CHAPITRE XIV
De Wagadougou à Djenné.
3o avril 1899.
J’ai quitté Wagadougou ce malin ; je ne suis plus seul. Le docteur Lefel rentre en France et voyage avec moi. Nous allons à Wahigouya, et de là à Djenné. Nous avons neuf tirailleurs; nous les escortons plutôt qu’ils ne nous escortent. Ils devaient, en effet, se rendre à Wahigouya; nous les y accompagnerons, et ce ne sera pas inutile, car, lorsque nos excellents tirailleurs ou spahis indigènes sont abandonnés à eux-mêmes sur les grandes roules, ils croient avoir tous les droits et profitent de leur uniforme pour terrifier les bons campagnards, si bien que l’on a défendu aux indigènes de mettre des chéchias rouges, parce que, grâce a elles, ils se faisaient passer pour tirailleurs et exigeaient
ffîte et subsistance. .
• Cette première étape a été fort courte : une vingtaine de
kilomètres seulement. La brousse n’existe guère, tout a ele défriché en immenses lougans', où l’on a laissé subsister les cés en nombre suffisant pour former un grand verger.
ler mai.
Nous sommes partis à minuit et arrives a huit auprès d’un des innombrables villages qui peuplent cette