DENON
Le Docteur BELLING a décrit dans le journal de KAUSCH(*), une épizootie de la fièvre charbonneuse, qui en 1811 désolait plusieurs villages du pays de L1EG- NITZ. La maladie pouvait bien être regardée comme une suite immédiate des grandes chaleurs, qui avaient tout desséché pendant l’été de cette année; mais son origine ne pouvait pas être expliquée directement par ces causes, vu qu’elle faisait ses plus grandsravages dans ces villages, où il y avait le moins de disette en eau potable. Les plus grands soupçons se portèrent donc sur Palbigo (Mehlthau), qu’on rencontrait abondamment dans plusieurs de ces contrées, et qui, par manque de pluie, était resté attachée aux herbes. La maladie repa-
(*) Memorubilien der Heilkunde, Staatsarzneiwissenschaft und T'hierheilkunde, T. 1. p. 202.
rut presque tous les mois , malgré le nombre de remèdes employés, et même avec beaucoup de succès. Les boeufs, les vaches, et surtout les chevaux en devinrent victimes. Elle continua depuis le mois de Juillet 1811 jusqu’en Mai 1812, et ne put nullement être considerée comme entretenue par un virus contagieux, On crut bien en devoir partiellement chercher la cause dans l’eau, qui pendant tout l’été fut tiède , trouble et insalubre; mais cette supposition perdit toutes ses forces pendant l’hiver. La boisson, dont usa le bétail dans une ferme , où le charbon redoubla de vigueur, n’offrit, par l’analyse, qu’on en fit, rien, qui put la faire regarder comme suspecte, et quoiqu’on vidà et nettoyàt le puits; la maladie n’en continua pas moins ses ravages. — Les soupçons, qu’on avait sur le fourrage, augmentèrent; quand on vit, que des chevaux nouvellement achetés, et transportés dans les écuries, qu’on avait nettoyées avec soin, et dans lesquelles on avaitrenouvelé lesrateliers, crèches, planches et tous les ustensiles furent, quelques jours après avoir fait usage du même foin, attaqués du charbon, auquel ils succombèrent.
Admettant donc le foin pour cause, on ne put s’expliquer comment parmi ces chevaux, les uns ne se ressentaient de la maladie, qu'après un long usage de cet aliment, tandis que les autres en étaient assaillis après quelques jours. On dut donc supposer que lherbe avant d’être fauchée avait été infectée parl’a/bigo, dont on ne pouvait plus voir les traces après sa des sication ; quoiqu’elle conservât néaumoins ses propriétés nui-
sibles.
Ces doutes cependant, résultant de l’action plus ou moins accélérée des fourrages sur le corps animal, peuvent être levés par observation, qu’un individu peut résister plus long temps aux influences funestes qu’un autre, suivant sa constitution; mais une seconde observation, que lors de l’existence de cryptogames sur le fourrage, il n’est pas exigé que tout un tas en soit rempli, ou que leur propagation soit générale et égale partout, vient corroborer la première. En effet, ces cryptogames peuvent y être très dispersées, dans un endroit se trouver abondamment, et manquer absolument dans un autre; ensorte que c'est le hazard, qui expose le premier les animaux au danger qui les menace, qui fixe le temps, qu’ils y sont exposés, et la violence avec laquelle ils seront assaillis. De là on peut expliquer la marcheirrégulièreetsouvent interrompue que le charbon suit quelquefois dans la même étable et qu'il suivit aussi dans le Ziegnitz. Aussi ne voit-on périr d’abord que quelques individus isolément, puis plusieurs de suite , successivement ou simultanément, et dans les étables le plus souvent ceux, qui sont voisins, comme recevant dans la distribution plus aisément et en même temps leur part des substances dangereuses. D’autrefois la maladie s’arrête pour un certain temps, disparait même, quand les causes premières ne se trouvent plus dans le fourrage qui reste encore. Telle distribution des cryptogames peut également avoir lieu sur les herbes des pâturages et régler, de même que dans les étables, la marche du charbon.
EN: on
À ces observations viennent encore se joindre d’autres, pour appuyer la conviction, que les précédentes ont fourni sur la faculté pernicieuse que possèdent les cryptogames, pour exciter des inflammations dans les voies digestives. GASPARIN dit (*): quand la paille se trouve infectée de rouille, elle peut dans certaines années répandre sur les bestiaux de contrées entières les plus grands malheurs, en leur occasionnant des inflammations de l’estomac et des intestins. La rouille appartient à la famille des champignons, et occasionne chez les animaux de vrais empoisonnemens, comme les grands champignons chez les hommes. Les effets, qui en résultent, diffèrent d’après la plus ou moins grande quantité, que les animaux en ont mangé, et d’après la distribution plus ou moins considérable de ces champignons.
L'exemple le plus frappant se trouve ajouté à la suite de la traduction Allemande de l’ouvrage de GASPA- RIN , et mérite d’être rapporté en détail.
Sur la surface inférieure des feuilles de l’esparcette (hedysarum onobrychis), dit le traducteur, se forme une espèce d’albigo(Mehlthau) (+), quiselon les affirmations
(*) Abhandlung von den ansteckenden Krankheiten der Schaafe, etc., aus dem Französischen übersetzt mit Anmerkungen , Von 3. F. NIEMANN, Halle 1822, 5.
(1) Peut-être l’aecidium hippocrepidis, qu’on trouve aussi sur l’hedysarum, ayant les caractères suivans: Peridions épais, recouvrant toute la surface de la feuille, courts, orbiculaires, serrés, blanchâtres, s’ouvrant en cupule, ayänt l'orifice légèrement dentelé, épais et droit, et renfermant une
de MR. RABE, à Malle, peut devenir très nuisible pour les bêtes à cornes et à laine, comme le prouvent les observations suivantes.
L’année de 1811 fut si favorable pour l’esparcette, qu’on pouvait la faucher deux fois avec beaucoup d’avantage. On remarquait bien que la face inférieure des feuilles était recouverte d’une espèce de duvet blanc, mais à la faveur du beau temps la récolte fut si heureuse, qu’on n’en fit pas d’autres remarques, et que personne ne pouvait se rappeller avoir jamais vu un plus beau fourrage. Un propriétaire en fit transportersurun de ses greniers à quelque distance de la ferme, la destinant pour fourrage d’hiver aux jeunes bêtes à cornes. Six jeunes génisses de deux ans, bien nourris, de race Helvétique, en ayant mangé pendant quelque temps, on vint annoncer un beau matin, qu’une de ces bètes gisait morte dans l’étable, sans avoir donné préalablement des signes d’indisposition. Je me transportais de suite à l’endroit, où l’on avait reclamé mon secours, et trouvais déjà dans la même matinée une seconde génisse prête à expirer. Convaincu par les symptômes, et l’autopsie cadavérique, que la maladie était le charbon, je fis de suite sur les autres animaux de fortes saignées, et remplaçai l’esparcette par du menu-fourrage de navets. La maladie ne fit plus de victimes et les animaux gagnèrent en embonpoint.
Je n’avais aucune idée alors, que le foin de cette
esparcette, qui paraissait excellente, pouvait être la cause
poussière blanc-jaunâtre. Ou seroit-Ce plutôt une espèce du genre érysiphe ?
de cette mortalité, d’autant moins,quej’avais déjà souvent observé, parmi le bétail de la S$uzsse, le charbon comme maladie sporadique. Je ne fis donc aucune difficulté de faire donner cette esparcette à une centaine de bêtes à laine, toutes agées d’un an. Dix jours après environ, le berger vint se plaindre , que plusieurs moutons étaient mort du charbon, qui se propagea tellement, que cinq périrent en une journée. Ceci reveilla mon attention sur un fourrage si bon en apparence. J’en defendis l’usage et dès ce moment la maladie ne reparut plus.
Cependant pour me convaincre entièrement de lin fluence funeste de cette esparcette sur l’économie animale, j’en fis nourrir exclusivement une trentaine de bêtes à laine, que je tins separées des autres. À peine eurent-elles usé pendant quelque temps de ce fourrage, qu’elles furent unanimement assaillies du charbon, faisant d’abord des victimes isolées, puis plusieurs à la fois. Pour ne pas occasionner des dommages plus considérables , je cessais avec ce fourrage, et d’autant plus volontiers , que le berger lui même convenait présentement être pleinement convaincu , que cette esparcette infectée était la cause unique du développement du charbon. Au printemps le restant du fourrage fut donné à des chevaux, qui durent faire un labeur continuel, sans qu’il en résultât des suites facheuses. Ils le mangèrent avec avidité et continuèrent à jouir d’une bonne santé: peut-être, parceque la poussière des cryptogames, entièrement desséchée, avait été
dispersée sur le grenier. Cependant cette différen-
ce d'action, fait naitre la réflection, si toutes les cryptogames sont également dangereuses pour tous les animaux, Ou si les unes le sont de préférence pour tel herbivore , les autres pour tel autre ? Reflections , qui
demandent de nouvelles recherches.
Enfin une observation, qui m'est propre, se rattache à toutes celles, qui sont déjà citées pour confirmer l’action mortelle du foin par suite d’inflammation, qu'il occasionna dans les voies digestives chez des bêtes à cornes. Je la cite, quoique je ne puisse pas désigner avec précision quel fut le principe maléfique, qui s’y trouvait caché.
En 1825 et 1826 une mortalité se déclara parmi les bêtes à cornes de la veuve KORVER et de son fils JAN KORVER, à Vinkeveen, province d’Utrecht, dont les fermes se touchaient, et dont les terres étaient ordinairement mises à profit en communauté. Depuis le mois de Septembre 1825 jusqu’en Mai 1826, 18 bêtes à cornes de tout âge périrent les unes après les autres. La maladie était tellement aigue, que la mort arrivait sans symptômes précurseurs de maladie. Souvent ces animaux étaient mort le matin, qui le jour précédent étàient encore très bien portants. L’autopsie cadavérique, faite par le vétérinaire BLANKEN, montra une forte inflammation de tous les viscères de la cavité abdominale et des poumons , ce qui fit, et non sans raison , prendre la maladie pour le charbon, qui aussi,
suivant le témoignage du même vétérinaire , avait fait
des ravages dans le voisinage. Désigné par la Commrsssion d’ Agriculture de cette Province pour examiner, de concert avec un de ses membres, MR. G. C. LAAN, cette maladie , nous nous rendîmes le 20 Février 1826 sur les fermes de ces propriétaires , où n’ayant plus trouvé de malades , nous en obtinmes les renseignemens suivans. La mortalité avait commencé dans les pâturages parmi le bétail des deux propriétaires, qui avait pâturé, ou sur la même pièce de terre , ou sur des pièces qui s’avoisinent , et 5 à 6 bêtes avaient déjà péri, avant que les autres fussent rentrées dans les étables. Environ douze ans auparavant quelques bêtes avaient été victimes du charbon dans la même ferme de la veuve KOR- VER, mais depuis ce temps il ne s’était plus déclaré. Le foin, dont les animaux furent nourris dans les étables de cette dernière, provenait en partie des mêmes prairies, où ils avaient pâturés, et dans lesquelles quelques animaux avaient péri pendant l’arrière saison. Le tas de foin cependant consistait en fourrage des dernières et précédentes récoltes, formant ainsi des couches différentes. Aussi longtemps , qu’on employa la couche supérieure, nulle indisposition ne se fit remarquer parmi le bétail ; mais aussitôt qu’on vint la seconde couche, provenant de la prairie suspecte, la maladie ne tarda pas à paraître. Kor- VER fils avait tiré son foin d’autres pâturages plus éloignés, et l’on fit alors la remarque, que justement les seuls individus de son troupeau devinrent malades, qui, transportés dans l’étable de sa mè-
re, à cause des réparations qu’on devait faire dans
la sienne, avaient été nourris de la seconde couche, En général le foin des prédits propriétaires , aussi bien que celui de leurs voisins, comme provenant de terres basses et tourbeuses, était peu nourrissant, contenant des joncs et des mauvaises herbes, et fauché trop tard , était devenu desséché, maigre et pailleux. L’extérieur cependant ne présentait pas autant de différence, pour en pouvoir reconnaitre , pourquoi la maladie s'était plutôt développée chez la veuve KORVER ; que chez le fils et les voisins.
Comme cependant des circonstances prédites on pouvait conclure, que les causes se trouvaient dans le fourrage , nous crûmes nécessaire de leur conseiller de le remplacer par d’autre de meilleure qualité. On n’écouta pas ces conseils, hésitant d’ajouter de nouvelles dépenses à la perte, qui résulterait des fourrages rejetés. On continua done à leur donner la même nourriture ; trois à quatre bêtes à cornes vinrent de nouveau à mourir, On se décida enfin à suivre nos avis; du nouveau foin fut acheté; la maladie disparut de suite, la mortalité cessa. Les excrémens secs, noirs et rares auparavant chez tous les animaux devinrent moins solides et plus naturels, preuve que Virritation et l’état inflammatoire des intestins disparut, Le foin destiné à être examiné ayant été déplacé par hazard, je me trouvais dans l’impossibilité de m’as-
surer s’il y avait des cryptogames ou des cicatrices sur les places, qu’elles avaient occupées. Ces dernières restent plus ou moins visibles, quand par la séchéresse ou d’au-
tres circonstances la poussière séminifère à été disper-
sée. [suffira pourtant d’avoir fait voir, que la cause du charbon devait aussi dans le cas présent être cherchée dans le fourrage,
Quoiqu’on ait négligé jusqu’à ce jour, surtout dans notre patrie, et en particulier sous le rapport de Part vétérinaire, la connaissance des cryptogames, qui peuvent être la source de tant de maux , il y a cependant des agriculteurs observateurs , qui savent fort bien par expérience, que sur les différentes espèces de pailles et de feuilles, il peut y avoir des productions , dont ils n’ignorent pas les funestes propriétés pour le bétail. De ce nombre est le laboureur VAN ROOYEN, qui dans le mois de Janvier 1828 vint à l’école vétérinaire d’Utrecht, pour prendre consulte sur une de ses vaches pleines, qui souffrait d’obstructions et de coliques, avec perte d’appétit, rumination défectueuse et refroidissement des oreilles et des cornes. Il disaittrès bien connaitre la cause de cette maladie, qui ne provenait selon lui que de l’éteule de pois rouillée, que l’animal avait mangé. Cette rouille, continuait-il, se trouve souvent sur cette plante; quand après de longues chaleurs vient un temps humide ou pluvieux , elle lui communique des propriétés très dangereuses; des coliques surtout tourmentent le cheval. Pourles bêtes à cornes elle est moins nuisible, suivant ce laboureur, et seulement quand elles en mangent beaucoup. Les fêves et les pois, qui en sont infectés, mûrissent avant le tems et restent rabougris. Chose semblable se développe aus-
si sur le trèfle, dont l’usage alors , en occasionnant un
échauffement du sang, a des suites fâcheuses ; les pailles aussi, surtout celle d’avoine, n’en sont pas exemptes. Les pâturages également, sous les mêmes influences , sont assujettis à la rouille, qui s’y fait connaitre en rougissant les souliers, quand on les traverse. Quant aux différentes cryptogames dont on parle ici, la question pourra être décidée par les déscriptions qu’en donne M. MARCHAND. Ayant recu une partie de cette éteule de pois, nous y vimes encore distinctement les traces de la rouille, quoique la plus grande partie de la poussière pernicieuse eut été disséminée , parce que cette poussière s’en détache en grande partie pendant l’hiver par défaut
de nutrition, lorsqu'elle est desséchée (*).
(*) Ne pourrait-on pas dans un semblable état pathologique des plantes potagères, qui servent de nourriture à l’homme, trouver une cause de plusieurs épidémies, plus ou moins générales? Nous n'ignorons pas, que différentes de ces plantes et surtout des légumineuses (comparez van maLL I. c. p. 12, où cette supposition est confirmée par une observation du Dr. WESTERHOFF) sont souvent infectées de cryptogames pendant l'été, chose qui, comme je pense, mérite une attention particulière. Beaucoup de fièvres automnales sont accompagnées d’une irritation abnormale ou d’une inflammation des viscères abdominaux, comme l'expérience l’a clairement démontré dans les dernières années, et produisent dans plusieurs parties de l’organisation des dérangemens peu différents de ceux, qu’on observe dans le charbon. Dans les descriptions des dernières maladies populaires on n’a pas négligé ces rapports de temps en temps. On a tâché d’expliquer leur origine par les mêmes circonstances, qu’on suppose produire le charbon. Les influences, qu’on a pris en considération comme causes nuisibles, se bornent principalement t°. à l’action directe , qu'exerce l’atmosphère sur l’économie animale, par des chaleurs excessives, une sécheresse continuelle, changement de
L’animal malade fut bientôt rétabli par l’emploi
d’une saignée et l’administration de breuvages faits avec
température et disposition électrique, et 2°. à l’action des miasmes ou autres exhalaisons gazeuses nuisibles. Certes, personne n’osera méconnaître les propriétés très pernicieuses de ces influences et leur triste faculté de produire des épidemies ou des maladies populaires très aigues; mais c’est une autre question, si dans les recherches de ces causes on ne néglige pas trop souvent les alimens, et les changemens , qu’ils peuvent subir par la même disposition atmosphérique, à laquelle on attribue les maladies, changemens par lesquels ces alimens peuvent également acquérir une qualité morbifique sur le corps humain de concert avec les causes prédites, surtout comme agissant immédiatement sur les voies digestives. Nons ne voulons faire passer ces réflections que pour des simples considérations, que nous soumettons au mûr examen de médecins instruits, mais croyons néanmoins, que les dérangemens observés très souvent pendant les dernières années dans les cadavres des victimes de l’épidemie régnante , et ceux qu'on trouve dans les animaux morts du charbon, ont assez d’analogie pour supposer une similitude dans les causes occasionnelles. La forme apoplectique, sous laquelle apparaissent si souvent les fièvres pernicieuses ou malignes chez l’homme, comparée avec l’espèce d’apoplexie, qui fulmine pour ainsi dire les animaux charbonneux, ne peut-elle pas aussi en quelque sorte servir pour déterminer la similitude du caractère principal de ces deux maladies et de là nous conduire aux rapports, que peuvent avoir entre elles les causes premières? BarrLy, dans son mémoire intitalé: Physiologische Untersuchungen über die febres intermittentes perniciosae, a donné une comparaison des maladies de l’homme avec celles des animaux, dans laquelle il fait observer, qu’en Italie souvent les épizooties malignes règnent en même temps , que lesfièvres intermittentes sont générales parmi les hommes, et que les viseères des animaux morts offrent les mêmes dérangemens que
une décoction de semence de lin, fleurs de chamomille,
avec du sulfate de soude et du vinaigre,
En traitant des qualités dangereuses, qu’acquièrent les fourrages pour les bestiaux, par différentes cryptogames, qui sous une influence particulière de latmosphère se développent sur les plantes phanérogames , je ne puis m’abstenir de parler également de la moississure (Mucor mucedo), qui appartient également à cette classe de parasites, et agit de même souvent très violemment sur le corps animal,
LINNÉ parle du danger, que l’usage du pain moisi présente pour la santé de l’homme, comme possédant une saveur amère, une odeur nauséabonde et vénéneuse, ensorte que les chiens même ne toucheront pas fa-
cilement à du pain de cette nature (*).
ceux des personnes qui ont succombées. (HurrLanp, Bibliothek der practischen Heilkunde, T. 53, p. 246).
(*) Amoenitates academicae, Vol. V, p. 62. Panis rite confectus, a mucore conservandus est, quem facile contrahit, nisi torrefactus domo collocatur frigida. Mucidus enim panis, non aliter ac rancida caro, semper insalubris. — Quamquam enim hunc latrans vincat stomachus, aliis tamen non aeque convenit. Omnis mucor saporem habet amarum, odorem vero nuuseosum et venenalum, velut plantae repellentes, quas Medici ita dicunt, a quibus ipsa natura abhorret, unde et jam canis panem mucidum non facile devorat. Mabet mucor vim septicam , quae depascit et destruit, quod in lignis, citris et cadaveribus satis patet. — Que l'usage du pain moisi peut réellement occasionner chez l’homme des symptômes d'empoisonnement, tels que rougeur et engorgement du visage, maux de tête, un air furieux , étourdisse-
Une maladie qui s’était déclarée en 1802 parmi les chevaux du 20me régiment de chasseurs, stationné à METZ, qui fit beaucoup de victimes, et dont les causes occasionnelles se trouvèrent dans l’avoine , la paille et le foin moisis, qui servirent de nourriture à ces animaux, fournit l’occasion à GOHIER de confirmer, dans un mémoire sur cette épizootie (*), les effets dangereux , que peut produire la moississure sur l’économie animale. Des expériences faites avec du pain moisi sur les chevaux, et les résultats obtenus nous ont été communiqués dans un autre ouvrage particulier du même Professeur (+). Trois chevaux et un mulet, qui avaient mangé plus ou moins de ce pain, et qui furent après tourmentés par des coliques les plus violentes, auxquelles deux chevaux succombèrent, lui donnèrent l’idée de ce dernier travail. La suite d’expériences faites par lui, ne tendait qu’à s'assurer jusqu’à quel point la moississure pourrait être considerée comme un poison pour les ani-
maux solipèdes. A cet effet douze chevaux, tous mor-
ment, langue sèche, soif violente, pouls petit etaccéleré, coliques tranchantes, efforts pour vomir, etc. a été observé à Groningue par le Dr. wesreruorr, de #V'arfum, dont on trouve des détails plus circonstanciés dans le IV vol. N°. 2 du journal: Bijdragen tot de natuurkundige PV etenschappen, publié par H.C. VAN HALL, VROLIK et MULDER:
(*) Mémoire sur l’épizootie des chevaux du vingtième régiment des chasseurs, en garnison à Metz. Lyon 1804. (+) Observations et experiences à l'Ecole vétérinaire deLyon,
sur le pain moisi, et sur quelques poisons minéraux et végetaux. Paris et Lyon 1807.
veux ou travaillant à d’autres maladies incurables, furent, à diflérentes époques, nourris avec des quantités plus ou moins considérables de pain d’orge et de froment, que l’on avait fait à dessein parvenir à un haut degré de moississure. La plupart ne s’en ressentirent que peu ou point du tout; chez un seul il y eut météorisation, frissons sur tout le corps, perte d’appétit, accéleration du pouls etc., dont cependant il fut bientôt retabli. GOHIER en tire donc les conclusions suivantes: 1° que le pain moisi ne peut être un poison pour les solipèdes, que lorsqu'il est donné en très grande quantité, c'est à dire à trois ou quatre kilogrammes (environ 6 ou 8 livres), quantité qui parait avoir été mangée par un des chevaux, dont nous avons parlé plus haut. 29 qu’à la dose de deux kilogrammes (environ 4 livres), il peut en résulter des indigestions accompagnées de météorisation et d’accidens graves, mais dont la nature seule peut triompher ; enfin 3° qu’à celle d’un kilogramme (2 livres environ) ou même d’un kilogramme et demi (un peu plus de trois livres) , il ne produit aucun effet bien visible.
D’autres exemples pourtant prouvent bien plus clairement la noxibilité du pain moisi. C’est ainsi que le vétérinaire LEROI en observa les effets funestes, dans l'arrondissement de Cambrai, dans les écuries d’un maître de poste, sur 40 chevaux nourris avec du pain pareil et de l’avoine , dont cependant trois seulement périrent. Les symptômes principaux, qui déterminaient cette espèce d’empoisonnement, étaient un état de tris-
lesse et d’anxiété; le poil était en général terne et pi-
qué, la tête basse, l’appétit perdu, la bouche très chaude, les yeux fixes, les oreilles froides, le pouls petit et accéléré , les flancs agités; les oreilles, Pencolure, le ventre et les cuisses étaient mouillés d’une sueur froide, l’abdomen balonné , les muscles des quatre membres continuellement agités de tremblement, l’animal rendait des matières alvines liquides et très fétides. Ces symptômes, moins considérables le matin, augmentaient progressivement dans la journée ; alors le cheval appuyait les lèvres sur tous les corps qu'il rencontrait, il se roulait sur le dos et donnait des signes de vive douleur ; l’oesophage et les muscles abdominaux étaient dans un état de contraction; le pouls était de plus en plus petit et concentré.
Après la mort, le voile du palais, le pharynx, l’oesophage , présentaient une teinte violacée , la surface externe de l’estomac et des.intestins était d’un rouge foncé, les membranes muqueuses, qui tapissent ces organes à l'intérieur, d’un rouge purpurin, présentaient ça et là des plaques noires.
Le traitement consistait dans l’administration de deux gros d’ammoniaque liquide, mêlés à la même quantité en poids d’acide sulfurique et mis dans un demi litre d’eau froide: on ajoutait un gros d’acide sulfurique pour ceux „ qui paraissaient les plus forts, et chez lesquels les symptômes étaient les plus alarmans; cette boisson était administrée d’heure en heure, et on la faisait alterner avec un lavement d’eau fraiche aiguisée avec le vinaigre. Après vingt-quatre heures les animaux étaient hors de
danger. Alors on leur fit donner à chacun un peu d’orge
concassée et légèrement trempée avec une poignée de sel de cuisine, et deux ou trois heures après un litre d’avoine ; leurs travaux ne furent suspendus que pendant deux jours (*).
On voit par ces exemples que la moississure peut ren— dre le pain un aliment très dangereux pour le cheval. Souvent déjà j'ai entendu dire à des gens de la campagne, qu'il était très nuisible de fairelalitière des cochons avec de l’éteule de pois ou de fèves , qui est infectée de la moisissure, parcequ’ils en atrapaient une paralysie des membres postérieurs, à laquelle, comme il est connu, ces animaux sont très assujettis. S’il en est ainsi, il faut supposer, que les cochons sont assaillis par cettemaladie, quand ils ont mangé une partie de cette éteule ; autrement je ne sais m'expliquer comment la moississure peut agir sur eux. Des expériences directes manquent encore pour venir à l’appui de cette supposition (+).
D'un genre tout particulier cependant sont les effets
du trèfle moisi sur les agneaux, qu’on nourrit avec un
(*) Journal d'agriculture, d'économie rurale et des manufactures du Royaume des Pays-bas, Tom. XVI, N°. 105, p: 101.
(+) Dans le traité du Professeur e. vrsonc, Anleitung zur Erziehung und Benutzung des Schweins, Copenhague 1806, p. 73, sont mentionnés les effets pernicieux , que possède , selon les observations du celèbre sacqui fils, sur les porcs, surtout quand ils sont jeunes, le sclerotium fusciculatumSchumachert, venant sur les feuilles de chène. Cette cryptogame est un véritable poison pour ces animaux, lorsqu'ils mangent les feuilles tombees.
pareil fourrage, effets sur lesquels le célèbre THAER nous a fait des communications du plus haut interêt (*). En 1814, 1815, 1816 et 1817, on remarqua dans les environs d’ Erfurt et ailleurs, que les agneaux étaient peu de temps après leur naissance, saisis d’une espèce particulière de paralysie, maladie qui dans cértains troupeaux, surtout de race fine , fut si générale, que le quart des agneaux y succomba. Les symptômes, qui Paccompagnèrent, furent les suivans. Généralement les jeunes animaux furent assaillis de la maladie pendant les mois de Mars et Avril ; ceux des dernières portées plutôt que ceux des premières, et communément quand ils avaient acquis l’âge de 14 jours, quelquefois aussi cependant quand ils étaient âgés de quatre à cinq semaines; elle n’épargna pas plus les individus forts et très bien portans que les faibles. On remarqua que les agneaux étaient, presque sans exception ‚ avant qu’il y eut paralysie complète, tristes et abattus; leur allure était trainante au lieu de bondissante comme à ordinaire. Vingt-quatre heures, ou même plutôt, après les premiers symptômes, ils ne pouvaient déjà plus se lever que sur les genoux de devant, et devaient ainsi ramper en quelque sorte, pour se porter d’une place à l’autre. Sur cela se déclarait le tetanos du cou, quelquefois suivi d'emprosthotonos et de pleurosthotonos, ensorte que les animaux fûssent hors d’état d’atteindre le pis de la mère, sans que celle-ci fut couchée sur le dos,
et qu’on en approchât les agneaux. Le tetanos partiel,
Le
(*) Môglinsche Annalen der Landwirthschaft, T. 2, P. 1, pear Tes P.#;p799;
qui empêchait le cou de prendre la direction ordinaire, nécessitée pour l’alaitement, quand la mère se trouvait dans la position naturelle, durait pendant la convalescence encore plus longtemps, que la paralysie de l’articulation du genou.
Les symptômes augmentèrent, jusque vers le troisième ou quatrième jour. Les animaux gisaient sans mouvement sur le côté, semblables à un corps privé de vie ; nul bruit, nulle excitation , quelque forte qu’elle fût, ne leur faisait la moindre impression: ils semblaient être dans un état de catalepsie complète. Si dans cet état, qui durait quelquefois quinze jours, ils ne refusaient pas le lait de leurs mères, il y avait espoir de guérison. La fin ordinaire était une paralysie complète, dans laquelle communiquaient même les lèvres et la langue. Ainsi réduits à la dernière faiblesse, ne pouvant plus saisir les mamelons de leurs mères, et toujours dans la même triste position, les animaux rendaient insensiblemeut le dernier soupir.
Les dérangemens, observés par l’autopsie cadavériques, étaient très contrastants. Chez quelques victimes on trouva dans les articulations du genou et du jarret une accumulation d’un fluide lymphatique jaunâtre, qui chez d’autres n’avait pas lieu. Chez les uns on trouvait dans les intestins, surtout dans le colon, des petits paquets de laine, qu’ils avaient avalés, chez les autres encore on ne remarqua rien de semblable. Dans le reste des alimens non-assimilés, même dans le lait nouvellement sucé, qu’on rencontrait encore dans les voies di-
gestives, les réactifs ne purent décrouvir aucun acide,
La digestion semblait être restée chez la plupart intacte. Nulle abnormalité ne se faisait apercevoir, soit dans les vertèbres du cou, soit dans les muscles.
Le lait frais des brebis, dont les jeunes furent paralysés, était également libre d’acide; mais conservé quelque temps il prit, comparativement à celui des autres brebis, une teinte bien plus jaunâtre, et paraissait plus consistant et plus collant. Toutes les particularités, ayant rapport à cette maladie remarquable, ne sauront être communiquées ici: seulement devons-nous observer qu’on en chercha en vain la cause dans différentes circonstances. Quelques uns accusèrent l'usage, que firent les agneaux de la drèche de genièvre (brandewijnspoeling), d’autres du trèfle desséché, quileur avait servi de nourriture, d’autres encore dirent , qué les brebis mères avaient été trop largement abreuvées et alimentées, tandis que d’autres, considérant la maladie comme rhumatique, crurent que les animaux avaient été saisis par un froid, et que d’autres enfin en déduisirent les causes d’une constitution maladive des mères, comme attaquées de pourriture, de cachexie, qui aurait été communiquée aux agneaux. Mais nulle de ces raisons supposées ne pouvait après un mûr examen être admise comme cause suffisante, parceque la maladie se déclarait souvent chez des agneaux, sur lesquelles aucune de ces circonstances n’avait pu agir, tandis que d’autres, dont les mères y furent ou y étaient encore exposées, restèrent épargnés.
Cependant en 1819 Messieurs WEDEMEIJER et STRECKER, médecins du district de Herligenstadt, soup-
connêrent, que le trèfle moisi, en exerçant une influence funeste sur le lait des brebis-mères, pourrait bien occasionner la paralysie prédite chez les agneaux.
Des expériences directes furent aussitôt faites. Plusieurs brebis-mères de différentes races et en pleine santé furent nourries de trèfle infecté de moississure. Dans quelques jours la paralysie se déclara chez plusieurs agneaux avec les symptômes rapportés. Sice fourrage était à temps remplacé par du meilleur, la maladie, à moins qu’elle n’eüt fait des progrès trop rapides, était encore facilement combattue et toutes les fonctions rentraient dans leur état naturel.
Il résulta de plus de ces expériences 1° que les agneaux de moindre race, à cause d’une constitution plus forte, se ressentaient le moins de l’influence funeste de ce fourrage, même quand la paralysie était dans la plus forte vigeur; que même devenus malades, ils se rétablissaient ordinairement sans le secours de Part, ou par l’amputation de la pointe des sabots, moyen usitéen Allemagne; 2° que les agneaux de noble race, comme possédant , à cause de leur origine et du climat de leur terre natale, un degré plus haut de perfection, et pouvant moins résister aux influences nuisibles, en étaient attaqués avec plus de violence; 8° que généralement la paralysie n’a lieu, que quand le fourrage ordinaire, quoique bien rentré, se moisit à cause de l’humidité , et qu’il est justement donné à l’époque où les brebis doivent agneler; 4° que des agneaux robustes savent plus facilement résister et vaincre la maladie , que des
mdividus foibles. Enfin 5° qu’il n’y a que deux condi-
tions sous lesquelles la nature peut triompher de la maladie, soit que les agneaux regoivent par hazard ou à dessein une meilleure nourriture, soit qu’ils deviennent peu à peu accoutumés au principe nuisible , d’où résulte la maladie. Dans ce dernier cas la convalescence est très tardive. Des médicamens intérieurs n’ont que peu de succès, parceque tous les remèdes actifs peuvent facilement chez des animaux jeunes et tendres produire des lésions locales. Au surplus, tous les remèdes, employés jusqu’à présent, ne sont basés que sur l’empirisme , le caractère réel de la maladie étant encore inconnu. Les irritans et les vésicatoires méritent tout au plus une mention particulière , comme étant en état de relever la force vitale dans les parties attaquées.
Ces résultats confirment de nouveau , que certains principes passent des alimens dans le lait, principes qui sont pernicieux pour les jeunes animaux pendant l’alaitement, sans influencer sensiblement sur organisme
des mères (*). Quel est le principe contenu dans la
(*) Plusieurs exemples de ce genre ont déjà été noté ailleurs. L'euphorbia palustris et la gratiola officinalis communiquent des proprietés corrosives et vénéneuses au lait et fromage des chèvres et brebis, qui en ont beaucoup mangé. (BACH, Grundzüge zu einer Pathologie der ansteckenden Krankhetlen, p. 201).
Il n’est pas rare en Amérique de voir devenir le lait des bêtes à cornes un véritable poison, quand ils ont fait usage de plantes dangereuses. De ce nombre sont deux végéteaux, connus chez les Indiens sous les noms de hachy et maleraria. La première rend le lait tellement vénéneux, que la moindre quantité, prise avec le thé, a souvent des suites mortelles.
moississure d’où peuvent résulter des effets aussi alarmans? On le demande en vain, quoiqu’il y ait peu de doute, que ce principe n’aflaiblisse les nerfs et la moëlle épinière, desquels dépend le mouvement spontané des muscles.
Il est également remarquable, qu’en 1816, on vit, dans plusieurs contrées de l'Allemagne et notamment à Nordhausen ‚une paralysie parmiles cochons , qui attaqua, de la même manière que chez les agneaux, les articulations et tout le système musculaire. J’ignore si elle doit son origine à des circonstances du même genre.
Je crois avoir rapporté assez de raisons pour faire voir, que les plantes, qui servent de nourriture à nos herbivores, peuvent acquérir des qualités très funestes , par différentes productions cryptogamiques, qui se développent sur elles, et que dans ce parasitisme, cette infection des graminées et d’autres phanérogames de nos pâturages, infection qui peut rester adhérente au foin, à la paille, même aux graines des céréales, réside une cause très commune de maladies aigues et d’épizooties alarmantes, qui font souvent des ravages parmi nos
différens animaux domestiques.
La viande même de ces vaches est funeste à l’homme et aux autres animaux, tels que chiens, chats, cochons, et oiseaux de proie, qui en mangent. Les veaux, nourris du lait des mères, qui font usage de la seconde plante, en deviennent malades. IL est remarquable, que les animaux, desquels provient le lait empoisonné, n’en souffrent généralement d’aucune manière, ensorte qu'il parait que le principe nuisible est évacué par le lait: rromieps Notizen; N°. 56, Avril 1825. Salisbürger Med, Chir. Zeitung, N°. 65.
Nous attendons maintenant, que les chimistes nous fassent connaître les principes vénéneux des différentes espèces de cryptogames , pour être mis en état de déterminer, si les unes agissent uniquement comme irritans et caustiques sur le tissu des voies digestives, si d’autres ont de plus une influence directe sur l’hématose, comme il semble devoir être supposé par les propriétés âcres et vénéneuses, que possède le sang et les autres
fluides de l’animal affecté du charbon (*), et si d’autres
(*) Il es! constaté par plusieurs écrivains, que les substances des animaux morts du charbon ne possèdent pas toujours le même dégré d'âcreté et de vénimosité , et que par consequent la maladie ne possede pas toujours le même caractère (voyez Magasin, T. TI, p. 221 ef suiv.).
Par des expériences chimiques, on pourrait peut-être avec assez de probabilité décider, si certaines cryptogames possèdent ou non des principes, qui, admis dans le sang, peuvent agir sur ses principes constituans, soit en s’opposant au dégagement de son carbone, comme cela est supposé du z2asma paludosum , soit de toute autre manière (voyez Magas. T.I, p. 264).
D’après les recherches très intéressantes de Messieurs m. van DIJK et A. VAN BEEK (Onderzoekingen aangaande het zwart (conferva mucoroides) in de melis-suikerbrooden | uitgegeven door dele Klasse van het Koninklijk Instituut, Amst. 1829), cette cryptogame, c'est à dire la conferva mucoroides, est composée d’oxigène, d'hydrogène, de carbone et d’azote. N'est il pas présumable, que les autres cryptogames peuvent avoir des principes constituans semblables, quoiqu’ avec une différence dans les proportions et chez plusieurs même avec une addition d’autres principes? Et n'y aurait-il alors pas quelque fondement pour admettre, que leur hydrogène et leur carbone , décomposés dans l’estomac et les intestins, peuvent être communiqués au sang, qu'ils surchargent alors de ces
encore agissent davantage sur le principe vital des nerfs, soit comme narcotiques, soit comme caustiques. Cette connaissance nous pourrait indiquer une route plus certaine dans le traitement de ces maladies, qu’on n’a suivi Jusqu'à présent, — Les agronomes doivent réfléchir sur des moyens à employer pour prévenir ces désastres, pour déraciner les maux, ou du moins pour
mettre sous la main du cultivateur des mesures, qu’il
principes et lui communiquent ce caractère vénéneux? Alors on pourrait aussi admettre, que le charbon peut également être produit et par des cryptogames et par le miasma paludosum. Quoiqu'il en soit, je ne veux faire admettre ces reflections, que comme des hypothèses, qui demandent encore beaucoup de recherches et d'experiences.
Notre mémoire hollandais ayant déjà vu la presse, puLoNG publia dans le Journal de Pharmacie T. XIV, une analyse de l'Uredo maydis, que Meylink à traduite dans sa Schei-, Artsenijmeng- en Natuurkundige Bibliotheek, Vol. VIT, Ne. sd orde
Cette analyse a donné les résultats suivans :
Une matière semblable à la fungine, qui forme la base.
Une matière semblable à l’osmazôme, soluble dans l’eau et
l'alcool.
Une matière azotée, soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool.
Une matière grasse.
Une matière céreuse.
Des acides.
Une matière colorante brune.
Un acide organique libre et des combinaisons de cet acide avec la potasse et la magnésie.
Phosphate, muriate, et sulfate de potasse.
Sousphosphate de chaux.
Sel ammoniac et oxide de fer.
pourra suivre dans le temps de l'invasion de ces maladies, mesures tendantes à diminuer autant que possible les dommages, qui en peuvent résulter. Des efforts réunis seuls pourront avec le temps opposer une digue ,
qui bravera leur fureur,
Pour conclure j’ajouterai encore ce qui m’a été communiqué par les soins bienveillans de M. SCHELTEMA, à Franeker, sur les causes supposées du charbon ou venin (venijn) , comme on nomme cette maladie dans Za Frise. Cet agronome éclairé m'a donné les renseignemens suivans.
« La maladie, qu’on nomme venin (venijn), est presque exclusivement connue dans les localités basses et tourbeuses de Wijmbritseradeel. Elle ne s’y déclare que dans les étés secs, pendant les mois d’Août et de Septembre. Plus de 2000 bêtes à cornes en périrent dans ces contrées pendant l’année 1782 ou 1783 , et en 1799 plus de 800, dans d’autres années moins, et toujours après de longues sécheresses et pendant les mêmes mois. Suivant moi la maladie est occasionnée par lair bitumineux, qui s’échappe des fentes produites par la chaleur dans le sol desséché. Cet air est tellement propre à la tourbe extraite de ces terrains, que nul paysan veut s’en servir pour chauffage. Pour cette raison on vend cette tourbe aux juifs d’Æmsterdam , qui de leur côté la revendent en petit. On n’entend jamais ici quelque chose de cette maladie, si Pété est humide, et dès
que les pluies d’automne commencent, elle disparait dans les localités où elle s’était déclarée.”
« En Août de 1822 ou 1823, je fus consulté à ce sujet par un paysan, lorsque la maladie avait assailli le bétail de son voisin et déjà fait trois victimes. Je lui conseillais de garder ses bestiaux dans l’étable et de les nourrir de foin fauché au printems: il le fit, et tous restèrent épargnés. Quand au mois de Septembre il avait tombé quelque pluie, il les fit conduire dans les pâturages; car après la pluie la maladie ne reparaissait plus. — J’attribue la maladie uniquement à des exhalaisons gazeuses méphitiques, qui s’évaporent du sol après une longue sécheresse.”
Ces observations raisonnées de M. sCHELTEMA, basées sur une expérience très simple, méritent notre attention sous tous les rapports, d’autant plus qu’elles s’accordent avec les opinions, quoique théorétiques , de plusieurs autres sur les causes du charbon.
Cependant, en voyant que la maladie ne s’était pas déclarée parmi les animaux séparés et nourris de foin fauché au printems, on pourrait supposer peut-être avec autant et même plus de raison, que ce résultat n’était obtenu, que parce qu’on les avait soustrait à l'influence funeste des herbes de ces prairies. Il est certain, que dans certaines époques, comme on pourra s'en assurer par le mémoire suivant, les cryptogames exercent de préférence une action très maléfique sur les animaux. Si pendant ces époques ils sont tenus éloignés des pâturages, ils ne sont nullement assaillis de cette maladie,
à moins que les cryptogames ne se trouvent également
sur le fourrage qu’on leur donne dans les étables; et de là les bons résultats qu’on obtient de cette manière d'agir, employée à temps (voyez Magasin, t. I, p. 235, 258 et 262). Aussi ne peut-on pas admettre l’influence des exhalaisons gazeuses du sol, quand la maladie se déclare dans l’hiver, lorsque les bestiaux sont rentrés dansles étables, dont, suivantla communication du Docteur VITRINGA COULON, la Frise aussi a offerte des exemples.
Lrs CRYPTOGAMES , CONSIDERÉES COMME GAUSES OGCASIONNELLES DU CHARBON ; PAR L. MARCHAND.
D. nombreuses maladies, qui attaquent nos animaux domestiques , le charbon sans doute doit être regardé comme une des plus dangereuses: qui exerce tantôt épizootiquement, tantôt sporadiquement ses ravages, qui est originaire chez les herbivores, et par laquelle les bêtes à cornes semblent de préférence être frappées. Une maladie, qui apparait si souvent, et surtout avec des symptômes aussi funestes, doit nécessairement fixer l’attention des hommes de l’art, pour en rechercher les causes premières.
Nombre d’opinions ont été émises à cet égard, tant sur les causes prédisposantes, que sur les causes occasionnelles ; mais elles ne sont que des présomptionss; le cas reste litigieux, et le seul point sur lequel on est d'accord, c’est que l’anthrax se développe principalement pendant les années sèches et les chaleurs de
l'été.
Mais la saison peut-elle être considerée comme la seule: cause? Telle est la: pensée du plus grand nom. bre, et ne pouvant résoudre cette question affirmativement, les uns cherchent la cause dans le manque d’eau pure, ou dans l'usage d’une eau malpropre, marécageuse, bourbeuse, les autres. dans la situation des prairies, accusant surtout des plantes vénéneuses, où un terrain bas où l’eau séjourne, où les qualités des graminées sont aqueuses et fort peu nutritives, où le miasma paludosum peut infecter l'air; ceux-ci dans la diffé rence de la température pendant la nuit et le jour, ou dans l’état météorique de l’atmosphère ; ceux-là dans un échauffement, occasionné par trop de mouvement, ou.un emploi outré des forces, suivi d’un prompt réfroidissement; d’autres enfin dans le mauvais état des. écuries, la malpropreté et la misère.
Avec un peu de réflection, l’on peut remarquer facilement le vague de ces suppositions, dont aucune ne: se trouve constatée par un exemple , et c’est avec raison que le Professeur A. NUMAN fait observer, que toutes ces causes peuvent bien avoir des influences funestes sur les animaux et produire des maladies, soit sporadiques, soit épizootiques, mais qu’il les croit insuffisantes, pour occasionner le charbon, et qu’il faut nécessairement soupçonner une cause locale.
Repassons maintenant ce qu'ona jusqu'à présent consideré comme pouvant produire cette maladie, entrons là dessus dans quelques détails, et voyons jusqu’à quel point tous ces soupçons sont fondés,
Que l’eau n’y peut pour rien contribuer, c’est prouvé
par les observations de M. EVERTS, et des médecins vétérinaires MONTENS , CLASSEN et RIJKSEN , qui tous ont observé le charbon dans des contrées, où le bétail avait en abondance une eau pure, tandis que moi-même j'ai remarqué des animaux dans le Grand Duché de Luxembourg, plusieurs années de suite, dans des prairies, qui renferment des eaux stagnantes, malsaines, surchargées de principes nuisibles, sans être frappés de cette maladie, quoique souvent forcés, dans les tems de chaleur, de chercher dans ces eaux impures, un rafraichissement, qu’ils n’y pouvaient trouver. Leau ne peut donc, ni quantitativement, ni qualitativement, être regardée comme cause première du charbon.
Ceux, qui accusent le changement de température, ne me paraissent pas avoir été plus heureux dans leurs suppositions. En effet, ce n’est pas seulement dans l’arrière saison, pendant laquelle les jours plus ou moins chauds sont suivis de nuits froides, qui annoncent Papproche de l’hiver, et pendant laquelle Pon peut seule soupçonner ce changement marquant, que le charbon règne parmi nos bestiaux; mais c’est principalement pendant les grandes chaleurs del’été, c'est même au milieu de l’hiver que la maladie se déclare, et elle attaque aussi bien les animaux dans les étables, que d’autres, qui se trouvent dans les pâturages.
En été, l’état de la température des nuits diffère généralement fort peu de celle du jour; la même chose peut, à peu près, être dite pour lhiver; et surtout dans les étables, elle reste presque toujours la même. De plus, si le changement de température pouvait être
accusé, ce changement, comme cause générale, devrait agir sur tous les animaux, qui y sont exposés, et produire chez tous la maladie dans un dégré plus ou moins fort; or, expérience a prouvé le contraire. Le changement de température ne peut donc pas être regardé comme cause première.
L'état météorique de l’atmosphère, la pression plus ou moins grande, et la tension électrique de l’air, sont également insuffisantes pour expliquer le fait, par la même raison d’une action générale, à laquelle le bétail se trouve exposé, et qui, agissant sur tous, devrait également les attaquer tous, d’une manière plus ou moins forte. Cela n’arrive pas, et l’on voit très souvent la maladie se développer dans des tems, où ces influences nuisibles manquent absolument.
Ceux, qui allèguent pour raison un échauffement occasionné par trop de mouvement ou des fatigues, suivi d’un prompt réfroidissement, se trouvent combattues par observation : que nos ruminans nesont que fort rarement obligés à faire de longues courses, ou des marches pénibles, menant presque toujours une vie sédentaire et végétative, et que pour cela ils devraient être moins attaqués que le cheval, dont la constitution est plus vigoureuse et plus irritable, qui est continuellement employé à un labeur fatiguant et à des exercices, qui souvent exigent tout l’emploi de ses forces. Mais c’est précisement le contraire, et nous savons de plus, qu’il n’est pas rare de voir la maladie avoir lieu, quand les animaux jouissent d’un repos non troublé
dans les étables, ou qu’ils se promènent paisiblement
pendant ‘tout l’été dansles pâturages. Si cette cause pouvait être adoptée, la maladie devrait le plus souvent être sporadique, tandis qu’on l’observe ordinairement épizootique.
‘Ceux, qui ont attribués la maladie au mauvais état des écuries, à la malpropreté,. à la misère, ne se sont pas davantage rapprochés du but de leurs recherches. Si, comme le pense le médecin vétérinaire CLASSEN (*), la cause provenait du mauvais état des étables, de l’aceumulation et du long séjour du fumier, et des exhalaisons ammoniacales, qui en résultents si dis-je, la cause première ‘pouvoit provenir de-ces circonstances ; nuisibles sur-tous les rapports pour les organes de la respiration, comment donc ‘expliquer le’ développement de la maladie, pendant le tems, que les animaux se trouvent dans les pâturages, jouissant d’un air pur et salubre? Comment l’expliquer dans ces étables, où ils sont bien soignés, et desquelles le fumier est Ôté tous les jours ? Cette supposition ne me paraît donc pas plus vraisemblable, que celle basée sur la malpropreté et la misère. Ne sait-on pas que les animaux les mieux soignés, qui sont tenus dans une propreté complète, et ceux, qui sont bien nourris, gras, d’une constitution forte et saine, n’échappent pas aux ravages du charbon? Que ces derniers même semblent avoir une prédisposition marquée, vu qu’ils sont le plus souvent attaqués ?
La situation des pâturages n’y fait également riens
(*) Magasin, DI, bl. 283.
dans les prairies hautes les animaux ne sont pastplus épargnés, que dans les prairies basses. Les Ardennes, où la maladie se montre assez souvent, en'offrent un exemple frappant; car sur ces hauteurs les animaux jouissent d’un air pur, des herbes aromatiques, qui; sans d’autres circonstances, que je développerai tantôt; offrent toujours une nourriture saine et fortifiante.: Par la même raison le miasma paludosum n’en:sauroit être accusé, vu qu’il ne se développe que dans des terrains bas, inondés, qui renferment des eaux croupissanes, et que par éonséquent il ne io infecter ne US RE heux élevés. e ip L190HIADNO oh 7 JHOTS
Ceux, qui ont cherché la cause dans la mauvaise qualité des graminées , dans des plantes vénéneuses; ont fait un pas de plus vers le vrai but ; ‘vu qu'ils adoptent par là une cause locale , et qu’ils rejettent tacite ment toute cause générale. Il est vrai, la’ nourriture renferme les matières nuisibles ; mais ce n’est pasla vénénosité „ Paquosité , la dessieation „ la languissarice des phanérogames , ce ne sont pas les euphorbia'; raz nunculus, cicuta, gratiola, et tant d’autres plantésnuie sibles , qu’il faut accuser: ce sont des parasites, qui attaquent ces plantes, qui les défigurent, qui leur communiquent des qualités morbifiques sce sont-des cryptogames ; :qu'il faut redouter. : Les soupçons du Docteur VITRINGA COULON et du Professeur A: NU- MAN(*) se trouvent ici fondés , , et leur ps ne les a pas trompés. : 2
Je dis que la cause première doit: être dere (*) Magasin, t. 1, p. 237, 238. L ()
dans des cryptogames. Sans doute, en émettant cette opinion, je trouverai nombre d’adversaires, qui la rejetteront sans preuves convaincantes , sans le moindre raisonnement, et je me serai pas même étonné de voir des personnes, attachées à leur routine ou pénétrées d’un sentiment d’égoïsme , qui me contrarieront , pour le seul plaisir de contradiction, sans savoir ce que c’est qu'une phanérogame , encore moins ce que c’est qu’une cryptogame.
Ce n’est par pour ces gens-là que j'écris, c’est pour la science, pour des hommes d’un esprit sain , qui jugeront avant de condamner, qui sont en état de faire des recherches pour voir, jusqu’à quel point mon opinion est fondée , pour la consolider, si je dis vrai. Je ferai donc, pour ces hommes et pour ma propre satisfaction , suivre les preuves sur lesquelles je me base , en pensant néanmoins que , si les cryptogames ne peuvent pas être regardées comme cause unique , on ne pourra cependant pas méconnaître sous tous les rapports leur triste influence , et qu’il faut les reconnaître comme cause principale.
D'abord l’on a vu, par ce que je disais précédemment, que les causes admises jusqu’à ce jour mais avec raison comme douteuses, n’ont aucune base solide, et fort peu de probabilité pour eux: ce qui va suivre confirmera de plus ce jugement.
M. EVERTS, dans son rapport sur le charbon, qui régnait, dans les mois de Juillet et Août de 1825, dans
plusieurs endroits de la Gweldre(*), raconte, que,
(*) Magasin, t. 1, p. 228.
dans Pune de ces contrées, les pâturages ne renfermaient que des plantes ordinaires, et que les animaux ne manquaient point de boisson salubre, que, dans l’autre, les animaux en étaient épargnés , dès qu’on les Ôtait des pâturages , où ils se trouvaient attaqués, mais que les ayant replacés plusieurs jours après dans les mêmes prairies , ils étaient de nouveau assujettis à la même maladie ; preuve suffisante , que les mêmes influences devaient agir de nouveau sur eux.
De même M. EVERTS ajoute, que, dans le mois de Février, la maladie s’est également développée dansles étables du laboureur JAN ELBERTSEN, et le Professeur A. NUMAN fait alors remarquer , qu’on ne manque pas de preuves, que les fourrages, gagnés dans des päturages, où le charbon regnait souvent, aient produit des effets dangereux, qu’il y avait même des pâturages, qui semblent avoir une propriété particulière pour produire cette maladie, vu qu’il y en a dans lesquels elle se montre régulièrement tous les ans, tandis que les prairies voisines en restent épargnées. De plus, le Docteur VITRINGA COULON assure être convaincu par des exemples frappans, que la cause de la maladie se borne à certaines pièces de terre, de manière que le bétail nes’enressent nullement, s’il reste éloigné de ces terrains (*). La même observation a été faite par le médecin vétérinaire
RIJNDERS (+).
(*) Magasin, t. 1, p. 230. fn) Kesps250 x
De telles vérités, dit le Docteur A. NUMAN, ‘donnent de fortes présomptions sur l’une ou l’autre qualité nuisible des plantes de ces prairies, et parlent trop clairement, pour pouvoir tirer en doute une cause locale. -T en est d’autant plus convaincu, que plusieurs fois il a eu lui même l'expérience, que certains pâturages, ainsi que le fourrage gagné sur eux, offrent une nourriture très dangereuse pour les bestiaux (*). Ileite de plus un exemple remarquable du laboureur TROMP, qui en 1818 vit dix de ses vaches attaquées du charbon, pour les avoir nourries d’herbes récoltées dans une prairié suspecte; tandis que toutes les autres, qui reçurent une autre sorte de foin , jouirent d’une santé parfaite.
Je crois done avoir assez prouvé, que les causes allé guées jusqu'à present, doivent être rejetéess mais les raisons avancées ne sont pas encore suffisantes, pour ne pas laisser trop de places faibles aux critiques. Si les cryptogames sous la cause première , me demande= ra-t-on, pourquoi ne les a-t-on pas observées dansles re= cherches qu’on a faites dans les prairies suspectes? Donnez nous quelques preuves, que-ce sont ces parasites? Nous soutiendrez vous, qu’elles sont la cause unique?
Cherchons à résoudre ces questions „ et à nous tirer d’affaire aussi bien que possible.
A la première je reponds à regret , devant faire le reproche aux vétérinaires, ou du moins à beaucoup d’entr’eux, de trop négliger l’étude de la botanique,
de trop regarder cette science comme accessoire, même
(*) Magasin, D. TI, bl. 237.
comme inutile, de se voir par là hors d’état de juger de la salubrité ou dé la noxibilité des fourrages , de se trouver ‚sous ce rapport , comme étrangers dans leur propre domaine, de-n’être, pour le plus souvent, que théoréticiens dans la dééthétique et la matiere médicale. La question se refute donc d’elle même , et s’il yen a même, qui, versés dans la phanérogamie , ont fait des recherches sans un résultat suffisant , il ne faut pas s’en étonner. Les cryptogames, dont je vais donner vers la fin de ce mémoire la description , et auxquelles j'attribue influence funeste , sont, pour la plupart, des espèces microscopiques, qui peuvent même échapper à un observateur profond , si elles lui sont inconnues , et que le plus grand nombre ne jugera pas seulement digne de remarque. : Sià tout cela j’ajoute „que la cryptogamie est une étude si difficile ‚demande un oeil si pénétrant , souvent une patience à toute épreuve, de manière que la science botanique ne compte que peu de cryptogamistes, je crois en avoir assez dit à cesujet. J’ajouterai cependant , que principalement pour ces dernières raisons, j’accompagne ce mémoire de quelques planches , afin de donner quelques renseignemens aux hommes de l’art, sur la forme et l’emplaeement de ces parasites , pour les pouvoir observer plus facilement. Je les ai travaillées à cet effet plus en vétérinaire, qu’en botaniste, n’ayant pas en vue de peindre
leur caractères spécifiques, qu’il faudrait élaborer sous le microscope (*).
(*) Dans un ouvrage sur la pathologie des partiesherbacées des végétaux, et de l'influence des différentes maladies sur
À la seconde question j'ai déjà répondu, par toutes les preuves rapportées des auteurs étrangers et par le savant Professeur A. NUMAN (*), auxquelles j’ajouterai cependant ici encore quelques autres observations, qui me sont propres.
Dans l’Arrondissement de Drektrch, Grand-Duché de Luxembourg, il se trouve une prairie, qui fournit toujours une nourriture abondante, et qui est traversée par des petits ruisseaux, d’une eau claire et rafraichissante. J’y ai souvent botanisé, et je n’y ai trouvé que des bonnes graminées, telles que les holcus lanatus, phleum pratense, festuca elatior, avena fatua, cynosurus cristatus, alopecurus pratensis, anthoxanthum odoratum, bromus mollis, agrostis vulgaris, lolium perenne, plusieurs espèces de poa, et quelques autres genres d’une moindre qualité. Les autres phanérogames furent: medicago lupulina, lychnis floscuculi, trifolium pratense et procumbens, plusieurs ombellifères, syngénésistes, renonculacées et quelques autres. S’il y en avait, qu’on aurait pu regarder comme nuisibles, c’étaient peut-être quelques carex et renoncules, et de ces dernières encore les deux espèces les plus dangereuses , les ranunculus sceleratus et lingua, manquèrent absolument, tandis que du ranunculus
flammula je n’ai trouvé que quelques exemplaires.
les fourrages, auquel je suis présentement occupé, je donnerai les principaux caractères microscopiques et de nouveaux détails.
(*) Voyez la première partie de cet ouvrage.
Dans cette prairie paissaient, depuis plusieurs années, six vaches, qui étaient fortes, bien nourries et avaient toujours joui d’une bonne santé. Dans l’été de 1827, ces vaches furent toutes les six attaquées du charbon, et en moururent dans quelques jours. Repassant dans cette prairie vers le même temps, c'était à la fin du mois d’Août, je fus très étonné de trouver sur les graminées une grande quantité de l’redo inconstans, surtout la variété graminicola. J'en ai pris note, etelle vient ici très à propros, pour être communiquée.
Venant, dans une de mes excursions botaniques, chez un paysan dans le village de Bettembourg, en Septembre 1828, il me raconta : qu’il venait de perdre une chèvre par une mort subite, et dont il ne pouvait déviner la cause. Hier encore, me disait-il, elle se portait bien, mais ce matin elle était comme folle, elle poussait des pieds, jetait la tête tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, elle semblait tourmentée de coliques violentes, et je crois, ajoutait-il, qu’elle a été empoisonnée. Je regardais le fourrage dont l’animal avait usé, c'était de l’éteule du piswm arvense, pleine de l’erysiphe pisi. Un troisième exemple s’est présenté à moi dans deux moutons, qui, ayant mangé des plantes, qui étaent marquées par quelques espèces d’aecidium, moururent dans quelques jours avec des symptômes d’empoisonnement,
Tous ces exemples rapportés prouvent assez la noxibilité des cryptogames , quoique je ne saurais cependant dire, si la chèvre et les moutons sont morts du charbon, vu qu’on n’en a pas fait l’autopsie cadavé-
rique.
Nous en: venons à la troisième question : si les cryptogames peuvent être regardées comme cause unique ? On ne saurait méconnaître , dit le Docteur A. NUMAN, qu'un temps sec et chaud ait quelque influence, si l’on considère. que la maladie se développe principalement pendant la chaleur de l’été. Mais, demande-t-il plus loin , Vinfluence de la saison , et la qualité pérnicieuse et locale des prairies n’agiraient-elles pas de concert ? Le principe nuisible ne peut-il pas se développer sous l’action d’une pareille température, vers le même tems que le charbon se déclare ?
La maladie , comme on sait, prend principalement naissance pendant l’été, à peu près depuis le mois de Juin jusqu’en Octobre, quelquefois même jusqu’en Novembre ; or, c’est précisement dans ces mois, que ces cryptogames se développent en plus grande quantité.. Elles croissent sur les plantes vivantes, même sur celles dont la végétation paraît la plus saine. — Les unes sont prématurées , les autres plus tardives , et la rupture de lépiderme, sous lequel elles prennent naissance, dépend de circonstances nombreuses, de manière qu’elles restent quelquefois cachées. Lorsqu’elles ont une fois pris racine dans un terrain il est fort difficile de les en faire disparaître. Le grand froid de l’hiver , l'influence atmosphérique, ont peut-être seuls ce pouvoir. Peut-être aussi pourrait-on réussir, en faisant brouter.cette herbe par des animaux, qui ont.la coutume de la raser à pleine terre „vu que dans les graminées elles envahissent rarement.les par-
ties les plus basses de la plante; mais on exposerait alors
ces animaux à des dangers, qui peuvent avoir des suites bien fächeuses pour eux. S'il était prouvé, que les uredo et les puccinia n'ont pas sur les moütons la même. influence que je crois avoir observée dans les genres aecidium et érysiphe, on pourrait conseiller de faire paître ces pâturages par ces animaux „ parceque ces derniers genres ne se développent pas aussi abondamment dans les prairies que les deux précédens (*).
„Ges. cryptogames se propagent facilement. Les globules pulvériformes sont très nombreux, et renferment encore eux-mêmes un nombre de vésicules sémi= nifères ; leur. pésanteur spécifique. est presque égale à celle de l'air, de manière que le plus léger vent les emporte ;. les disperse „et porte ainsi souvent de prairie en prairie le germe malin et dévastateur.
Ils n’envahissent pourtant pas toujours toute une prairie, mais ils y occupent, tantôt des places plus considérables, tantôt moins ; tout depend de la manière dont ils ont été propagés. Si le vent n’emporte pas leur poussière sur des terrains dénudés, s’ils ne sont pas entièrement développés pendant le temps de la: moisson, ils restent adhérents au fourrage, et sont ainsi transportés sur les greniers du laboureur.
Je suis entré dans ces. détails , afin que l’on puisse s’expliquer, comment le charbon peut exister dans des
localités différentes et apparaître dans d’autres saisons
(*) Croyant pourtant que les causes de cette maladie des plantes se trouvent partiellement dans le sol, c'est de l’amélioration de celui-là qu'il faut espérer le plus de succès.
que l’été. Maintenant je m’adresse à moi-même la question: les cryptogames sont-elles la cause unique de cette maladie ? Je n’oserais jamais affirmer cela, je laisse la décision aux hommes de l’art, et il nous faut voir plus tard ce qu’il en faudra conclure , quant l’on aura fait des preuves suffisantes à cet égard. Je crois être assuré, qu’on les fera avec bonne foi, et que tout le monde ne jugera pas comme le vétérinaire RIJKSEN , qui méconnaît, comme je crois, influence de ces parasites, en en jugeant par la phrase suivante :
« Cryptogamische planten , welke men wel eens als « de oorzaak van de ziekte vindt opgeteekend , kan « men niet veronderstellen aanwezig te zijn, en wel, « omdat slechts hier en daar eenige dieren door de « ziekte werden overvallen” (*).
Comme si ces parasites occupoient toujours une immense quantité de terrain, et comme si tous les animaux devoient paître de concertsur les places où elles existent! Les cryptogames ne ressemblent pas à la rosée, qui, lorsqu'elle apparaît, se fait voir sur tous les végétaux dans les lieux découverts.
Quand on considère, que les animaux attaqués du charbon font connaître par leurs signes, qu’ils souffrent dans la partie abdominale, qu’ils frappent des
pieds le ventre, que leurs excrémens sont secs et brû-
(*) »On ne peut pas supposer l'existence de cryptogames » parasites, qu'on trouve bien quelquefois indiquées comme »pouvant produire cette maladie; parcequ’on vit seulement »par-çi et par-Ià quelques animaux, qui en furent attaqués.”
lants, qu’ils souffrent souvent de la diarrhée, ou d’une obstruction complète, que de l'intestin rectum il s’écoule du sang, que lestomac est enflammé , qu'il est souvent gangréné, ainsi que les intestins grêles ; on se voit forcé de conclure, que le foyer de la maladie se trouve dans les organes de la digestion. Or, ces organes sont en contact immédiat avec ces plantes nuisibles, et comme elle est originaire chez les herbivores, je crois pouvoir encore faire valoir ce point , pour fortifier mon assertion. En effet, si des causes générales agissaient , pourquoi la maladie ne serait-elle pas également originaire chez les carnivores ‚ dont l’organisation est généralement si irritable ? Ne sait-on pas que cette classe d’animaux , aussi bien que les poissons et les oiseaux, en sont attaqués , quand ils viennent en contact, de l’une ou de l’autre manière , avec des parties animales, ou en usant des excrémens , qui contiennent le virus ? Les carnivores , nourris d’autres substances que les herbivores , ne sont pour cela pas moins exposés à des influences atmosphériques, à des influences générales , et nombre de maladies leur sont , pour cette cause, communes; or le charbon „ étant d’un caractère sthénique , devrait les attaquer de préférence , si des causes générales agissaient. Cela n’a pas lieu, ils en restent épargnés , hormis les circonstances , que je viens de citer, et qui prouvent, qu’ils ne manquent pas de prédisposition. Il faut donc nécessairement adopter une cause locale. Où la chercher ? Dans la différence de la nourriture des herbivores et des carnivores. Les herbes, qui servent de fourrage aux pre-
miers, sont fort loin d’être nuisibles dans leur état naturel, leur état physiologique; elles doivent donc pour l'être se trouver dans un état contre-naturel, un état pathologique, et elles se trouvent dans un état pareil, quand elles sont attaquées par les parasites cryptogames. Siles organes de la digestion sont le foyer du charbon, l’on ne trouve pour cela pas moins des changemens très remarquables dans la circulation. Le sang paraît être modifié d’une manière particulière; il est épais et noirâtre, surtout dans la veine-porte. Ici l’influence de la chaleur perce clairement, et est d’autant moins douteuse , quand on considère la complication bilieuse du charbon , qui a souvent lieu, et quise fait appercevoir par les changemens qu’opère la sécrétion de la bile ; de manière qu’elle est altérée et que les yeux et la peau se trouvent teints en jaune. Il faut done en conclure, que la saison contribue , si ce n’est pas toujours (comme dans les cas où la maladie prend naissance dans les étables) du moins très souvent au développement du charbon. Il en est ici comme dans plusieurs autres maladies, qui en été, et même dans Parrière saison, si l’hiver tarde à faire sentir son pouvoir, ont une complication bilieuse, et il y a des exemples, qu’on a regardé cette complication bilieuse pour la maladie principale, et qu’on a attribué à une cause générale, ce que, sans prévention et par un mûr examen, on aurait vu ne pouvoir provenir que d’une cause locale. Je suis pourtant fort éloigné de méconnaître l'influence de la chaleur; je le repète, elle est souvent
très grande, et si même elle ne servait qu’à favoriser le
développement de ces cryptogames, elle mériteroit tou-
jours de fixer notre attention (*).
Vai donc basé mon raisonnement sur les probabilités
etles preuves suivantes :
be
Que les causes, admises jusqu'à ce jour, sont très équivoques, et se trouvent toutes contredi-
tes par des observations contraires.
Que la maladie est fixée une longue suite d’an-
nées dans certains pâturages, et que le foin gagné dans ces pâturages et donné en fourrage aux bestiaux, pendant le temps qu'ils se trouvent dans les étables, développe la maladie parmi tous ceux, qui en usent, tandis que ceux, nourris d'autre foin, en restent épargnés,
Que nombre d’exemples cités ont constaté la noxibilité des cryptogames et leur faculté de produire le charbon.
Que ces cryptogames se développent justement pendant la saison, où le charbon règne le plus souvent, et qu'elles sont souvent emportées avec le foin dans les étables.
Que la maladie est originaire chez les herbivores, qu'elle attaque principalement les organes
de la digestion, et que les carnivores, quoique
f*) Qu’une constitution très irritable ou une prédisposition inflammatoire augmente de beaucoup la prédisposition pour
le charbon, peut être déduit avec certitude de Fobservation,
qu’en général les animaux Îles plus vigoureux sont les premiers
et le plus fortement attaqués par la maladie, et que la saignée et un traitement antiphlogistique sont les remedes les plus puissans pour la prévenir et la guérir. |
Wik
avec la même prédisposition pour la maladie, n’en souffrent, que sous certaines circonstances, que j'ai citées,
Je regarde donc principalement les cryptogames comme causes premières du charbon, et je ne m’étonne nullement, qu’on ait pu soupçonner nombre de phanérogames ‚ vu que ces parasites nuisibles se mêlent à leurs brillantes couleurs, qu’elles se développent sur leurs fleurs, leurs tiges et leurs feuilles, naissant (du moins le plus grand nombre de celles, dont je vais donner la déscription) sous leur épiderme. Ces êtres mixtes sont souvent à peine visibles à l'oeil nu, et ont les relations les plus intimes avec les végétaux, sur lesquels ils croissent, comme ceux-ci avec l’humus, auquels ils sont implantés : leur ténuité et leur délicatesse sont généralement extrêmes.
Sept genres, habitans des phanérogames, ont particulièrement fixé mon attention. Ils sont: wredo, puccinia, pucciniola, aecidium, mucor, érysiphe, æyloma. On pourrait encore y ajouter le genre sphaeria, qui fournit également quelques espèces herbicoles , mais ces sept sont les principaux , et suflisent pour le but, que je me suis proposé. Les trois premiers sont très difficiles à distinguer, leurs caractères botaniques sont vraiment microscopiques.
Le genre Uredo. D. C. est le plus commun de tous ; il attaque indistinctement tous les phanérogames , il ne présente qu’une simple poussière accumulée , dont les semences ne sont pas entremêlées de filamens. DE
CANDOLLE lui a assigné les caractères suivants :
[. vrepo. D. C. Peridium nullum, capsula sessilis, unilocularis; fungili cespitosi, sub epidermide foliorum et caulium herbacearium orti, epidermide rupta facile dispersi. (pr CANDOLLE , Synops. Fl. Gall.). |
Globules sessiles, pulvériformes, naissantes sous Veépiderme des plantes, qui se rompt à leur maturité, pour les faire sortir; chaque globule est un gongyle uniloculaire, renfermant des vésicules séminifères. L. MARCHAND.
Ongesteelde, poederachtige kogeltjes, die zich onder de opperhuid der planten ontwikkelen, en bij hunne rijpwording dezelve doorbreken. Ieder kogeltje is een eenhokkig bolletje , hetwelk zaadvoerende blaasjes bevat. L. MARCHAND.
Ges globules apparaissent sous des formes et avec des couleurs différentes: elles sont noires, rousses , jaunes, brunes ou blanches. Je ferai ici suivre la déseription des espèces les plus remarquables pour nous, et jen agirai de même pour les autres genres. La première et la principale est:
Uredo inconstans. (1. MARCHAND, Conspect. Flor. crypt.
| Magni Duc. Luxemb.).
Gespitulis varüs coloribus, irregularibus vel polymorphis, sparsis ; capsulis globoso-sphaeroïdeis. 1. MARCHAND, I. c.
£. Melanogramma , marcu. L. c.
Y. Spieulaecola, m. 1. c. uredo carbo. D. C.
d. Inflata, m. 1. ce. w. maydis. D. c.
%. Seminicola, m. |. c. w. caries. D. C.
À. Ureeolarum, m. 1. c.
[4 Olivacea, m. l.c.
y. Graminicola, m. |. c. u. festucae. D. ©. u. rubigo-
vera. D. C. u. linearis. D. c.
u. oblongata, LINK.
T. Caricina, m. 1. c.
Pustules de couleurs différentes, irregulières ou polymorphes, éparses; capsules globées-sphéroïdes. 1. MARCHAND.
Stippen van verscheidene kleuren, onregelmatig of veelge-
daantig, verspreid; de zaaddoosjes eenigzins kogelachtig-elliptiesch. 1. mARCHAND, (Pl. I, fig. 1). |
Cette espèce est habitante des graminées et des cyperacées. La variété (3 est noire, forme des taches linéaires ou allongées. Elle vient sur les feuilles de plusieurs Carex, ainsi que les variétés A, 4,7 dont la première est également noire, la seconde couleur olive foncé , la troisième brunâtre. La variété y est l’uredo carbo p. c.; elle est noire, fournit une poussière abondante , et attaque les glames et les ovaires de toutes les graminées , surtout de l’avoine, du froment, du seigle , et de l’orge. Elle est sans mauvaise odeur , se repand avec facilité et désorganise entièrement l’épi de ces végétaux. La variété d'est également noire et se développe dans les aisselles des feuilles du bled de Turquie (zea mays L.). La variété x habite l’intérieur des grains du froment, elle est noire, point visible à l'oeil nu, les difforme fort peu, altère la farine, et attaque les graines saines, quand elle se trouve en contact avec elles ; la varièté v est rouillée, jaunâtre, blanchâtre ou noire. Par ses deux premières modifications de couleur elle est connue sous le nom de rouille (roest); elle attaque la tige, les feuilles et les graines du froment et des autres graminées, et apparaît surtout dans les lieux et les tems humides.
Cette espèce avec ses variétés est la plus ravageante et la plus à redouter, autant par la facilité avec laquelle elle se propage que par la propriété malfaisante de sa poussière séminifère. C’est elle surtout, qui la première attira mon attention , et qui a déjà donné des preuves
suffisantes de sa noxibilité.
2. Uredo syngenesiae, 1. MARCHAND. I. c. Gespitulis rufescentibus vel flavescentibus plerumque hypophyllis, con fluentibus, distantibus; capsulis globosis. m. 1. c.
R. Serratulae, u. 1. c. u. suaveolens. D. c. Cespitulis
planiusculis numerosis.