UNE VISITE OFFICIELLE
langue (rt-s correctement. Puis, il me mont rail lu photo» rapine du consul général Pélissicr de fleynaud, en grand uniforme, et le portrait du apitaine de frégate de M<jnles<iuiou, commanantdu Bouvet.
- Un descendant de l'auteur des Lettres perdues, ajouta l'agent consulaire, d'un air entendu. Après le café, qui fut servi dans de petites tasses, à la manière ottomane, le maître de la maison disparut un moment. Quand il revint, il portait, au cou et sur la poitrine, tout un assortiment de décorations, qui brillaient lorsqu'un rayon, à travers les volets clos, venait se poser sur les croix d'émail bleu, les médailles 'le vermeil, et les cordons de soies multicolores. Un peu ébloui, je remarquai que le commandeur tenait à la main une casquette galonnée d'argent.
C'est dans cet équipage qu'il me conduisit au Lonak, J'étais un peu honteux de mon casque de Jiège, et du veston peu décoratif que m'avait vendu le tailleur athénien Aïdonopoulo. Les représentants des diverses puissances étaient arrivés déjà devant la porte, et échangeaient froidement des politesses diplomatiques. Un gros officier à épauleltes d'or se promenait, sanglé et butté, dans le vestibule.
— Hastour, cria vigoureusement un tchaouch.
Et deux factionnaires, dont un nègre, ne isenlèrent les armes. En môme temps, un.
orchestre, composé d'une peau de chien tendue sur un vase de terre, d'une mandoline et d'une petite flûte, appelée zurna, attaqua une espèce de danse de guerre, où je reconnus la Marseillaise.
Dans la petite salle des audieuces, pauvre chamhre meublée d'un lapis vulgaire et d'un sofa recouvert de toile bise, Kiémal-Bey, gouverneur du sandjak de Cliio, est assis sur une chaise, devant un petit bureau d'acajou. Son Excellence étouffe dans une redingote noire, plastronnéc d'or et toute raide de broderies. Le moulessarif nous fait un aimable accueil, et nous dit dans le français le plus correct ;
— Messieurs, je suis désolé. Ces gens écorchent Vraiment par trop votre chant national.
Figure étrange et curieuse, ce Kiémal-Bey n'a presque pas les caractères extérieurs de sa race. Jamais on ne prendrait pour une tête de Turc ce visage puissant, rayonnant d'intelligence, couronné d'une large chevelure, qui déborde, en boucles abondantes, sous le fez officiel. Ce préfet turc est en effet un Albanais, et de plus un poète; c'est même, au dire des orientalistes, le seul vrai poète dont la civilisation ottomane puisse s'enorgueillir. On a dit parfois que les Turcs sont des poètes qui n'ont écrit qu'avec le sabre, Kiémal a voulu écrire avec la plume. Hélas! ses efforts n'ont guère servi qu'à donner au facétieux diplomate Fuart- Pacha l'occasion de faire un