto-salpinx est appliqué l'ovaire, qui forme une poche kystique du volume d’une pomme d’api. Des adhérences anciennes et d’autres plus récentes sont disposées irrégulièrement autour de la masse annexielle. Elles sont surtout déve- ‘loppées autour de la ligne de soudure de la trompe avec l'ovaire. Pour détordre la trompe, il a fallu sectionner les tractus-fibreux qui passaient d’un côté à l’autre du sillon de torsion.
Le sacto-salpinx est incisé suivant son axe. Il s'écoule environ un verre à bordeaux de liquide hématique visqueux et noirâtre. La collection intra-ovarique s'écoule par l’incision de la paroi tubaire lentement, et grâce à de légères pressions.
La poche ovarienne est incisée, et alors on voit les deux côtés de l’orifice qui met en communication la cavité tubaire avec la cavité ovarienne. Get orifice est arrondi avec un diamètre de 3 à 4 millimètres, et son pourtour est goudronné par suite de la saillie des franges irrégulièrement accolées les unes aux autres et peu distinctes. La face interne de la paroi tubaire est tomenteuse avec des vaisseaux dilatés. Ça et là sont des plaques jaunes vert, comme s’il y avait eu des hémorragies interstitielles. L'ensemble de la paroi est épaissie.
La poche ovarienne présente un aspect analogue mais
RES EEE moins tomenteux. Le reste de l'ovaire est bourré de kystes, dont quelques-uns ont les dimensions d'une petite noix. Ces kystes sont séparés les uns des aulres par des cloisons fibreuses épaisses. La couche corticale de l'ovaire est épaissie et dense : par points il existe des nodules et des plaques légèrement saillantes de tissu fibreux.
OBsERvATION VI
-Tèdenat. Kyste tubo-ovarien dans un cas de papillomes intra-tubaires. Guérison persistant depuis cinq ans. é (Observation recueillie par le docteur Dusser)
Madame Marie Der... 36 ans, entre à la clinique du professeur Tédenat le 6 novembre 1906 pour une tumeur abdominale. ; |
Le père, âgé de soixante-treize ans, se porte bien; la mère est morte à quarante ans d'un cancer de l'utérus. Trois frères plus jeunes se portent bien. Réglée à douze ans, mariée à vingt et un ans. Accouchements sans complications à vingt-trois et vingt-sepl ans. La malade n'a jamais souffert de l’utérus ; pas de pertes blanches, Îles règles ont toujours eu une durée de quatre à cinq Jours, sans douleurs, de quantité moyenne.
[l y a quinze mois, vagues pesanteurs dans le bas-ventre et les lombes. Règles plus abondantes avec quelques caillots. Il y a huit mois, la malade constate l'existence d’une tumeur au bas-ventre. Un médecin consulté conseille injections chaudes et ergotine quelques jours après les règles. Il croit à un fibrome utérin. La tumeur a rapidement augmenté de volume depuis trois mois et il y a cinq semaines est survenue une poussée péritonitique légère : nausées, douleurs de ventre, constipation, pouls à 100-120, température 38°5 pendant six jours. Actuelle-
AREA D TR Me Dent En ES 2 +
An rie
ment 6 novembre 1906, les douleurs sont à peu près calmées. La tumeur remonte à deux centimètres au-dessus de l’ombilic ; elle occupe le côté gauche du bas-ventre, dé- passant à droite la ligne médiane de quatre à six centimètres suivant les points. Elle est placée à gauche de l'utérus qu’elle déplace de façon très appréciable vers la droite. Elle présente quelques bosselures peu saillantes et une grande poche du volume des deux poings vaguement fluctuante. La sensibilité à la pression ne permet pas d’insister. D'ailleurs le diagnostic de kyste de l'ovaire gauche paraît s'imposer.
-10 novembre, laparotomie. Adhérences molles de l’épiploon. Elles sont faciles à détacher. On voit alors la trompe dilatée et tordue sur son axe, quelque peu adhérente à la partie gauche de l'utérus. Elle adhère à l'ovaire kystique. Toutes ces adhérencés peu résistantes ayant été séparées, une ligature est placée sur le ligament infundibulo-pelvien ; la masse pathologique est alors surélevée et une double ligature est placée sur la trompe au ras de la corne utérine. L’excision de la tumeur a lieu avec un suintement sanguin peu abondant. Surjet au catgut rapprochant les surfaces cruentées. Les annexes droites saines sont conservées.
Suture de la paroi à trois places. La guérison était complète le 28 novembre, sans autre complication qu’un vomissement dans l'après-midi du Jour de l'opération.
Examen des pièces: La trompe est dilatée par un liquide séreux, légèrement visqueux, jaune foncé, ses deux tiers externes sont distendus par le liquide jusqu’au volume des deux poings. Le pavillon de la trompe a ses franges soudées de façon peu solide et retournées en dedans vers la cavité tubaire. Elles sont assez distinctes les unes des autres. L’ovaire a les dimensions d’une grosse
orange qui adhère à la oo. moyenne de la poche tubaire. |
Il n’y a pas d’ alhérencs entre le kyste ovarien et l’extrémité fermée du pavillon. Après incision longitudinale de la trompe, la cavité de celle-ci montre des végétations en chou-fleur formant deux masses principales. La plus volumineuse a les dimensions d'une grosse noix lobulée avec des franges flottantes ayant de cinq à quinze millimètres de longueur.
L'autre a les dimensions d'une noisette, ést grenue ; toutes les deux sont de couleur rouge foncé, de consistance dure et sont portées par un court pédicule. En plu- sieurs points de la dilatation tubaire existent de petits pa-
pillomes sessiles. Ils forment une petite plaque grenue
de cinq centimètres de large au voisinage de l’orifice de communication de la poche tubaire avec la poche ovarique.' Cet orifice, allongé en fente, long de deux centimètres,
large de trois à cinq millimètres, suivant les points, a des bords minces.
La poche ovarique contiendrait une mandarine. Elle présente sur sa face opposée à la perforation une masse polykystique faisant saillie à la façon d’une amande. Il existe trois autres loges à contenu visqueux, dont le vo- -lume varie de celui d'une noix, à celui d’un œuf de poule.
[Il semble bien que la perforation ait été produite par les masses papillaires qui présentaient par places des saillies dures et calcifiées.
L'examen microscopique n’a pas été pratiqué. L'opérée restait guérie en janvier 1912, cinq ans et deux mois après l'opération. Sa menstruation était régulière peu abondante ct durait trois ou quatre jours, sans douleurs. Santé générale excellente.
À noter que la communication entre le kyste ovarique