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SUR LES THÉORIES DE L'IONISATION PAR PULVÉRISATION

65. On peut donc admettre qu’une explication satisfaisante de l’ionisation par les cascades serait aussi une explication satisfaisante de l’ionisation par barbotage et par pulvérisation. Dans ces trois modes d’ionisation il y a passage brusque d’une masse d’air au sein d’une masse liquide et formation violente de gouttelettes hquides. Il semble que la cause de la production des charges électriques doive être cherchée soit dans les phénomènes de contact du gaz et du liquide, soit dans la séparation brusque d’une masse liquide en gouttelettes.

Une explication fondée sur le contact des gaz et des liquides rapprocherait les phénomènes visés de tous ceux qu’englobe la théorie de Nernst; elle pourrait invoquer les différences de potentiel de contact, et par conséquent la présence d’une couche double d’électricité (Ph. Lenard) ou d’une couche de gaz ionisé (J.-J, Thomson), au contact gaz-hiquide. Les charges observées seraient alors de véritables ions, ions gazeux ou ions électrolytiques.

Une explication fondée sur la formation violente de gouttelettes liquides à partir d’une masse liquide initiale ramènerait les phénomènes visés à ceux d’électrisation par frottement, et les rapprocherait tout particulièrement des curieuses propriétés observées dans le clivage du mica, du tale feuilleté, du gypse, ete. Les supports matériels des charges seraient alors des gouttelettes liquides.

Nous ne pouvons choisir entre ces deux genres d’explication, puisque nous ignorons la nature des supports matériels des charges observées.

Toute théorie nous semble d’ailleurs devoir rendre compte des variations des courants de saturation en fonction de la concentration saline du liquide expérimenté. Nos connaissances actuelles des solutions aqueuses nous semblent trop peu étendues pour qu’une explication, provisoirement satisfaisante, soit aisée à formuler. Nous sommes à peu près renseignés sur les tensions de vapeur et les constantes capillaires des solutions, moins bien renseignés sur les dissociations électrolytiques ; mais nous ne savons à peu près rien des différences de potentiel, même apparentes, aux contacts liquides-gaz, et nous ignorons totalement, du moins au point de vue expérimental, la relation des pouvoirs inducteurs spécifiques et des concentrations.

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