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et en quantités considérables. Par leur correspondants, les commerçants peuvent savoir quelle est la quantité de sel extrait qui arrivera sur le marché avec les azalaïs. Les g-rains peuvent de leur côté être emmag-asinés, et c’est fatalement une bonne affaire que d’en g-arder de g'ros approvisionnents pour le moment où ceux des particuliers sont épuisés, c’est-à-dire pour les mois qui précèdent la récolte. L’imprévoyance des noirs les pousse à faire de véritables org-ies de nourriture tant qu’ils ont du g-rain; au bout de quelques mois, ils ont épuisé leurs réserves.
Il semble plus difficile de spéculer sur les kolas, parce que la conservation de ces fruits est difficile et demande de g'rands soins. Il est donc dang-ereux d’en faire de g'ros approvisionnements; cependant, les cours en sont si irrég'uliers et présentent des différences telles que c’est une des denrées sur laquelle on spécule le plus à Tombouctou; car il suffit d’un accaparement de quelques jours pour réaliser de g'ros bénéfices, si de nouveaux arrivages ne viennent pas troubler l’opération.
Nous verrons comment il y a une question monétaire particulièrement g-rave à Tombouctou en tant qu’elle s’applique à la monnaie française. Il s’ag'it de l’insuffisance d’espèces monnayées ; mais on a à s’en préoccuper aussi à propos de la monnaie indig'ène par excellence, les cauris, et cela toujours à cause de la spéculation. Les cauris ont un cours assez rig'oureux et leur quantité en un point déterminé ne varie qu’assez lentement; il est donc aisé de voir que l’on peut provoquer des mouvements de hausse et de baisse qui peuvent donner lieu à d’assez g'ros bénéfices. Notre administration, pour empêcher la raréfaction des cauris qui en provoquait la hausse, — ce qui était fort nuisible aux pauvres g'ens et, en particulier, aux petites bourses des femmes de nos travailleurs, — s’est vue oblig-ée de fixer un cours invariable pour les cauris, celui de cinq mille cauris pour 5 francs.
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Nous allons étudier le mouvement commercial du marché de Tombouctou d’après les rapports commerciaux et agricoles des commandants des cercles. Nous partirons du mois d’avril 1896; c’est à ce moment que M. le comte Ronget a organisé le système de statistique commerciale de la place. Nous arrêterons donc la première année commerciale au mois de mai 1896. Pendant ce laps de temps, quelles qu’aient été les imperfections forcées du service de la statistique, la situation de la place a été étudiée avec un grand soin par le commandant de cercle que nous venons de nommer, et, dans les grandes lignes, nous pouvons considérer les renseignements donnés par lui comme exacts.
Pendant cette première année 1895-96, on a détaillé, autant qu’il a été possible, l’étude du mouvement commercial, et voici comment se subdivisent les tableaux d’importation et d’exportation :
Tableau I. — Importation directe du Nord.
Sous cette rubrique figurent les marchandises qui arrivent à Tombouctou par la voie du Sahara.
Toutes les caravanes qui viennent du désert doivent passer au lieu de perception de roussourou". Il leur est donc presque impossible d’entrer dans la ville par ailleurs, car Tombouctou forme comme une sorte d’île dans le sable, et les longues files de chameaux passeraient difficilement inaperçues.
Pendant cette année, la statistique distingue dans cette importation les marchandises d’origine française et celles d’origine anglaise.
Tableau II. — Importation directe de Saint-Louis par voie de terre.
Les marchandises ci-dénommées n’empruntent pas la voie du Sénégal pour venir de Saint-Louis; la voie de