I. Rive droite
le coba entre le chef, mes boys et les g’ens du villag’e, ce qui me fît immédiatement l’ami de tout le monde.
Après mon dîner, j’ai tenu mon palabre ordinaire et je m’en vais rapporter celui d’aujourd’hui, qui peut servir de type.
Assis sur mon pliant, je dég-uste mon thé, tandis que Bakary traduit mes paroles en song-hay. Devant moi est le chef, avec son fils et quelques vieux du village. Et voilà quel est le discours qui s’eng-age entre nous :
(( Est-ce que vous vous souvenez d’un marabout de blancs qui a passé avec des bateaux il y a quatre ans?
— Oh! oui; il avait une grande barbe et un grand boubou, et il était bon (c’était M®" Hacquart, de la mission Hourst).
— Eh bien! quand il a vu que vous étiez de braves gens, que vous travailliez bien, que vous aviez de belles récoltes, il l’a dit au chef des Français qui l’avait envoyé avec quelques-uns de ses officiers pour savoir qui vous étiez, et le chef des Français a envoyé ses soldats pour empêcher les gens de la brousse de prendre vos troupeaux et vos récoltes.
— Oui, depuis que les blancs sont venus, les Bourdams (Touaregs) ne nous ont plus rien pris. Autrefois, même le chef du village n’avait plus un boubou à se mettre. Maintenant tout le monde travaille, parce que la récolte sera pour celui qui l’a plantée.
— Eh bien, le chef des Français m’a dit : « Tu vas aller sur le Niger, partout où j’ai envoyé mes soldats; tu verras les gens qui y sont et tu leur diras : Si vous voulez faire comme vous diront les blancs, vous deviendrez riches comme eux. Et je suis venu voir ce que vous faisiez pour savoir si Ton pouvait vous apprendre la manière de faire qu’ont les blancs. Ici, je vois de grands « bondos^ » pleins de riz et de sorgho, et je suis content de voir cela. Eh bien.