Pantalon large que portent
loin, continuaient à jeter sur la mer des lueurs tremblantes. Les minarets étaient illuminés de guirlandes de feu. Malgré les avertissements de Manoli, je marchai, le long du quai, vers ces lumières et ces confuses clameurs. La nuit était fraîche et bleue. Le long des murs, près des échafaudages et des moellons d'un chantier, je vis dos monceaux de pastèques qui luisaient vaguement sous les étoiles.
Dans la cour du konak, autour de trois poteaux où pendaient des lanternes, quelques nizams, assis sur leurs talons, fumaient, et leurs silhouettes ébauchaient, sur la façade blanche du corps de garde, des ombres immobiles. Plus loin, quett e étrange rue, vivement éclairée, avec ses boutiques ouvertes, ses cafés débordants, qui jetaient sur les pavés une nappe lumineuse, parmi le grouille ment des turbans, des caftans, des faces barbue^' dans l'odeur grisante des narghilés! Éveillés £? l secoués par lo coup de canon qui annonçait eh»- " que soir, au coucher du soleil, la levée du jeùn^ 3 de ramazan, les Turcs se dédommageaient, pa^^ des réjouissances nocturnes, de l'abstinence de^la journée. Assis sur leurs talons, autour de^^ salles blanchies à la chaux, ils buvaient, à lente^^ gorgées, du café crémeux dans des lasses toutes*^ petites. Lentement, sans se regarder les uns les autres, sans jamais rire, avec des gestes dignes, ils prononçaient, d'une voix gutturale,