I. Douane
Nioro-Sokolo-Goiindam n’étant pas encore ouverte du reste. Ce sont des commerçants indig-ènes qui, avec des chameaux, ont suivi cette voie par El-Oualata et Ras-el-Ma.
Tableau III. — Importations venant du Soudan.
Tableau IV. -- Importations venant du Mossi.
M. le commandant Ronget avait eu le soin de distinguer les marchandises qui viennent de la partie centrale de la boucle du Niger de celles qui proviennent du reste du Soudan alors soumis, c’est-à-dire les régions arrosées par le Niger jusqu’à Tombouctou et son affluent le Rani. Il y a là, en eflét, deux mouvements commerciaux très distincts. Toutes ces marchandises arrivent à Tombouctou par le Niger. Elles sont recensées à Kabara pendant la saison sèche, et de là se rendent à Tombouctou.
Tableau V. — Exportation du Nord.
C’est le mouvement des marchandises qui se dirigent vers le Sahara.
Tableau VI. — Exportation du Soudan et du Mossi.
C’est la contre-partie de l’importation de ces deux régions.
Parmi les marchandises qui empruntent la voie saharienne, la plus importante est sans contredit le sel. D’avril 1896 à mai 1896, les chiffres d’importation nous donnent 3 1,000 barres. C’est certainement la meilleure manière de se rendre compte du marché du sel que de l’évaluer en barres. Celles-ci pèsent en moyenne 26 kilos, et sont une unité très commode; car on peut dire que, dans le commerce, elles ne se détaillent pas. En outre, on ne peut toutes les peser. Il est donc beaucoup plus simple de s’en tenir là que d’essayer d’évaluer en kilos, comme on l’a fait par la suite.
sua LES ROUTES DU SOUDAN.
On se rend compte à première vue que pendant deux périodes le chiffre des importations est plus élevé : ce sont les moments où les « azalaïs » arrivent.
Puis, viennent les marchandises européennes qui sont de trois sortes : les g-uinées (3, 600 pièces) ; les toiles blanches (1,100 pièces) et le sucre (2,200 kilos). A côté, les autres articles flg'urent par des chiffres- insignifiants; ce sont des perles, de Tantlmolne, du thé, de la soie.
Le tabac figure par un gros chiffre (9,000 kilos). Ce tabac vient du Touat; nous le verrons arriver de plus en plus sur le marché de Tombouctou , car les indigènes en sont très friands.
Parmi les marchandises françaises arrivant par la voie du Sahara, la plus importante est le sucre (2,000 kilos). La guinée (280 pièces) n’est considérée comme française que parce qu’elle vient de nos établissements des Indes, ou elle est teinte.
Ce sont des marchandises de même nature que nous voyons arriver de Saint-Louis par la voie du Sahara : guinée (5, 800 pièces), toile blanche (800 pièces), sucre (760 kilos).
Dès 1895, arrivent par le Niger des marchandises européennes qui viennent de Médine. Elles suivent la voie que nous avons étudiée : Médine, Nioro, Goumboii , Sokolo, Sumpl. Ce sont toujours les mêmes : guinée (5,300 pièces), toile blanche (5oo pièces), sucre (600 kilos).
Les produits indigènes qui arrivent des réglons arrosées par le Niger et le Bani sont, au premier chef, des denrees alimentaires. Celles qui jouent le plus grand rôle sur le marché sont le mil(2,3oo tonnes) et les kolas (200^000 noix). Viennent ensuite les farines et les beurres végétaux: farines de Baobab (43 tonnes), beurre de Karité (38 tonnes), arachides (3o tonnes), miel (12 tonnes).
A côté, il faut remarquer les tissus de coton en bandes d’une dizaine de centimètres de large en moyenne. Ces
bandes soel en rouleaux d’une quinzaine de kilos, ce qui nous donnie une importation d’à peu près 3o tonnes.
On peut être étonné du chiffre peu élevé qu’atteint l’importation dlu riz (7 tonnes); mais il faut se dire que les rizières qui alimentent Tombouctou se trouvent le long* des marig-ots qui vont de cette ville aux g-rands lacs et le longde ceux-ci. A la suite d’une convention politique avec les chefs indigènes de cette rég-ion, ils ne paient pas de droits de circulation, et on ne contrôle pas, par conséquent, leur commerce. En outre, nous verrons comment l’exportation du riz vers le Sahara a été cette année-là insigmifiante. On conçoit que cela ait influencé l’importation.
Les marchandises mentionnées comme venant du Mossi sont très caractérisées. Ce sont, au premier chef des kolas (63, 000), des bandes de coton (36 tonnes), des pagnes (2,200) et du fer (r,6oo kilos). Il n’y a qu’à comparer ces chiffres avec leurs analogues dans les importations du Soudan pour voii combien ils sont plus importants. Lorsque nous étudie- 10ns le commerce de la Boucle du Niger, nous verrons d’où vient cette différence.
L exportation est presque tout entière composée par les marchandises suivantes :
Vers le Sahara : du mil, qui sert à la nourriture des populations nomades (1,000 tonnes), et dés bandes de coton (i5 tonnes).
Vers le Soudan et le Mossi, presque uniquement du sel (32,000 barres).
A côté figurent un nombre assez élevé de pièces de tissus
européens (1,000 pièces de guinée et 600 pièces de toile blanche).
Cette période de douze mois, d’avril 1896 à mai 1896, a marqué la reprise des affaires commerciales depuis notre conquête, et quoique, dans les années qui suivront, ce commerce se soit accru, nous pouvons considérer les chiffres que nous venons d’indiquer comme typiques.
Importations directes de la frontière par le Sahara {mite).