IV. — La MENSTRUATION DANS L’APPENDICITE
Dans la symptomatologie des affections corrélatives, objets de la présente étude, la menstruation joue un rôle reconnu depuis longtemps. Grand est le nombre des auteurs qui ont noté la coïncidence des attaques appendiculaires avec la période menstruelle. Fraenkel rappelle que les erises de douleurs pérityphlitiques sont souvent accompagnées d’irrégularités et de douleurs des règles. Bérard et Vignard relatent le cas d’une fillette qui eût sa première attaque d’appendicite en même temps que ses premières époques. Pour Guillard, la menstruation peut être une eause occasionnelle de pérityphlite. Quénu et Le Gendre admettent la fréquence des attaques appendiculaires au snoment des règles. En général, tous les auteurs s’occupant des affections du vermis notent leurs corrélations nec la période menstruelle ; nous ne nommerons que Fabricius, osthorn, Delagénière, Ochsner, Legueu, Jalaguier. Dela-
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génière croit même pouvoir reconnaître une certaine régularité dans ces coïncidences, les douleurs annexielles se déclanchant à la fin, les crises appendiculaires au début de la période. Soupauit et Gouast parlent de vagues sensations désagréables qui, en ces cas, commenceraient quelques jours avant la menstruation pour se perdre avec l’apparition du sang menstruel. D’accord avec ces derniers, Fraenkel place la douleur vermiculaire peu de temps ‘ avant et pendant les règles.
Dans les antécédents de nos 1430 obServations, nous avons vu quatre fois une dysménorrhée de longue durée, en complication deux fois avec une appendicite chronique, deux fois avec une appendicite aiguë. Dans deux autres cas, ce n’était que les époques toutes dernières avant la manifestation de symptômes aigus d’appendicite qui devinrent douloureuses. Une femme atteinte d’appendicite aiguë déclara que l’avant-dernière menstruation avait été d’emblé dysménorrhéique; la dernière fois, les douleurs étaient apparues seulement à l’issue de la période. Une dernière malade enfin affirma n’avoir jamais eu la moindre souffrance jusqu’à la dernière époque, où pendant les deux jours du début, elle fut prise de crampes dans le bas-ventre. Les observations précitées sont évidemment confirmées. Leur explication est suffisamment fournie par A. Mueller ainsi que Soupault et Gouast: la congestion de tous les crganes pelviens et de l’appendice voisin pendant la menstruation provoque, par l’irritation du vermis malade, ses contractions et, à la longue, des douleurs. Mueller est même convaineu que la plus insignifiante lésion de l’appendice ne peut guérir par suite de l’irritation toujours répétée de l’organe malade pendant la période menstruelle. Inversement l’irritation du vermis, par exemple à la suite d’une inflammation chronique, appellera une hyperémie des orga-
nes du bassin suivie de pertes de sang: cette situation peut se prolonger, ainsi que le démontre l’observation de Dartiques sur une fistule cæco-appendiculaire donnant lieu à un écoulement menstruel pendant un an.