‹ Sur les tremblements de terre de la péninsule scandinaveChapitre 39 sur 57 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

DES TREMBLEMENTS DE TERRE BT OBS ÉRimiOVS T0LGANIQ1JBS.

^ 1601. — Nuit du 31 décembre 1600 au 1*' janvier 1601 ,

vers minuit, dans l'archipel des Philippines, tremblement très fort que décrit ainsi un témoin oculaire, le P. Pietro Cirino, qui se trouvait alors à Manille :

« L'année 1600 fut malheureuse pour l'archipel des Philippines, non seulement par la perte de nombreul navires, mais encore par un tremblement de terre qui finit cette année et commença la suivante ; il eut lieu au milieu de là nuit et dura près d'un demi-quart d'heure avec une telle violence, qu'on crut que c'était la fin du monde, qu'on était arrivé au jour du jug;ement, puisque saint Jean Chrysostôme^ hom. 79, iii Matth.^ de la par^olé des vierges, conjecture qu'il commencera au milieu de la nuit. Les portes, le^ fetiêtres, toutes les cloisons qui craquaient, me réveillferent. Comme j'en avals éprouvé plusieurs, de jour et de nuit, dans le courant de Tannée, j'y fis d'abord peu attention; mais le mouvement augmenta tellement, que je craignis que la maison ne tombât : je sautai de mon lit et je me réfugiai dans l'embrasure de la porte. J'étais balancé absolument comme par le roulis d'un navire ; je pouvais à peine me tenir debout. Je ne pus que me recommander à Dieu.

<c En ville^ plusieurs édifices ont été endommagés, plu* sieurs personnes ont été blessées^ mais personne n'a pé-

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ri » (4). L'auteur termine sa lettre par la description de la ruine de Téglise de son ordre.

1608. — - 3 décembre ( le 8* jour après la sainte Cathe» rine), à Dulackium, dans les Miilippines , tremblement pendant lequel les maisons oscillaient comme des berceaux d'enfants (S).

En octobre précédent, puis le 25 novembre, ouragans formidables (Annuœ litterœ 90c, Jem, année 1608, p. i95.)

4616. — En février, éruption dans 111e de Luçon (3).

16S7. — En septembre, à Manille, tremblement si violent, qu'une des deux montagnes qui se nomment Car-

lA*.

(i) Bonito, Terra tremanU, p. nn, d'après P. Fr. Colin ^ Hist, deirisole Filippine, part. I, liv. III, ch. 17, n« iSS. — Le Gentil, Vcy, aux Mers de tlnde^ t. Il, p. 886.

{%) Ce chef- lieu on eedes Didaehiana comprenait encnre, sons les Jésoites, Bitum, Àbvicum, Bincaiumj Malaguicaion et ipsum Duiachium cum Palo quorum ostia talia sunt, ut per octo fsre anni menées, ^cumque tranaturi sunt mare, mortem eiiam vei non effugiant, vei çerte periculum aliquod magnum haud effUgiant. N'eet-ce pas Doalaog-DouIangr, one des ciuquante-cinq lies du groupe Tawi-Tawi ou Taoul-Taoui, par HT 84* long. E. et 6« 5* lat. N., dans Tarchipel de Scoloa?

(8) Je lis dans le voyage de Spiibergen : « Anchoras suas 19 februarii ad maximam insulam projecerunt qnœ tÀiçon appellatur et in qua sita est urbs Manila, Coospexemnt ibi domum quandam eleganti ar-

tificio in arboruin aliquot cacumine exstructam Cam neminem

ibi invenissent perrezerunt ulterius littus legendo, yideruntque in transitn incredibilis aitidudinis montem perpetuo igné fiagrantem, Albaca nomine, plénum sulphore... » (Theod. de Bry, Americcs, tomi nndecimi Appendix, p. 96; Francofnrti, 1620, fol.) — Ce passage doit s*apliquer à TAlbay. Les vaisseaux venaient de quitter ille de Capul, que la carte de de Bry place au sud des Gamarines, et se trouvaient dans le détroit de Mindoro, nommé alors détroit de Manille. Cependant de Bry, dans la planche xyi, représentant la baie de Manille, figure une montagne en éruption, près du rivage et an SE. du golfe, ce qui semblerait indiquer le volcan de Taal.

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vallos, dans la province de Cagayan, lie de Luçon, en fat aplatie (1).

(( En septembre 1627, dit Krueger, l'île de Manille, qui est une des Philippines, fut affligée d'un horrible tremblement de terre qui renversa deux montagnes appelées Carvallos et les mit au niveau de la terre. En 1645, le tiers de la capitale de la province de Gogogan (Cagayan) fut bouleversé par un pareil accident; il en coûta la vie à trois cents âmes^ et le même malheur arriva Tannée d'après. Les vieillards disent que ces accidents étaient encore plus funestes autrefois, et que c'était pour cette raison qu'on n'y voyait que des maisons en bois » (2).

M. de la Gironiëre cite ces deux tremblements parmi ceux qui font époque dans le pays. Celui de 1627, dit-41 {opère citato, p. 361 ), engloutit une des plus hautes montagnes de la province de Cagayan.

— Le 29 juin 1626, en Chine, dans une province à cent lieues de Pékin, secousses qui se renouvelèrent pendant un mois d'heure en heure, et s'étendirent jusqu'à Pékin. Après avoir décrit ce phénomène, on ajoute :

(( En 1628, d'après des rapports dignes de foi, la terre trembla aussi quatorze fois le même jour dans les Camarines {apud Camarines); beaucoup d'édifices furent renversés, une grande montagne se fendit, et il en sortit une telle quantité d'eau, que, dans les campagnes inondées, les arbres furent arrachés, et qu'à une lieue de la mer la plaine était toute couverte d'eau • (3).

S'a^t-il des Camarines dans 111e de Luçon?

(1) Collection académique, t. VI, que j*indiqoerai, comme toujours^ par les initiales G. A. — Le Gentil, Voy. aux Mers de tinde, t. II, p. 4.

(2) Ànc. Révolutions du Giobe, p. S86 (Amsterdam, 175t, io-it), d'après Gemelli Garreri., — Prévost, Hist. gén, des Voy. t. X, p. 409 (in-4o).

(8) Apud Camarines qnoque terram eodem die quatuor decies contremuisse, flde dignis testimoniis rennntiatnm est : multa intérim sedifi-

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4635. — - Â Manille, tremblement qni renversa un grand nombre d'édifices et fit périr trois mille individus. Les tremblements déterre sont très communs aux Philippines. Ceux de 1796 et de i824 ont produit de grands dégâts (i).

1640. — « En janvier 1640 , une des montagnes de Mindanao (le Sanguil?) située dans la dépendance du roi de Buyaen, à soixante lieues de Sambouangan, fit un bruit épouvantable et répandit Talarme et la crainte partout ; elle fit son éruption avec tant de violence, que tout le sommet sauta en Tair et fut emporté à deux lieues de distance et plus; le bruit de l'explosion et les coups répétés répandirent l'alarme dans un espace de trois cents lieues : à Manille^ on crut que le bruit venait de Cavité et qu'on s'y battait; à Cavité, on s'imagina qu'on faisait à Manille quelque salve. Il n'y avait pas longtemps qu'on avait envoyé de Mindanao du secours à Ternate : on crut à Sambouangan que ce secours en était venu^aux mains avec l'ennemi ; à Temate, ils crurent que le isecours qui leur venait avait rencontré l'armée navale des Hollandais. Ces différentes erreurs sur le lieu d'où partait le bruit de l'explosion, venaient sans doute des différents échos des montagnes de ces lies ; mais on fut bientôt désabusé : à Sambouangan, ils perdirent bientôt le soleil de vue et ils se virent enveloppés d'une nuit si obscure, qu'ils furent obligés d'avoir recours aux lumières et d'allumer des bougies.

« Le secours qu'on envoyait à Temate courut plus de danger, se trouvant beaucoup plus près du volcan; ils

cia dirata. logentem montem médium crepaine immani hiato, ex immensa y\ excuBsisse arbores per oras pelagi, ita ut ieacam occaparent «qaoris^ nec hamor per illad intervallum appareret. Accidit hoc anno i68S (J. Eoeebio Nieremberg, Historia naturœ, lib. XVI, p. 888; Antaerpis, 1685, in-fol.).

(1) Malte-Bran, Géographie universelle^ S* éd., t. VI, p. 440.

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ftireot obligés, à bord des vaisseanx, d'allumer des fanaux à dix heures du matin, et à la faveur de la lumière de ces fanaux ils balayèrent la cendre dont les vaisseaux étaient couverts. En effet, la montagne en vomit une si grande quantité, et elle s'éleva à une si grande hauteur, qu'il fut facile au vent de la transporter à des distances incroyables, puisqu'elle vola aux extrémités de l'archipel des Philippines, jusqu'aux Moluques, à File de Bornéo et à Manille.

(( Sambouangan en eut sa bonne part, et actuellement encore on en trouve des marques dans tous les environs ; au premier coup de pioche la cendre parait.

(( La matière de ce volcan se formait sans doute depuis bien des siècles dans le sein de cette montagne, et ne trouvant point d'issue par où s'échapper, elle se fit un jour en désunissant les parties de la montagne et chassant fort loin l'obstacle qui la tenait renfermée depuis &nt de temps.

« La destruction de cette montagne donna naissance à un lac qu'on trouve au pied, dont les eaux restèrent blanches pendant longtemps, par la grande quantité de cendres, de sorte que ces eaux paraissent actuellement comme un cristal » (4).

Von Hoff dit expressément que cette année le Sanguil eut une éruption latérale, et cite Prévost, HUt. des Voy., t. XV, p. 39. Cette indication est fausse. Je trouve dans ce

(1) Le Gentil, voy. cité, t. II, p. SO-21. Voyez aussi Langlois, Diet. de Géogr., L I, p. Iz; G. W. Ritter, Beschreibung merkwuerdiger Vuikane, p. 178; de Buch, 1. c, p. 435. Keferstein et Walther, p. 88, signalent seiilemeot on graÂd tremblement de terre. Landgrebe, p. 841» donne an volcan le nom de Kalagan et celni de Ganong-Salatan, diapré» Forrest, tout en avouant qu*il 8*agit probablement du Sanguil ; il ^onte que cette éruption se fit sentir dans toutes les lies et qu'il se forma une haute montagne dans le voisinage. — Prévost, l.c, t. XUIX, p. 67 de redit, in-8».

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