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bout. Le reste du jour, les secousses ne furent pas très*fortes. Samedi matin, nous pûmes voir la fumée, et la coulée de lave paraissait s'être faite à environ dix milles, droit au sud de la source ; mais pendant la journée et une partie delà nuit, elle nous fut cachée par les nuages.
A^ « Samedi, dans la nuit, les secousses furent encore trèsfréquentes et tout à fait fortes ; la maison faisait un tel bruit et le mouvement était tel à chaque secousse qu'il fût impos* sible de dormir.
a Le lendemain au matin, dimanche ^9, la ligne de fumée avait avancé de 15 milles environ depuis la matinée précédente et paraissait se diriger directement vers la maison du capitaine Brown à Kahuku ; mais ce qui semble singulier, on n'avait aperçu encore aucune autre lumière que celle qui avait brillé, un instant, à la source de la coulée.
« Dimanche, les secousses furent moins fréquentes ; quel* ques-unes furent assez rudes jusque vers 2 heures du soir, qu'elles cessèrent à peu près. On en ressentit encore quelques-unes, mais toutes faibles dans la nuit. Il en fut de même, lundi 30, et la nuit suivante. Mais aujourd'hui, mardi 31, vers 10 heures du matin, il y en a eu une tout à fait forte et à 5 h. du soir, une plus rude encore. » {Amer. jour, of 5c., t. XLV, p. 111.)
S s. Lettre de M» Tltve €^an * M. James II. Basa, datée de ■llo«
le V avril.
« L'histoire et la traditon n'indiquent à Hawaï aucune commotion semblable à celle que nous venons d'éprouver.
« Le 27 mars , de légères et nombreuses secousses de tremblement de terre se faisaient sentir dans le district de Kau, partie sud de cette ile.
(( Le 28, elles devinrent plus fréquentes et plus fortes; elles s'étendirent jusqu'à Hilo , Kona et probablement sur toutes les parties de l'i le. Ce jour-là, les habitants d'Hilo
Mj
bahs l'akcbipii. hawaïen 11
virent de la vapeur et du feu s'élever, en plusieurs points, au sommet et plus bas sur la pente sud- est du Mauna Loa. Pendant la même journée, tout le district de Kau fut épouvanté par des explosions et des rugissements, semblables à ceux d'une tempête et provenant de la montagne. Celle-ci se fendit, probablement près du Mokuaweoweo , cratère situé au sommet, et la fente s'étendit plus bas jusqu'au milieu du flanc méridional ; des jets de vapeur et de fumée se déga* gèrent sur beaucoup de points, tandis que quatre courants de lave distincts, s'échappant d'autant de fissures séparées, se précipitèrent vers le bas de la montagne. Une de ces coulées se dirigea à peu près droit au sud jusqu'à moitié chemin vers Kahuku. En même temps, un effroyable tremblement de terre renversa la grande église en pierre à Kahuku et toutes les maisons construites en pierre, y compris celles de plusieurs étrangers qui se sont établis au pied de la montagne pour y élever des troupeaux.
u Je viens de recevoir du Rév. T. D. Paris , de Kealakekua (district sud de Kona), une lettre datée du 29 mars et contenant le récit de ce qui s'est passé de ce côté ; en voici la copie : u Pendant les 36 dernières heures, notre maison, « avec tout ce qui nous entoure, a été ébranlée, secouée et (f soulevée, comme si ses fondements s'écroulaient. Pendant (c dix heures il y a eu une série de secousses qui se sont (( succédé à des intervalles de deux à cinq minutes, mais « les vibrations du sol, accompagnées de mugissements et de u sifflements, se continuaient le plus souvent d'une se- <( cousse à l'autre.
« Hier (le 28), pendant les oscillations du sol, quatre ava* (c lanches se sont précipitées de Kaunaloa dans la baie.
(( Vendredi matin (le 27) entre 5 et 6 heures, nous nous « sommes aperçus que la grande montagne était en feu et a qu'il s'en élevait d'immenses colonnes de fumée ; mais « nous ne savons encore rien sur le courant de lave. » — M. Paris ajoute : « Tuesday, Aptil 1 (le mardi était le 31
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tt mars et non le 1^*^ avril), lea mouvements de la colline conu tinuent toujours. Nous ne nous sommes pas déshabillés u pour dormir. »
« Le samedi 28 , les phénomènes lumineux aperçus sur le sommet de la montagne disparurent de tous les côtés ; de Kona a Hîlo, à peine vit-on quelques bouflées de fumée et toutes les manifestations volcaniques qui s'étaient montrées dans Tatmosphère cessèrent. Tous les yeux étaient Gxés sur les collines et chacun se demandait avec étonnement : Qu'est devenue Vét'uption ?
u Cependant , tonte File était ébranlée et continuait à trembler. Jour et nuit, les oscillations étaient à peu près incessantes. Personne n'a essayé de compter les chocs brusques, ni les ébranlements prolongés, tant ils se succédaient rapidement. Même dans les intervalles des commotions, le sol et tous les objets reposant dessus semblaient frissonner comme la surface d'un vase enébullition. A Kau le tremble* ment était plus (errible encore et tout le monde était dans Tanxiélé. La vérité est que tous les feux de la montagne et du Kilauea étaient tombés dans les cavernes et réservoirs sou* terrains, d'où ils cherchaient à se frayer un passage intérieur jusqu'à rOcéan. La mer de lave doit avoir été énorme et son action souterraine s'étendait à travers de nombreux canaux sous un espace large de plusieurs milles,
« Les secousses et les chocs continuèrent avec différents degrés d'intensité jusqu'au jeudi 2 courant.
(( H était maintenaril évident que le Kilauea et la montagne mère {Ihe malher mounlain), le Mauna Loa, agissaient de concert. Dans le premier les feux avaient pris une intensité effroyable, faisant ébouler des avalanches de roches qui se précipitaient des parois extérieures et éclataient dans un cratère latéral éteint, appelé le petit Kilauea.
« Le 2 courant, à 4 heures du soir, eut lieu une secousse d'une violence tout à fait effrayante. De Rau à Hilo, la terre s'entr'ouvrit dans un millier d'endroits ; les ouvertures étaient
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des fissures et des crevasses, variant d*un pouce à plusieurs pieds de largeur, rejetant des murs de pierre sur leurs bords, renversant les arbres, brisant el faisant écrouler les rochers, démolissant les églises et les maisons en pierre el remplissant d'épouvante les populations consternées. Celle secousse se prolongea ainsi pendant trois minutes. Si elle eût conlinué trois minutes de plus avec une pareille violence, peu de maisons seraient restées débouta Hilo et à Kau. Heureusement nous n'avions à Hilo qu'ime seule construction en pierre, la prison ; elle s'écroula immédiatement.
« Au moment où cessa cette épouvantable commotion, la mer s'éleva d'environ six pieds au-dei^sus de la marque des plus hautes eaux, et toutes les constructions, les magasins, les usines, les boutiques, etc., près du rivage, furent dans un péril imminent. A la même heure, Kau et tous ses environs éprouvèrent une convulsion plus terrible encore.
u Entre Kapapala et Reaiva, à 36 milles environ de Hilo, la terre s'est subitement entr'ouverte, au pied des collines de la montagne, à un mille ou deux au-dessus de la route qui les traverse et conduit à Kau ; une masse de terre, de pierres et de boue a été projetée sur un espace de deux à trois milles de longueur, ayant deux à trois milles de large à l'endroit où commence l'ouverture et un demi ou trois quarts seulement où elle se termine. On dit que celte éruption terreuse a quatre à cinq pieds d'épaisseur; le dégagement a été si rapide que 30 personnes el 2,500 ou 2,600 tètes de bétail el chevaux ont péri, et que toutes les maisons du village ont disparu. L'événement a eu lieu sur une propriété appartenant à Reed et Richardson, et près du parc aux brebis el aux chèvres de F. S. Lyman, fils du Rév. D. B. Lyman, missionnaire à Hilo. Au même moment, les maisons de ces messieurs et presque toutes celles des indigènes qui habitent ce district ont été mises en pièces.
a En même temps il y a eu un dégagement sous-marin de lave dans la mer, lequel y a causé une vague de 15 à
20 pieds de hauteur. Elle paraissait toute rouge comme une traînée de feu, à cause de Ténorme éruption de matière ignée qui s'est fait jour sous les eaux, à plusieurs milles le long de la plage, s'est précipitée sur la côte et a envahi tous les endroits les plus bas, en renversant et en balayant toutes les habitations à une quinzaine de milles le long du rivage. Je ne puis dire encore le nombre des personnes qui ont péri. Mais j'ai vu les noms de 47 morts dans Téruption terreuse ; plusieurs se trouvaient à six milles de la mer ; l'Océan a dû causer grand nombre de victimes. Cette statistique ne se rapporte qu'à la partie orientale ou moins d'un quart du district de Rau. Nous attendons, avec de vives inquiétudes, des nouvelles du centre et de l'ouest de ce district. Avant la terrible secousse du 2, nous avions déjà appris que les églises et beaucoup de maisons avaient été renversées à Waiohinu et plus loin à Rahuku, où tout est en ruines. Depuis, il ne nous est venu aucun renseignement.
a D'après ce qu'on dit, la grande éruption terreuse qui a eu lieu près de Rapapala n'a montré aucun indice de chaleur {was not heated)^ il n'y a pas eu la moindre apparence de feu dans ce dégorgement. La masse entière est sortie de la terre comme une décharge de canon, avec un coup de vent accompagnée d'un rugissement effroyable. M. Richardson et d'autres, placés au NE du théâtre de cette éruption, et M. Lyman ainsi que d'autres, placés au SO , l'ont vue dans tous ses détails.
<c Pendant ces 12 derniers jours, il est probablement peu de personnes qui se soient déshabillées pour dormir à Hilo et à Kau. La plupart ont campé dans les champs ; tout le monde n'a cherché qu'à s'assurer un endroit de sécurité relative.
a Nous éprouvons encore des secousses répétées qui, jour et nuit, nous font fuir nos maisons ; la mienne a souvent été fortement secouée et ébranlée pendant que j'écris ces
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lignes. Mais les secousses deviennent de jour en jour moins fréquentes et moins fortes.
« La relation entre le Kilauea et le Mauna Loa s'est manifestement montrée pendant cette éruption. Comme les divisions d'une grande armée, toutes les forces plutoniques de notre ile ont semblé agir de concert. .Les feux dans la montagne , Texhaussement et l'abaissement du Kilauea , les grands mouvements souterrains et le dégorgement dans la mer, tout a été simultané. Les feux du Kilauea ont disparu et le cratère s'est affaissé de plusietirs centaines de pieds comme dans V éruption de 1840.
« Pendant les quatre ou cinq semaines qui ont précédé cette éruption, nous avons eu continuellement de fortes pluies et il doit s'être formé, dans le sol, de grands amas d'eaux qui, après avoir rempli les canaux et réservoirs souterrains, les ont forcés de déborder. La descente de pareilles quantités d'eau sur les colonnes ascendantes de lave et la rapide génération de vapeur pourraient bien avoir hâté la catastrophe et l'avoir rendue plus intense.
« Nous vous citons ces faits comme nous pouvons le faire, laissant les discussions et les conclusions à nos amis scienti- Gques.
<( Le 10 avril. — Hier au soir, nous avons reçu des nouvelles de Waiohinu et de Rahuku ; toute cette région est dévastée. Les angoisses y sont à leur comble. Il n'y a pas une maison qui ne soit endommagée. L'inondation de la mer a coûté la vie à 67 personnes ; il n'existe plus un seul village sur la côte. Les laves se sont fait jour à Kau et coulent dans la mer. Nos secousses se renouvellent toujours par intef*valles. » (Amer. Joum.^ 2* sér., t. XLV, p. 106-109.)
s 4. Wtmwifort ém empUmhê» da navire Mid-PeNow, «ni m longé la
e*Aa «A s'eut pradnlte la (rande vagne.
ce Le samedi 28 mars, visité le Kilauea. Secousses fréquentes, le bord SO du cratère éboulé, lacs actifs.
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« Dimanche 29, secousses fréquentes, mais légères ; Tune d'elles commence en allant du NO au SE et se termine en allant du NE au SO. Le lac du nord très-actif. Secousses plus fortes sur le rivage.
(( Les 30 et 31 mars, ainsi que le P** avril, secousses à Hilo.
« Le jeudi 2 avril, Hilo. Détails sur la grande secousse... Le rivage de ta baie miné par les vagues.
(( Vendredi 3 avril. Nouvelles de la côte du Puna, au SE de rile. La grande vague n'a pas causé de dégâts. Secousses faibles. Le vieux Kilauea, cratère éteint, est de nouveau en feu. Le lac du sud est extrêmement actif et s'agrandit rapidement. Secousses très-violentes de ce côté.
a Samedi 4 avril. Nouvelles de Kau. Mêmes détails que ci dessus. Parti de Hilo à midi.
a Dimanche ô avril. A Kealakomo, Apua, Kahue, Keauhou, toutes les constructions sur le rivage balayées. Des débris, souvent énormes, transportés à 800 pieds dans les terres. Dans quelques endroits le rivage parait s'être enfoncé et on trouve plus d'une brasse d'eau à la place. Des témoins rap* portent que, au moment de la grande secousse, les murs des maisons avaient été jetés en dehors, etc. ; ils avaient échappé à la mer en se sauvant à toutes jambes vers les hauteurs. Un homme qui revient du Kilauea dit qu'il n'y a pas eu de secousses pendant plusieurs heures ; à peine trace de feu dans le cratère.
a Lundi 6 avriL A Punaluu, l'église en pierre et toutes les maisons enlevées. ANinole, seulement trois maisons debout; de grands magasins et des marchandises disparus. De la fumée derrière Hilea. A Honoapu, Téglise catholique et les maisons près du rivage emportées. A Kaaiualu et Kaniilo, tout détruit; l'intérieur, jusqu'à 600 ou 800 pieds du rivage, tout couvert de débris de toutes sortes, de corps d'animaux et quelques cadavres. Les dépôts ont souvent plusieurs pieds d'épaisseur.
a Mardi, 7 avril. Au matin le pont du navire est couvert
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de cendres fines. A la pointe de Kalae (cap sud de Ule), aucun signe (Je destruction. 11 ne parait pas y avoir eu de secousses, les murs et les maisons n*ont pas souffert. A 6 heures 1/4 du soir, aperçu un jet de fumée et de feu. Le ciel s'illumine instantanément. Pas de coulée de lave vers l'O ou le SO. A 9 h. 1/2, une immense colonne de vapeur annonce que la lave a atteint la mer entre Raaiualu et Honoapu. La colonne de vapeur est traversée d'éclairs incessants. Le haut de la montagne est* caché par d'épais nuages de fumée. » (Comm. de M. Martin.)
s s. Deaxlème lettre de H. JLjmmUf datée de HUo le iO avril.
<c Dans ma première lettre de Kau, je vous ai donné
des détails jusqu'au mardi soir, 31 mars. Durant la nuit suivante, le léger mouvement du sol fut vraiment incessant, surtout de 10 h. à 2 h. du matin qu'il se ralentit.
a Le mercredi malin, P' avril, au lever du soleil, il y eut une forte secousse, et à 5 h. du soir, un tremblement de terre violent et prolongé, pendant lequel le sol ondula comme une vague. Pendant presque toute la nuit suivante, le mouvement fut très-violent avec de fréquentes secousses et un sourd roulement souterrain provenant du sud
<( Le jeudi 2, peu après 4 h. du soir, nous éprouvâmes un tremblement de terre des plus effrayants. D'abord le sol oscilla du nord au sud, puis de l'est à l'ouest; à ces ondulations succédèrent des mouvements gyratoires (rovnd and round) et des mouvements verticaux de bas en haut et de haut en bas, et finalement dans toutes les directions imaginables pendant plusieurs minutes, renversant tout autour de nous. Les arbres se tordaient comme pendant un ouragan et l'on entendait un bruit semblable à celui d'un violent coup de vent. Il était impossible de se tenir debout ; il nous fallut nous asseoir sur le sol et encore, avec les pieds et les mainst eûmes-nous beaucoup de peine à nous empêcher de
rouler. Tandis que cette agitation était dans sa plus grande force, nous vîmes éclater le sommet d'un monticule, situé à environ un mille et demi au nord et s'en précipiter vers la plaine un immense torrent que nous supposâmes être une coulée de lave fondue; il paraissait sortir du sol à mesure qu'il avançait, lançant les rochers en l'air et balayant tout sur son passage: arbres, maisons, bestiaux, chevaux, chèvres et hommes, tout était englouti dans un instant. Ce courant dévastateur parcourut une distance d'environ trois milles en quelques minutes et puis s'arrêta. Quelqu'un appela notre attention sur l'Océan, et, aussitôt que la violence du tremblement se fut suffisamment calmée, nous courûmes à un endroit d'où nous pouvions apercevoir la côte. Tout le long de la plage , du point situé directement au-dessous de nous jusqu'à Punaluu, c'est-à-dire sur une étendue de trois à quatre milles, la mer bouillonnait et écumait d'une manière furieuse. Les vagues couvraient le rivage et l'eau était rouge au moins à un huitième de mille de la terre.
«. Nous nous sauvâmes aussitôt avec nos enfants et nos domestiques indigènes sur la colline de Nahala située à une courte distance à l'Ouest de la maison. Du haut de cette colline la vue pouvait s*étendre sur toute la contrée. AHûIea, un peu plus loin à l'ouest, un petit courant de lave noire, fumante, sortait de terre, et en dehors du port, à Punaluu, une longue coulée noire de lave s'avançait lentement dans rOcéan et disparut à la fin dans les vagues. Nous restâmes là, debout, nous attendant à tout moment à être engloutis dans le sol, car les secousses étaient fréquentes, la terre s'entr'ouvrait, les pierres et Jes roches s'écroulaient dans ces crevasses béantes et l'on entendait un mugissement continu comme si la lave en fusion s'élevait dans ces fentes et coulait directement sous nos pieds.
« Les villages furent renversés et balayés sur la plage par la grande vague qui se précipita sur la terre ferme immédiatement après le tremblement. L'éruption de la terre coûta la
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vie à 31 personnes , mais les vagues en noyèrent un plus grand nombre
(c M. Richardson est retourné lundi (le 6) à Kau et est arrivé à sa ferme de Rapapala, mardi à midi ; mais les secousses y étaient si fréquentes et si fortes qu'il n'y est resté que deux ou trois heures. Tandis qu'il campait celte nuit (sic du ô au 6) sur la grande plaine de sable, au SO du Kilauea, les nuages se dissipèrent au-dessus de la montagne et il vit une grande rivière de lave qui se précipitait sur la pente sud, dans le voisinage de Waiohinu ou Kahuku et tombait dans la mer près de la baie de Kaalualu. Au Kilauea, il n'a pu voir ni feu ni fumée dans le cratère.
a Hier au soir, jeudi 9, il s'est embarqué avec quatre blancs et plusieurs indigènes, sur le sloop Live Yankee^ pour longer la côte dans l'espoir de porter des secours à tous ceux à qui l'éruption ferait encore courir des dangers.
« Depuis samedi dernier (le 4) au soir, les secousses ont été ici (àHilo) peu fréquentes et très-légères; mais la montagne fume toujours furieusement.
a Je pourrais ici mentionner le fait que, le lendemaih du grand tremblement, dans la matinée du 3, nous aurions pu voir qu'il y avait eu de petites éruptions de terre sur le bord de la forêt, tout le long du flanc de la montagne, depuis le plateau situé au-dessus de la maison de M. Richardson, jusqu'à la colline qui se trouve derrière la nôtre, sur une étendue de quatre milles ou plus. L'espace couvert par la grande éruption a environ un mille de large et trois milles de long; il forme un banc d'un sol humide et argileux de 15 à 20 pieds d'épaisseur. 11 ressemble parfaitement au grand banc de lave brune et rouge (lave rugueuse que les indigènes désignent sous le nomcfoa). Un cours d'eau le traverse maintenant et va se perdre plus bas du côté de l'Océan. » (Amer. Journ. £c., p. 109-111.)
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S 6. 8or les émptlons près de Kahiilni. Lettre éertte de Kealakekaa, le flS airrll 1968, par ■• H. DVMtaey.
« En montant sur la crôte directement à Touest et à l'opposé du Mamalu Pâli (précipice) de Kahuku, dont nous étions séparés par une vallée d'environ un huitième de mille, toute la scène s'ouvrit devant nous dans un grand panorama. La vallée elle-même était pavée d'une récente couche de la lave appelée pahoehoe ou courant de lave solide, à surface à peu près unie, quoique encore un peu ondulée , et de 10 à 20 pieds d'épaisseur ; ce courant parait être sorti le premier et provenir d'un cratère situé à dix milles environ vers le haut de la montagne ; l'éruption a eu lieu le mardi 7 avril, dans la matinée. Ce cratère et le courant ont cessé de couler, et la lave s*était refroidie assez rapidement pour que nous pussions nous aventurer dessus au risque seulement de brûler nos chaussures et d'être asphyxiés par les gaz sulfureux.
« Mardi, à 5 heures de l'après-midi, un nouveau cratère s'ouvrit avec une violence affrayante et de fortes détonations, à quelques milles plus bas, et directement derrière l'habitation de M. le capitaine Brown, à une distance d'environ deux milles. La coulée de lave commença par descendre rapidement de ce beau plateau, du côté de fo maison de ferme qu'elle enveloppa de toutes parts, en laissant à peine à ceux qui Thabitaient le temps de fuir avec les seuls vêtements qu'ils avaient sur eux, avant que tous les bâtiments fussent environnés et entièrement cernés par les coulées de lave en fusion (de l'espèce aa ou rugueuse) , dont l'épaisseur variait de cinq à cinquante pieds selon les endroits. Heureusement tous les habitants purent se réfugier sains et saufs à Waiohinu; mais on peut se faire une idée de la difficulté de leur fuite et de la rapidité du courant, par le fait que le chemin qu'ils avaient suivi en fuyant était recouvert de lave dix minutes après qu'ils y avaient passé.
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« Le nouveau cratère, lorsqu'il fut visité par M. Swain, avait au moins un demi mille d'étendue^ il était à peu près circulaire ; mais les éboulenients qui s'y faisaient sur les côtés l'élargissaient constamment. Pendant que M. Swain l'examinait d'en haut, une bande, d'au moins cinq acres d'étendue, se détacha du bord et fut engloutie comme si elle eut servi d'aliment au feu. L'élargissement se fait surtout vers le bord inférieur, du côté de la maison de ferme, et Ton en évalue déjà le diamètre à une couple de milles. Quatre forts jets (ou vastes fontaines) s'élançaient continuellement de ce grand cratère ; tantôt plus ou moins hauts et tantôt plus ou moins volumineux, ils semblaient se réunir entre eux et ne plus faire qu'un jet unique et continu d'un mille et demi de longueur. Du côté inférieur du cratère, s'échappait une coulée de lave liquide, roulant et bouillonnant à travers le plateau jusqu'au bord du Pali (le long de la route du gouvernement) et, au bas, suivant le pied du Pali ou précipice sur une distance de cinq milles jusqu'à la mer.
(f Telle est la scène qui s'est développée devant nous, lorsque nous avons eu gravi la cime, vendredi 10 courant. A gauche, ces quatre grandes fontaines déployaient toute leur fureur grandiose en projetant à une hauteur, qui variait de 500 à 1000 pieds, de la lave d'un rouge de sang et des pierres dont plusieurs étaient aussi grosses qu'une maison. La grandeur de cette scène, toujours changeante comme un panorama mobile, est une de celles qu'on ne pourrait réaliser sans l'avoir vue.
« Telle était donc la rapidité du courant qui roulait en entraînant tout sur son passage comme une rivière débordée, passant par-dessus la colline, par-dessus le précipice et tombant* dans la vallée, pour se jeter à la mer avec la fureur et le rugissement d*une cataracte impossible à décrire. La largeur de cette nviere de fm variait de deux cents à huit cents pieds, et, quand on sait qu'elle descendait sur une pente de deux
22 LES trbmblbmeuts de terre
mille pieds par cinq milles, on ne peut douter que sa vitesse était au moins de dix à vingt-cinq milles à l'heure.
(( Nous attendîmes jusqu'à la nuit et alors cette scène devint cent fois plus grandiose et plus vive encore. La lave, d'un rouge cramoisi, prit un double éclat ; la teinte livide des nuages de fumée rouge qui s'étendait sur l'ensemble, le rugissement du courant dévastateur, le fracas des roches que projetait le cratère, les décharges de lumière électrique et les détonations d'un tonnerre brusque et sec, tout donnait à cette scène une grandeur dont on ne saurait se faire une idée.
« L'éruption dura cinq jours et cessa complètement dans la nuit du 11 au 12.
« Dans l'impossibilité de nous rendre à Waiohinu, soit par mer, soit par terre en passant par-dessus la montagne, nous sommes revenus samedi (le 11) à Kealakekua ; nous espérons qu'un vapeur nous permettra de poursuivre notre exploration.
Kt Suivant M. Silloway, le nombre des secousses ressenties à Waiohinu, du 29 mars au 10 avril, s'élevait à plus de deux mille ; il y a eu des jours où l'on en a compté entre trois ou quatre cents. La plus violente fut celle du 2, la mèmequ*on a si sensiblement ressentie à Honolulu. Elle a détruit toutes les églises et presque toutes les habitations dans toute l'étendue du district.
u Ce jour-là, de 10 h. à midi, on avait célébré le service divin dans la grande église de Waiohinu et elle était remplie de monde. Quatre heures seulement après qu'on en fut sorti, survint l'affreuse secousse qui la renversa de fond en comble et en fit un monceau de ruines ; ce fut Taffaire de 20 secondes. Au même instant, hommes, femmes, enfants, tout le monde fut renversé. Les chevaux et tous les bestiaux tombèrent à terre. Un cavalier eut son cheval renversé sous lui et se trouva étendu par terre avant que l'idée d'un tremblement de terre lui vint à l'esprit.
« La terre s'est entr'ouverte dans toute l'étendue du district ; elle s'est refermée dans plusieurs endroits, mais dans