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ne permettra pas de saisir la contractilité propre des muscles très dégénérés ; de même pour les très petits muscles des jeunes enfants.
On cherche et on note encore pour chaque nerf et muscle l'intensité minima capable de provoquer la contraction {seuil de l’excitabilité) lors de la fermeture du circuit. Cette recherche est faite une première fois, le tampon actif se trouvant relié au pôle négatif (NFS), puis, grâce à la clé de Courtade, le même tampon étant rendu positif (PFS).
On note également les caractères de la contraction (en éclair ou normale, paresseuse ou lente) et aussi le point du muscle où l’on doit placer le tampon pour obtenir le plus aisément la contraction, quand ce point ne correspond pas au lieu d'élection habituel (déplacement du point moteur).
Une fois ces divers examens effectués, on a en sa possession tous les éléments de l’électro-diagnostic, Sa VOIT :
Quels nerfs et quels muscles sont hypoexcitables ou inexcitables aux ondes électriques brèves (courant faradique) ;
Quels, aux ondes électriques longues (courant galvanique)
Quels muscles présentent la réaction de dégénérescence (inexcitabilité du nerf et du muscle au faracique, hypoexcitabilité du muscle au galvanique avec lenteur de la secousse).
INCONVÉNIENTS. -— Cette méthode, couramment uti-
lisée depuis plus de vingt-cinq ans a rendu et rend
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encore de précieux services. Cependant elle n'est pas entièrement exempte de reproches.
1° L'appareillage que nous avons très rapidement esquissé est assez compliqué, donc dispendieux et difficilement transportable. L'examen pratiqué de cette manière est long et complexe, donc peu pratique pour le médecin, surtout s'il n'est pas spécialisé.
2° Les résultats en sont peu précis. La grandeur des ondes excitantes qui provoquent le seuil de la contraction est effectuée d’une manière qui n'est guère satisfaisante.
En effet, on évalue les courants induits, en général, par la distance en centimètres qui sépare la bobine inductrice de la bobine induite ; or, les nombres qu'obtiennent ainsi divers expérimentateurs ne peuvent se comparer entre eux avec exactitude, puisqu'il y à de grandes différences entre ces divers appareils au point de vue voltage et mode d'interruption du courant primaire.
On mesure les courants galvaniques en milliampères ; on peut donc mettre en relief des variations notables de l’excitabilité, mais 1l est impossible de mesurer ces variations par des nombres comparables entre eux, ni même de fixer, d’une manière générale, les nombres qui caractérisent l’excitabilité normale.
Les résultats fournis par des examens successifs au moyen de cette méthode, les conditions étant rigoureusement les mêmes, présentent entre eux des écarts de 75 et même de 100 pour 100. (Cornaz, Mann, Cluzet.)
Il n’est pas rare de voir des muscles que les procédés
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galvano-faradiques montrent présentant une RD identique et qui, par la suite, se montrent atteints à des degrés divers, puisque certains retrouvent leur motilité ou la voient s'améliorer avant les autres.
3° Les mesures galvaniques et faradiques sont douloureuses lorsqu'on a affaire à des nerfs ou des muscles qui offrent une grande diminution de l’excitabilité. Il faut alors arriver à des intensités très pénibles à supporter pour avoir la secousse recherchée ; les enfants, en particulier, en se défendant, augmentent la difficulté de l'exploration ou même la rendent impossible.
20 Méthode du Condensateur à capacité réglable
Le Professeur Cluzet a fait connaître, en 1911 (Lyon Médical, 26 novembre), une nouvelle méthode toute différente de la précédente et qui lui permet d'’effectuer, à l’aide d’un seul appareil, ingénieux et simple d’une manière précise et indolore, toutes les recherches intéressant l’électro-diagnostic.
APPAREIL. — Si l’on charge au même potentiel une série de capacités croissantes, la durée de la décharge dans un circuit sans self et la quantité d'électricité mises en Jeu sont proportionnelles à la capacité.
Partant de ce principe, le Professeur Cluzet a fait construire, en 1912, une boîte qui comprend :
Une série de douze condensateurs plans, dont les capacités varient d’une façon continue de 0,005 à
10 microfarads ; un système de leviers articulés appa-
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rents permet de les relier entre eux à volonté, en lisant d’un coup d'œil là capacité ainsi ajoutée ;
Une clé de Morse à trois contacts permetlaut de charger et de décharger alternativement les condensateurs ;
Un commutateur permettant de changer à volonté le signe des électrodes et une série de résistancess (1.000, 2.000 et 5.000 ohms) qui, introduites dans le circuit, permettent d'étaler si besoin est, l’onde de décharge ;
Quatre bornes. Deux d’entre elles (bornes de charge) sont destinées à être reliées à une source de courant continu (piles, secteur de ville), en vue de charger les condensateurs, la clé de Morse étant dans la situation appropriée ; les deux autres (bornes de décharge) sont reliées aux électrodes qui doivent servir à l'examen, le circuit étant fermé sur l'individu à examiner et la clé de Morse dans la position inverse de la précédente. (1)
MANUEL OPÉRATOIRE. — Les précautions générales sont les mêmes que pour l’électro-diagnostic classique : malade bien placé, de préférence couché sur l’électrode indifférente, électrodes convenablement humectées. Nous avons vu combien la frigidité locale était fréquente chez les sujets atteints de poliomyélite. On sait, d'autre part, que cette frigidité rend difficile
(4) Depuis quelques années, le professeur Cluzet emploie un modèle du même genre, simplifié, comprenant 5 capacités (0,01; 0,05 ; 0,14; 4 et 10 mf.) moins précis mais suffisant pour la pratique courante.
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l'excitation des muscles et peut faire croire (Cluzet, Bordier) à une RD qui n'existe pas. Aussi le Professeur Cluzet fait-il toujours précéder l'exploration électro-diagnostique d’une application diathermique, dont le rôle sera indiqué plus loin.
Les bornes de charge sont reliées aux pôles d’une source de courant continu à potentiel constant (110 ou 220 volts par exemple) ; les bornes de décharge correspondent aux électrodes. On peut utiliser à volonté la méthode monopolaire ou la méthode bipolaire.
Il suffit alors de noter pour châque nerf et pour chaque muscle étudié la plus faible capacité dont la décharge sera capable de produire la contraction (capacité luminaire). En même temps on jugera de la forme de cette contraction.
Par cette unique manœuvre, on saura : si pour un potentiel donné, le nerf et le muscle réagissent ou ne réagissent pas à la décharge des capacités faibles — inférieures à 0,1 microfarad — (inexcitabilité aux ondes brèves = inexcitabilité faradique) ;
Si le muscle ne réagit qu'à la décharge d’une forte capacité — supérieure à 2 mf — (excitabilité aux ondes longues à quantité d'électricité élevée = hypoexcita-
bilité galvanique).
La RD complète est facilement mise en évidence du fait que les muscles intéressés ne sont .excitables qu’au moyen de fortes capacités, que la secousse ainsi obtenue est traînante, que le nerf moteur est inexcitable.
La RD partielle est caractérisée par l'excitabilité des nerfs avec les fortes capacités seulement et celle des muscles avec les moyennes.
AVANTAGES DE LA MÉTHODE. — 1° Elle est plus simple et plus rapide que la méthode classique. L’appareillage est réduit à un seul instrument facilement transportable ; la graduation des capacités que porte l'appareil remplace les instruments de mesure ; le réducteur de potentiel est inutile. On n’a qu'une seule mesure à effectuer au lieu de deux pour l’examen de chaque nerf et muscle ;
2° Elle est plus précise puisque contrairement au seul galvanique et surtout au seuil faradique, la capacité luminaire est lisible en chiffres précis, comparables entre eux. D'autre part, on dispose entre les ondes courtes et les ondes longues, de toute une gamme d'intermédiaires qui permettent, non seulement de déceler la RD, mais encore d’en fixer le degré plus ou moins prononcé ;
3° Elle est beaucoup mieux supportée par suite de l'absence d'effets électrolytiques ; l'examen des enfants en est grandement facilité.
En résumé : « Elle possède des avantages qui doivent rendre caduque la méthode actuelle d'examen par bobine et décharge du courant continu. » (Lewis Jones.)
30 Chronaximétrie
Nous serons extrêmement brefs dans l'exposé de cette méthode, appelée vraisemblablement au plus grand avenir, mais dont la complexité à rendu jusqu’à présent l'application malaisée et éloignée du domaine pratique.
Elle puise son principe dans la seconde loi de Weiss:
« Quand, pour produire la réponse minima, on porte
une excitation électrique sur un nerf ou sur un mus-
cle, cette excitation doit mettre en jeu une quantité
d'électricité constante plus une quantité proportion-
nelle à la décharge. » On la traduit par la formule : COPA ent ;
Le rapport a/b, ou rapport de Weiss, a été désigné par le Professeur Cluzet sous le-nom de caractéristique d'’excitabilité, et par Lapicque sous le nom de chronarie. Il s'exprime numériquement en fraction de seconde. | L’expérimentation physiologique à montré que le muscle normal est caractérisé par une chronaxie très petite tandis que le muscle dégénéré à une chronaxie très grande.
Bourguignon, .perfectionnant les travaux de Lapicque basés sur ces données, est parvenu à mesurer pratiquement le rapport a/b de Weiss. De ses expériences il a déduit que
1° La chronaxie d'un muscle sain chez l'homme est la même sur le nerf, sur le point moteur et par excitation longitudinale (le muscle sain est homogène) ;
2° Dans un segment de membre, la chronaxie est la même pour tous les muscles synergiques d’une mèême fonction.
On a donc là un procédé d'une grande finesse de précision pour déterminer les nerfs et les muscles atteints par un processus dégénératif et pour évaluer exactement l'importance de cette dégénérescence.
« Dans la paralysie infantile, la localisation (des dé-
générescences neuro-musculaires) est, aux membres
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inférieurs, d'abord sur les muscles et nerfs de chronaxie moyenne (T= 0,00035), soit le domaine du nerf sciatique poplité externe à l'exception du jambier antérieur ; puis c'est le système de petite chronaxie (jambier antérieur : 0,00020, muscles antérieurs de la cuisse : 0,00014) qui est frappé. Enfin et plus rarement sont atteints les nerfs et muscles de grande chronaxie (T—0,00035 : muscles postérieurs de la cuisse et de la jambe).
« Aux membres supérieurs, ces localisations se font d’abord sur les museles de grande chronaxie (extenseurs : 0,00056), puis sur ceux de chronaxie moyenne (radiaux : 0,00025) et finalement sur ceux de petite chronaxie (T—0,00015). » (René Brenier, Thèse de Paris,” 1923:)
40 Mise en œuvre de l’électro-diagnostic dans la poliomyélite
Nous avons vu, au précédent chapitre, la nécessité de l'électro-diagnostic en vue de fixer, autant que faire se peut, le pronostic fonctionnel de la HAE lite.
Nous verrons plus loin qu'il est D également pour guider le traitement.
Il doit, en outre, être renouvelé fréquemment tant que persistent les moindres troubles, afin de juger des progrès accomplis, car comme le disent très justement Zimmern et Pérol, il en est des réactions électriques comme de la température : une seule prise de température est insuffisante pour caractériser une pyrexie, c'est la courbe qu'il importe de consulter,