SPECTACLES ET CONCERTS
Angùt, traduite en turc. Ce spectacle était bizarre. Les ritournelles de Lecocq faisaient sursauter, sur les banquettes, plusieurs rangées de fez qui n'avaient pas l'air de très bien comprendre les sentiments de M" 1 " Barras, et l'état d'âme des ennspirateurs. Après cette opérette dénuée d'exotisme on représenta une pièce un peu plus turque : elle s'appelait Pembe Kiz (la jeune fille rose), et je vis confusément qu'il s'agissait d'un méchant pirate, d'un vilain juif, d'un gros paclia el d'un bel icoglan. La jeune captive était enlevée par le pirate, vendue au juif, revendue au pacha. Finalement l'icoglan s'enfuyait avec elle vers des pays fabuleux. La belle captive était représentée par l'étoile de la troupe, que le programme, affiché en turc et en français, désignait par le nom de Kara-Kach, ce qui veut dire : » Celle qui a des sourcils noirs ». M"" Kara-Kach, méritait son nom; elle avait de plus, sous sa veste brodée, sa fine chemisette et son chalvar ' de soie rouge, des poses languides, souples et caressantes. Je me rappelai, pendant plusieurs heures, le cliquetis des sequins de cuivre dont le bruissement suivait Ses mouvements câlins.
Tandis que les spectateurs de l'Alhambra rendaient chez eux, et que le quartier franc devenait obscur et désert, les clartés de la ville turque, au