‹ Sur l’ionisation de l’air par les chutes d’eauChapitre 30 sur 37 · DÉFORMATION DES SURFACES LIQUIDES · texte numérisé non relu

DÉFORMATION DES SURFACES LIQUIDES

66. Nous nous sommes proposé de rechercher si la simple déformation superficielle d’une masse d’eau est capable de faire apparaître dans l’air ambiant des charges électriques.

Parmi les expériences précédemment décrites, il en est

quelques-unes qui apportent une réponse à cette question.

a. Il y a en effet déformation d’une surface liquide lorsqu'une goutte se forme à l’extrémité d’un tube effilé; et dans ce cas nous n’avons pu déceler ($ 44, a) l'apparition, sur l’air passant au voisinage du tube, d'aucune charge d’électricité.

b. Des gouttes qui tombent dans l’air sont animées de vibrations complexes et rapides, et elles subissent en conséquence des déformations importantes. Dans ce cas encore le courant d’air ne nous a révélé ($ 44, b) aucune charge due à ces déformations.

c. Lorsque des gouttes d’eau tombent d’une faible hauteur sur un obstacle rigide d’étendue notable, le liquide s’accumule, formant une plage d’eau qui s'étend peu à peu jusqu'aux bords de l'obstacle; chaque goutte qui vient accroître le volume de la petite masse d’eau provoque une déformation importante de sa surface. Or, nous avons vu que l’étendue de l'obstacle était sans effet sur la grandeur de la charge recueillie ($ 32), et qu'il n’y avait de charge recueillie que si un barbotage ou une pulvérisation était visible.

Nous avons amplifié les déformations superficielles par les procédés suivants, qui nous ont conduit au même résultat négatif :

d. Un filet d’eau distillée a été amené, par un tube étroit, au contact d’une large cuvette en laiton nickelé occupant le fond du récipient d’ionisation (fig. 18). Une surface liquide constamment renouvelée était ainsi exposée au courant d’air dirigé vers le condensateur de mesure.

e. Un renouvellement analogue des surfaces de contact air-eau a été réalisé en faisant tourner dans une boîte en laiton, où circulait le courant gazeux, un disque métallique à moitié immergé dans de l’eau distillée ( fig. 19).

f. Nous avons enfin produit des ondes capillaires à la surface d’une couche d’eau distillée en amenant par un tube fin (fig. 20) un filet d’air au voisinage de cette sur-

face; dans ces conditions le courant gazeux n’apportait pas d’autres charges au condensateur que celles qu'il transportait en l’absence de la surface liquide. Au contraire, dès que le tube était enfoncé dans l’eau, il y avait

Fig. 19. Fig. 20.

barbotage, et le courant d’air transportait de plus grandes D 2 P D charges.

Ces diverses expériences nous permettent de conclure que la simple déformation d’une surface liquide au contact d’un gaz et aussi le renouvellement continu de cette : D

70 ë ë J. REY.

surface, sont incapables d’ioniser le gaz. Et il semble qu'on puisse dire avec M. L. Bloch (1) que la rupture brusque d’une surface liquide est nécessaire pour ioniser le gaz en contact avec elle. M. E. Salles avait été amené à la même conclusion par une série d’expériences faites au Collège de France et qu’il n’a pas publiées.

67. La substitution d’eau de mer à l’eau distillée n’a pas changé le résultat des expériences ci-dessus. D’où cette conséquence que la propagation de la houle à la surface des océans ne doit pas être considérée comme l’un des facteurs capables d’entretenir la charge négative de la Terre. L'opinion contraire est assez répandue (?).

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