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C. Petits centres d'éruption éteints on inactifs

A. Volcam actifs,

<f II parait, dit le ly Hochstetter, que deux volcans seulement ont en des éruptions dans les temps historiques ; ce sont ceux de Taal et d'Albay.

« !• Isla de Volcan ou volcan de Taal, lat. 14» 1' N., long. 121'' 0' E. de Gr. C'est le volcan de Luçon le plus connu ; on est souvent allé le visiter depuis Manille, mais il a été peu étudié. Le cône d'éruption, peu élevé (900 p. angl., moins de 300 met.), encore actif (principales éruptions en 1716 et 1754), surgit au centre de la Laguna de Bonbon, que borde au nord et au nord-ouest une chaîne côtière qui, taillée presque à pic du côté de la lagune,

(I) Ces cartes ont éié publiés! à Manille de ISIS à iSS4, et ont servi de base sa bean mémoire de M. Berghaus, anqael nons emprontoos presque en entier ces notions préliminaires.

SUR LES TRWBIiBlIBMTS DX TSBRE. 7

s'abaisse en pente donce à Textèrieur et forme, dans le sens de L. de fineh, un cratère de soulèTement au centre dnquel s'élève le cône d'éruption. Mais ce que j'appelle le cratère de sotUevement n'est autre diose que le pied ou le reste d'un ancien cône volcanique, aujourd'hui aflflaissé, qui a dû avoir une hauteur de huit à neuf mille pieds, et être la montagne la plus haute de Luçon. C'est par l'affaissement de ce cône que se sont formés la Laguna de Bonbon et le eône actuel d'éruption. 0 suffit de jeter un coup d'œil sur les terrains qui environnent la lAguna, jusqu'à une certaine <Ustance, pour se convaincre de l'exactitude de cette manière de voir. Je n'ai pas eu le temps de visiter le cône d'éruption. »

Rapprochons de ce passage la description qu'en a don*» née de Buch : u Une vue très remarquable et très intéressante de ce volcan, faite par M. de Chamisso, se trouve dans Choris (Voy. pitter,, 1890, Vil, tab. 5). Le ctae du vcdcan est beaucoup moins haut que les bords du cirque qui l'entoure : il ne s'élève qu'à quelques centaines de pieds. L'espace intérieur compris entre le pic et le cirque est occupé par un lac. Le cratère est extrêmement grand, et le fond, sur lequel s'élèvent çà et là de petites coHines, est couvert par une mare de soufre en ébullition. Les fragments qui recouvrent les flancs du pic prouvent évidemment que le cratère s'est formé dans le trachyte. La pâte principale de la roche est brun foncé, peu brillante, finement esquillense, comme sur la nouvelle Rameni de Santorin. Un grand nombre de petits cristaux de feldspath, en partie jaunâtres, sont empâtés dans cette roche» dont tous les fragments ont été Uanchis, même décomposés en grande partie par l'action des vapeurs sulfureuses » (i).

(1) Uet Canaries, p. 487 de la tradnetién frtnç^se.

8 DOQinfBRVS

A ees détaib, M. Landgrebe ajoute qu'il s'en tiève fréquemment d'épaisses colonnes de fiunée qui, dans la saison des pluies surtout, c'est-à-dire en juillet, août, se[>* tèmbre et jusqu'en octot»*e, répandent une forte odeur Bttlftareuse. Leur dégagement est accompagné d'un iimit intense qu'on entend sur le sommet et dans le yoislnai^ de la montagne ; il ressemble à celui d'un torrent qui «e précipiterait dans des cavernes souterraines, ou à celui du ressac ou d'un fort raz de marée. Ce bruit s'accrott aussi pendant de fortes pluies, et alors on l'entend jusqu'à Silan, qui est éloigné de six milles, et séparé duTaal par la montagne de Sungay ( Sangay ).

Le diamètre du volcan peut être d'un mille géograpbir que environ, dans la direction du N. au S. Sur la moitié inférieure de la montagne se trouve la lave , qui a une grande ressemblance avec la scorie de ferl La principale coulée a eu lieu vers le 8S0. ; les bords du cratère ne sont cependant nuUe part entièrement brisés. A la partie orientale du sommet se rencontre un évent depuis longtemps éteint, et qui peut avoir environ iBO varas de profondeur. Le cratère proprement dit s'ouvre vers l'est; le chemin qui y conduit est très dangereux (i).

De Ghafnisso a visité le volcan de Taal, pendant un voyage de découvertes entrepris dans les années 1845- 1818 aux frais de S« Bxc. le comte de Romanzov, sur le biiek le Rurik, commandé par Otfo de Kotzeboe.

tt Lorsque, partant de Cavité, dit-il, on va au sud vers Taal, le pays s'élève graduellement et imperceptiblement jusqu'à ce que l'on arrive aux hauteurs dont la pente, de l'autre cMé, est escarpée, et desquelles on aperçoit à ses pieds la lagune de Bongbong et le vaste cratère fumant, qui forme à sa surface une lie d'un aspect triste.

(i) SahÊrgudtiekli étt Vmietme, U h p. SU, ISSS.

SUR LES TRSHBUnUinS DE TERRE. 9

« Le lac OU la lagune peut avoir six milles d'Allemagne de tour; il se dégorge dans la mer de Gbine par une rivière qui n'est navigable présentement que pour de petits bateaux, maïs qui^ autrefois, portait des champans et de ^s navires. Taal, après avoir été détruit en 1754, a été transporté à l'embouchure de cette rivière.

« Quoique saumàtre, l'eau de la lagune est potable ; on dit qu'au centre on ne trouve pas fond avec la sonde, et qu'elle abonde en requins et en crocodiles; eependant nous ne vîmes aucun de ces animaux dangereux.

« Lorsque nous nous embarquâmes pour passer dans 111e, les Tagaliens nous recommandèrent de tout consi^ dérer à loisir dans ce lieu extraordinaire, mais de garder le silence, afin de ne pas irriter le volcan par quelque parole indiscrète. Il se montre inquiet lorsqu'un Espagnol le visite; il ne reste indifférent que pour les indigènes.

a Llle n'est qu'tm tas de cendres et de scories qui se sont écroulées sur elles-mêmes, et ont formé le vaste et irréguUer cratère source de tant de terreur; il parait qu'il a vomi de la lave. Le rivage oifre çà et là des espaces où croit une herbe peu abondante et où l'on fait pattre des bestiaux. On gravit, du côté de l'est, sur une pente roide et nue pendant près d'un quart de mille, et l'on parvient sur le bord de l'abîme, qui représente un vaste cirque. Une mare d'eau snlftireuse jaune occupe les deux tiers du fond; son niveau semble être le même que celui de la lagune; sur son bord méridional s'élèvent quelques monticules sulfureux qui brûlent tranquillement : au sud et i Test de ces élévations, un cratère intérieur et plus petit commence à se former en dedans du premier. L'arc qu'il décrit, de même que la moraine d'un glacier, embrasse les collines brûlantes qui lui ont donné naissance, et ses deux extrémités s'appuient sur la mare, dont l'eau bout de temps en temps, au pied des coUines brûlantes.

a On reconnaît distinctement, sur la paroi intérieure du

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cratère, les conches différemment eoloriëee des ecories qai la composent; de la fumée s'élève de divers points de sa snrface.

(c Du point où non» étions, nous aperçâmes au côté opposé on endroit où un éboulement dans Tintérienr paraissait offrir une pente commode pour descendre dans l'abime ; il nous en eoûta beaucoup de temps ei de peine pour parvenir à cet endroit, parce que les angles aigus et tranchants de Tarète sur laquelle nous marchions étalait fréquemment impossibles à franchir. H fallait alors passer en dehors et aller presque sur le rivage de l'Ile. Etant sous le vent des lieux brillants, nous ne fumes que modé^ rément incommodés de la vapeur du soufre.

« L'endroit dont il est question est cehd par lequel, dans les dernières éruptions, l'eau vomie par le volcan a coulé. Nous essayâmes de pénétrer dans plusieurs crevasses qui s'ouvraient devant nous;^ mais force nous fut de nous désister de notre projet, après avoir atteint à peu près aux deux tiers de la profondeur. Nous avions inutir lement cherché à nous pourvoir de cordes à Taal. Peutêtre nous auraient-elles aidé à descendre le mur perp«^ diculaire et haut de quelques toises qui se présentait le premier; mais nous n'aurions pas pu aller jusqu'au fond, car le précipice devenait plus abrupte en même temps que plus profond. Nous trouvâmes là le terrain revêtu de sel cristallisé qui, â l'analyse, a été reconnu pour de l'alun de plume. Le temps ne nous permit pas de visiter plusieurs collines. Les autres cratères sont au pied de la bouche principale » (i).

Le 2S octobre i84â , M. Delamarche, ingénieur-hydrogaphe, a visité le volcan de Taal. Voici la descr^on qu'il en donne dans une lettre â Arago :

(t) Nmw. Am, dêt V^y., t. XXX (iStS, t. II), p» SIS-81».

SUR LSS TRSMBIJSIIBIITS DS TERBE. Il

ce Le volcan de Taal se trouve sur une lie située au mi* lieu de la lagune de Bongbong. Celle^i communique par une petite rivière à la baie comprise entre Luçon et Min* doro. La lagune a environ 40 kilom. de tour, est enceinte de terres élevées et montagneuses. Sa profcmdeur varie de 7 à 30 mètres, les eaux en sont potables, les poissons y vivent, mais elle est loin d'être pure; le flacon où j'en avais renfermé un échantillon s'est brisé.

« L'Ile court du NE. au SO., longue de  kilomètres environ et un peu moins large. Près d'elle sont deux autres flots, anciens volcans aujourd'hui éteints.

« A deux encablures du rivage, quoique la brise ne vint pas du côté de 111e, nous sentîmes une odeur sulfureuse très prononcée. Sur le bord seulement, peu de végétation, quelques arbres,* à la plage, gravier noir formé de lave et de matière^ calcinées. Cette ceinture étroite renferme une montagne nue, pierreuse, grise, calcinée, de pente rapide, sillonnée de larges fissures perpendiculaires à la crête, qui court NE. et SO.

« Nous montâmes droit au point le plus élevé de la crête, et, arrivés là à grand*peine, nous pûmes endnrasser d'un coup d'œii l'intérieur de ce magnifique volcan. La hauteur de notre point d'observation est, par des mesures barométriques, de 106 mètres au-dessus du niveau de la lagune. Le point le plus haut peut être plus élevé de 50 mètres.

c( Le cratère sur le bord duquel nous nous trouvions est circulaire. Son diamètre m'a paru d'un mille et demi. La paroi intérieure est presque verticale. L'aspect de cette face est uniforme, de cette môme couleur grise qui revêt toute la montagne. Tantôt le sol en est déchiqueté et comme formé de fragments superposés par des cristallisations irrégulières ; tantôt il ressemble à une nappe de liquide solidifié au moment où la brise en aurait ridé la surface. Le fond de cette espèce de chaudière volcanique

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M. Delamarche possëde-t-il encore ces documents? Nous ne connaissons de Téruption de i7l6 que la date; nous ne savons presque rien de celle de 1754. Et cependant, quel intérêt n'y aurait-il pas à publier ces relations originales !

Suivant A. de Humboldt, la hauteur absolue du volcan de Taal est de 840 pieds environ ; il est donc, avec celui de Cosima au Japon, un des moins élevés du globe (i).

« 2. Le volcan tfAlbay ou le Mayon, lat. 13« 14^ i/2 N., long. 133'' 40' £. de 6r. C'est un cône d'une régularité extraordinaire, d'une pente très roide, et dont le pied est baigné par la mer. Les éruptions de 1766, 1800 et 1814 sont bien connues. U a de nouveau vomi tant de cendres en 1857, que toutes les abeilles des environs ont péri, et que le pays, jusqu'alors très riche en miel, n'eu fournit plus aujourd'hui. D«s vapeurs se dégagent continuellement du sommet, et de la lave incandescente s'échappe de temps en temps du côté du nord. En mars 1858, des Anglais sont montés au sommet; il parait que c'est la première fois qu'on a fait l'ascension de cette montagne ; elle a duré neuf heures. Le cratère a une forme Uen caractérisée, qui occupe toute la cime; mais il était rempli de vapeurs. La hauteur a été. évaluée à 5,000 pieds -anglais,

<( Je rapporterai des vues exactes de ces deux volcans, que je dois à Tobligeance d'un artiste anglais très distingué , M. C. W. Andrews , qui se trouve actuellement à Luçon. J'ai une vue extérieure du volcan de Taal et une vue intérieure du cratère. »

1S48. Compares « Description des sources thermales et du>olcan de Taal dans les environs de Manille, » par le môme, Bull, de la Soc. de Géog., t. XIX, p. 79, i84t, et d*Arcbiac, Hist, des Progrès de la Qéol., U I, p. 644.

(1) Cosmos, t. IV, p. 650 de la trad. française.

L'artiate cité par M. Hochstetter n*est-il pas le photographe de Vlllustrated London News, dont les journaux français ont parlé, il y a quelque temps, et qui a pris, non sans peine, une vue du volcan de Taal? « J'étais environné de vapeur sulfureuse, a-t-il écrit, surtout quand le vent, qui change sans cesse, tournait de mon côté. Telle était la densité de cette vapeur, qu'une fois mes deux guides se réfugièrent précipitamment dans ma tente, au risque de bouleverser mes bains et mes préparations chimiques. Je vous envoie trois épreuves négatives. J'aurais voulu vous en adresser d'autres; mais après trois heures de travail, mon bain s'est couvert d'une pellicule noire qui adhérait au coUodion et couvrait les plaques de taches^ ce qui me força d'abandonner l'entreprise. Au NE. du petit cratère, vous verrez un petit lac : ses eaux sont couvertes d'une vapeur blanche comme de la neige. Les bords sont jonchés d'une substance sulfureuse d'un blanc verdâtre, cristallisée comme de la glape. L'effet que cela produit est vraiment curieux. J'ai tenté de descendre à rintérieur du grand cratère, afin de me conformer à vos instructions relativement à l'observation de la température et de la densité de l'eau, mais j'ai été pris d'une transpiration telle que j'ai dû renoncer à mon projet. La descente se fait au moyen d'une corde : un guide, plus habitué que moi à la chaleur du volcan, a rapporté du lac du cratère une gourde pleine d'eau de ce lac, laquelle est à la température de 110'' F. (43* 35 C). »

U est dit, dans le journal auquel j'emprunte cet extrait, que rilot ou volcan de Taal a 9 milles de circonférence et se dresse à 1,667 pieds au-dessus du niveau de la mer. Cette altitude nous parait exagérée. On ajoute que tout lllot est couvert de lave sur plusieurs pouces d'épaisseur, sauf à certains endroits où l'eau des pluies a empêché la lave de se fixer, et en quelques autres où pousse une espèce d'herbe de 5 à 6 pieds de haut , servant de refuge à quelques animaux sauvages.

De Buch place le volcand'Albaypari3*26Mat.N. etlâi* 27' 55* long. £. de Paris. C'est pour lui on volcan éteint appartenant à l'un des groupes dont nous parlerons tout à rheure, et différent du Mayon, qu'il place, par lat. 43' 40' N., à Textrémité SE. de la langue de terre de File de LuQon, dans la province d'Albay, où il indique aux galères d'Acapulco l'entrée du détroit (4).

Suivant M. de Rienzi, il forme un pic qu'on aperçoit de très loin; il est visible des deux mers, il vomit presque continuellement des flammes, et peut servir de pbare aux navigateurs (2). Suivant de Humboldt, il aurait 3^000 pieds de hauteur, et serait nommé harœ {sic) par les indigènes (3). Le Cosmos, si riche de notes, n'indique aucune source pour ces deux données. Jusqu'ici l'Isaro, n* 6 de M. Hochstetter, a toujours été signalé comme un volcan particulier, mais éteint. ,

B. Cdne; volcaniques éteints, s* élevant de ^ à 6,000 pieds

au-dessus de la mer,

« Toutes les autres montagnes volcaniques de Luçon, continue M. Hochstetter, paraissent être éteintes depuis longtemps. Voici, en commençant par le nord, celles dont les échafaudages volcaniques bien caractérisés sont les plus considérables.

« 3. Arayat, lat. 45» 43' N., long. 420» 45' E. de Gr. Par un temps clair^ on aperçoit, de la rade de Manille, ce cône volcanique tout à fait isolé au milieu de la vaste plaine de Pampanga. Les flancs en sont escarpés, et son sommet, qui atteint une altitude de 5,000 pieds, est

(1) Iles Canaries^ p. 4S5 et 486.

(t) Univets pittor,, Océanie, t. IIl, p. i96.

(8) Cosmos, t. TV, p. 42Î.

SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE. i7

fortement crevassé. C'est un cône éteint; les sources chaudes qui se trouvent à son pied trahissent seules l'activité encore persistante des feux souterrains. »

Ajoutons que le sommet est couvert de forêts et que ses flancs, comme la plaine, donnent naissance à un grand nombre de sources chaudes. Les nombreuses gorges et crevasses qui le sillonnent jusqu'à une hauteur considérable , et qui s'étendent jusque sur une partie de sa cime, lui donnent tout à fait l'aspect d'un volcan éteint. MM. Berghaus et Landgilsbe le regardent aussi comme tel, d'après le colonel Aragon, quoique les indigènes n'aient conservé aucun souvenir de |Ses éruptions : « Aunque de sus erupciones no ha quedado memoria entre las naturales » (1). Les coordonnées géographiques du Monte Arayat seraient lat. 15° 12' N. et long. 118° 28' 30" E. de Paris.

Suivant M. Berghaus, deux volcans seulement se trouvent an nord du parallèle de Manille. Ce sont l'Arayat et le volcan d'Aringuay, dont l'existence, admise par MM. de Bnch et Berghaus, est rejetée par M. Hochstetter. Voici ce qu'il en dit :

« L'Aringuay, dans le district des Ygorrotes, province Ilocos, est mentionné par Chamisso comme ayant fait érup* tion le 4 janvier 1644 , en même temps que le volcan de lolo et le Sanguil dans le sud de Mindanao. Mais cette éruption est aussi douteuse que celles du volcan de lolo et du Sanguil signalées dans cette notice. Je n'hésite donc pas à rayer l'Aringuay de la liste des montagnes volcaniques de Lnçon. »

Nous ferons remarquer, en passant, que les éruptions d'Iolo et du volcan de Sanguil (2) ne sont nullement dou-

(1) Afdgon, no IV, Prov. de la Pampanga, S. — Note de M. Berghaus, p. 16 de son fameux mémoire snr les Philippines.

(9) L*aTitenr qae nous allons citer écrit Sanguil, et nous prouTerons plus loin qn*tl 8*agit du Tolcan de nie de Sangnir, située entre Mindanao et Temate.

18 DOGUMEITTS

teuses. Nous en donnerons plus loin mue description d'après un auteur contemporain, le jésuite espai^ol Juan Eusebio Nieremberg, qui Ta tirée de rapports officiels. Elle est très circonstanciée, et n'occupe pas moins de quatre pages in-folio, pages 453 et 454 du tome IQ de ses œuvres philosophiques (i). Les éruptions des volcans de lolo et de Sanguil furent accompagnées de détonations effrayantes qu'on entendit simultanément sur un espace circulaire déplus de 300 lieues de diamètre; les cendres projetées par ces volcans obscurcirent entière* ment la clarté du jour. En un mot, ces éruptions paraissent avoir été aussi formidables que celle du Tomboro, dans 111e de Sumbawa, en avril 1815. Quant à la troisième, celle qui eut lieu chez les Igolottes (sic), dans le nord de Luçon, elle fut aussi accompagnée de détonations non moins terribles et d'un tremblement de terre épouvantable ; elle avait été précédée et comme annoncée par un ouragan non moins horrible; mais elle offrit un caractère essentiellement différent. On ne vit ni feu, ni matières incandescentes; trois montagnes sautèrent en Tair, il en sortit d'énormes torrents d*eau ; trois villages disparurent, il n'en resta aucune trace, non plus que de la montagne sur laquelle ils étaient bâtis et qui fut remplacée par un lac. Ce phénomène rappelle l'éruption aqueuse du volcan de Âgna, qui détruisit, le 11 septembre 1541, les villes de Cittdad Vieja et Almolangua, dans le Guatemala, et dont M. Temaux-Compans a publié une relation originale (2). Il n'est donc pas surprenant qu'on n'ait retrouvé aucun cou-

Ci) Obras filosoficas; Madrid, 1651, 3 volâmes in-folio. Non» devons la connaissance de cet ouvrage à notre confrère M. Guignard, que nous prions d*agréer nos remerclments.

{%) Relation de ce qui, d*aprô8 la volonté de Dieu, est arrivé le samedi !• du mois de septembre 1541, à deux heures après le coucher du soleil, dans la ville de Santiago de Guatimala, p. «6d-lS5 du Recueil de fnèces relatives à la conquête du Mexique; Paris, 1888, in -S».

SVB LBS TREMBIiSMEIITS DE TERRE. 19

rant de lave, aucunes matières volcaniques, en recherchant plus tard les traces de cette éruption.

Voici ce qu'en dit M. Berghaus, qui termine par TAringuay sa liste des quatorze volcans qu'il compte dans 111e de Luçon :

« Enfin le volcan A'Aringuay, situé dans le district des Tgorrotes, au sud de la province Hocos, dans Tintérieur de rUe, et à peu près par 16o 30' lat. N. La chronique des Philippines a conservé le souvenir d'une violente éruption qui aurait eu lieu près d'Aringuay, dans les Montes de Ygorrotes, en 1641. Cependant, parmi ces montagnes, dit Aragon, on n'en connaît aucune qui soit volcanique; -*et plus bas : on nen aperçoit pas aujourd'hui la moindre trace » (1)..M. Bergh^us, auquel j'emprunte cette citation, qoute : 0 La forme du Monte de San Thomas (lat. 16* il' N., sur le bord oriental du golfe de Lingayen) rappelle une montagne volcanique. A l'angle NE. de la province de Batangas est le village de San Pablo de los Montes, près duquel se trouvent huit petits lacs appelés les Huit-Frères, cratères de volcans éteints. La profondeur en est inconnue ; on n'y a pas trouvé de fond avec une sonde de 200 brasses. L'eau en |est salée, et quelquefois, surtout dans le temps des orages^ il s'en dégage une odeur de soufre » (3).

Reprenons le texte de M. Hochstetter.

a 4. Le Monte Majaijay (prononcez Macha-i-chay ), lat.

(1) a Eq las dichas Montanas no se conosce entre ellas alguna volcanica... pero al présente no se ve ni el minor rastro de tal erapcion. » (Aragon, n* V, Prov. de Pangusinan, 6.)

(2) Berghaus, mém. cité, p. 40. Pins tard, en 1887, M. Berghans dit que c^est probablement (vcrmuthlîch) an Monte de San Thomas qu'il fant rapporter l*émption du 4 janvier 1641. {Laender-und Voeiker* kunde, t. II, p. 7tt.) Il se trouverait ainsi appartenir à notre série intermédidirc {vide infra).

20 ' DOCmiENTS

14'' 4' N. et long. 121« 29' E. de 6r. Par on temps clair, on aperçoit de la baie de Manille la masse entière de la montagne comme un cône tronqué (i) sur lequel se dressent plusieurs pics C'est un système volcanique qui rappelle le Gedeh à Java ; mais il est éteint, et sa base aplatie, qui est formée de tufs ponceux , s'étend jusque dans le voisinage du volcan de Taal, avec lequel il se rattache, et dont il parait être le congénère. En 1842, MM. Pickering et Elk, membres de l'expédition des Etats-Unis, ont fait l'ascension du sommet oriental connu sous le nom de Banajao de Taybas, dont ils ont évalué l'altitude à 6,500 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer. Un épais voile de nuages a empêché toute espèce d'observations sur la position relative des autres pics. »

Nous Tavons déjà dit, ce volcan se trouve dans la Cordillera de Tayabas. M. de Buch, qui écrit Bonajan, le cite comme une montagne isolée. Elle est, en effet, séparée des Camarines par le golfe de Lamon. M. Berghaus, qui écrit Bonajau, le place parlât. 14^4' N. et long. 119«2l^E. de Paris. M. Landgrebe écrit Banayau, et le place par 14^ 3' et 119* 22^ entre le Taal et la côte orientale de l'Ue. Aucun de ces divers auteurs ne parle du Maquiliny que M. Hochstetter place entre le Taal et le Majaijay, non plus que des pics de Malarayat et de Snsoncambiny qu'il place au sud du Maquilin. ( Vide infra, 13, 14 et 15, et la carte.)

Aucun de ces auteurs , non plus que M. Hochstetter, ne décrit le mont Mainit; voici ce qu'en dit M. P. de la Gironière, qui a longtemps habité le pays :

« Il est probable que le volcan de Taal a des communications souterraines avec la haute montagne de Mainit, si-

(1) Majaijay eti un mot tagal qui signifle « sans sommet. » (Note de M. Hochstetter.)

SUR LES TREMBLEMENTS DE TERRE. Si

tuée EH NE.yànne distance de quatre à cinq lieues du lac deBombon. Peut-être Aune époque prochaine, cette haute montagne se tranfifonnera4relle en un énorme volcan : elle menace continuellement de faire éruption ; à sou sommet , plusieurs crevasses laissent parfois échapper une épaisse fumée et souvent des flammes. A sa base, dans la partie baignée par les eaux du lac de Bay, surgissent de nombreuses sources thermales à la température de l'eau bouillante. Toutes ces sources vont se jeter dans les eaux froides de Bay, et dégagent une si grande quantité de vapeur, qu'à une petite distance cette partie du lac parait dans une ébullition continuelle. C'est dans ces sources que quelques auteurs ont prétendu que des poissons vivaient et que des plantes croissaient. Je puis assurer que c'est là une erreur.

« Llle de Socolme, éloignée de quatre à cinq kilomètres des sources thermales, est un ancien cratère (I).

« Dans la province de la Lagune et de Tayabas, plus à Test de Mainit, la montagne de Majayfay, une des plus élevées de llle de Luçon, a probablement été formée par un volcan dont le cratère, qui occupait le sommet, est maintenant un lac circulaire ; sa profondeur n'a jamais pu être mesurée. A l'époque où ce volcan était en ignition, la lave qui coulait du sommet vers la base, dans la direction du bourg de Nacarlang, a probablement recouvert

(1) Socolme est an lac circulaire^ d*une liene de circonférence, au sod do grand lac, dont il est séparé par nn cordon de terre, on, poar mieux dire» par une montagne d*nn très petit diamètre à la base , et dont le sommet se termine en arête et presque perpendiculairement à plus de 500 mètres au-dessus des eaux. Les deux versants sont complètement couverts de grands arbres d^une belle végétation... Noos n*avons pas pu mesurer la profondeur du petit lac vers le milieu; mais à quelques toises de la rive, nous avons trouvé partout qu*elle était de 180 pieds. Il est à remarquer que dans aucune partie du grand lac de Bay on ne trouve une profondeur qui dépasse 75 pieds. (De la Gironière, I. c, p. 241 et 244.)

82 DOCUHBMTS

d'immenses cavités dans une grande étendue. Souvent, à la suite d'inondations ou de tremblements de terre , la couche volcanique qui recouvre ses cavités vient à se rompre, et laisse à découvert d'énormes profondeurs que les Indiens nomment bùuches de tenfer.

. a Entre Mainit et Majayjay^ sur tout le territoire du bourg de San Pablo , on trouve de distance en distance des petits lacs circulaires qui étaient autant de volcans. Les amas de pierres ponces et de laves de diverses natures qu'on remarque aux alentours de ces lacs, ne laissent aucun doute sur leur première nature. » (I)

Revenons à M. Hochstetter.

« 5. Le système à double sommet du Manie Laboo et du Tétao de Polantuna, lat. 14« S' N., long. i22o 48^ £. de Gr. (2). c( C'est le troisième cône principal dans la série dirigée EO., qui commence au volcan de Taal. II a une base de 30 milles marins, et s'étend d'une mer à l'autre, n forme comme un pÛicr ou contrefort sur l'espèce d'isthme qui rattache la partie SE. de Luçon au corps de

rue. »

M. Berghaus et les autres écrivains que j'ai pu consulter placent le Labo, Lobo ou Lobot, par lat. 14« 10' 5* N. et long. 420» 32' 35"^ £. de Paris.

(1) Aventurai d'un GeniUhamme breton aux iles PhUippines, p. 360^ %• édit.; Paris, 1867, in-8o. M. de la Gironière, qoefai en le plaisir de ▼oir à Paris en «eptembre 18S0, a habité nie de Lnçon du 4 juillet 1820 an 29 octobre 1888. Il a fondé une colonie à Jala-Jala, sur les bords du lac de Bay» et Ta dirigée du 2 avril 1824 à la fin de février

M. de la Gironière a eu la bouté de me commnniqoer plusieurs documents sur les tremblements de terre aux Philippines. Je saisis avec empressement cette occasion de Ten remercier. Il avait eu robligeanoe de me promettre une note sur les secousses qu*il a ressenties à Jala- Jala. Il est retourné aux Philippines sans me Tavoir communiquée, et depuis dix-huit mois Je n*ai pas eu de ses nouvelles.

(2) La carte porte Tetas de Totantona. — A. P.

Cl 5. Le Mmite Tsaro, appelé aussi Monte de llg^aon, lat. 13*» 35' N., long. 123* 23' E. de Gr. (le mont Ysaroc des auteurs allemands). C'est la plus grosse montagne volcanique de Luçon après les deux précédentes (4 et 5). Elle occupe presque en entier l'isthme entre la baie de San Miguel et le golfe de Lagonoy, sur une largeur de 48 milles marins, ou mieux elle forme elle-même l'isthme qui relie aux Camarines du Sud la Sierra de Garamuan, qu'on peut considérer sans aucun doute comme ayant été autrefois une île séparée de Luçon. »

Les auteurs allemands que j'ai déjà souvent cités écrivent Tsarog et placent ce volcan, que M. Berghaus regarde comme le plus imposant et le plus élevé des cônes éteints, par lat. 13*37' N. et long. 121» KV 45* E. de Paris. De Buch écrit Ysaroy.

« 7. Volcan de Bultuan, lat. 12* 46' 1/2 N., long. 123"» 52' E. de Gr. Il est situé à la pointe méridionale de llle de Luçon, à laquelle il sert comme de contrefort ou de pilier. Il a la forme conique qui caractérise les montagnes volcaniques ; c'est A cette forme^ à sa position et à sa hauteur considérable, qui doit atteindre 5 à 6,000 pieds, qu*il doit d'avoir été désigné comme volcan avec le Taal et l'Aibay, sur les cartes espagnoles , pendant que les autres montagnes volcaniques ne portent pas cette désignation. Des sources chaudes sourdent à son pied. Mais ses éruptions paraissent être inconnues dans les temps historiques. » 0

M. Berghaus indique sa position sur le détroit de San Bemardino, par lat. 42*47' N. et long. 121* 47' 42^ E. de Paris.

G. Peiiti ctMret éTérupHùn éUinU eu inacHfÉ,

« Si l'on voulait compter comme volcans éteints tous les petits cônes d'éruption qui présentent une cavité cra-

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tériforme plus ou moins complète à leur sommet, il foudrait doubler ou même tripler la liste que aous allons en donner. D*un autre côté, on se ferait une idée très fausse de rétendue et de l'importance des échafaudages volcaniques à Luçon, si Ton voulait les restreindre aux sept systèmes principaux que noils énumérons. Il existe encore un nombre assez considérable de chaînes et de pitons qui sont formés de produits volcaniques, et de cônes d'éruption qui ne sauraient être regardés comme de simples parasites des systèmes principaux, mais qui, à cause de leur importance propre, devraient être considérés comme des centres éteints d'éruption. Toutefois, comme le plus grand nombre en est encore complètement inconnu, je me contenterai de citer les groupes suivants, qui sont probablement les principaux.

PREMIKR GROUPE.

« Des -montagnes considérables bordent les deux côtés de l'entrée de la baie de Manille ; au sud se dresse le Hco de Loro, au nord s'étend la crête dentelée de la Sierra de Mariveles, et à l'entrée s'élèvent des récifs et des lies, tels que Pulo Cavallo, l'île du Gorregidor, la plus grande de toutes, et le rocher de la Manja, Ces îles et ces récifs ne sont que les restes d'une chaîne volcanique qui autrefois fermait l'entrée de labaie, mais qui plus tards'est aflfaissée, peut-être à la même époque de paroxysme violent où l'échafaudage du volcan de Taal s'est abattu. Il est vraisemblable que toute la presqu'île de Bataan, qui n'est qu'un prolongement de la Sierra de Mariveles et qui borne à l'est la baie de Manille, est volcanique ; il se trouverait ainsi au nord-ouest du volcan de Taal une série linéaire d'évents volcaniques autrefois actifs, dont voici les principaux centres classés du nord au sud :

« 8. Pico Buiilao ou Pico de Santa Rosa, lat. 14» 43' N.,

SUR LES TRIMBLBMEirrS DE TERRE. 25

long. lâO^ 25' E. de 6r., dont l'altitude serait de 3 à 4,000 pieds.

tt 9. Sierra de Mariveles, lat. lA*» 32' N., long. 420* 30' E. deGr., altitude 4,000 pieds.

c( 10. Ile ou récif du Corregidor, lat. 14» 24' N., long. i20<> 36' E. de 6r., haut. 600 pieds.

« 14. Pico de Loro, lat. 44° 13' N., long. 420° 40' E. de 6r., altitude 2,000 pieds. — Toutes ces hauteurs ne sont que de simples évaluations; elles n'ont pas été mesurées. »

Ces divers pics, sauf Tllot du Corregidor, n'avaient pas encore, à ma connaissance, été signalés comme des centres volcaniques.

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