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En chameau, au matin

Partis à trois heures et demie nous sommes passés à cinq heures à Maréna et à six heures dix à Madina-Souko, puis à Djigné.

Depuis hier, le pays a changé d’aspect : c’est la transition entre les terres du Niger et celles du Sahel. Non seulement le sol est devenu sablonneux, mais encore les arbres sont clairsemés et rabougris.

Nous avons monté la pente d’un plateau comme quand nous allions du Litpako au Mossi, mais cette fois nous allons des terres riches aux terres pauvres.

Les cultures se sont faites rares et elles sont cantonnées autour des villages. Les campements de culture ont disparu; ils sont remplacés par les huttes formées par des feuilles de rhoniers entrelacés et sont habités par les Toucouleurs qui gardent les troupeaux.

Dire qu’entre Say et Dori j’ai maudit la brousse! J’y trouve maintenant des heures de calme presque tout autant que sur le fleuve. Il est vrai qu’à force d’entrainement je ne ressens presque plus aucune fatigue. On n’éprouve pas, à chameau, cette espèce d’énervement que l’on ressent à cheval pendant les marches prolongées, et la cadence ejui remplace le tressautement a comme une action sur votre humeur. Au bas des reins, j’ai seulement une courbature, car mon corps ondule comme ces fantoches qui balancent éternellement leur tête où leur thorax avec un air béat.

Onze heures.

Arrivés à Koloména. Repartis à cinq heures; à sept heures arrivés à Zag-arabala.

2 2 juin.

Départ à quatre heures. A huit heures quarante-cinq^ Ousséboug’ou ; à onze heures quarante-cinq, Onamoug-ou ; à midi dix, Digna.

Départ à quatre heures quarante; à huit heures dix arrivée à Dambala.

23 juin. Au matin, à chameau.

Partis à quatre heures vingt. Au moins ici pourrai-je écrire! La situation est au point : j’en suis à la carabine tirée avec Mahamadou.

Avant-hier matin, il m’a déclaré vouloir aller voir son grand frère qui était dans un village à côté de Zagarabala. J’aurais pu lui refuser, mais je ne voulus pas faire preuve de mauvaise volonté à son égard. Je l’autorisai à partir aussitôt après mon déjeuner, à condition qu’il serait à Zabitenga avant la nuit.

Naturellement, lorsque j’arrivai dans ce village, il n’y était pas. Je tâchai d’expliquer que je voulais une case et du (( to » ^ pour mes Maures. Pour moi je demandai du lait et des arachides. Les gens du village s’efforçaient de me comprendre et à leur étonnement de me voir seul se mêlait un redoublement de bons soins pour moi. Ce qui fut compliqué ce fut de leur faire entendre que je voulais des arachides cuites. J’étais au milieu de Malinkés et ils ne connaissaient pas le mot bambara que j’employais. Je bus mon lait, mangeai mes arachides auxquelles j’ajoutai une moitié de boîte

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