PREMIÈRE PARTIE
SUR LES VOLCANS DBS ILES PHIUPPIHBS.
M. le D' Ferdinand Hochstetter a adressé à M. de Humboldt une lettre contenant une monographie des volcans de llle de Luçon. Cette lettre, datée : Océan Pacifique, lat. 0», long. 16i<' 1/2 E. de Greenwich, le 29 septembre 1858, a été publiée par l'Académie des sciences de Vienne dans ses Sitzungsber,, t. 36, p. 121-142, n« 14, séancadu 19 mai 1859. Elle est accompagnée d'une petite carte dont nous donnons une copie, nécessaire pour l'intelligence du texte.
M. le D' Hochstetter n*a passé qu'une dizame de jours dons l'Ile de Luçon, mais il y a recueilli des documents précieux, et c'est sur des renseignements authentiques, dit-il, qu'il a rédigé son travail. Sa petite carte est une réduction d'une partie de la carte des Philippines qui se
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trouve dans u TAtlas de Espana y sus Posesiones de Ultramar. » Cette carte a paru en 1852. C'est l'œuvre de D. Francisco Cocllo. — Mais avant de traduire cette lettre, disons quelques mots de Torographie de 111e de Luçon.
Ile de Laçon.
Luçon est la plus grande Ue des Philippines et la plus septentrionale de l'archipel entier, a €$ la mayor la mas digna y principal entre todas las de Philippinasl » dit le colonel don Yldefonso de Aragon.
La plus grande partie de File est couverte de montagnes; une haute chaîne la traverse du nord au sud; d'autres montagnes forment des séries parallèles , mais non continues; de celles-ci, les unes sont des rameaux détachés de la première, les autres sont réunies en chaînes secondaires et distinctes, et enfin quelques-unes élèvent leurs cônes idoles au milieu de piaines immenses^
La chaîne centrale, qui part de la Punta de Caraballos, au nord, par i8« 40' 40' lat. N. et 418» 41 M 5' long. £., porte le nom de Sierra Madré près de Manille, dont elle suit le méridien et où elle est coupée par le Rio de Pasig, rivière navigable depuis le port jusqu'à la Lagunade Bay. De là, elle longe à l'ouest la Laguna de Bay (lac d'au moins trente lieues de tour)^ se prolonge au sud et parait aller se terminer au Monte de Sangay, sur la rive septentrionale de la Laguna de Bonbon ou Bongbong, où se trouve le volcan de Taal.
Cette Sierra Madré est désignée sous différents noms locaux par les habitants des contrées qu'elle traverse.
La chaîne qui dans l'est de Luçon sépare la province de Nueva Exija de celles de Cagayan, Pangasinan, Pampanga, etc. , s'appelle la Cordillera de los Montes Garavallos ; elle se rattache & la Sierra Madré, mais non pas, à ce qu'il parait, & la Cordillera de Tayabas, qui, dit Sonne*
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rat, s'étend à Test de la Laguna de Bay, au miliea 4i filamea immàiises où conlent doncement de grandes fl profondes rivièreB.
La Cordillera de los Montes Zambales part de la pdute de Bataan (lanfpie de terre on presqulle qui s'avance dans la baie de Manille) et court jusqu'au cap Bolinio, qui la termine au nord. Cette chaîne cOtière, située dwd l'ouest de 111e, est par&itement boisée. Elle est entièrement séparée de la Sierra Madré par les larges et yastas plaines de Pampanga et de Pangasinan,qui s'étendent di la mer à la mer, et dans lesquelles de nombreuses rivières roulent lentement leurs eaux. La lisguna de Canarem y présente un phénomène hydrograf^qne remarquable; elle verse ses eaux à la fois dans la mer du Nord et dans celle du Sud, et forme une passe navigable entre le gdfo de Lingayen (prés du cap de Bolinao) et la baie de Manille. Dans la saison des pluies surtout, le commerce s'en sert comme de canal entre les régions septentrionales de llle et la capitale. Peut-être en existe-t-il une semblable entre la Laguna de Bay et le Seno de Lamon T
La remarque suivante de don Antonio Signenza pourrait, en efifet, faire croire à l'existence d'une plaine ou de terres basses entre le lac et le golfe. Le navigateur, dit-il, qui de la pointe Dapdap veut aller au village (pueblo) de Mauban, à travers le golfe de Lamon, doit se diriger sur le volcan de Banajau de Tayabas, le seul sommet de montagne (sur le bord occidental du Lamon) qu'on aperçoit au-delà de ce golfe.
A cette montagne et à sa voisine, le Monte S. Christoval; parait commencer la quatrième série, la Cordillera de Tayabas que nous avons déjà nommée, et qui se dirige vers le SE, jusqu'à la Cabeza Bcmdoc.
Enfin, la diaine de la presqulle des* Camarines forme la cinquième Cordillère de Luçon. Elle est complètement séparée de la précédente. On y remarque une série de
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irolcans dont la connaissance est due â Taide de camp don Antonio Sigaensa, auteur de la feuille qui, pAnni les cartes dressées sous la direction du colonel don Tlde» fimso de Aragon (i), représente la péninsule.
Les montagnes de la province de Batangas sont com* plétement isolées, sans aucune liaison entre elles et avec les autres chaînes de l'Ile. Elles sont généralement éle* Tées ; du haut de. Tune d'elles, le Mahaye (de Sainte-Groix« probablement le Monte Malaraya d'Aragon), on aperçoit à l'ouest la mer de Chine et à l'est le grand Océan.
M. le D' Hochstetter ne s'est occupé que des montagnes volcaniques, dont il fait trois catégories :
A. Volcans actifs.
B. Cônes volcaniques éteints s'élevant de cinq A six mille pieds au-dessus de la mer*