‹ Sur les Progrès de l'Électrologie Appliquée au Diagnostic et au Traitement des Poliomyélites Aiguës ÉpidémiquesChapitre 10 sur 17 · COURANT GALVANIQUE CONSTANT · texte numérisé non relu

COURANT GALVANIQUE CONSTANT

MopE D'ACTION. — Les expériences de Guilloz et de Hirtz, de Capriati et Piccinino rapportées par Doumer, les travaux de MM. Challiol et Laquerrière ont défini le rôle essentiellement trophique du courant continu vis-à-vis des masses musculaires. Les échanges respiratoires au sein des tissus sont augmentés, la fatigue musculaire est diminuée, l’amyotrophie est favorablement influencée, tandis que le tissu adipeux tend à disparaître.

Ces résultats sont précisément ceux que nous recherchons dans le traitement des séquelles graves d’une poliomyélite. Ils paraissent dus au mouvement incessant, sous l'influence du courant, des molécules intracellulaires dissociées en ions. (Leduc, Challiol et Laquerrière.)

En même temps la circulation est notablement améliorée et la température locale légèrement accrue.

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Ce mode si rationnel de traitement a connu, et connaît encore, de très nombreux et de très beaux succès. Cependant, il semble qu'il ait subi, ces années dernières, une sorte de « crise de confiance » qui nous paraît bien injustifiée.

La diathermie seule ne paraît pas avoir sur le tissu musculaire une action trophique aussi accentuée.

Nous avons vu quelles réserves formulent à l'endroit de la radiothérapie ceux qui s’en déclarent partisans.

Les secousses, même galvaniques, ne peuvent être utilisées sans danger et avec profit que lorsque les réactions électriques des muscles frappés ne marquent déjà plus une déficience trop prononcée.

Pour toutes ces raisons, nous pensons, avec notre maître, le Professeur Cluzet, et d’ailleurs la grande majorité des électro-radiologistes modernes (Hirtz, Bourguignon, Delherm et Laquerrière, Zimmern, Vignal, etc.) que la galvanisation non interrompue doit constituer le traitement de fond des paralysies.

APPLICATION — À. — TECHNIQUE CLASSIQUE. — Elle est des plus simples :

Pour le membre supérieur, une électrode positive est placée sur la nuque, l’électrode négative enveloppant la main et l’avant-bras. La source sera soit une batterie de piles ou d'accumulateurs, soit simplement le secteur de ville quand il fournit du courant continu. Un réducteur de potentiel permet de régler l'intensité. On fait passer 10 à 15 milliampères pendant vingt à trente minutes.

Pour le membre inférieur, l’électrode positive est

+ fr — DU —

au niveau des lombes, la négative sur le pied et la jambe.

Les séances peuvent être bi-hebdomadaires.

Elles doivent être précoces, commencées autant que possible dans les trois ou quatre semaines qui suivent la disparition des signes généraux du début. (Delherm et Laquerrière.)

Elles doivent être contlinuées pendant très longtemps, sans se laisser décourager par un insuccès pas- : sager. On peut encore obtenir des améliorations au bout de deux ans, trois ans, cinq ans et davantage.

Il sera bon, néanmoins de les interrompre de temps en temps, deux mois sur six, par exemple. Ces interruptions du traitement galvanique ont un double avantage : d’abord elles permettent au malade un séjour profitable à la mer ou à la montagne, voire simplement à la campagne, où les applications électriques peuvent être malaisées ; ensuite elles donnent plus d'efficacité à la reprise ultérieure du traitement, l’électrothérapie donnant lieu, dans une certaine mesure à la longue, à «un phénomène d’accoutumance (Bourguignon) susceptible d’atténuer ses bons effets.

B. — GALVANISATION TRANSVERSALE. — M. le Professeur Hirtz, du Val-de-Grâce, a fait connaître en 1913, sous le nom de « galvanothérapie intensive, à faible densité de courant » un nouveau mode d'’utilisation du courant continu extrêmement intéressant. (1)

(@) Voir Archives d'Elect. méd, 1913, tome II, p. 249,

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Primitivement étudiée en vue du traitement des névrites, cette méthode est, depuis la guerre, appliquée aux poliomyélites par le Professeur Hirtz qui a publié plusieurs observations concluant à son efficacité.

Au lieu de faire passer une quantité minime de courant (15 mA) d’une extrémité à l’autre d’un membre malade, comme on avait toujours fait jusqu'ici, ce procédé permet de faire passer un courant beaucoup plus intense (150, 200 et jusqu'à 300 milliampères), perpendiculairement à l’axe de ce membre.

Il suffit pour cela d'employer des électrodes de grandes dimensions. Elles auront pour but

1° De pouvoir s'appliquer sur toute une face du membre à traiter de manière à ce que l’ensemble de ses tissus soit soumis à l’action trophique du courant ;

2° De présenter une surface telle que la quantité d'électricité qui pénètre dans les téguments par centimètre carré soit relativement faible (faible densité).

On devra disposer

De plusieurs jeux de plaques de zinc de dimensions appropriées pour les bras et pour les jambes, pour les lombes et pour l'abdomen ;

De tampons destinés à être interposés entre les électrodes et la surface cutanée. Ces tampons ont une extrême importance et doivent être confectionnés très soigneusement, afin d'éviter les brûlures qu'occasionnerait une inégale répartition du courant à la surface des téguments. Ils sont faits de bandes entières de coton hydrophile, très régulièrement superposées, humectées préalablement, puis fortement tassées dans

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