Les phénomènes d’ionisation par cascade, barbo
tage ou pulvérisation présentent cependant des différences bien marquées.
L’eau distillée, unipolaire par cascade, donne des ions des deux signes par barbotage et par pulvérisation ;
Le mercure, très actif par cascade, est inactif par barbotage et par pulvérisation;
Les solutions salines aqueuses ne donnent, par cascade, que peu d'ions positifs, ét encore faut-il que leur concentration soit notable; au contraire, par barbotage, elles donnent un grand nombre d'ions positifs lorsque leur concentration est faible.
63. M. L. Bloch a montré que les mobilités des ions obtenus par barbotage décroissent lorsque la concentration de la solution croît. On pourrait admettre que, dans les expériences relatives aux cascades, on ne recueille d'ions positifs que lorsque leurs mobilités sont assez faibles pour qu’ils puissent ne pas disparaître par recombinaison avant d’atteindre le condensateur. Ainsi pourrait s'expliquer, dans les phénomènes que nous avons étudiés, l’absence d’ions positifs jusqu’à ce que soient assez notables les concentrations des solutions; l’analogie des cascades et du barbotage serait conservée.
64. Quant à l’anomalie présentée par la grande activité du mercure relativement à l’eau (le rapport des activités est de 15 environ), elle peut s’expliquer par une hypothèse qui nous paraît jusqu’à un certain point légitime : les effets d’ionisation observés pour un liquide donné seraient liés à l'intensité de la pulvérisation subie par ce liquide.
Nous avons en effet montré qu’une cascade d’eau distillée est d’autant plus active que la force vive de la goutte, lors de son arrivée au point d’écrasement, est plus considérable, et qu’une pareille cascade est moins active qu'une pulvérisation proprement dite. M. Lonsdale à montré que le mercure, strictement umipolaire pour de faibles hauteurs de chute, donne des ions des deux signes
pour une hauteur de chute suffisante. M. L. Bloch à montré que la benzine, l'essence minérale, l'essence de térébenthine, l’huile de vaseline pure, inactives par barbotage, sont actives par pulvérisation.
L'’écrasement des gouttes serait, en général, le mode de pulvérisation le moins intense et le moins efficace; le barbotage viendrait ensuite; puis la pulvérisation proprement dite. Pour le mercure, en raison de son poids spécifique élevé, la classification ci-dessus des trois modes de pulvérisation serait inversée.
La grandeur de la pulvérisation jouerait ainsi un rôle analogue à celui que joue la grandeur de la température dans l’émission de charges électriques par les sels chauffés et par les métaux incandescents.