‹ Sur l’ionisation de l’air par les chutes d’eauChapitre 27 sur 37 · ANALOGIES DE PHÉNOMÈNES · texte numérisé non relu

ANALOGIES DE PHÉNOMÈNES

61. Plusieurs expérimentateurs ont déjà signalé la grande analogie du phénomène d’ionisation des gaz par voie d’écrasement de gouttes liquides contre un obstacle, par voie de barbotage et par voie de pulvérisation :

Le liquide s’électrise; le courant gazeux transporte une charge totale égale et de signe contraire à celle du liquide ;

Les mobilités des charges sont faibles ;

La grandeur des charges varie avec la nature du liquide ; les liquides ionisants au point de vue électrolytique, et par conséquent de pouvoir inducteur spécifique élevé, semblent être les plus actifs, c’est-à-dire ceux qui fournissent au courant gazeux les plus grandes charges positives ou négatives.

Nos expériences nous permettent de pousser plus loin cette analogie.

Nous avons en effet constaté que, pour que l’écrasement des gouttes donne une charge au courant gazeux, il est nécessaire que cet écrasement soit accompagné, ou bien d’une pulvérisation apparente du liquide, ou bien d’une agitation apparente de bulles gazeuses au sein du liquide (barbotage).

Nous avons constaté une diminution progressive des charges négatives transportées par le courant gazeux lorsque, partant de l’eau distillée, on dissolvait dans cette eau des acides, des bases ou des sels en quantités progressivement croissantes. La variation du courant de saturation est particulièrement brusque au voisinage des concentrations de l’ordre 107* normales. M. de Broglie a fait la même remarque dans son étude de l’ionisation des gaz par barbotage des solutions aqueuses. Il y a là un rapprochement qualitatif qui présente un certain degré de précision.

Nous avons comparé quantitativement le phénomène des cascades et le phénomène de pulvérisation, en mesurant les charges négatives fournies par un même volume d’eau distillée. La quantité d’eau pulvérisée était mesurée, au moyen d’une balance de Curie, par pesées du pulvérisateur. Nous avons obtenu par pulvérisation directe des charges environ 25 fois plus grandes que celles obtenues par l’écrasement des gouttes.

Nous avons enfin montré que la température était un facteur important, du moins pour les solutions éloignées de leur point de neutralité, dans le cas du barbotage comme dans le cas des cascades.

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